INDRE-ET-LOIRE
Circonscription de CHINOH,
M. GO U R SON, radical-socialiste.
Elu au deuxième tour de scrutin, — 11.132 voix.
Mon phoghamme.
Je le résume le plus possible ;
D'abord, et avant tout, la paix.
J'ai fait la guerre, j'en connais les horrenrs. De toutes mes forces, je seconderai les tentatives loyales de rapprochement entre les peuples. Je donne mon adhésion totale à la Société des Nations, en vue du règlement à l'amiable des conflits qui pourraient surgir entre les pays et pour la constitution d’une Europe fédérée eu États-Unis, d’où serait bannie à tout jamais la menace même d’une guerre*
Je continuerai, en faveur de mes camarades mutilés, anciens combattants et mobilisés, et en faveur de leurs familles, la tâche que j’ai entreprise au Conseil général.
En ce qui concerne les libertés ouvrières et syndicales,, j'adhère au programme de la Confédération générale du travail, qui a fait l'objet de discussions approfondies dans les divers congrès du parti.
L accès de tous les travailleurs à la propriété doit être largement et généreusement Facilité par l’Etat.
Les familles nombreuses ont toujours été l’objet de mes préoccupations.
Je persévérerai dans mes efforts en leur faveur, car elles ont le droit d'escompter l'aide cl le soutien de la collectivité.
J ai défendu et continuerai à défendre le principe de l'école unique, parce que celle-ci permettrait a tous les enfants, aux pauvres comme aux riches, d'accéder aux situations sociales auxquelles leur puissance de travail et leur intelligence les destinent.
Je suis un partisan résolu de l’école laïque, gratuite et obligatoire, qui constitue Tune es importantes étapes du progrès humain et doit rester hors de toute atteinte.
La ce qui concerne la situation financière, qui devra retenir tout particulièrement attention du Parlement au cours de la prochaine législature, je me montrerai économe 6S deniers publics jusqu’à la phis grande sévérité ; la tâche qui s’imposera aux élus sera Panc e et difficile, puisqu'ils hériteront du régime Tardieu-Laval une situation financière Rentable, un budget qui n'est en équilibre qu'en apparence, des procédés de trompe-l'œil e e bluff avec lesquels il faudra rompre résolument.
Ceux qui inlassablement ont signalé les erreurs de la majorité défunte, sauront nous guider vers le redressement nécessaire ; j’appuierai leur action de tout mon pouvoir.
J’ai déjà lutté pour le remplacement de l'impôt sur le chiffre d’affaires par une taxe unique à la production; je ne négligerai rien pour faire aboutir cette réforme de noire régime fiscal.
J’appuierai également les autres mesures nécessaires à la protection du commerce et de l'industrie.
Je suis partisan de la substitution, dans la plus large mesure, d’impôts directs aux mpôts indirects qui constituent une taxe progressive sur les plus pauvres, accablant les petits, épargnant les gros.
Je veux de larges abattements à la base sur les impôts qui frappent les revenus du travail, les petits commerçants et les agriculteurs ; en compensation, je demande un meilleur aménagement de l’impôt sur le revenu et une répression rigoureuse de la fraude par des ententes internationales.
Au point de vue agricole, j’ai déposé et fait adopter de nombreux vœux au Conseil général, notamment en faveur des jeunes gens se destinant h la culture, au sujet, des assurances sociales, des impôts et des mutuelles agricoles ; je m emploierai do mon mieux à faire aboutir celles de ces revendications dont la solution dépend du Parlement*
Voilà ce que j’avais à vous dire. Je crois vous avoir parlé simplement, en brave homme. Je suis un homme de chez vous, un travailleur comme vous, connu de bon nombre d'entre vous ; je connais vos besoins et vos désirs : ce sont les miens.
Mon passé vous garantit l'avenir, car je suis aujourd’hui ce que j’étais hier et serai demain ce que je suis aujourd'hui : le républicain ardent qui continuera à travailler sans arrêt pour le progrès et le mieux-être social dans le labeur, dans l’ordre et dans la paix.
Entre vous et moi ce sera donc, si vous le voulez bien, une affaire de confiance ; si vous m'accordez la vôtre vous n’aurez pas à le regretter, soyez-en persuadés*
Je compte sur vous, mes chers Concitoyens, mais en revanche je puis vous dire très simplement, très loyalement, mais aussi de tout cœur et de la façon la plus nette : Mes amis, vous pouvez: compter sur moi !
