M, HENRIOT, U. R. D
Elu au deuxième tour de scrutin. — 6,671 voix.
Electeurs,
Au moment où M. l'abbé Rergey, député de cette circonscription, a pris la décision de ne pas solliciter de nouveau vos suffrages, son parti m’a demandé de poser ma candidature à sa succession, afin d’offrir aux électeurs la possibilité de voter pour la politique qu avait* pendant huit ans, si éloquemment représentée au Parlement, le député sortant.
En face des difficultés et des préoccupations de l’heure présente, je continue de croire que la formule d’union nationale n est nullement périmée.
Je continue de croire que ces difficultés sont d une importance telle qu elles ne peuvent être résolues que si tes hommes de bonne volonté renoncent aux excommunications de partis et recherchent le terrain sur lequel ils pourron t conjuguer leurs efforts pour d’immédiates réalisations.
C’est cette doctrine que pendant huit ans, au Parlement et à travers le pays, l’abbé Bergey a infatigablement soutenue.
C'est elle qu’à ses côtés, en Gironde et dans la France entière j’ai moi-même en maintes circonstances, défendue.
Il vous appartiendra de dire si vous estimez que Theure est vernie de rompre avec elle.
Eu tous cas, F attitude constante de votre députe, les déclarations de 1 Union populaire
républicaine et, en particulier, la dernière déclaration du parti affichée sur vos murs dispensent d'une longue profession de foi. S’ me
En politique générale, je souhaite, autour d’un Gouvernement d’ordre, de sagesse et d justice, une collaboration aussi étendue que possible de tous ceux qui, sentant nettement l péril du collectivisme avoué ou camouflé, sont résolus à lui barrer la route.
En matière sociale, je déplore que de stériles débats de politique pure aient 'empêché trop souvent de voter avec tout le soin mais aussi toute diligence nécessaires, les m-and réformes qu’exigent à la fois la justice et la fraternité. " ° 69
Adversaire déterminé d’une lutte de classes | l’abri de laquelle trop de profiteurs pro fessionnels échafaudent leur propre situation, conscients de la solidarité qui unit en dépit de divergences incontestables, les intérêts des individus eL des collectivités, je’ demeure attaché à toutes les formules de collaboration où les uns et les autres trouveront le respect mutuel de leurs droits sans méconnaître le sentiment de leurs devoirs réciproques.
Cette collaboration m’apparaît aussi necessaire sur le plan économique.
Sur ce terrain, elle devra même se faire résolument internationale. Les barrières douanières ne pourront continuer à s’élever impunément, ni le jeu dangereux des représaillj économiques se poursuivre longtemps. Mais il n’est au pouvoir d’aucun pays livré à luimême de remédier à un état do choses qui veut être étudié simultanément par toutes les nations qu’unissent leurs rapports économiques*
Du fait de ses relations avec le dehors, la ville de Bordeaux souffre particulièrement d’une crise qui se prolonge. Son exportation est paralysée par le protectionnisme outrancier de ses clients d'hier. Son commerce est arrêté par la concurrence faite à ses vins Son importation a subi souvent cruellement le contre-coup de brutales mesures de continua- ÊenienL *
Tous ces problèmes méritent une attention soutenue. Mais un candidat ne peut que rappeler loyalement aux intéresses que, s’ils l'élisent demain, il doit pouvoir compter sur leur collaboration pour l’étude des remèdes à appliquer.
Parmi ces remèdes figurera vraisemblablement la révision d’un certain nombre d’accords commerciaux qui, avantageant les peuples concurrents par la clause de la nation la plus favorisée et la consolidation des positions douanières ont eu, en particulier, une répercussioii des plus graves sur le commerce des vins de Bordeaux dans les pays avec lesquels ces accords ont été signés*
A l'intérieur du pays, l’artisanat et le petit commerce doivent être protégés contre une dangereuse politique de concentration économique qui permet aux trusts et aux
cartels de briser leur essor et favorise la vie chère au profit de puissantes collectivités îrrespensables.
La crise de chômage, objet des jusles préoccupations de tous à l’heure' présente, s'atténuerait évidemment par une reprise des affaires qui! importc.de hâter. En attendant qu'elle se réalise toute ma sollicitude est acquise à ceux qui connaissent aujourd’hui la cruelle incertitude du lendemain. Je m’associerai avec joie à toutes les mesures qui adouciront pour les victimes du chômage ces heures pénibles. Et surtout, j’approuverai toutes les dispositions qui leur prépareront la possibilité de retrouver au plus tôt, avec un travail convenablement rémunéré, la tranquillité d’esprit et le minimum d’indépendance que tout homme de cœur voudrait pour chacun de ses concitoyens.
En matière scolaire, je souhaite la réalisation des réformes qui assureront l’égalité des enfants devant l’instruction; qui rendront celle-ci accessible à tous et qui. respectueuses des droits inaliénables de la famille, permettront d’élever au maximum le niveau rnora et mte ectuel de la nation par une éducation et une culture généreusement distribuées dans le cadre de la liberté d’enseignement solennellement garantie par le Parlement français*
Enfin, en matière internationale, attaché aussi profondément qui quiconque à l’idée de paix, approuvant pleinement le geste que vient de faire à Genève la délégation française, je tiens en même temps à ce que soit garantie la sécurité de la France.
J'aspire, avec tous mes concitoyens, à l’avèaemeut d'un ordre international nouveau où le droit se substituera à la force, mais que nous ne pouvons faire reposer que sur la sou mission, le respect des contrats et la fidélité aux signatures librement échangées.
Il y a quatre ans, en confirmant l’abbé Bergcy dans son mandat, vous avez approuvé d’écla tante façon la politique dont je viens de rappeler les grandes lignes ^
J'ai confiance que vous ne vous déjugerez pas et que le 1- mai prochain, c’est la même politique d union, de concorde, de collaboration et de fraternité que vous ferez triompher sur mon nom. ' 1 u
Philippe HENRIOT
Président adjoint de lTMon populaire républicaine do la Gironde Membre du Comité exécuüf de la Fédération républicaine de France. Candidat d’Onion oaticmale*
58 circonscription de BORDEAUX.
M. CAZALET, S. F. I. O.
Elu au deuxième tour de scrutin. — 10.768 voix
Mes chers Concitoyens,
.a m°“ F"U' j’ V“”' a"PI'è, d‘ ™U’ S0,licil" vous représenta.
■“ duq“”' ie ■"“«* - — •• -vers.
Les travailleurs de la 5* circonscription appartenant a toutes les caté-ori-s de h ««» ion, ouvriers des’ villes, ouvriers agricoles, peLits commerçants et industriels petite ILJJT la, res, maraîchers, viticoles ou sylvicoles, victimes au même titre de il H ? accepteront, dans leur intérêt, les solutions que je leur "Z2 économique,
Us clameront avec moi leur désir de voir la eu erre disnaraîf™. t i, ■
Citoyens,
ta d“ économique ,„i pé!e si ,o„„W„t
chées, pour moLtaTk l^r ’m T “1 “ *“ * «»vdl» Iran-
I maintenir la Repuolique et la développer, pour protester contre les saboteurs
du suffrage universel et les tentatives d’instauration d’un régime fasciste, vous signifierez à M. Jean Odin, député sortant, son congé, sans appel.
Vous voterez pour moi, et vous indiquerez en cela voire désir de voir les destinées du pays placées entre les mains d’hommes résolus et de vrais représentants du monde du travail.
Contre les banques et agents véreux qui détroussent l’épargne publique,
Contre la guerre.
Contre le fascisme,
Vive la République démocratique et sociale !
Vive la Paix !
Henri CAZALET
Conseiller d’arrondissement.
