‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1932Chapitre 90 sur 260 · M. BRET, U, R. D · texte numérisé non relu

M. BRET, U, R. D

Elu au preiriier tour de scrutin. — 10.873 voix.

Mes chers Concitoyens,

La crise économique dont souffre le monde entier et qui n'a pas épargné notre pays donne à la consultation électorale du !ftr mai une particulière gravité.

Aux heures que nous traversons, les Français ont, à mon sens, mieux à faire qu à s'entredéchirer en de stériles discussions de parti. Faisons un effort pour sortir des controverses périmées, comprenons que les querelles, qui étaient d'actualité il y a un demi-siècle, ont, à notre époque, perdu toute raison d'être ; en deux mots i soyons modernes et réalistes.

Equiper le pays, doter nos campagnes des routes et des chemins qui leur manquent, lutter contre le taudis et la misère, protéger la santé publique, aider les pères et mères de familles nombreuses à élever leurs enfants, défendre l'agriculteur, le commerçant et l'ouvrier français, pratiquer dans le budget les économies indispensables, voilà la tâche qui s'offre à nous.

Le régime républicain, auquel je suis personnellement attaché par tradition de famille et par conviction, est désiré par l’immense majorité des citoyens de noire pays; la République est aujourd'hui incontestée ; elle n’a donc pas à se défendre; il lui reste à s'organiser dans un esprit de large concorde intérieure.

Mettons hors de discussion un certain nombre de principes dont nous ne devons cesser de nous inspirer : respect des forces morales et religieuses, protection de la famille, garantie des droits du travail et de la propriété individuelle, justice et égalité devant la loi.

La France est une nation plus agricole qu'industrielle; c est sur 1 agriculture que repose la prospérité du pays tout entier. Lorsque l’agriculteur ne gagne pas sa vie, le commerçant ne vend pas, l'industriel ne fabrique pas et l’ouvrier chôme. Admettre cet évident enchaînement d'intérêts, c'est reconnaître l’étroite solidarité qui nous lie les uns aux autres et constater le démenti apporté par les faits à la théorie socialiste de la lutte des classes.

Le socialisme, s'appuyant sur une erreur fondamentale, ne peut, dans la pratique, qu'aboutir à un échec lamentable; il a conduit à la ruine tous les pays dans lesquels il a essayé de gouverner i 1 Allemagne, 1 Autriche, 1 Australie, 1 Angleterre en on^ fait la triste expérience; gardons-nous de tomber dans les mêmes erreurs qui amèneraient à coup sûr un résultat identique.

Nous avons un exemple de ce que serait la législation socialiste par la loi des assurances sociales, contre laquelle j'ai voté. Cette loi, ruineuse pour le pays, pour F agriculture en particulier, impose d'autre part à l'ouvrier une contrainte inadmissible. Le travailleur est propriétaire du salaire qu’il gagne ; il doit avoir le droit d'en user comme il l'entend ; l'Etat commet un intolérable abus de pouvoir lorsqu’il en dispose sans le consentement de l'intéressé. Le premier acte de la prochaine législature devra être de modifier la loi dans le sens de la liberté, c'est-à-dire en la rendant facultative.

Partisan de la protection de l’agriculture, du commerce, de l’industrie et du travail, je m'associerai à l'avenir, comme je Fai toujours fait dans le passé, aux mesures qui auront pour but de défendre nos produits et notre main-d’œuvre nationale contre la concurrence étrangère.

Les anciens combattants ont des titres particuliers à la reconnaissance du pays; je

voterai, eu plein accord avec leurs associations, toutes les mesures législatives tendant à réparer les injustices qui ont été commises, soit que des pensions aient été abusivement accordées, soit qu’elles aient été refusées à des anciens combattants dont les droits auraient été méconnus.

C'est encore obéir à la volonté des anciens combattants et du pays tout entier que de s’attacher de toutes ses forces à ridée de paix. L’œuvre pacifique de la Société des Nations ne saurait être trop encouragée, sans oublier cependant que tant quelle n’aura pas été dotée de moyens efficaces d’acLion, la Société des Nations n aura pas la puissance nécessaire pour garantir la paix contre toute agression; pour assurer la paix, la France a donc le devoir de maintenir ses ententes et alliances et d’organiser les forces indispensables à la defense de

son territoire. .

