‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 81 sur 260 · M. G AB ANN ES, S* F, I. O · texte numérisé non relu

M. G AB ANN ES, S* F, I. O

Elu au deuxième tour de scrutin* — 8.8J9 voix.

Programme général

Lutte contre la guerre, pour la paix, l'arbitrage international obligatoire } le désarmement général simultané et contrôlé .

Par Farbitrage et le désarmement général sera fondée réellement la sécurité des peuples dans la paix*

Mais la paix ne sera pas organisée si la force armée, avec ses tentations, subsistait*

Il faut désarmer sur la base de l 'égalité des droits et devoirs.

II faut désarmer pour que tous les peuples puissent se rapprocher sans crainte et sans défiance, sous la garantie d’un contrôle international égal pour tous*

Il faut désarmer pour faire tomber le poids intolérable des dépenses militaires, coûte uses et ruineuses armures du monde*

II faut désarmer pour écarter à jamais les horreurs de la guerre*

Il faut organiser la paix *

Mais il ne faut pas en laisser le soin à des diplomates, ni à des gouvernants de réaction, à qui la satisfaction de desseins ambitieux fait trouver légère la ruine des peuples, ni aux munitionnaires pour qui la guerre est industrie et profit.

Citoyens rap pelez- vous :

Les 74 millions de mobilisés dont 8 millions en France ;

Les 10 millions de morts dont 1 *400.000 en France ;

Les 20 millions de blessés, mutilés, dont 2*500 000 en France;

Les 6*000 milliards qu'a coûté la guerre, dont 500 milliards en France;

Les 103 milliards que coûte encore annuellement la paix armée, dont 17 milliards en France*

Donnez aussi au Parti socialiste les moyens de gouverner et de travailler à renforcer et démocratiser une Société des Nations qui doit, sous peine de faillite, substituer l'arbitrage international et assurer le désarmement contrôlé.

Lu lie contre les fléaux sociaux .

Le Parti socialiste joint tout un ensemble de mesures concernant l'hygiène, l'assislance et la prévoyance sociale, dont il reprend F essentiel de son programme de 1928*

Créations d'oeuvres en faveur de F enfance ;

Assurance sociale des enfants ;

Réorganisation complète du service des enfants assistés sur des bases plus humaines; Refonte des lois d’assistance ;

Création d un vaste service d’hygiène en vue d’assurer la surveillance et la protection

de 3a santé publique, et toutes mesures propres à atténuer les souffrances, à garantir de rinjustice sociale, à sauvegarder la vie humaine*

Large dotation du budget de l'hygiène et de V assistance*

Ce budget est à l'heure actuelle si scandaleusement réduit qu'il atteint à peine 2 0/0 du budget total. Il est nécessaire de le doter largement sî F on veut réaliser les réformes urgentes que réclame le Parti socialiste ; ces réformes, les voici :

a) Les retraites ouvrières et paysannes allouées aux vieux travailleurs de plus de 60 ans doivent être proportionnées au coût actuel de la vie ;

b) Lutte méthodique contre les fléaux sociaux: tuberculose, syphilis, cancer.

La tuberculose sévit surtout dans les logements insalubres, surpeuplés ; elle étend particulièrement ses ravages dans la population pauvre des quartiers populeux,

La syphilis, autre danger social, coûte chaque année, à la France, 140*000 vies humaines.

Ces trois fléaux nous ont coûté pendant quatre années et demie de la guerre une perte totale de 1,500.000 existences, presque autant que la guerre elle-même.

Un budget de Î20 millions pendant quelques années permettrait de diminuer rapidement les ravoges de ces maladies.

Lutte contre V anarchie de la production : Nationalisations, — Offices publics ,

Partout, la production, livrée au hasard des égoïsmes, est déréglée* Au même titre que la disette, l'abondance des produits fait la misère des producteurs dont elle devrait accroître le bien-être.

Elle provoque la mévente, le chômage, les crises.

Des progrès de la science et de la technique, le régime capitaliste a fait un fléau.

Spéculant sur le désordre de la production, sur les prix qu'il amplifie, sur les besoins des producteurs, il enlève à ceux-ci leur juste rémunération.

Parles trusts, les* cartels, fl réglemente la production à son profit.