Premier adjoint an maire de Bogies.
Membre de la Commission départementale du travail.
6* circonscription de BORDEAUX.
M. DIGNâC, républicain de gauche.
Elu au premier tour de scrutin, — 6.813 voix*
Mes chers Concitoyens,
Pour la quatrième fois je vous demande le renouvellement de mon mandat législatif Ayant conscience de vous avoir utilement et dignement représentés, aucun parlementaire ne pourra dire mieux que moi, qu'il a mis à votre service une activité plus féconde, un dévouement plus désintéressé,
A personne je n'ai refusé mon concours ; accessible à tous, quels qu’ils soient, inattaquable dans ma vie publique où mon nom n a jamais été mêlé à la moindre compromission, fidèle à mes sentiments comme à mes idées, vous me retrouvez tel que j’ai toujours été*
Je me représente avec la force que donne findependance, avec I autorité que 1 expérience fait acquérir.
Voici plus de trente ans que mes compatriotes, par des majorités constamment accrues, et toutes les fois en tête de liste, m’ont élu maire de la Teste, vingt-neuf ans que je suis conseiller général, treize ans député, treize mois Ministre et il ne tenait qu’à moi de 1 être encore aujourd’hui.
Pendant la durée de ces divers mandats, je n’ai pas cessé un instant de me consacrer à la défense des intérêts de notre région.
Sans doute n’aTje pas toujours pu donner, à ceux qui m apportaient leurs doléances, les satisfactions qu’ils pensaient obtenir; mais ce que je n’ai pu réaliser, un autre ù ma place rf aurait pas mieux réussi.
On chercherait donc en vain à m'atteindre personnellement, car il n’est Pas Ul1 électeur, m’ayant fait l’honneur de s’adresser h moi, qui puisse dire que, pour lui, j aie
marchandé mon temps et ma peine ; pas une collectivite qui ait à me reprocher une négligence volontaire, pas une commune, pas un canton dont je n'aïe pris ardemment les légitimes intérêts.
Je viens donc devant vous, sans inquiétude, mais avec une tache bien ingrate à remplir.
Jamais peut-être, en effet, depuis les périodes troublées de la geurre, la situation politique n'a présenté d’aussi sérieuses difficultés I Jamais autant de problèmes angoissants n'ont été posés devant la conscience publique, en face d'une démagogie qui les exploite sans pudeur.
Politique extérieure délicate, situation financière inquiétante, chômage angoissant, crise économique sans précédent ; telles sont les conditions extraordinaires dans lesquelles s’ouvrent aujourd’hui les élections de 1932.
Ah I je reconnais qu'il faut à beaucoup une âme bien trempée pour résister aux critiques faciles de ces parties d'opposil-ion qui n’ont jamais voulu prendre la responsabilité du pouvoir — on le leur a cinq fois offert 1 ~ et qui se présentent toujours, aux moments des catastrophes comme des sauveurs providentiels I Et quels moyens pour y arriver !
11 n’esL pas un incident d'ordre particulier, pas une querelle locale, pas le plus simple ou le pins banal événement, pas une misère, qui ne soit par eux cyniquement exploités.
Le bon sens de cette circonscription me permet de ne pas m’en inquiéter! Je développerai, dans les réunions publiques, les idées que succinctement je vous expose, mais n’attendez de moi ni promesses, ni basses flatteries.
Mon programme et mon parti politique sont tout entier dans F attitude invariable et dans les votes qui ont fidèlement soutenu les ministères Poincaré, Laval et Tardieu, que je place, à bon droit, parmi les meilleurs serviteurs du pays.
Vous me connaissez donc suffisamment pour n'avoir pas à faire erreur sur mes idées ou ma personne — c’est pour beaucoup, d’ailleurs, qui ne partagent pas toutes mes opinions — je le sais et je les en remercie — ce qui les a fait quand même me choisir.
Les partis.
J’ai donc voulu vous adresser — longuement sans doute — mais avec la certitude, qu’à tête reposée, chez vous, en famille vous le jugerez mieux, — un exposé complet de la situation publique, économique, financière et extérieure : vous serez tout à fait édifiés.
Avec le scrutin d’arrondissement — que les socialistes ont voté — alors qu’ils sont partisans de la proportionnelle ! — l'électeur se préoccupe beaucoup plus de f homme 'qu’il choisit que de la nuance politique qu'il représente. Il comprend qu’il est toujours plus utile d’avoir on représentant au courant des questions régionales, connaissant ses compatriotes, leurs intérêts et leurs besoins, qu’un étranger quelconque, dont F uni que souci est d’or dre électoral !
Lhins notre circonscription, où les personnalités qualifiées qui représentent des opinions se rapprochant de la mienne, me font l'amitié personnelle de me soulenir ou de ne pas me combattre, il n’existe, en fait, contre moi, qu’un seul compétiteur : le parti socialiste unifié. Mais, u’e^t bien le plus redoutable et le plus dangereux, autant par l'audace de sa propagande que par la confusion et la dissimulation voulues de ses doctrines et de ses idées.
Pour capter les suffrages, aucun programme, aucune promesse, aucun moyen ne 1 embarrassent ; révolutionnaire avec les communistes, modéré avec les gens de la campagne, opportuniste avec tout le monde, il appelle à lui, sans le moindre sc rupule, à la fuis les industriels, les ouvriers, les proprié aires, les métayers, les commerçants, les rentiers, les arüsanss sans s’inquiéter le moins du monde de ce qu’on pourra penser d’une pareille comédie. Il n’est pas possible d abuser ainsi de la confiance populaire; c'est un devoir pour moi avant de répondre à ses c iLiques de montrer ce parti sous son véritable jour.
Le Parti socialiste unifie :
C'est au Congrès de Paris, d'avril 1905, qu'a été consacrée la Charte du Parti*
L'article premier de sa constitution est ainsi conçu :
« Le parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange,, c'est-à-dire de transformer la société {actuelle} en une société collectiviste et communiste* »
Par son but, par les moyens qu'il emploie, le parti socialiste n'est pas un parti de réformes, mais un parti de classe et de révolution.
Rien n'est venu modifier cette constitution ; elle est toujours intacte.
Le chef du paiti, Léon Blum, ajoutait LE y a quelques jours à peine : « Le Parti socialiste est révolutionnaire, il veut la destruction de la société actuelle parla lutte des classes; il accomplira le bouleversement au moyen de la dictature du prolétariat, dans une vacance de .légalité*
Et Compère-Morel, répondant à une question sur l'attitude à observer envers les communistes, déclarait : « Je me refuse à dénoncer le parti communiste comme un parti ennemi ; l’unité avec les communistes est fatale et nous voulons passionnément la réalisation de cette unité*
Renaudel lui-même disait à la tribune : « Notre parti ne renonce pas à son idéal communiste, puisque moi-même j'ai revendiqué le titre de communiste. »
Impossible donc de se méprendre sur le but poursuivi et sur Ja politique générale du parti.
Les socialistes et la petite propriété ;
Sur cette question, il n’y a et ne peut y avoir aucune équivoque* Tout ce qu1 affirment les orateurs unifiés sur la protection possible de la petite propriété est une tromperie flagrante,
*On m'a raconté que certains d’entre eux avaient déclaré dans la partie forestière de cette circonscription que îes socialistes au pouvoir ne toucheraient pas à la petite propriété. Ils allaient même jusqu’à citer le chiffre de 30, 40, 50 et 100 hectares de pins comme possibilité de conservation*
Comment peut- il se trouver des gens assez naïfs pour croire à de pareilles insanités, quand on connaît la véritable et seule thèse du parti !