La prochaine Chambre se trouvera en présence d’une situation financière particulièrement difficile, née de la crise économique dont nous subissons les effets; elle devra avoir Je courage de s’opposer à toutes les propositions démagogiques de dépenses et mettre au premier rang de ses préoccupations la nécessité d’alléger les charges qui pèsent st lourdement sur les contribuables ; la seule politique répondant aux exigences de l’heure est une politique de déflation budgétaire, de réformes fiscales, d’économies rigoureuses dans les services publics et de mise.en valeur de nos richesses métropolitaines et coloniales.

J’ai conscience des responsabilités que j’assume en sollicitant a nouveau vos suffrages , je sais que ceux-ci ne me feront pas défaut et je me prépare à répondre à la confiance que vous voudrez bien me témoigner par un dévouement de tous les instants à vos intérêts et à ceux de la France*

Vive l’arrondissement de Redon !

Vive la République !

Georges R R ET

Docteur en droit.

Député sortant.

Candidat républicain.

lrft circonscription de RE N N BS.

M. PINAULT, démocrate populaire.

Élu au deuxième tour de scrutin. — 10.257 voix*

M es chers Concitoyens,

J’ai l’honneur de me présenter de. nouveau à vos suffrages, et de vous demander le renouvellement du mandat que vous m’avez confié, et que j’ai rempli avec la contenue de

mes responsabilités. ,

Républicain, fils d’un des fondateurs de la République, je suis profondément attache a

ce régime.

Mon programme : vous le connaissez.

C’est le même que je proposais il y a quatre ans à vos suffrages de citoyens libres. Mais

vous avez le droit de savoir si j'ai tenu mes engagements et comment j’ai servi les intérêts de mon pays*

,1’ai soutenu de mes votes les Gouvernements Poincaré, Briand, Laval, Tardieu, et ie n’ai pas voulu donner ma confiance aux éphémères gouvernements formés dans l’opposition et qui n’offraient pas les garanties réclamées par tout homme de paix et de raison.

Ouvriers, artisans, commerçants,

Gomme membre de la Commission du travail, j’ai été le rapporteur d’importants projets de loi, notamment sur l’actionnariat ouvrier et sur le statut des employés.

J ai défendu à la tribune un contre-projet sur les assurances sociales, qui me semblait plus juste et moins vexa Loire que la loi actuelle, qui devra être révisée, en devenant facultative, dans le cadre des mutualités.

Cultivateurs,

Toutes les questions intéressant l'agriculture ont trouvé en moi un défenseur vigilant* Je suis intervenu à la tribune lors de la loi sur la révision des baux qui a été votée par la Chambre.

Cette loi devra être suivie d autres lois susceptibles d'améliorer plus complètement le sort du monde rural.

Citoyens,

\ ous le savez* j ai toujours, et principalement depuis la guerre, été le partisan ardent de toute politique susceptible de nous assurer le plus grand des biens : la paix.

Le problème du désarmement a été une de mes grandes préoccupations, et j'ai pris une part acLivc aux Commissions interparlementaires, chargées d’en étudier les modalités et de le mettre eh accord avec notre légitime souci de sécurité française,

J ai de grandes espérances dan sles e (Forts constants du [gouverne ment actuel pour établir enfin cette paix définitive que pourraient assurer aux peuples la collaboration européenne et les accords commerciaux.

Je désire, comme vous, une sévère compression des dépenses, car il faut alléger le lourd fardeau qui peso sui le commerce et 1 industrie et trouver les moyens financiers d'apporter à Ta g rie U I tare, source de prospérité, l’aide à laquelle elle a droit*

En présence du désir de la population agricole, je ferai tous mes efforts pour éviter aux réseï vistes les périodes militaires qui sont une source de difficultés dans leurs entre* prises.

Dans tous les domaines de la vie sociale, je me suis efforcé de meLtre mes actes en accord avec nos principes de justice et mon grand désir de voir protégés les moins favorisés et amélioré 3e sort de tous les travailleurs,

J ai soutenu et je soutiendrai toujours toutes les mesures favorables aux anciens combattants, J ai voté 1 allocation et la transformation en retraite de cette allocation.