C'est pourquoi le Parti socialiste réclame la constitution d'offices nationaux du blé, du vin, du sucre.

Les monopoles capitalistes ruinent l'Etat et accablent la production.

Nous demandons leur restitution à la Nation :

Chemins de fer dont le Parti socialiste n’a cessé de dénoncer les^scandaies, et qui, par des tarifs excessifs, paralysent l'activité économique du pays ;

Mines, dont une meilleure gestion, combinée avec une politique de contingentement, préserverait les mineurs du chômage et fournirait à bon compte le charbon à l'industrie ;

Engrais, dont les trusts maintiennent haut les cours au détriment de l'agriculture ;

Assurances, dont] les fbénéfic es considérables (plusieurs milliards par an), pourraient contribuer 'au fonctionnement de l’assurance contre les risques agricoles, et de l’assurance contre le chômage ouvrier.

À cette anarchique féodalité du capitalisme, le Parti oppose la puissance ordonnée des démocrates et des travailleurs.

Le logement et f habitation.

Le Parti socialiste fera prévaloir une politique active du logemsnt et de riiabîtaiion qui assure aux travailleurs la sécurité et des conditions d'existence normale. Des possibilités plus larges seront données aux offices d’habitations municipaux et départementaux. Les sommes nécessaires seraient fournies par les caisses de capitalisation des assurances sociales et des retraites.

/. — - Associa ftojis agricoles.

Développement et extension méthodiques avec participation de l'Etat, des mutuelles assurances contre l’incendie, la mortalité du bétail, elc., des syndicats, coopératives agricoles destinés soit à l’achat des matières premières nécessaires à la culture soit à la vente des produits, soit meme a leur production. Encouragement particulier aux organisations collectives employant la culture mécanique.

Etablissement du statut définitif des coopératives agricoles*

Développement des caves et silos coopératifs*

//, — Crédit agricole.

Développement et réorganisation du crédit agricole. Institution dune caisse centrale de garantie pour dispenser les petits et moyens exploitants des formalités d’aval et de warrant eL permettre vraiment l’accès de la propriété aux salariés agricoles, aux petits fermiers et aux métayers. Concours plus actif aux organisations coopératives.

Représentation effective des syndicats et coopératives agricoles et viticoles dans les conseils d’administration des caisses régionales de crédit agricole

Intensification de la propagande et développement des caisses locales pour que le crédit agricole devienne la grande banque de dépôt du monde agricole.

jjjm Caisse nationale d’assurances à gestion bipartite contre les calamités naturelles*

En vue de venir en aide aux agriculteurs victimes des calamités naturelles * grele, inondations, gelées, ouragans, etc., création dans le cadre de 1 Office national des assurances d’une caisse alimentée par un versement spécial des intéressés au prorata de leur revenu cadastral et une subvention de l'Etat.

jym — Office national des routes ; travaux publics , électricité, force hydraulique *

Mise à l’étude immédiate d’un programme ayant pour objet 1 amélioration du sol (drainage, irrigation, assèchement, etc,)*

Electrification générale des campagnes et nationalisation des concessions capitalistes.

Aménagement des forces hydrauliques (houilles blanche et verte) qui devront être soit nationalisées, soit concédées à des coopératives de producteurs*

V, — Organisation de la vente des produits agricoles .

Création d’offices à gestion triparLite (producteurs, consommateurs, Etat) pour l'écoulement des produits agricoles (blé* vin, sucre, textile, produits résineux, viande, etc.) en entrant en relations avec les organisations coopératives de consommation et réorganisation des offices existants (tabacs, alcools, etc )

A* — Office du Me.

Création d’un office du blé placé sous la gestion bipartite des cultivateurs, des consommateurs et de l’Etat destiné :

ln A fixer un prix annuel du blé, calculé d’après le prix de revient et la qualité boulangère ;

'2° A organiser la vente coopérative de la récolte ;

3° À présider à ï1 introduction et à la répartition des céréales en cas de déficit; au stockage ou à l'exportation en cas d’excédent

Suppression du marché spéculatif des bourses de commerce.