Méditez ces extraits, absolument authentiques et qui ne peuvent pas être contestés I
De Jaurès : « En régime socialiste, la Nation devient propriétaire do tout ; mines, usines, terres, maisons* . . »
De Jules Guesde : « En régime socialiste, le propriétaire n'est plus un usufruitier ; ni la propriété individuelle, ni même la propriété collective ne peuvent se justifier. »
Ce qui Faisait dire à Paul Uëschane! — à la fameuse séance du 15 décembre 1905 : « Xe jour où nos huit millions de proprietaires de terres, de maisons, de valeurs mobilières sauront qii’en régime socialiste ils ne seraient plus propriétaires, ce jour-là la France votera en connaissance de cause. »
C'est au coqgres de Saint Etienne, où fut traitée la question, que tous les orateurs sans distinction s'accordèrent à définir exactement la thèse du parti :
« Nous devons dira, affirmait Vail3ant,que la propriété individuelle doit inévitablement disparaître, la petite comme la grande nous ne devons pas équivoquer avec le
petit propriétaire cdt lui dire que, protégeant : sa personne, nous perpétuerons ,sa propriété* Nous ne devons pas. même en apparence, et comme moyen de propagande, lui dissimuler la vérité, »
Nous ne devons pas tromper le peuple des campagnes en lui disant qu’avec des réformes, nous pouvons le sauver comme classe de petits propriétaires : Non, la petite propriété n'est pas sauvabïe (6e congrès 1909* p, 307),
Il est incontestable, dit Compère-Morel, dans ce même congrès, que la petite propriété terrienne devra disparaître, comme la petite propriété industrielle et la petite propriété commerciale,
« Nous ne pouvons pas prendre la défense de la petite propriété pas plus que la défense de là boutique du petit artisan, » (Renaudel).
Il y a mille citations semblables qui, toutes, prouvent que le socialisme au pouvoir ne pourrait pas conserver la moindre propriété. Alors ? que signifient les affirmations de nos socialistes qui prétendent ne pas toucher aux petits propriétaires? Pourquoi duper ainsi les pauvres gens surtout ceux qui ne possèdent qu’une maison, une terre, quelques économies quelques pins, et qui croient peut-être qu'on les laissera jouir en paix du fruit de leur travail alors que, seuls, les autres (dont on ne définit jamais la situation) seront atteints ?
On les trompe sciemment et c’est de la part de nos adversaires, la pire duperie.
Quand on a posé la question, en efTet, à un grand chef du parti, en lui faisant grief des fantaisies que racontent ses amis dans les réunions publiques, voici ce qu’il a textuellement répondu : h Des discours, nous en prononçons souvent : autant en emporte le vent I Quand ces discours ne sont pas en accord avec les décisions du congrès, ils n’ont aucune* importance, et quand un socialiste émet une autre opinion, cela équivaut à zéro (le Populaire , le 19 novembre).
Après çà, j’espère bien que tous — petits et moyens propriétaires — seront fixés sur la valeur des affirmations que colportent nos unifiés de Gironde, surtout quand ils n’ont devant eux aucun contradicteur.
Dans son discours de Belfort, Edouard Herriot, chef du parti radical, ne s’est pas gêné pour dire leur fait aux bons apôtres du congrès de Bordeaux, qui avaient sournoisement essayé de b tourner la difficulté ».
Jamais, en effet, les socialistes ne pourront définir la ligne de démarcation qui existe entre le petit, le moyen et le grand propriétaire ; jamais ils ne æ prononceront sur la transmission de la propriété, par héritage, par cession, vente ou échange, leurs théories ne leur permet lent pas !
Il n’est donc pas un seul homme de bon sens, possédant quelque chose, aussi peu que
ce soit, qui puisse aller à l’encontre de ses propres intérêts en votant pour un socialiste nuifié.
La thèse collectiviste sur la propriété n est pas le setil point de divergence enlre ies républicains et les socialistes unifiés.
Qud s agisse de la défense nationale, du désarmement, ou même de renseignement public, aucune possibilité déniante ne peut exister, je vais facilement en faire b démonstration.
Les socialistes et les radicaux ;
Si, comme ne cessent de le demander beaucoup de parlementaires de différents partis, ™ MmbLère de JarSe urii™ nationale, en présence des graves difficultés de ï heure présente’
avait pu se constituer ~ malheureusement les positions électorales étaient déjà prises
nul doute que les partis radicaux ne se fussent séparés de leurs inquiétants aJJàës.
Leur chef, M. Herriot, n’a jamais cessé chaque fois qu’il a eu à lutter contre eux, de tr C0ntre ces révolutionnaires <c en peau de lapin ï les plus sévères réquisitoires, J* est nn qui a prononcé un jour, le 18 mars 1928, cette phrase significative ; « De toutes les
ieres politiques, celle qui sépare le socialisme du communisme est la plus difficile à tracer a, 1
C est aussi un des rédacteurs les plus connus de La France du Sud-Ouest qui donnait ans L tre nouvelle son opinion autorisée, dans un article qui serait à citer en entier :
« TouL feffort des dirigeants unifiés, écrit il, porte sur la dissimulation de leur programme* Ren do ns-leur cette justice : ils n'ont jamais travaillé pour le bien de l'Etat, de la France et de ses habitants pendant cette législature* Son bilan se chiffre à zéro,
« Il a refusé de partager les responsabilités du pouvoir; il n’a bien su que critiquer les Gouvernements ; il n’a pas voté le budget, de sorte que les candidats unifiés qui se présentent comme les défenseurs des travailleurs, de l’orphelin, du vieillard, se sont refusés à fournir à l’Etat les sommes nécessaires pour assurer les services indispensables aux pauvres gens. L’hypocrisie de cette attitude à double face n'échappera pas à ce pays de bon sens**. Prenez garde, radicaux, républicains-socialistes, républicains de gauche, votre formule est d’être vous-mêmes contre les unifiés qui sont à tout le monde, en leur qualité de démagogues, )> (Signé : Georges Ponsot}*
Je n’ai rien à ajouter, vous le pensez bien, à un pareil réquisitoire : Ü vient d’un pur radical I
Quant h l’opinion des socialistes sur les radicaux, en voîci quelques aperçus : « Entre le Parti radical et le Parti socialiste, il n’y a ni doctrines ni but communs* » (Léon Blum.)
« Le Parti socialiste étant révolutionnaire, et voulant la destruction de La société actuelle par la lutte des classes, rien ne peut nous unir aux radicaux. »
— Entre radicaux et nous, aucune tactique, aucun mouvement possibles* (Gompere- Moreî.)
Est-ce assez clair? L’hésitation n’est donc plus permise. Pas un radical ne peut donner sa voix au candidat collectiviste*
La question financière *
La crise économique, avec toutes ses conséquences, provoquée par la liquidation de l’après guerre, est de beaucoup la plus grave et la plus profonde qu'on ait jamais connue. Elle explique la situation financière dans laquelle se trouve la France*
Il y a deux ans, c’était la prospérité : le budget avait de gros excédents, la trésorerie était excellente, on ne parlait que de dégrèvements.
Aujourd’hui, l'équilibre est rompu, bien qu'il supporte la comparaison avec celui des autres pays.
Tous les budgets des grands i Etats sont dans une situation désastreuse : L’Angleterre — pour ne citer que cet exemple — a vu son budget de 1932 se chiffrer par 15 milliards de déficit I
Partout, on a mesuré les dépenses sociales à des recettes qui paraissaient devoir s’accroître sans cesse* Or les recettes ont baissé, mais les dépenses restent, et celles engagées par le Parlement vont se répercuter sur les années prochaines.