Electeurs de la première circonscription,

Au moment où vous allez orienter pour quatre ans la politique française, vous devez mesurer la gravité des circonstances actuelles et l'importance du vote que vous allez émettre,

La France qui est aujourd’hui encore une des nations les moins frappées, doit à la prudence et au courage avec lesquels elle a consenti des sacrifices, cette situation privilégiée par rapport à celle des autres peuples.

\ o us aurez donc a décider si vous voulez poursuivre cette politique de sagesse pratiquée par les Gouvernements Poincaré, Briand, Laval, Tardieu, ou si vous voulez revenir à l’aven-

turc des Gouvernements du cartel qui, de 1924 à 1926, nous oui, en quelques mois, mis au bord de l'abîme, et causé des ruines dont la réparation nous a coûte si citer, et dont les conséquences pèsent encore sur notre situation économique et financière*

Le pays ne commettra pas certainement la faute de confier à nouveau le pouvoir au cartel. Il ne s en relèverait pas.

Aux mesures violentes, j'oppose les méthodes prudentes.

À la main-mise de 1* Etat, j’oppose la liberté des citoyens.

A la lutte des classes, j’oppose f union dans la bonne volonté et dans la collaboration fraternelle.

Vive la première circonscription ï Vive la République !

Étienne PINAULT

Chevalier de la Légion cThonneur, Conseiller gênerai. — Maire de Pacé, Député sortant.

Candidat républicain.

2e circonscription de RENNES.

M. THÉBAULT, radical indépendant.

Élu au deuxième tour de scrutin. — 9.42$ voix

PilOORAMME.

Cultivateurs :

Plus-value, facilités d’achat d'engrais, réduction du prix des transports, secours pour pertes de récolles, prêts à long ternie et petit intérêt, chemins entretenus et multipliés, électrification, perfectionnement de l'outillage, accès à la propriété agricole, lutte contre la crise de la main-d’œuvre, associations agricoles, permissions agricoles* enfin sanctions contre les spéculateurs du blé et au besoin création d'un office national régulateur des cours, importations et exportations.

Commerçants et industriels :

Taxe a la production remplaçant le chiffre d’affaires, large abattement à la base de 1 impôt sur les bénéfices pour les petits commerçants et industriels, encouragement à Parfcïsanat, repression des fraudes, enfin abolition de toute mesure tracassière.

Ouv ri ers et employés :

Ratification des accords internationaux du travail, institution d'un minimum de salaire, sursalaire familial, application aux femmes du principe : A travail égal, salaire égal, assimilation des mutilés du travail aux mutilés de guerre, participation aux bénéfices et à la gestion des entreprises, entente juste et loyale des employeurs et employés, logements ouvriers,

habitations à bon marché et prêts utiles, droit syndical pour tous, défense des conquêtes du travail, aide réelle aux familles nombreuses, protection de la femme, du foyer et de l'enfant, enfin développement des lois d hygiène, d’assistance et de prévoyance*

Contribuables ;

Economies budgétaires et dégrèvements, allégement des impôts de consommation, justice fiscale et répression de la fraude.

Combattants :

Défense des droits et légitimes revendications des anciens combattants, mutilés, réformes, veuves, orphelins et ascendants, avec toute 1 énergie et toute î affection que je vous porte, mes chers camarades.

Citoyens,

Respect de la propriété individuelle, respect de la liberté d’enseignement, gratuité de Renseignement à tous les degrés, soutien et défense de l’école laïque et de ses maîtres, liberté d’opinion, liberté des croyances, collaboration des classes et union de tous les républicains sincères, *

En ce qui concerne la paix, on sait assez ce que je pense pour qu’il me suffise de rappeler que je suis contre la vieille politique d’avant 1914, politique de prestige, de force et d'alliances dont, dans le passé, R aboutissement a toujours été : le sang et la mort. Je suis pour la politique de réconcilia tion, d'entente et do collaboration des peuples* Mon inspirateur, trop tôt disparu, hélas, c’est Aristide Briand, et c’est tout dire.