Encouragement aux: minoteries et boulangeries coopératives* Nationalisation consortiums de minoterie*

des

— Office du vin .

destiné^011 d Un °ffiC<î d“ ™ à 8'eSti°n triParlite (viticulteurs, consommateurs et Etat)

1* A fixer pour les vins de consommation courante un prix annuel, calculé d’après le prix de revient, le degré alcoolique et la qualité ;

2° A organiser la vente coopérative de la récolte ;

3° A présider a 1 importation des vins de coupage jugés indispensables*

A organiser le stockage, la distillation et à prendre toutes mesures propres à rémih nser le marché do vin, 1 0

A rechercher les débouchés extérieurs.

Répression de la hausse illicite et tout spécialement en ce qui concerne les vins d appellation d’origine.

Suppression du marché spéculatif des Bourses de commerce.

G. — Office du sucre.

Création d’un office du sucre à gestion tripartite (cultivateurs, consommateurs, Etal) destine à établir les cours du sucre en harmonie avec le prix de revient ; à organiser l’iroportation et 1 exportation ou le stockage r

Suppression du marché spéculatif,

rationalisation des raffineries et consortiums sucriers,

fi- — Office de r alcool.

Réorganisation de l’Office de l’alcool, placé sous la gestion tripartite des producteurs des consommateurs et de l'Etat, Application intégrale de la loi du 28 février 1923,

Office des engrais et des produits chimiques agricoles.

Création d’un office des engrais à gestion tripartite (cultivateurs, techniciens, Etat) charge de la fabrication, de i’extraction, de l’importation et delà vente des engrais. Aménagement immédiat des mines domaniales de potasse, de l’Office national industriel de I azote (Toulouse) et de Importation des phosphates nord-africains.

Organisation de la production et de la vente du sulfate du cuivre, des soufres, de l’acide sulfurique, etc.

Transports .

Réorganisation des transports. Etablissement de tarifs réduits pour les engrais,

semences, machines et produits agricoles. Modernisation du matériel pour le transport des denrées périssables

Extension de la poste rurale avec tarif spécial pour les colis agricoles.

Gaston CABANNE3

Adjoint au maire de Bordeaux*

Conseiller d’arrondi ssemeut»

Ancien combattant*

Circonscription de LESPARRE,

M. M AN D EL, indépendant.

Elu au deuxième tour de scrutin : 8.325 voix,

Mes chers Concitoyens,

C’est avec la fierté qu’inspire le sentiment du devoir bien rempli que je viens vous demander le renouvellement de mon mandat législatif.

D’ailleurs, si j’y avais éprouvé quelque scrupule, la manifestation spontanée de la grande majorité de vos élus départementaux et communaux qui m’ont assuré de leur confiance et de leur gratitude, aurait suffi à me dicter ma résolution,

La crise économique sans précédent qui bouleverse le monde et qu'aggravent partout des difficultés financières, a nécessairement fini par atteindre la France et vous éprouve cruellement.

Je vous ai dit dans de nombreuses réunions ce que j'ai fait, à tous égards, pour y remédier*

À des reproches qu'inspiraient la passion politique et les haines que je m’ennorgueillis d'avoir soulevées par mon action à la Commission d'enquête (où je n’ai pas ménagé les détrousseurs d'épargne, ni leurs complices, quelque haut placés qu'ils fussent) j’ai répondu partout par des faits, par des chiffres et des précisions,

La législature qui s’achève est une de celles qui auront accompli l’œuvre la plus considérable dans l’intérêt de l’agriculture — et surtout de la viticulture et de la sylviculture.

Les bienfaisants effets ne tarderont pas à s’en faire sentir.

Mais, pour cela, il importe de persévérer dans la politique suivie 11 faut barrer résolument la route au parti socialiste et à tous ceux qui seraienL tentés de pactiser avec lui.

C’est, pour ma part, ce que j'ai constamment fait*

Libre à vous d’estimer que j ai eu tort. Mais vous ne saurez me reprocher de vous avoir trompés ; car j’ai toujours voté et agi comme je vous l'avais promis en 1928, et, si vous me faites l’honneur de me renvoyer au Parlement, je resterai invariablement fidèle au programme que j’avais alors tracé devant voue.

J estime en effet que l’ Union nationale, qui nous a seule permis de remporter la victoire de la guerre et de sauver ce qui reste de notre franc, s’impose aujourd’hui plus que jamais, en raison même de la gravité de la situation.