Notre pays, après les autres nations, subit le résultat inévitable et logique de cette période d’inflation* de surproduction et de spéculation qui a faussé l’économie du monde entier*
Nous vivions d’illusions : nous voici en face de la réalité De ce choc est née la crise*
Il suffira aux électeurs de bonne foi d'examiner sans parti pris l'exposé que je livre à leur jugement pour se rendre compte que s’il y a des appréciations différentes sur certains actes du Gouvernement, nous n’avons à attendre aucune impartialité d’adversaires qui sont aujourd'hui impitoyables dans la critique alors qu’ils se sont montrés, hier, totalement incapables dans l’action.
Il est si facile de reprocher à un Gouvernement d’avoir gaspillé les fonds de trésorerie, d’avoir mal employé les crédits, d’avoir favorisé des entreprises privées, d'avoir prêté à l’étranger, de ne pas réduire les budgets de défense nationale, quand on n’a, comme le Parti socialiste, aucune responsabilité à prendre, aucun risque à courir et qu’on présente toujours des dépenses en faveur de ceux qui ne cessent de réclamer, alors que finalement on ne vote jamais le budget qui les consacrent*
Le budget.
Le projet de budget du Gouvernement — et d’ailleurs adopté par la Commission des finances apporte au 1 arlcment et au pays un exposé sincère de la situation financière Le Ministre du Budget a pu dire, aux applaudissements de la Chambre, qu’il a conscience de « n'avoir jamais rusé, ni avec le Parlement, ni avec la vérité n.
Sur le déficit, le Ministère a montré qu’il ne faut pas abuser ce ce mot, surtout en lui donnant le sens faux d’une sorte de faillite. Ce n’est pas chercher à masquer le déficit que de voir les faits tels qu'ils sont.
Gc déficit, tous le savent bien, provient des mécomptes sérieux des derniers recouvrements et de la moins- value des impôts indirects.
Le marasme de la Bourse n'a pas permis d’opérer la conversion de certains emprunts, ce qui aurait réduit de quelques milliards le chapitre de la dette publique. D autres milliards, comme ceux des réparations, ont cessé d'être encaissés par le Trésor ; Le moratoire Boover nous a fait perdre deux milliards eL le refus de T Allemagne de reprendre à une date quelconque ses payements, va creuser chaque année dans le budget un trou profond.
Hais il y a surtout, la surenchère électorale qui sévit plus particulièrement chez ceux qui nous critiquent. Cette manie lamentable ne cesse d accroître les dépenses publiques ! Les contribuables pris en bloc, réclament des économies, mais hélas I chaque catégorie de citoyens assaille les Députés de réclamations coûteuses : les traitements, les allocations, les subventions de toutes sortes subissent chaque année de lourds accroissements.
Si les chiffres sont des armes a dit un grand financier, faut AI rappeler aux socialistes
pour le cas où ils 1 auraient oublié — que tout au long delà discussion du budget ce sont eux qui ont constamment réclamé des augmenta Lions de dépenses sans se soucier des crédits correspondants. II ont pratiqué la surenchère sans arrêt. S’agissait-il de dégrèvements? Ils étaient encore la pour les trouver insuffisants, sans pour cela voter le budget.
ü importe donc de ce rendre compte qu il est impossible de se livrer simultanément à cette double opération : diminuer les recettes et augmenter les dépenses, pour aller ensuite critiquer le déficit et le reprocher.
C’est ainsi que depuis quelques semaines, l’opposition se plaint dans sa campagne électorale de la situation financière; or cette même opposition faisait voter 375 millions (péréquation des traitements, situation des fonctionnaires — séance du 22 mars dernier), malgré les protestations justifiées du Ministre des Finances qui a montré la répercussion de ce vote sui le budget de 1933, gervé, de ce fait, de centaines de millions supplémentaires !
A cette séance, deux députés de la majorité ont tenu h souligner une pareille démagogie qui au moment même où les ouvriers et les travailleurs, n'ayant eux, aucune retraite, sont dans une déplorable situation.
Ce scandale ne finira que s il y a, pour le Parlement, la possibilité de ne pas subir constamment la pression de collectivités sans mandat et de syndicats irresponsables qui jamais ne seront satisfaits !
Des mesures énergiques.
Il est indispensable de faire des compressions et de pratiquer une politique d’économies.
L est une mesure qui s’imposera dans la prochaine législature et à l’égard de Loue, l’exemple devant venir dTen haut.
ht quon n’adle pas, à ce sujet, me représenter encore comme l’ennemi des fonctionnaires ! Le reproche m’importe peu : il n’est pas justifié.
Je n ai jamais rien fait contre ceux — utiles et indispensables — qui se tiennent correcement à leur place. Mais personne ne m’empêchera de blâmer ceux qui se mêlent aux luttes politiques et locales et qui abusent ainsi de leur situation : il n’ont rien à v gaener ni en considération ni en dignité.
Mais, je m'élève contre l’abus du fonctionnarisme ! C’est une plaie qu’il faut absolument guérir, sans quoi la moitié de la France finira par entretenir l'autre moitié.
Il y avait en 1014 environ 580.000 fonctionnaires, non compris ceux des départements et des communes ; il y en a aujourd'hui 750,000, et chaque année on crée dix mille emplois nouveaux! Et ceux-là, vous pensez bien, on ne les touchera pas! Exemple : cet Le bureaucratie nouvelle des Assurances sociales contre laquelle proteste le pays alors que nos admirables sociétés de secours mutuels enduraient assuré le fonctionnement beaucoup mieux et à meilleur compte.
Gomment veut-on dans ces conditions arriver à réaliser des compressions, alors qu’à chaque instant on se trouve en présence de sollicitations pressantes auxquelles les parlementaires n’osent pas résister !
« Pas d économies sur les services publics, a dit le Député socialiste Auriol, mais réduisons les crédits de la Guerre et de la Marine, »
Nous verrons ce que vaut cet argument quand, plus loin, je parlerai du a désarmement » des autres nations.
EL pourtant, la tâche gouvernementale nTa pas été stérile ! Les impôts frappant le commerce ont été réduits dans la proportion de un milliard et demi ; la taxe de luxe a été abattue; le chiffre d'affaires corrigé par un grand nombre d'exonérations ; )a patente sur les locaux d'habitation supprimée à partir de cette année et quant aux dégrèvements des contribuables, ils ont été de six milliards.
Ce sont les Gouvernements auxquels j'ai donné mon concours qui ont relevé toutes les pensions, fait voter la retraite du combattant, et je ne parle pas de toutes les lois de protection qui font du pays un des mieux établis financièrement, ce qui donne à ses dirigeants un poids considérable dans les conversations internationales.
H y a aussi, un lait considérable qu’il ne faut pas oublier c'est que pour la première fois dans notre histoire politique nous avons une organisation sérieuse de l'amortissement de notre dette publique.
C'est ainsi qu'en moins de six ans, d’aout 1906 à nos jours, nous avons amorti nos charges financières de près de 21 milliards,
La confiance peut donc rester entière si l’ordre et l'économie évitent l'augmentation des charges fiscales.
Mais qui donc pourra faire des économies? Les socialistes? lisseront incapables de résister à la pression de leur clientèle qui leur rappellera durement leurs promesses électorales, quelles qu'en puissent être les répercusions.
Alors? Des impôts nouveaux? Des emprunts? La faillite et la misère générale? C’est ce qui fatalement arriverait. Réfléchissez donc au vote que vous allez émettre!
Les avances aux banques.
Parmi les critiques les plus vives adressées aux Gouvernements Laval-Tardieu, il en est une .qui semble une accusation de dilapidation des deniers publics : Ou sont les 19 milliards de M. Ghéroti?
On appelle d'abord improprement les milliards de M, Ghéron ceux qui avaient élé réunis uniquement par les soins de M. Poincaré et qu'a trouvés intacts son successeur.