En ce qui touche les assurances sociales, loi votée le 30 avril 1930 et à laquelle je n’ai donc pris aucune part, ni pour, ni contre, puisque je suis arrivé au Parlement le 19 octobre 1930, c’est-à-dire six mois après, une aussi vaste réforme ne saurait trouver dès la première heure sa formule parfaite. Tout le monde reconnaît que cette loi exige des modifications importantes, surtout pour l’agriculture, et je suis prêt pour ma part à étudier et essayer son application aux milieux ruraux, avec l’avis préalable des syndicats et des chambres d'agriculture, soit dans le cadre do Ja mutualité, soit dans le sens facultatif, soit encore de toute autre façon qui pourrait être meilleure et mieux convenir aux désirs et aux aspirations et préférences des campagnes.

Je resterai l'ami fidèle des travailleurs et des humbles.

Ce qu’il faut savoir :

Pour vous permettre de vous prononcer en pleine connaissance de cause dans le cadre général de vos intérêts, n’oubliez pas :

1° Qu'en 1928, il y avait en caisse 19 milliards ;

2° Qu’en 3 932, la trésorerie est vide ou presque;

3° Que, maîtresse du pouvoir, la majorité de droite et d’extrême droite a employé en partie ces milliards, c’est-à-dire vos impôts, à combler les pertes faites par certaines compagnies et certains établissements financiers et à faire des avances à certains pays comme la Hongrie ;

4° Que sans doute ces milliards eussent-ils été aussi bien utilisés à l'entretien des routes, à la construction des chemins, à i électrification des campagnes ou à seconder les ellorts de notre agriculture, notre commerce et notre indus trie ;

5° Que le budget est en déficit de plusieurs milliards, les chemins de fer aussi, notre balance commerciale de même ;

6° Que si droite et extrême droite ont ainsi fait de mauvaises finances, une mauvaise

gestion, cJest parce que celle majorité a no t animent augmenté d’une manière formidable les dépenses militaires et a surtout satisfait les grands appétits elles grands intérêts, et c’est si vrai que, de 1936 à 1931, les dépenses de solidarité se sont accrues de 1 milliard 101 millions seulement, alors que les dépenses militaires se sont accues de 5 milliards 928 millions et atteignent aujourd’hui le chîriîe colossal de Î6 milliards (à réduire sensiblement si l’on ne vent pas être écrasé sous le fardeau) ;

7° Que celle même majorité a laissé envahir notre marché agricole par les produits étrangers 7 et pour le seul premier semestre de 1931 il est entré en France : 26.960 chevaux, 88,000 bovins, 227,000 porcs, J 00/000 quintaux de beurre et 460/ C 00 quintaux de viande abattue ;

8* Qu’en fin, droite et extrême droite ont abattu Aristide Briand à Versailles, Font chassé du quai tFOrsay cl sont allés jusqu’à déclarer, en pleine séance de la Chambre et par la voix de l’un de leurs chefs, qu1 après la disparition du grand apôtre de la paix, il fallait ja disparition de son œuvre.

Sans doute encore, est-il bon que vous vous souveniez que cette majorité, en soutenant la loi Mande 1 qui proposait de faire élire avec 40 0/0 et même 250/0 seulement des suffrages, s'est livrée à un véritable attentat contre le suffrage universel et donc contre les conquêtes et les sacrifices de nos pères nous ouvrant la routesde la liberté et de Indépendance*

Je suis évidemment contre cette gestion lamentable.

Aux républicains :

La France veut pour demain de bonnes: finances, a> besoin de la paix extérieure, mais aussi la. paix intérieure.

Groupons-nous pour les lui donner.

Pas d'e vaines querelles, pas de luttes stériles, pas de colères impuissantes et surtout pas de haines. Sachons nous unir. Sachons nous entendre. C’est le seul moyen pour bien servir notre beau pays, et la^ paix et 'humanité ,

L& presque totalité des maires et autres élus de la deuxième circonscription me suivent. Electeurs, suîvez-les vous-mêmes. Dans la grande République qui a fait de nous des hommes libres, nous travailler o iis ensemble' au bien de tous et à A’ avenir de: la démocratie française.

Vive la Paix ï Vive la République l

Léon THÉBAULT

Député 'sortant.

Conseiller générai- Maire de Jarezê.

Officiera de ia Légion d’honneur»

Croix de guerre*'1 Candidat indépendant de gauche.

lre circonscription de SAINT-MALO,

M. GUERNIER, radical indépendant.

Elu au premier tour de scrutin, - — 8.078 voix.