Vive l'arrondissement de Ghmon !
Vive la République démocratique 1
Léon CO U R SON
Conseiller général. — Maire de Noyau t,~dG'ïouniine. Président de la Fédération de Farrottdissenieiit de Ch inan* Vice-président de la Fédération départementale.
Délégué au Comité national.
Secrétaire du Conseil général d^ndre-ct-Loire,
Candidat du parti républicain radient et radical-socialiste.
Circonscription de LOCHES.
M. BERNïER, radical-socialiste.
Élu au deuxième tour de scrutin. — 10,293 voix.
Sans m'égarer dans l’exposé dTun séduisant et lointain idéal , je vous soumets le programme de réalisations positives et immédiates que je défendrai.
Politique extérieure .
Développement de la Société des Nations, maintien du protocole de Genève : arbitrage, sécurité, désarmement simultané et contrôlé.
Alors que le souvenir de la guerre est encore vivant, au moment où la course aux armements peut reprendre pour conduire fatalement les peuples à la ruine ou au conflit, il n'est pas possible que les peuples n'organisent pas la paix
P o l itiq ue fman cière .
L'équilibre du budget doit être rétabli par la compression des charges, la cessation du gaspillage, l1 économie des dépenses, la refonte de l’impôt.
En aucun cas et pour aucune raison, l’impôt ne doit être augmenté, au contraire, il faut le réduire. Les lourds budgets de la défense nationale méritent une révision méticuleuse.
Politique agricole.
Nous n’avons pas cessé de proclamer que l'agriculture était la grande créatrice de la richesse nationale : elle doit donc être défendue. À l’heure présente, les pouvoirs publics sont en possession des claires et justes revendications des cultivateurs français.
Ces revendications sont basées sur la réforme des lois qui ont opprimé les producteurs de la terre, sur l'accession facile à la propriété, sur le mieux-être à la campagne, sur un ensemble de mesures établissant des prix rémunérateurs pour la vente des produits agricoles ; blés, lait, viandes, vins, etc, , sur une politique nationale d'engrais, sur des facilités en ce qui concerne les prêts du crédit mutuel, sur la lutte contre les maladies contagieuses du bétail, sur les moyens de réparer les désastres causés por les calamités agricoles, etc.
Politique commerciale et industrielle.
Le commerce et l’industrie souffrent de la pression de l’impôt et des difficultés de sa récupération. Les propositions de loi modifiant le chiffre d'affaires, établissant des taxes de remplacement justes et souples doivent être, enfin, étudiées, discutées et votées.
Politique militaire.
La loi dTun an ne doit pas subir le contre-coup des années déficitaires qui commenceront en 1935. Toutes les précautions ont été prises par moi-même lors de la discussion de I& loi d'un an. Je veillerai, bien entendu, à ce que ces précautions soient respectées.
Politique laïque et scolaire.
Sans sectarisme, dans le respect de la liberté de chacun, les lois de la République doivent être appliquées. Il faut que les lois scolaires permettent à tous les enfants de la nation qui se distinguent par leur intelligence et leur travail, d'accéder à tous les degrés de l'instruction,
P o lié iqu e soc ia le *
Les lois sociales sont susceptibles d’amélioration. Il faut tenter cette amélioration avec prudence, certes, mais avec constance.
Comme nous lavons déjà réclamé, la loi les des assurances sociales, tenue en suspicion par le plus grand nombre des cultivateurs et artisans ruraux, doit être revisée sur ces deux principes : T intervention exclusive des mutualités dans sa direction et son application facultative.
Mes chers Concitoyens,
La probité, l’honnêteté, la loyauté, j'ai le droit de le dire, d’une vie qui s'est passée au milles de vous, que vous avez le droit de connaître dans tous ses détails, pour laquelle je ne fais aucune réserve, que je vous livre tout entière* vous est la preuve de la sincérité de mes promesses, comme mes efforts passés vous restent la garantie de mon entier dévouement.
Vive la France!
Vive la République laïque, démocratique, sociale et pacifiste I
Vive l'arrondissement de Loches !