Cependant, qu’on ne s’y méprenne pas* Elle n’est qu’une des conditions de salut : elle n’en est pas la seule*

11 faut aussi :

Au point de vue financier :

Pratiquer une politique d'économies féroces et, pour cela, réduire autant que possible le nombre des fonctionnaires eL des agents des services publics (tout en assurant une existence digne et indépendante à ceux qu’on gardera).

f rapper plus sévèrement les revenus du capital (par rapport à ceux du travail) et

continuer à dégrever les populations rurales au fur et à mesure que nous bénéficierons de nouvelles disponibilités budgétaires.

Etendre à tous les impôts nodulaires, les déductions à la base pour charges de famille.

Au point de vue social ;

Remanier et assouplir la loi sur les assurances sociales (notamment en ce qui concerne l'assurance maladie).

Encourager les familles nombreuses*

Généraliser les primes à la natalité à partir du troisième enfant, avec fixation d’un minimum de 500 francs.

Instituer des pensions de vieillesse pour les mères de famille et les veufs (sans fortune) ayant élevé trois enfants jusqu'à 10 ans.

Admettre les orphelins de familles nombreuses parmi les pupilles de la Nation.

Faire prévaloir les programmes des associations d'anciens combattants et de victimes de la guerre.

Au point de vue régional :

Améliorer la siluation du résinier, du gemmeur et du métayer*

Lutter contre f envahissement du white spirit,

Protéger nos marques de fabriques en veillant à la stricte application de la convention de Madrid,

Diminuer les droits de circulation sur nos vins.

Nous procurer de nouveaux marchés, et pour cela :

Au point de vue extérieur :

Assurer et organiser 3a paix sur la base des traités ; et, à cet effet, renouer et fortifier F En tente cordiale en la complétant par des accords économiques profitables aux produits de nos régions.

Dénoncer le traité de commerce désastreux pour la viticulture, conclu avec TAHemagne en 1927, sous la législature du cartel ; et, tout en fortifiant les organisations d Arbitrage, s'engager résolument dans une politique d'alliances et d’amitiés génératrices de conventions douanières indispensables à la vente de nos bois et de nos vins.

Mais cette politique, comme le proclamait hier encore mon ami, M, Tardieu, dans ses discours de Huilier et de Giromagny, ne peut être pratiquée avec succès que dans Tordre et le respect des lois.

Affaire à d'autres de pactiser avec les internationalistes et les apôtres de la lutte des classes, qui, à T'exempte de M. Blum, sont prêts à recourir aux « vacances de la légalité n.

Pour ce qui me concerne, je ne fais appel qu’aux républicains épris de progrès et de justice sociale ; et, je ne prends à leur égard — comme envers tous les Médocains ~ qu’un engagement: c’est de m'employer de touLe mon intelligence, de toute mon activité et de ma puissance de dévouement, à défendre leurs justes revendications.

Je n'avais d’ailleurs pas tenu un autre langage en 1928*

Or, vous savez fout ce que j’ai fait (rien qu'au point de vue régional) pour la défense de la côte, la reconstruction de votre réseau routier, la protection des malles, le dévasement des ports et des chenaux, T assèchement des marais ou la lutte contre les incendies de forêts.

Je n'ai pas de plus haute ambition que de continuer à vous servir,

A vous de dire si j’en suis digne ou si vous préférez, au contraire, en votant pour mes

concurrents, qui ont tous partie liée, renouveler F expérience cartelliste de 19244926 et, par une nouvelle débâcle monétaire, risquer de conduire la France aux plus effroyables convulsions sociales.

En tout cas , quelle que soit votre décision, croyez bien que, demain comme hier, je resterai votre ami à tous, sans distinction de nuance et d’opinion, et que je me consacrerai inlassablement à celte cause sacrée : la prospérité du Médoc et la grandeur de la France.

Georges S1ANDEL Député sortant.

Maire de Soulac, — Conseiller général de Lesparre- Candidat d’union républicaine*

Circonscription de LA RÉOLE*

M. GLUZAN, radical-socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin. — 6.482 voix*

Citoyens,

Le 29 novembre 1931 , la démocratie réolaise a manifesté d1 éclatante manière sa volonté d'adhésion à une politique républicaine d’Union des gauches.