Mes chers Compatriotes,

Il y a quaLre ans, vous m’avez donné mandat de suivre la politique d'Union entre tous les républicains, proclamée par Je grand Français Raymond Poincaré, et de combattre la politique de haine et d'anarchie du socialisme collectiviste,'

Consultez mes votes, contrôlez mes actes, vous verrez que jamais je n'ai failli à mon devoir.

Aujourd’hui, comme il y a quatre ans, je vous propose cette politique d’union plus nécessaire encore pour conjurer les atteintes a notre pays d’une crise économique qui a dévasté les nations du monde. Elle aurait causé en France, comme ailleurs, la ruine de l’agriculture et le bouleversement du commerce et de ^industrie, sans la vigilance des Ministères Laval et Tardieu qui réduisit le mal au minimum.

Mais la crise demeure. Il faudra demain, comme hier, riposter à chaque atteinte du mal par des mesures immédiates et efficaces.

Seuls pourront les prendre les Gouvernements assurés d'une majorité stable et étendue, faisant rapidement justice des obstructions et des intrigues. Voilà pourquoi, à tous les républicains sincèrement attachés aux. lois fondamentales du régime, au respect des croyances de tous dans la laïcité de T Etat, à l'organisation de la paix par la Société des Nations, je demande de s’unir dans F intérêt national.

Par la encore sera rendue plus facile et pins efficace la grande tâche constructive de la prochaine législature.

Au dehors, elle doit avoir pour objet le rétablissement de la confiance entre les peuples, 3 organisation pratique de la paix sur les bases proposées par le Gouvernement français.]

Au dedans, tout doit tendre à la reprise de la confiance dans les affaires qui amènera le retour à une production normale et la suppression du chômage. Elle renaîtra, si le pays a la certitude que l’action du Gouvernement et du législateur n’est pas entravée par les résistances aux mesures austères d'économie rigoureuse dans les services publics.

Les économies réalisées, les réductions d'impôts deviennent possibles : elles sont indispensables pour la reprise des affaires.

Protéger 1 agriculture, l'industrie, le commerce, la marine marchande, îa pêche et 1 artisanat contre les coups de la crise, saisir, pour les en faire profiter, tontes les occasions de retour à la vie normale : voilà le devoir de la prochaine législature. Et par là, les institutions sociales poursuivront leur développement méthodique où l'initiative privée et la mutualité agissante ont leur place que la sagesse de nos campagnes a su si justement 0 discerner.

Mes chers Compatriotes,

Je vous ai donné les raisons qui fixent le devoir national des républicains. Nous sommes sur ce point, j en suis convaincu, en parfaite communion d'idées, comme nous l'avons toujours été depuis vingt-six ans.

Depuis vingt six ans également, vous m’avez vu k l'œuvre dans la défense des intérêts

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de notre petite patrie. J'ai le droit de dire que, comme député et comme Ministre, je n’ai ménagé pour les servir ni mon temps, ni ma peine*

Vingt six ans d’activité répondent mieux de l'avenir que toutes les promesses. J'apporterai à l'achèvement des réformes et des travaux commencés et à l'accomplissement de ceux que demain imposera, la ténacité que vous connaissez, qui n'a jamais faibli. J'attends avec conüance votre verdict.

Vive la France !

Vive la République I

Vive ïa lre circonscription de Saint-Malo !

Charles GUERNIER

Professeur de Faculté de droit.

Ministre des Travaux publics et de la Marine marchande. Conseiller général.

Député sortant.

Candidat républicain radical d'union nationale*

2* circonscription de SAINT- MALO.

M* LA CHAMBRE, radical indépendant.

Elu au premier tour de scrutin. 8.387 voix.