A la date du 30 novembre J 929, il y avait 10 milliards 500 millions. Où sont-ils passés? Ifs n’ont pa été volatilisés I
Le rapporteur général l'a nettement établi et le Ministre des Finances, au Sénat, devant M. Ghéron lui-même, en a donné l'emploi :
6 ïTîniîards 794 millions ont été affectés à des payements définitifs dont le Ministre a donné le détail. Puis les avances aux organismes agricoles, habitations à bon marché, électrification des campagnes, payement aux inondés du sud ouest : L600 millions. Budget annexe desPT.T., avances: 2.700 millions, Fonds communs des grands* réseaux : 1,950 mil-
lions. Cession de devises en vertu de la loi de 1930 : 1.400 millions* Avances à des gouvernements étrangers : 700 millions, Avances aux banques: 3 milliards* Total : 18 milliards 144 millions*
Pour la plupart de ees opérations, aucun Gouvernement n’aurait pu s’en affranchir*
En ce qui concerne la somme de 3 milliards, avances aux banques de crédits, il y a eu pour les Gouvernements on devoir de renflouement urgent, pour éviter plus de trente mille faillites qui auraient atteint un grand nombre d’usines, de commerces, d'industries, dont les employés et ouvriers eussent été les premières victimes*
Mais le côté vraiment curieux de ces reproches, c’est que nos adversaires gardent bien de dire que l’exemple a été donne — nous n’avons fait que le suivre — par le cabinet Steeg qu’ils soutenaient si énergiquement. C’est, en effet, M, Germain Martin, qui en a pris courageusement la responsabilité 1 910 millions ont été prêtés à la Banque d’Alsace îe 19 janvier 1931 et 000 millions h la B, N. C* le 31 décembre 1930* Or, je ne sache pas que ces Messieurs socialistes aient soulevé, à ce moment-là, la moindre protestation!
Quant au renflouement de la Transatlantique, il était indispensable : quelles que soient les erreurs imputables aux administrateurs de cette société et les contrôles à y apporter, le Gouvernement s'est trouvé devant le fait brutal : la liquidation forcée avec toutes ses conséquences.
Or, il ne faut pas oublier que c'est le licenciement de vingt mille ouvriers et employés, sans préjudice de l’effet moral produit au détriment du pavillon français, dont auraient immédiatement bénéficié les compagnies étrangères*
C’est pourquoi le maire socialiste de Saint Nazaire n’a pas hésité à présenter au Gouvernement une délégation ouvrière pour lui demander de renflouer la Transatlantique, qui leur assurait leur existence.
Les prêts extérieurs.
Avant même de donner à ce sujet les explications précises et claires qu’on va lire, il est lamentable qu'on soit obligé de faire justice de la plus abominable et de la plus odieuse insinuation qui ait pu être produite à l'occasion de ces emprunts étrangers ! C’est, en effet, Paul Faure qui, à la tribune de la Chambre, ayant a mettre en cause les Schneider du Creusot — et cela parce qu’il a été battu comme maire de cette ville — a tenté de laisser planer un doute sur les responsabilités gouvernementales à cet égard, or, mes adversaires, ici même, s’en servent dans toutes leurs réunions.
Je dis que c’est abominable, car tous les faits ci Lés par Paul Faure remontent de 1902 à 1913. C’est ce qui fit dire à l’ancien Ministre des Finances inscrit après lui : « Les faits apportés par M* Paul Faure constituent une interpellation à retardement : ils ne peuvent, en aucune façon, être imputables à la majorité d’aujourd'hui* Ils sont antérieurs à 1914. Ils remontent à une période d’avant guerre ou ni mes amis ni moi n’étions au pouvoir*
u Les responsables*»* que nous avons critiqué et plus que vous, ils siègent dans les travées voisines des vôtres et vous les connaissez bien! » (Journal officiel du 11 février 1932 )
Et au [Sénat, même, M* Fl andin, Ministre actuel des Finances, faisant allusion à ces insidieuses attaques, disait publiquement, sans qu’aucun sénateur d’extrême gauche ait soulevé la moindre protestation : « Ce n’est pas sans surprise que j’ai entendu cette critique de la politique des crédits de la France, qu’elle présente une corrélation troublante entre des emprunts étrangers et les commandes dénuements.
« Je n’ai pas besoin de m’étendre sur ccs affirmations ; elles sont démenties par les faits eux- mêmes»
« Au surplus, comment critiquer notre politique puisque tous les emprunts (que men-
ti armait Paul Faure) ont été conclus bous des Gouvernements dont les chefs étaient ceux qui, aujourd'hui, sont dans i apposition l »> (Joarnà.1 officiel du 24 mars 1932.)
Et voilà comment on insulte le corps électoral — car c’est une injure de le tromper pareillement — eu lui laissant « supposer » que c'est le Gouvernement actuel ou ceux de la majorité actuelle qui sont visés dans ces attaques « démenties par les faits eux^metnes »
Je m'explique donc sur ce qui touche à notre Gouvernement,
Je dis, en effet, que pour les avances aux nations étrangères : h la Hongrie, à ja Roumanie, à la Yougoslavie^ l'accusation devient audacieuse. Les socialistes, comme tous les parlementaires, savent pourtant que c’est pour le Gouvernement l'obligation absolue de continuer la politique pacifiste de k France et justement éviter à ces nations, notamment à la Hongrie, de se laisser conquérir par l'Allemagne, qui n’attendait que cette occasion et heureusement nous y avons réussi* C'est la question de « FAnschlusa » dont PauLBonceur disait que, si ou ne 1 empêchait pas, c'était îa guerre inévitable* Or, sept socialistes seulement — dont Paul-BonCour — eurent le courage de voter l'ordre du jour condamnant cette union austro-allemande* Je cite ces courageux patriotes ; Vareiiue, PauLBeticour Fret, Gambüulives, Perron, Galvei et Rama die r*
Et ils furent blâmés par le Parti tl I
Or, c’est à la demande expresse, et j’en suis un témoin, puisque j'étais alors au Conseil des Ministres, c'est à la demande de M. Briand que ces avances ont été consenties. Alors? Puisque les socialistes se déclarent solidaires de la politique de Briand — c'est donc à lui qu’ils auraient dû adresser leurs critiques !
A cette occasion, je tiens à faire constater — pour montrer une fois de plus la bonne foi de nos adversaires ~ que si M. Briand avait été vraiment « débarqué », comme ils le prétendaient, alors que son état de santé — au su de tous était bien précaire — comment se fait-il, à la chute de M* Laval, que ni le Président de la République, ni M* Painlevé, ni personne n aient songé ou à l'appeler ou à lui rendre le Ministère des Affaires étrangères ? Il était donc réellement incapable de continuer ses fonctions, ce que niaient pourtant, quelques heures même avant sa mort, mes adversaires personnels dans leurs réunions publiques*
Lés événements, hélas! pins forts que leurs m anoeuvr es, viennent de leur infliger la plus cinglante réponse.
Mais que penser de ces singuliers internationalistes qui nous reprochent des prêts et des avances, dans 1 intérêt de la politique française, alors qu'eux voulaient donner sans aucune garantie à 1 Allemagne, avec l'argent français, de quoi la relever de la faillite dont elle nous menaçait ?
L'école .unique.