Paul BEKNIER
Maire de Mouzay.
Conseiller général de Ligueïl,
Vice-président du Conseil général.
Président du Comice agricole de T arrondissement de Loches,
Député sortant*
lr* circonscription de TOURS.
M. PROUST, radieal-soeialislo.
Élu au deuxième tour de scrutin. — - 7.102 voix.
Mes chers Concitoyens,
Maire et conseiller d’arrondissement, puis conseiller général et enfin député depuis trois législatures, j’ai vu s’élargir ainsi le mandat que vous m’avez confié, et à chacune de vos consultations, des majorités sans cesse accrues m’ont confirmé dans l’impression qu’une profonde harmonie d’idées et de sentiments existait entre nous et que vous approuviez la conception que j’ai de mou râle politique, loyalement dévoué au service des intérêts de sa circonscription, dans le cadre des intérêts généraux de la France républicaine.
Désigné à nouveau comme candidat, à d'unanimité, par le congrès du parti radical auquel j’appartiens, je viens cette, fois encore mettre à votre disposition avec toute ma sincérité et ma volonté, une expérience de la vie publique que les années et un labeur assidu au sein du Parlement ont mûrie et développée.
Les heures que nous vivons sont exceptionnellement graves. Longtemps épargnée par la terrible crise, aux causes et aux aspects multiples, qui sévit dans le monde entier, notre population est aujourd’hui durement éprouvée dans tous ses éléments.
Quand chacun sent la gène rôder autour de son foyer, quand les finances publiques, comme les finances privées, sont en désarroi, quand l’avenir, dans tous les domaines, apparaît lourd de menaces, le moment est favorable aux détracteurs de régime, aux prédicateurs d’aventures, et à tous ceux qui ne songent qu’à détruire d’abord sans bien savoir comment ils pourraient reconstruire.
Ecartons-nous de ces faux prophètes.
Aux ruines nées des événements, nous ne voudrons pas que s’ajoutent celles que leur folie prépare.
La condition première de tout retour à la prospérité, c est le calme et l'ordre. L’histoire nous l’apprend, l’exemple aussi des pays en mal de réaction ou de révolution : que le spectacle lamentable des maux déchaînés par leurs erreurs et leurs passions nous soit une leçon de sagesse !
Soyons plus fermement que jamais attachés à îa discipline libérale des institutions républicaines, à la pratique des vertus de travail, d’économie, de bon sens, qui ont tait, dans le passé, la force et la grandeur de la France et sont encore aujourd’hui la seule voie sûre vers le rétablissement du bien-être universel.
Mon programme s’inspire de ces idées claires.
Il est simple. Il est sain. 11 ne comporte aucune de ces innovations sensationnelles, dont les dangers sont évidents et les avantages illusoires, mais qui sont d autant plus chères aux partis extrêmes qu'ils savent bien, en les proposant, qu’ils n’auront jamais à les appliquer.
Au lieu de vous convier à démolir la maison dans 1 espoir de la rebâtir, je vous invite plus modestement, mais plus sûrement, à la remettre en ordre.
Avant tout, je crois à la nécessité de la plus sévère politique d’économies budgétaires* de stricte modération et de justice Escale.
Alors que le chômage est apparu aux portes de nos grandes cités industrielles, — qu© les commerçants surchargés d'impôts demandent avec anxiété comment ils pourront demain
faire face à leurs affaires, — que les agriculteurs voient s'aggraver chaque jour les difficultés de leur tâche déjà si rude, il faut s'abstenir de toute démagogie et abandonner aux fauteurs de réaction ou de révolution le triste apanage de propositions tendant à rendre plus lourde la charge du contribuable.
Tous mes efforts tendront, au contraire, à alléger ces charges, en tout cas à faire disparaître d’une fiscalité vieillie et souvent trop compliquée, les anomalies choquantes qui paralysent les efforts des initiatives privées et la féconde activité des transactions,
La loi des assurances sociales, excellente et tutélaire dans son principe, s’est révélée défectueuse dans son application, administrative et bureaucratique à l'excès. Il faut lui donner une formule plus souple et l'asseoir sur la base delà mutualité. Cette réforme nécessaire doit permettre, tout en rendant l’appareil moins onéreux, de réparer les oublis qui ont pu se produire, notamment vis-à-vis des anciens combattants, à qui est due toute la reconnaissance de la nation. Elle sera le premier pas vers une politique sociale qui doit poursuivre sans arrêt : la protection des familles nombreuses, la lutte contre les fléaux dévastateurs de Th amanite tels que la tuberculose et le cancer, le développement des bienfaits des associations et des syndicats, l'accession de plus en plus aisée des travailleurs à la propriété.