Citoyens,

En 1928, je posais ma candidature républicaine sous le signe d'Aristide Briand, ma profession de foi était en même temps ur.e déclaration tf’ indépendance ; je ne recherchais aucune investiture préalable : au terme de mon mandat je ne me recommande que de mes actes, de mes votes et de ma fidélité au programme d'action républicaine que vous avez consacré il y a quatre ans* Rien de changé si ce n’est que mes propos s’appuient désormais sur la réalité de mon action à la Chambre ou à la Commission des finances 1 Rien de changé si ce n'est que le <c patron n de ma jeunesse est mort, que l’apôtre de la paix est mort et qu'il faut plus que jamais subordonner toutes choses de la politique au salut de la paix* Rien de changé si ce n'est que la situation financière léguée par la quatorzième législature crée des responsabilités auxquelles je n'ai pas voulu associer la mienne, impose des devoirs auxquels je suis résolu à prendre nia parti

Oui, j’ai été de 1928 à 1932 un indépendant de gauche, un indépendant, c'est-à-dire un élu sans mot d'ordre extérieur, un homme de gauche, c’est-à-dire un élu quï oriente toujours son effort dans le sens du progrès et du peuple! Que me reprocherait- on ? Mes votes ? U n’en est pas un dont je ne soit fier* Mes amitiés ? Aucune d'elles ne ressemble à une servitude, La constance de mon opposition ? Eut-on préféré me voir approuver un jour ce que j'avais désapprouvé la veille ?

Mon attachement à 3a doctrine républicaine ? Qui doue attendait de moi une trahison d'ad resse ou de ruse ? Hostile à toute tentative de monopole d’accaparement ou de secta* risme, je veux une République ferme mais accueillante, ouverte à /tous ceux qui, sans

arrière-pensée, en acceptent les lois et les institutions : le libéralisme est affaire de ccem\ non de doctrine; ceux qui sont de bon sang breton et ont fraternisé dans la guerre sont incapables de haine civique, je suis de ceux-là. Les querelles religieuses appartiennent au passé t je veux appartenir à Ta venir,

La situation financière.

;; En moins de trois ans, h un budget de superéquilibre a succédé un budget en déficit de près de 6 milliards, une trésorerie riche de plus de 20 milliards a Tait place à une trésorerie riche de 2 milliards seulement. Tels sont les faits : il ne suffît pas de les déplorer, il faut y remédier, l'heure est à Faction plus qu a la critique :

Les remèdes :

Pour faire face à cette situation, le recours à de nouveaux impôts atteignant les classes laborieuses doit être résolument écarté.

i^Une compression générale des .dépenses publiques apparaît comme Tunique remède.

Elle devra s'exercer :

-^"1° Sur les dépenses militaires dont la proportion sans cesse accrue d’année en année atteint aujourd'hui 23 0/0 du budget général contre 15 0/0 en 1926,

Cette compression doit être recherchée :

a) Par une refonte totale de notre système de défense nationale, opérée dans un esprit moderne et réaliste tenant compte de l'expérience et des leçons de la dernière guerre et répudiant résolument l'esprit de routine dispendieuse qui préside trop souvent à la distribution des crédits.

Moins d'officiers généraux, davantage d'avions.

Moins de bureaucratie militarisée, davantage de laboratoires,

NoLre sécurité y gagnera, nos finances aussi ;

b) Par la conclusion d.s conventions international es réalisant la limitation générale et simuManée désarmement assortie d'un contrôle international et réciproque ;

2° Sur les dépenses civiles, compte tenu que ce n’est pas en Tiardant sur quelques ajustements de traitements destinés à réparer des oublis ou à corriger des anomalies que des économies sérieuses pourront être réalisées, mais seulement par :

.. Une réforme générale et . profonde de notre système administratif .opérée en collaboratiou avec Les intéressés ‘tendant par une siiuplificajlion de rouages archaïques et 'désuets, à réu li s«r a u ] >»d fit de i ’ Eu t une écono m ie île fra i s généra u x <at a u po fit du non tribun I de i bmi e économie de tracasseries.

Enfin le problème des chemins de fer dont l'exploitation se traduit par un déficit journa'ier de plus Je S millions (3 milliards par an) devra être résolu non par une nouvelle augmentation de tarifs, qui serait un remède pire que le mal, mais par t

al) La suppresion immédiate de tbanife préférentiels accordés par privilège à la grosse industrie sans aucun profit pour le jonsomnaateur ;

b) L'arrêt de construction de toute ligne nouvelle et le remplacement des lignes déficitaires ipar des circuits d1 autobus et de campus partout où cette substitution est- réalisable*

La situation économique.