Parmi les antres questions dont parlent nos adversaires, et dans un ordre d'idées de moindre importance, l’opposition gouvernementale paraît, sur cette question, quelque peu indifférente. II semble, en effet, qu'on ait relégué celte affaire au râtelier des armes rouillé es, rien de saillant ni de nouveau n’étant dit à ce sujet par les socialistes* Ce sont, en effet, toujours les mêmes arguments ; seuls les cartellistes sont partisans de l’école unique, qu ils semblent associer à la laïcité intégrale. À cela, j'ai déjà répondu que- je suis autant qu eux partisan des lois laïques et de celles qui ont fait la République que personne, d'ailleurs, ne menace*
Gomme tous les vrais républicains, je suis un défenseur irréductible de la liberté de conscience et de la liberté d'enseignement, et je n'entends pas faire d'une réforme qui n'est pas encore au point, une pierre de touche du républicanisme*
Or, en ce qui concerne notamment la liberté d'enseignement, les radicaux si nous sommes absolument opposés à la thèse des socialistes partisans du monopole et des
méthodes révolutionnaires : « L'école laïque, a dit le député unifié Déal, sera révolutionnaire ou ne sera pas n. {Populaire,, 16 mars 1928,)
L’éeole laïque, qui est au dessus des querelles poli tiques , n'est au service d’aucun parti : celte grande institution de la République ue doit pas être l'enjeu de batailles électorales; elle est faite pour qu on la serve et non pour qu’on s'en serve.
Le chômage.
Si la France s est trouvée aux prises avec l'avalanche des difficultés extraordinaires qui a déferlé sur tous les autres pays du monde depuis trois ans, si elle s1 en est sortie mieux que les autres, elle n’a pu l'éviter*
Sur le chômage qui sévit chez nous,, si lamentablement encore, Funauimité avec laquelle le Parlement s'est occupé de cet angoissant problème, prouve qu'il dépasse singulièrement la politique de tous le? partis. Mais il faut cependant ne pas; laisser dans, î oubli h responsabilité de ceux qui prétendent aujourd’hui soutenir les ouvriers quand ils auraient pu éviter cette triste situation ou tout au moins l’atténuer* C'est en arrêtant le plan d'outillage national que le premier Ministère Tardieu avait présenté, et dans des conditions sérieusement étudiées, qu d eut été possible de prévenir le chômage actuel.
Ah I certes, personne n a oublié les sarcasmes, les ironies, les plaisanteries faites alors sur cette appellation, qui semblait extravagante, et sur Fauteur lui-même de cette mesure de prévoyance.
C est, en effet, ce qu André Pardieu appelait avec raison une politique de prospérité* à-L on assez ri de ce mot ci de cette politique! Eh bien! aujourd'hui, il n'est pas un homme sensé qui ne regrette le vote en temps utile d’une réforme qui eut évité la misère actuelle*
Ce programme, proposé il y a plus d*un an, comportait des travaux immédiats concernant les routes, les ports maritimes, les aménagements hydrauliques^ les passages à niveau, lea clïemins, de ter, la marine marchande, les immeubles! scolaires,. les hôpitaux, les lotissements, la défense nationale, 1 agriculture et les forêts, etc*, etc* Ce programme, appliqué dès son vote;> fournissait à 1 avance au pays des ressources et du travail pour plus de 5ÛQ.ÛO0I ouvriers !
C'est si exact que des hommes, non suspects de tendresse à l'égard d'André Tardieu, tel Louis Proüsi, député radie a b socialiste, écrivait ces temps derniers : ç Quand M. André Tardieu proposait il y a deux ans son. projet, on lui fit une guerre acharnée. 11 n'empêche qu àujomd hui, eu mison des circonstances, nous allons être obligés de voter cet outillage national qui nous inquiétait si fort. Qn peut dire ce qu’on voudra, ou ne me fera pas avouer queee soit U de bonne besogne ni de bonne politique ». Sans commentaires !
ht c est dans la fî&v.ne de Pans que sou propre directeur, retraçant les vicissitudes de ce plan d ou tillage, écrivait ; <t Cest sous la pression des circonstances que le récent projet a ete voté : il aurait pu Fêtre en toute sérénité si on avait essayé de comprendre, il y a deux ans, le caractère d’, efficacité préventive qui l'imprégnait; il n'est plus aujourd'hui quun remede hâtif à une crise qui a marché plus vite que le Parlement; et le financement par l’emprunt ne restituera pas au projet sa vitalité première ».
Voilà des arguments difficiles à détruire; les travailleurs qui soutirent du chômage ne seront pas dupes de ceux qui les ont trompes et qui cherchent aujourd’hui à détourner sur hs autres leurs propres responsabilités.
La reforme électorale.
Ou dit qu’il y a toujours dans les choses les plus sérieuses un, côté plaisant !
A ce point de vue, rien ne peut égaler l'attitude indignée de nos adversaires en présence d'une réforme dont ils sont les véritables auteurs ci qui n'eut vraisemblablement jamais vu la discussion.,, si l’un des leurs ne l avait présentée. Cette réforme a été la cause.
de la part des socialistes, d'une obstruction systématique, de continuels scrutins à la tribune, qui ont Fait perdre à la Chambre un temps considérable, empêchant ainsi le budget el les affaires sérieuses d etre discutées. Pourquoi cette réforme n’a-t-elle pas abouti? Parce que les socialistes se rendaient compie — les communistes refusant de marcher dans la combinaison — qu'avec le système du tour unique, ils perdaient une grande partie des sièges que le second tour, grâce aux combinaisons qu'on voulait justement éviter, ne manquerait pas de leur faire gagner. Les radicaux, sous peine de scission du cartel, craignant des représailles et des défections socialistes dans un grand nombre de circonscriptions, se sont laissés facilement manœuvrer et n’ont pas voulu d’une réforme que Tun des leurs avait, le premier, présentée.
Car c'est bien M. Charles Lambert, député radical-socialiste du Rhône, un collègue et allié de M. Herriot, qui était l’auteur de la réforme; et nous avons ainsi assisté à une controverse vraiment amusante entre les chefs radicaux, qui avaient connu la proposition Lambert, eL ce dernier député qui, à la tribune, mit les rieurs de son côté*
Quant aux socialistes unifiés, le président de la commission nous fit passer à la Chambre un moment de gaieté, en opposant simplement à leurs protestations véhémentes la proposition de loi d'un des leurs, le député ÀnLonelli, préconisant dans les élections partielles T élection au premier tour, quel que soit le nombre des suffrages obtenus \
Alors, vraiment, de qui se moque-t-on? Et quand nous entendons aujourd'hui, dans les réunions publiques, nos adversaires socialistes parler d'attentat contre le suffrage universel, qui donc en est responsable, sinon les propres auteurs de cette réforme qui les gênait . * .
A la vérité — je suis personnellement bien à Taise pour en discuter sans parti pris — la Commission du suffrage universel qui a repris la proposition Lambert se basait sur le mode d'élection actuellement en vigueur dans tous les pays, et notamment chez les socialistes anglais.
C’était d'ailleurs l'opinion de M. Daladier, président du parti radical, qui écrivait dans le journal, Le Provençal du 17 mai 1930, ce savoureux article ; tt Dans le cas où les socialistes ne feraient pas un accord public avec les radicaux, il Taudra sans doute aller aux conséquences logiques ; un système électoral prévoyant la suppression du second tour »*Alors? Crime contre la République, quand ça dérange leur combinaison, mais & conséquences logiques et franchise de scrutin » quand ça les arrange ou ça les sert I
Les communistes, à la tribune de la Chambre, ont singulièrement gêné leurs frères unifiés à cet égard, Leur mandataire, M. Réron,se tournant vers eux, s’exprimait ainsi : ^ Vous venez de voter la proportionnelle que vous avez repoussée en 1927, malgré vos promesses, et vous votez le scrutin à deux tours, mille fois flétri par vous : aujourd’hui vous regrettez ou vous acceptez tout au gré de vos intérêts électoraux ». Or, le mode à deux tours a été, en effet, condamné par les chefs socialistes d’autrefois, les Jaurès, les Jules Guesde et les Vaillant* Il était tenu par eux pour le plus odieux et comme le pire, car ils lui reprochaient surtout le marchandage et la confusion des programmes.