Dans Tordre plus purement politique, je demeure passionnément attaché au principe de la liberté indiduelle, et c'est parce que je suis respectueux de toutes les opinions que je vois dans la laïcité de l’Etat la meilleure garantie pour le respect de toutes les croyances dans une atmosphère de concorde, d'union et de paix publique.
En matière économique. Je rôle des pouvoirs publics est beaucoup moins d'innover et d'intervenir, que do Faire disparaître les entraves qui freinent les échanges et de créer les conditions générales favorables à l'essor de la consommation et de la production, dans la cordiale et confiante collaboration du capital et du travail.
On ne saurait, sans méconnaître une vérité d’évidence, oublier que l'agriculture fut de tout temps la pierre angulaire de l'économie française. C’est au contact de la terre de France, dans le sain labeur de nos champs, que se sont formées les plus belles qualités de notre race, La protection de nos campagnes reste pour moi un article de foi.
Mais il est grand temps que prenne fin cette conception étroite et surranée qui oppose la ville à la campagne, comme si ce n'étaient pas là les deux facteurs nécessaires, les deux termes conjugués de la vie nationale.
Sans rien oublier de cc qui peut animer notre industrie et notre commerce, j'estime indispensable de poursuivre energiquement le progamme en cours de réalisation, qui a pour but de créer des conditions plus favorables à notre vie paysanne : réorganisation de nos finances municipales, électrification, adduction d’eau, amélioration du logement rural, achèvement de la mise en état de notre réseau routier, et aussi : établissement d'un statut convenable pour nos coopératives, renforcement et développement de l’organisation du Crédit agricole.
Dans 1 ordre de la politique extérieure, je reste, en ma qualité d'ancien combattant ayant accepté toutes les clauses du manifeste de la Confédération nationale des anciens combattants, ardemment attaché à la cause de la paix et désireux de voir s'établir une union durable et solide entre tous les peuples. L'extension du rôle et de l’action de la Société des Nations me paraît le plus sûr moyen d y parvenir par l'institution de garanties formelles de sécurité et. de développement des procédures d’arbitrage. Le but est si grand, si précieux et si noble que la France doit y tendre de toutes ses forces, avec tout son esprit de conciliation, tout son libéralisme^ toute sa magnanimité native.
Mes chers Concitoyens,
Tel est, dans ses grandes villes, le programme que je soumets à votre approbation f Si vous me laites 1 honneur de me choisir à nouveau pour représenter votre circonscription, je consacrerai à le défendre, à le faire aboutir dans les réalités, tout ce que j'ai d'énergie et de dévouement.
Vous me connaissez, un très grand nombre d’entre vous sont entrés en contact personnel et direct avec moi et savent avec quelle attention, avec quelle soin minutieux je m’occupe de toute cause juste.
Je n’ai pas l’ambition de résoudra par une improvisation de génie les difficultés que traverse notre chère pairie, mais je vous apporte toute ma sincérité, toute ma capacité de travail, toute ma fidélité à cette terre où je suis né, où j’ai vécu, pour laquelle j’ai combattu, toute ma foi enfin dans les principes démocratiques que je tiens de mes parents et de mes grands-parents.
Hostiles à toutes les dictatures, d’où qu’elles viennent et de quelque masque qu’elles se couvrent pour assouvir des appétits toujours contraires aux intérêts généraux du peuple, je n'aî d’autre désir que de rester, comme je crois l’avoir été jusqu’à présent, un modeste mais ardent serviteur du bien public dans le cadre des institutions républicaines que la France s'est librement données, et qu’elle entend développer sans relâche dans le sens démocratique*
Louis PROUST
Déptité sortant.
Conseiller général et Maire.de Neui lié' Pont- Pierre- Président général du Comité républicain de l’Agriculture, du Commerce et de Flnduslrïe,
2e circonscription de TOURS.