Pour les agriculteurs :

La rupture d équilibré entre la population agricole qui diminue et la population urbaine qui augmente est à l'origine de la crise mondiale actuelle et de la crise de chômage dont elle s accompagne. C’est pourquoi il est de l'intérêt de tous de lutter contre l’exode rural, non par des discours mais par des actes. Dans ce but :

1° La construction des chemins ruraux et vicinaux doit passer avant toutes autres améliorations, et le désenclavement de tous les villages doit être poursuivi sans trêve ni repos ;

2Ü La stabilité doit être assurée aux agriculteurs dans l'exercice de leur profession par :

&) Une politique agricole de débouchés cohérente et raisonnée répondant à un plan d'ensemble et tendant, notamment, au rétablissement de nos exportations ;

h) Une politique rigoureuse de contrôle et de réglementation des cours destinée à juguler les manœuvres scandaleuses de la spéculation. A celte fin, un office national du blé et un . office national des engrais doivent être créés pour prévenir le retour des abus éhontés auxquels a donné lieu le système de la délivrance arbitraire des licences.

c) Une politique agricole sociale soucieuse par le vote tant attendu de l'indemnité de plus-value au fermier sortant, par I ajustement équitable du prix des baux au prix de vente des denrées, de procurer au fermier dans son exploitation, la sécurité du lendemain,

Enfin la protection de nos produits locaux doit .être assurée par la mise en vigueur de mesures -de pacéproeifté à l'égard des pays étranngers-qui nous ont fermé leurs frontières.

Pour les commerçants :

Conscient des charges considérables qui accablent le petit commerce et ont fait du commerçant, à son corps déiendant, un véritable collée Leur d impôts pour compte du Irésor, je poursuivrai inlassablement :

F Le remplacement de 1 impôt sur Je chfiFre d'aflaires par un système de taxes perçues chez le grossiste ;

2° La reforme de la patente : rétablissement de la prédominance du droit fixe sur le droit proportionnel, exemption des locaux à usage d’habitation ;

3 La création d une caisse nationale de crédit commercial fonctionnant sur le modèle de la Caisse nationale de crédit agricole destinée à consentir des prêts a intérêt réduit aux petits commerçants ;

4'* La^ réduction du délai de vérification imparti au fisc ^

5* Une révision équitable des baux commerciaux conclus avant la date de la stabilisation monétaire ;

6 * Le vote définitif de la loi concernant la propriété commerciale.

Pour les ouvriers :

de considère que le « droit au travail » est aussi sacré que le « droit de propriété » qui en esl te prolongement et raboutissemenL L’exercice doit en être garanti a tous par 1 ouverture de chantiers de travail mumeïpauxM départementaux, dont le fonctionnement lié à la participation Inianeièrc de I J t'a t qui se doit de participer ici an payement des salaires comme il participe ailleurs à la distribution des secoure de .chômage,

La priorUé d embauche doit être assurée à la main -d oeuvre française dans les entreprises adjudicataires de travaux pour compte des collectivités pubbques.

La main-d'œuvre étrangère existante doit être astreinte aux memes salaires et à îa

même réglementation que la main-d’œuvre nationale et ne doit être désormais admise à pénétrer en France qu'en cas d’insuffisance dûment constatée de travailleurs français dans une spécialité déterminée.

Pour les marins :

La réduction à vingt-quatre mois de la durée du service des inscrits maritimes est aujourd’hui acquise grâce à mes elForts. il reste à obtenir l adoption par le Parlement du vote par procuration uns marins en cours de voyage. Le reclassement dans les nouvelles catégories des patrons de pêche, patrons bomeurs, maîtres au cabotage, capitaines de la marine marchande pensionnés avant le iflr janvier 1930 doit être poursuivi de façon à réparer l'injustice dont ils sont* victimes.

Pour les fonctionnaires ;

La réorganisation administrative nécessaire devra s’accompagner d’une plus équitable répartition des crédits entre le personnel des services départementaux:, la plupart du temps traité en parent pauvre par rapport au personnel des administrations centrales, souvent nanties de fructueuses sinécures, La prime de rendement doit être dispensée au travail, non à la bureaucratie.