Elle m'a fait l'insigne honneur de me confier le drapeau qui lui a servi de signe de ralliement-

Je le lui présente à nouveau, assuré qu'elle est prête, encore, à le prendre pour guide ,

Mon programme ne peut être que celui que vous avez approuvé il y a cinq mois, lorsque je vous ai invité à faire taire les ressentiments nés de l'ardeur des batailles anciennes et à réaliser, dans un intérêt commun, P union -de tous les républicains, pour :

La défense des principes de laïcité dans le respect absolu de toutes les consciences ;

La réalisation du seul enseignement digne d’une démocratie : l’école unique qui, sans porter atteinte à la liberté d'enseignement, assurera dans les établissements de l'Etat Légalité de tous les enfants devant l'Instruction ;

L'amélioration et l’extension des lois sociales;

La protection de l’épargne ;

La répartition plus équitable des charges fiscales, notamment par le remplacement de l'impôt sur le chiffre d'affaires par une taxe unique à 3a production ;

L’organisation meilleure de la production et de la lu Lie contre la spéculation ;

La protection de F agriculture par une législation douanière plus efficace — par le développement du crédit agricole — par une dotation plus large du fonds affecté a indemniser les calamités agricoles*

ïfc ;K

Une crise sévère continue ù peser sur le pays. Partout on a chanté l’hymne à la produc^ tion, en s'imaginant qu'il était possible de produire tous les jours davantage, sans s'occuper de la création de nouveaux débouchés et de la répartition des marchandises.

On s’est trompé.

hn multipliant à l'infini les produits, le progrès mécanique a créé la crise et le chômage.

11 y a déséquilibre entre les forces de production et les possibilités d'achat.

La réorganisation économique de la France est liée à celle du monde. Elle doit avoir pour hase la constitution d’ententes nationales et internationales entre groupements de producteurs agissant sous le contrôle des pouvoirs publics*

Le droit de propriété et la liberté d'initiative doivent sc concilier avec la surveillance par l'Etat des monopoles de fait.

L'état de nos finances justifie les plus vives préoccupations. Le déficit s'est installé dans nos budgets; il est apparu en 1930-1931, s'est aggravé en 1932 et menace, plus dangereusement encore, 1933,

Les dépenses sont en accroissement notable.

La trésorerie est épuisée.

C est le moment choisi par le Gouvernement pour consentir à certaines banques et entreprises, à divers Etats étrangers, des avances dont l’irrégularité ne peut être contestée.

1 our 1 œuvre de redressement financier il faut, avant tout, rechercher une compression de dépenses.

Nos espoirs restent ardemment tournés vers la conférence du désarmement, non seulement pour les réductions qu'elle doit nous permettre sur le budget militaire, mais pour les garanties de paix qu'elle doit nous apporter,

La guerre est un crime.

L organisation de la paix est le premier des devoirs,

La vigilance qu’imposent les menées nationalistes en Italie et en Allemagne ne nous empêcheront pas de poursuivre, dans le double souci de la dignité et de la sécurité de la France, la réconciliation des peuples.

Le meilleur patriotisme est celui qui se tient à égale distance de l'internationalisme aveugle et du nationalisme provocateur.

Citoyens,

Ce programme a été accepté par la majorité républicaine de fi arrondissement de La Rêole le 29 novembre dernier; ceux qui, il y a cinq mois, m'ont fait l’honneur de me confier le mandat de le réaliser, ne se déjugeront pas et, malgré les manœuvres par lesquelles on prétend les égarer, ils se refuseront h me retirer leur confiance que j'ai conscience de n’avoir pas trahie*

Vive la République du travail, de Injustice, de la paix 1 Vive l'arrondissement de La Réole !

A. GLUZÀN

Croix de guerre, Mutilé de guerre.

Avocat à la Cour d’appel.

Conseiller générai.

Député sortant.

Candidat du parti.

No 2145

lru circonscription de LIBOURNE.

YL ROY, radical-socialiste.

Elu au deuxième tour de scrutin, . — 7,831 voix.

Citoyens,

Cédant aux sollicitations de mes amis et désigné par runanimilé des délégués au congrès du Parti radical et' radical-socialiste de la Ve circonscription de Libourne, je me présente à vos libres suffrages.

Enfant de votre région, né dans une commune limitrophe de Eranne, je n’ai jamais quitté ma maison et mes champs.

