M* R. LE HÉRISSÉ
Élu au 1®' tour de BCruLin*
Mes chers Concitoyens,
Pour la troisième fois, je viens, sous le patronage du Comité républicain national, solliciter vos suffrages.
Il y a quatre ans^ vou3 m’envoyiez à la Chambre avec le mandat formel de voter la révision ds la Constitution monarchique de 1875,
Cânq fois, au cours de la législature, il m’a été donné, en vain hélas I de voter celte réforme, base de lotîtes les autres, nécessaire aujourd’hui comme [|
elle l^était hier.
Les tristes événements qui se sont déroulés depuis quelques mois et ont j
atteint à sa base même le régime parlementaire, les lois protectrices des travailleurs violées J les réformes toujours promises sans ce^se ajournées m^ont ]|
encore affermi dans la convicUon que du succès de la révision dépend la réaii-
satioû des vœux de la démocratie. il
G^est seulement avec la révision que nous pourrons faire sur les associa- j|
tions une loi large et tolérante* permettant de résoudre équitablement fa ques- " ||
tion si complexe des relations des Églises et de PÉiat . ]
Profondément libéral , j’enlendg que les minisircs des cultes ne relèvent j
que du droit commun, que tes Églises soient libres dans le domaine qui leur
sera attribué, mais dont elles ne pourront sortir. J
Liberté de croire et de penser. Je continuerai à combattre aussi bien ceux ji
qui voudraient imposer leurs croyances que ces philosophes qui, sous Pimpul- '
sion d'associations soi-disant philantropiques, tendent à créer dans ce pays une j
irréligion d’État.
Au point de vue économique, je veux la réforme de Pimpét et la dispari- 1
tion de ces inégalités choquantes, qui font peser sur le travailleur les charges |
les plus lourdes. j
Suppression de PimpôL foncier et des impôts de consommalEon, remplace- i
ment de ces taxes par un impôt basé sur le capital produisant revenu. j
Suppression des monopoles de la Banque de France et des grandes compa- |
gnies, rÊiat maître absolu de ces puissantes sociétés, qui ont une si grosse in-
lluence sur la bonne organisation de notre défense nationale, , j
Au point de vue social, je veux la mise eu vigueur des lois émancipatrices .
CODcernant les associations agricoles et ouvrières. Cest par une loi que l'État Ij
doit intervenir dans le règlement du travail et dans la fixation des salaires pour les corn pa gu ! e s assoc iées d e T Ét at .
La prochaine législature devra établir la gratuité de la justice, mènera bien l'organisation du Crédit agricole et du crédit ouvrier, en même temps que la création d’une Caisse de retraites en faveur des vieillards et des invalides du ^ travail.
Au point de vue extérieur, je suis, comme je Fai toujours été, l'ennemUésolu de la politique d'expansion coloniale. Imposons partout le respect des couleurs françaises, mais gardons-nous de prodiguer notre or et le sang de nos soldats pour tenter la colonisation de pays dont PEuropéeu ob peut supporter les climats pernicieux.
Mes chers concitoyeiisi
Depuis huit ans, j'ai Thonneur de vous représenter ^ à plusieurs reprises . U m’a été possible de défendre utilement à la tribune de la Chambre les intérêts dont vous m’aviez confié la garde, .
Marchant d’accord avec la nninicipalitô rennaise et avec la plupart des municipalités de la circonscription, si, une troisième fois, vous m’honorez de votre confiance je continuerai à défendre celte politique nettement républicaine, dont notre regretté Le Bastard a su jeter les bases dans ce pays.
En toutes circonstances vous pouvez compter sur mon entier dévouement.
Vive la République I