Pour les anciens combattants :

Je considère comme sacrés les droits de mes camarades anciens combattants, et comme intangibles les avantages qu’ils ont obtenus, En aucun cas, il ne saurait être question de les sacrifier aux: nécessités de l’équilibre budgétaire. Ayant fait les frais de la gueire, il serait odieux de leur demander de faire les frais de la paix*

Pour tous :

Ma sollicitude est acquise à tous, mais plus particulièrement à ceux qui peinent et qui luttent, Kn leur faveur, je m’efforcerai d’obtenir d'autant pins qu’ils possèdent d’autant moins,

L'amélioration de la législation sociale, une répartition plus équitable des charges fiscales favorisant notamment les familles nombreuses seront poursuivies par moi dans le but do procurer â tous un peu de mieux-être, d'atténuer ainsi la trop douloureuse lutte des classes que je déplore dans l'instant ou d’autres s’accordent pour l’attiser et l’exacerber] à des fins révolutionnaires,

P o l il iq u e in térie a re ,

Avec Aristide Briand qui s’elForça de réaliser la paix des consciences, prélude de la paix des peuples, j’ estime que les lois de laïcité sont « l’assise fondamentale de la République » en tant qu’elles tendent à consacrer 1 Indépendance du pouvoir civil à l'égard des sociétés religieuses. Les considérant comme un gage de paix, je me refuserai toujours à en laisser user comme dTun instrument de persécution.

Partisan résolu de l'accession gratuite des enfants du peuple à tous les degrés de renseignement, ainsi qu’il sied en un régime de «démocratie qui se doit de dispenser le savoir à chacun selon son mérite et non selon sa fortune, je n’en suis pas moins indêfectiblement attaché au maintien de la liberté d’enseignement que je considère comme un principe fondamental du régime et l’adversaire déterminé de Loute tentative de monopole appliqué h renseignement.

Politique extérieure*

r Tout le monde en France affirme son désir de paix. Mais il ne* suffit pas de s'accorder sur le but .1 encore s accorder sur les méthodes. .Je continuerai à emprunter les

miennes a Aristide Briand, animé de la volonté indéfectible, lui disparu, d’assurer la perenmle de sa politique, 1

Sans méconnaître la nécessité de maintenir, au service de la France, l’organisation défensive indispensable pour la prémunir contre une nouvelle agression, il [importe de poursuivre une politique d entente et de rapprochement entre les peuples, dont Yocarno marque la première etape, I avènement de la véritable sécurité à laquelle aspire le pays '

L arbitrage international doit être étendu et généralisé, la Société des Nations doit être pourvue d un système de sanctions destiné à assurer le respect de ses décisions et IWam sation de parmi système doit s’accompagner d’une réduction parallèle, simultanée et

contrôlée des armements nationaux.

> A la suite d Aristide Briand qui déclara de son vivant « Tant que je serai où je suis . n y aura pas de guerre » je répète avec lu foi passionnée de ma jeunesse encore hantée des Vlsl°ns d horreur des champs de bataille : « Faisons tout pour éloigner la guerre ».

A ! appui de mes promesses de demain, je vous apporte mes actes d’hier !

Quatre ans de collaboration cœur à cœur, coude à coude, unis sur la brèche ont cimente entre nous des liens d est.mc réciproque, de mutuelle confiance, qui déchaînenl la bame et 1 envie niais qui Jonl mon courage et ma force.

Si vous me juge, digne de continuer à vous représenter au Parlement, demain cornue coZPhT' 7 7 aml 1C1’ P0U1' V°US 3ider' V°lre dé?uté là"bas Pour vous défendre, demain

de h dé cuY d T CœUr’ 77 m0n LempS> t0UleS mes énei'*ies- ie ies m^ürai au service de la delense de votre cause, de la cause de notre chère patrie dont je n’ai d’autre ambition

q u e d accroi Ire î e p r e s t j ge et Tau réol e ,

J ai confiance en vous comme vous avez confiance en moi !

Je fais crédit a \otre sagesse et à votre fidélité comme vous avez fait crédit à mon

77d’7unTao us rr nViUhJr PaS que raUt0Hlé de ma VOix à PaHs Pour ^mire

mon non ! ^ P S imp°Sant Sera le 11011lbre de suffrages groupés sur

Vive la 2e circonscription de Saint-Malo ! Vive la République !

Guv LA CHAMBRE.

Circonscription de VITRE.

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