Propriétaire-viticulteur , je dirige moi-même mes exploitations agricoles et je suis comme vous tous en lutte constante avec les difficultés que vous rencontrez. Partageant vos espérances et vos craintes, je connais vos besoins et vos désirs. Vos intérêts sont les miens, et c’est parce que j'ai conscience de bien les connaître, que j’ai répondu à l'appel de mes amis et que je sollicite vos suffrages.

Ai-je besoin devons exposer mon programme politique? Vous le connaissez, c’est celui de mon Parti ;

Défenseur; des lois ia'iquesi et des principes fondamentaux de la République ;

Défenseur de l’école de Jules Ferry ;

Désireux de voir réaliser Fécole unique

Respectueux de toutes: les opinions et de toutes les croyances, dans le cadre de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen,

J affirme qu’aucune réforme ne m’effraie si elle s'opère pour le bien du pays, dans tordre et dans le calme.

Je n’accepte aucune compromission avec les adversaires de la République el je n’oublie pas qu en politique, reculer est une erreur, aller devant soi, c’est préparer la solution des problèmes que le temps dresse devant nous., c’esL aider à la réalisation du progrès social,

La Republique que je défends est une République forte, ordonnée, réformatrice, appelant à elle tous les citoyens qui veulent défendre ses lois, ses institutions, et laide r à réaliser son idéal.

Mais le mandat de Député ne comprend pas seulement l’étude des problèmes politiques, il comprend surtout Fétude des problèmes qui doivent maintenir la nation au degré de prospérité tant souhaité par les travailleurs de ce pays*

La guerre a posé dans toutes les nations des problèmes économiques nouveaux, d’une complexité inattendue, dont la solution exige la présence à la Chambre de spécialistes de toutes les branches de F activité nationale.

Aux hommes politiques n'ayant aucun intérêt à défendre, doivent être opposés, dans lou& les Partis, des hommes pris au sein dès circonscriptions urbaines ou rurales, car, si la politique et F économie sont étroitement liées, nous ne devons pas oublier que lès problèmes economiques dépassent aujourd’hui les problèmes politiques -

Aussi toute mon attention restera attirée par l'importance des facteurs économiques.

Je veux être avant tout un défenseur des intérêts agricoles et viticoles.

Candidat dJune circonscription rurale, je n'oublie pas que la prospérité de tous les habitants de nos villes et de nos campagnes est liée à la prospérité de i1 agriculture et de la viticulture de notre région* Dans l'intérêt de notre arrondissement, je devrais dire dans l’intérêt de la nation, de notre civilisation même, il faut défendre et sauver l'agriculture. La politique est avant tout la « science do la production », aussi est-il urgent de dresser un programme de travail et de le réaliser pour épargner à ceux qui possèdent, comme à ceux qui travaillent, les dures conséquences d'une politique d'incompétence, d'indifférence et d'abandon*

La prospérité de notre agriculture assurera la consommation contre une hausse exagérée des prix ; elle augmentera le pouvoir d'achat des agriculteurs et amènera pour l'industrie et le commerce un marché intérieur nécessaire au moment où V étranger nous ferme ses portes*

Artisans, industriels, négociants, commerçants, vous avez tous intérêt à voir renaître la prospérité de nos campagnes.

« Lorsque la terre va, tout va », dit un vieux proverbe* 11 est donc nécessaire de dresser un programme agricole* Je n’aî pas la prétention de pouvoir exposer ici tous les détails du programme que je voudrais essayer de réaliser si j’étais votre élu, je me limiterai à l'indication de quelques points essentiels :

Au point de vue agricole :

Défense de nos produits en France et à l'étranger, acceptation du programme de T entente paysanne et des associations de notre département ;

Pour nos grands vins : politique d’exportation, ouverture de débouchés extérieurs ;

Respect des appellations d'origine, acquît de couleur, etc. ;

Pour tous nos vins : application des lois protégeant la viticulture et assurant l’écoulement normal de notre production, réduction des charges, propagande et répression des fraudes, etc* ;

Etude des moyens susceptibles de mettre le paysan à l'abri de la spéculation ;

Développement du crédit agricole et des moyens facilitant l'accession à la propriété et le maintien à la terre ;

Développement de ridée syndicale et coopérative de renseignement agricole ;

Réalisation de la justice économique par l'égalité douanière et fiscale ;

Défense des intérêts de tous les agriculteurs, des éleveurs, des planteurs de tabac ;

Défense des revendications syndicales (chasse, pèche, etc.)*

Au point de vue financier :

Meilleure répartition des charges fiscales ;

Protection des petits épargnants dont les intérêts restent méconnus.