Après ça, les socialistes peuvent crier an scandale et à l’attentat ï
La Commission d’enquête. — L'affaire Oustrîc el Cie-
En fait de scandale, il en est pourtant un qu’a relevé la Commission d'enquête, dont aujourd’hui, dans les réunions publiques, on n’a pas l’air de vouloir entretenir le public.
Je comprends qu*il soit quelque peu gênant de montrer aux prolétaires et aux gens du peuple, naïfs et confiants, la double face de ceux qui vont taper sur les capitalistes et les banquiers dans les meetings électoraux, et qui chez eux, soif professionnellement, soit pour leurs propres affaires ou pour leurs journaux, en vivent cyniquement*
En voilà un attentat, et le plus odieux, puisqu’il touche à la confiance populaire ! j’ai été — par la sympathie et l’estime déniés collègues — désigné par eux, comme premier vice-président de la Commission d’enquête* A ce titre là, j’ai connu des dossiers, j ai
, ■ i - Dt milles ciu’aient pu être mes relations personnelles avec 1 un des
vu et jugé les inculpes, et que 1 . . faire tout mon devoir. Ah 1 certes,
principaux prévenus, je na P - ~ ■! somWait bien et c’est ce qui faisait la
quand toute la Chambre a demande 1 ®n^®’^dicanîJ àHai(int Être éclaboussés ! Mais voici joie de nos adversaires^ des dossiers, révélant avec elle des pratiques dont
que tout à coup, a ‘ , t quv!es étaient absolument malpropres ! Comment .
le moins que j eu pu™ ’ * * on rarrêle ; les socialistes montrent déjà
Ouslnc est un banquier x é™u* - # on s’aperçoit avec stupeur qu’un de oes commen-
du doigt les commensaux du fina , du narU socialiste ! Et il a fallu à la séance méraosaux est justement un des gran s IcrUr,uleux collègue, essayait de mettre en mauvaise
Ch° ctVa.nsi1^ nous savons aujourd’hui que pas
moindres ! - qui vont clamer miUiardaires et des affairistes, sont les
quiers, des grosses firmes des gran o ^ ^ fidÈles commensaux et à leur demander
—T ^érables, dont les pauvres diables du parti n’ont
f fours, le député ‘J » £ *»£ I P^ml
(et l’est-il ?) les élections de 193- seraien 5 . .. - accept,ent l’un, un poste gouverne-
besoin de critiquer la situation ce ce? ^,cla l 6n,p0chant tranquillement depuis dix mental lui rapportant 600.00 femcs ^ rien que d&è. normal, bien que ans des appointements annuels *4^ francs . ^ quand il saura, par
le peuple lui, le trouvera peut e re - - démocratie député socialiste unifié, s’est trouvé
exemple, que l’un des ^ ^ ^ et que cW égale-
à la barre pour 1 administration d une P j fameuses sociétés de Thaon ! On aura ment lui qui représente le capitaliste bien connu ^sfemeu^some^ ^
beau invoquer les obligations «faux titres hongrois » où l’épargne
franÇaLeVperduUdr Sommes élevées, ayant en face de lui - c’e9i ^ ^
irançaise a perau fmüvemement fasciste hongrois! ü est encore un
député unihe qui représentait, , n trois fois les profiteurs des scandaleuses
député - également unifié ! - qui a soutenu tren^-trms tcmtojvo*
affaires de dommages de guerre, où voleurs et gre ‘^moi-même les pièces justificatives — Mais le bouquet — et vraiment, si je n avais p, s , tournai même des unifiés
j’oserais à peine l’affirmer, c’est la situation Pa™ . f j d’un milliardaire très
le Populaire, qui ne craint pas d’accepter un gro= appui financier U u
COm Alors ! bons prolétaires et
si votre propre journal, émarge lui aussi, sans la
moindre vergogne ! ponsot de la France du Sud-Ouest - écrivait
Aussi, est-ce avec raison que > g - (( Les humbles du parti unifié en ont
dans la Gauche, sous le litre « Rappe a a pi • d’affaire-! qui empruntent aux avenues de l’arrogance de ces grands seigneurs brassenrs d aftue. qn r u di6(:eur# du
turiers leurs roueries, pour édifier d opu en es or u ^ dirigeants unifiés. Il retentira
Ministre a libéré le Parlement de 1 insupportable chantage u.ng
dans le pays : il déchirera le désillusionné le soin d’apprécier, pour
On ne saurait mieux dire, et je laisse api traiter maintenant la grave question du désaimemen
Le désarmement, et la paix.
tude^.^ ***** riC" réal'Sé> therChepar!0US l0S "«>*«» à ”&*** i’inquié-
H pose en défenseur unique rie la paix, laissant ainsi penser que les autres sont les partisane de la guerre, ou complices dos marchands de canons.
Aussi stupide et monstrouse que puisse être celle grossière manœuvre, il ne la colporte pas moins, espérant que l’esprit simpliste et crédule des pauvres gens en sera peut-être impressionne j J ai fait justice de cette calomnie*
Les faits les arguments, les preuves manifestes suffisent largement à placer la question ur son véri table terrain et a éclairer le public sur le danger réel que feraient courir à notre pays les socialistes si on suivait leurs pernicieux conseils*
Les socialistes veulent le désarmement disent-ils : mais pour y arriver c’est la France qui doit donner I exemple, sans s’inquiéter de savoir ce que feiont les autres nations
Leon Ilium écrivait dans le Populaire du 15 mai 1931 : « La France peut ot doit désarmer en dehors de toute réciprocité probable et donner l’exemple de la réduction progressive des armements terrestres », 1 ^
Eh bien j’affirme, moi, qu’il n’y a pas un seul Français, ouvrier, paysan, travailleur, qui réponde « Desarmer, out ! Mais nous seuls, les premiers, sans savoir si nous serons suivis. Jamais Lan c est le plus sûr moyen d’avoir la guerre ».
A i appui de cette thèse et selon leurs doctrines, les socialistes refusent les crédits de cefense nationale; et de même qu’en 1924 ils combattaient M. Poincaré qu’ils appelaient l ®1"Care'^Cl“6rrÔ ' Je meme aujourd’hui c’est à Tardieu qu’ils adressent le même qualiîca ■ eu cherchant a lui opposer Briand dont ils exploitent odieusement la mort. Y a-t-il nen de plus écœurant que de s’emparer d’un grand homme et de sa légende, de s'en servir comme J un drapeau dans les batailles électorales, alors que le réquisitoire le plus impitoyable contre cette manœuvre a été prononcé- par Edouard Herriot qui, reprochant à Léon um ( avoir compromis Insuccès de Briand, lançait contre les socialistes eette formidable attaque . « La véritable politique extérieure du parti socialiste n’a rien à voir avec celle de P » r*11)’ TlC1V,’ dans^ ^ cette politique ? Coutre le nationalisme allemand ?