Au point de vue intérieur et social :

Maintien de l’ordre et de la paix intérieure en aidant à la réconciliation des classes, dans la justice, le travail et le progrès ;

Respect de la propriété individuelle ;

Collaboration loyale entre tous les cléments de la production ;

Réalisation du plan d 'outillage national ;

Protection de la maternité, de l’enfance, de la vieillesse, et encouragement aux familles nombreuses ;

Développement des œuvres de solidarité, d assistance et de mutualité ,

Défense des inscrits maritimes ;

Révision pour meilleur aménagement, simplification et réduction des charges de la loi

sur les assurances sociales (maladie, vieillesse, chômage, etc.) ;

Contrôle par la nation des grandes coalitions d'intérêts qui veulent dominer l'Etat.

Industriels, commerçants, artisans :

Pour étudier vos revendications et le meilleur moyen de vous défendre, je resterai en liaison avec vos groupements.

Anciens combattants, mutilés, pupilles de la nation, prisonniers de guerre :

Mobilisé Le 4 août 1914, blessé devant Reims, j’ai connu comme vous les affres de la guerre et je n’oublierai ni vos droits, ni vos intérêts.

Politique extérieure :

Défenseur de l'œuvre de paix entreprise par Briand, vous me trouverez toujours à côté

de ceux qui cherchent à assurer la paix au monde ;

Accords commerciaux dans la mesure où ils peuvent assurer une meilleure production

et affirmer la paix ;

Entente et rapprochement des peuples ;

Contrôle et discipline de la production dans tous les pays et étude de la répartition de la production industrielle et agricole sur l’ensemble des marchés mondiaux dans le but de limiter les crises économiques et d’éviter leurs conséquences.

Travaux publics et intérêts régionaux.

Toutes les questions intéressant nos richesses, édifices publics, écoles, nos moyens de communications (routes, ponts, voies diverses, nos rivières et leur navigation, améliorations téléphoniques, embellissement de nos villes et mise en valeur de nos richesses régionales) seront l objet de mes constantes préoccupations.

Telles sont résumées les bases du programme que je voudrais essayer de réaliser si je

suis votre élu.

Citoyens,

Je u’ai pas la prétention d’étudier ici tous les problèmes qui se poseront pendant la prochaine législature, mais soyez assurés que je mettrai mon activité et mon dévouement au service de tous, pour la défense des intérêts généraux de notre circonscription.

Je ne fais qu’une promesse : Celle de travailler et de veiller, au sein des Commissions où je m’inscrirai, pour qu’aucune question ne soit discutée sans que votre voix soit entendue et vos intérêts respectés.

Je ne prends qu’un engagement : celui de rester en liaison étroite avec vous et vos représentants (municipalités, organisations professionnelles, syndicats et groupements divers, chambre de commerce, comice, associations de commerçants, de producteurs, de consommateurs, etc.) et de m’inspirer de leurs décisions pour mieux défendre leurs vœux.

Je rendrai compte de mon mandat chaque année, dans l’une des communes de chaque canton de la circonscription, afin de rester près de vous et d étudier toutes mis reven

dications, t

Pour me permettre de réaliser le programme que je vous ai expose, je laiï- appe a tous les républicains prêts à se grouper autour du grand Parti paysan auquel j appartiens, à tous

ceux qui pensent que les divisions sont cause de nos maux et qui savent quelle classe agricole, nombreuse et prospère, est indispensable à la. santé du pays.

Ne vous laissez pas tromper par les formules démagogiques 1

Républicains, laïques et sociaux, c'est à vousique je Fais appel.

Je tends la main à tous ceuxiqui veulent se. grouper autour de moi, parce qu'ils ont le même souci passionné de protéger et de défendre les conquêtes de la République et de travailler dans Tordre et dans la paix pour le relèvement économique de notre. pays*

Vive -la 1 1 ™ ci rco nscri pii o n de rLï bo ur n e !

Vive la République laïque, pacifiste et sociale î

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