; G(yntrl 1 Anschlussf Rjèn ? 11 ne faut pas contrister le président du Reich ! En feignant daedamer Bnand, les socialistes manœuvrent électoral ornent, voilà tout; leur mentalité .. (ue i emagogie, cou rtisanene électorale, appât vulgaire pour le succès »
Quel ye(lu's*t<nre ! pour les socialistes, en effet, c’est la France qui a toujours tort, c’est qm es militariste, tandis que l’Allemagne ne demande qu’à prouver sa bonne foi, son pacifisme et son amour de la paix !
lWk Tr rzrr*;’ lIS f?ralent bien mieu* de Adresser aux Allemands ! Qu'on demande n f s ^ m b e n0S ^ron^ères ^ dont les invasions ont tout détruit I
J1 faut donc prendre toutes précautions pour éviter le retour de cet horrible fléau ; et t ’ ,S Pül eS e. am,]les> nous <ïul avons fait la guerre, qui en avons souffert, nous avons
celuiüs, ’ P°°r "î,’0“V'k”' •* ■‘testr», <,„i
l’autre <• î i A H ° °i i ■ P °Ur n0Us *e botl droit, nous sommes trop fixés sur ce qui se passe do J’ L U ,m’ P°Ur cor®mcttre le crime de sacrifier la sécurité du pays à des extra-
bu0téleetoI'd00nSC,e ’ qUa,K eHeS S0,H de bonne foi’ criminelles quand elles- n ont qu’un
— etce!xT!.ê|L LelIcmenL Peu militariste, que si l’on examine les budgets de la Marine
de 1014 U Ï’J “ °rnalS Par exPérie«ce — on constate qu’en les comparant avec ceux de 1914, la 1 rance est exactement la seule à avoir réduit ses dépenses.
mmonlh n<rr ^"T -tains aujourd’hui - personne ne peut le nier - que l’Allemagne
E-card et lîo S î Çom™ssion de l’armée, deux parlementaires, les sénateurs
E.tard et Bourgeois, en ont donné les preuves manifestement irréfu labiés ! En voici la
preuve : Le traité de Versailles donne droit à l'Allemagne à 2,000 mitrailleuses, elle en a 25.000; elle a droit à 300 canons,, elle en a près de 3.000 ; elle ne peut posséder que 200 Minenwerfer, elle en a pins de 2.000 et tout à P a venant ! Or ^ comme elle est délivrée de toutes dettes extérieures, sa dette intérieure étant de 8 livres par tête d'habitant, contre 27 aux Etats-Unis, 65 à la Fiance, 150 à T Angleterre, elle peut tout à son aise continuer à s armer clandestinement sans en faire souffrir les contribuables. En outre, elle ne veut pas payer ce qu'elle doit. Devant une pareille situation, nous avons eu la satisfaction de constater que des hommes comme Pauî-Boneour et Varenne n'ont pas craint de s'opposer énergiquement à la démence de leurs propres amis, Paul-Boncour a quitté le parti parce qu’il a compris ou menait son internationalisme effréné qui ne rencontre nulle part dans le monde de co ntr e^pa r li e .
G est ainsi que I on peut faire cette comparaison tristement décevante : sepL socialistes allemands ont été mis en accusation par leur parti pour avoir voté contre les crédits réciâ^ mes pour la construction des cuirassés ; et sept socialistes français ont été a blâmés pour avoir voté contre l'Anschluss ». Le rapprochement est navrant 3 Pourquoi )< Internationale n’est-elle internationaliste que chez nous?
Quant à Varenne, à un congrès d'anciens combattants, il a dit ; « Ayons le courage d'avouer que la France ne servirait pas la paîx en mettant bas les armes tant que sa sécurité a’ est pas pleinement assurée.
a Es Lee le moment de laisser la porte ouverte au lieu de renforcer les serrures, pour ôter a l'Allemagne l'envie de re commencer? Cela coûtera des milliards? Oui, mais cela nous permettra d'épargner des milliers de vies humaines ! »
Kt : « Je préfère combler les tranchées de la frontière avec du béton, disait Remot, qu'avec les poitrines de nos enfants, &
Il n est donc pas douteux que nous avons le devoir de prendre toutes' nos précautions, car, ce ne serait plus au moment de l'invasion qu4I serait temps de rechercher les responsabilités ou de s en prendre aux inconscients dont les esrreurs nous auraient conduits au désastre.
PauLil encore, pour ajouter à toutes ces démonstrations significatives, donner des preuves irréfutables, de la volonté de revanche ds nos ennemis? Elles ne manquent pas !
Depuis 1019, les socialistes allemands ont toujours voté les crédits militaires, pendant que les nôtres les repoussent.
Quant à 1 esprit des gouvernants allemands, il suffit de quelques citations pour être absolument édilié :
Le Ministre de la Justice, M. Ilergt, à Cologne, prononce les paroles suivantes :
u Nous voulons un conflit avec la France, quelles qu’en puissent être les conséquences. Le grand maître de 1 ordre de la <f Jeune Allemagne », M, Fiindt : « Le recouvrement de tous les territoires perdus h la guerre (Alsace et Lorraine) est notre but suprême et comme nous considérons le pacifisme comme un verbiage stérile, le seul moyen pour nous d'aboutir, est notre force armée. »
Et c est Hindenburg lui-même, le président de la République allemande, que soutiennent aujourd hui les socialistes allemands, qui s'insurge contre le traité de Versailles, ce qui lui vaut un télégramme de F ex-empereur Guillaume. Qr c'est lui qui écrivait encore : « Je désire combattre une fois de plus contre la France l »
Lt voici le fameux pacifiste Mae rien, qui déclare : « L'Allemagne arme, arme, arme : ses usines de couleur, en quelques minutes, fabriquent des gaz ; celles qui produisent, au terme du Lraité, deux avions par mois, en sortent 400! Bref sans que la France s'en doute, cht-d, l’Allemagne est plus dangereuse qu'en 1914.
Je ne veux rien ajouter d'autre, que de mettre en garde les électeurs contre l'exploitation que font ainsi les socialistes du désarmement et de la paix»
Et ce sont ces memes rhéteurs qui, en 1913-1914 n'avaient rien prévu ni préparé, ce sont ceux-là mêmes qui, en 1926, nous ont mené à deux doigts de la faillite, qui se présentent aujourd'hui en sauveurs du pays ! Allons donc [
Le peuple de France ne se laissera pas circonvenir par un parti qui ne cherche à acheter la faveur de ceux qui souffrent qu'en laissant entrevoir à ces déshérités de la vie d'irréalisables espérances
Il ne peut y avoir de paix entre les peuples que s il y a d abord la paix entre les citoyens.
Les leçons de l’histoire sont là pour éclairer le jugement du prolétariat. Dans tous les pays où le socialisme a pris le pouvoir, c est par la ruine et le désastre cjue se sont termines leurs lamentables expériences.
En Australie, en Roumanie, en Italie, en Hongrie, en Nouvelle-Zélande et dernièrement en Angleterre, quand les masses ouvrières se sont rendu compte qu elles avaient été trompées et réduites à une vie plus misérable, elles ont chassé les meneurs qui avaient trahi leur confiance»
C'est un fait indiscutable que les travailleurs iront jamais retiré aucun avantage de la lutte des classes : tous les progrès, toutes les améliorations de conditions de travail et de vie, toutes les lois sociales, tous les progrès faits en faveur du prolétariat, ce sont les Gouvernements républicains et leurs majorités qui les ont accomplis. Le socialisme qui u travaille contre la classe ouvrière n a tué l'Angleterre, comme tuerait la France dans son industrie, dans son commerce et dans son crédit.
Si le pays veut rétablir ses affaires publiques, il lui faut un, Parlement, qui, par 1 union et la collaboration de tous, puisse prendre sans faiblesses les mesures indispensables à la vie même de la nation.
J1 faut collaborer et non se battre.
C'est à cette politique de sagesse et de raison, que je vous prie de vous associer, car c'est vous qui, par votre suffrage^ tenez en mains les destinées de la Patrie 1
Pierre DIGNAC
Officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre* Maire. — Conseiller général.
Ancien Ministre. — Député sortant.
7e circonscription de BORDEAUX*