‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 110 sur 266 · R. LE HÉRISSÉ · texte numérisé non relu

R. LE HÉRISSÉ

2“ circonscription de RENNES.

M. René BRICE,

Élu au !“■ tour de scrutin.

Messieurs les Électeurs,

Un grand nombre d’entre vous m’ayant fait l'honneur de m’offrir la candidature dans la deuxième circonscription de Rennes, je viens solliciter vos suffrages.

De 4871 à 1889, membre de l’Assemblée nationale, député de l’arrondissement de Redon, puis député d’Ille-et-Vîlaine, vous savez comment j’ai rempli les divers mandats qui m’ont été confiés.

Républicain, j’ai toujours pensé que la République devait être ouverte à tous, pacifique, économe et tolérante. Représentant d’un pays essentiellement agricole, je me suis appliqué en toute occasion à soutenir, par mes voles, et à défendre, par mes discours à la Chambre, notre agriculture nationale menacée par la concurrence étrangère.

Plus récemment, délégué du Conseil général, j’ai combattu devant M. le Ministre des Finances et devant la Commission du budget la taxe aussi arbitraire qu’injuste qui a, un instant, menacé nos pommes.

Les travaux que m’impose i'exercice des fonctions que j'occupe, notamment à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, m’ont obligé à étudier et m’ont amené à bien connaître la situation du budget de l’Etat.

Les questions de budget ont une importance capitale, puisque, de leur solution, dépendent le chiffre et la nature des impôts que vous êtes obligés de payer.

Si je suis élu, je ne manquerai pas d’intervenir dans leur discussion pour la défense de vos intérêts, le ne cesserai pas de réclamer la diminution des dépenses publiques ; la réduction des charges qui, sous tant de formes, pèsent sur les agriculteurs; l'organisation du Crédit agricole et des Assurances contre les risques des récoltes; l’amélioratioD du sort des ouvriers par la création des

Caisses de retraites et de prévoyance; la suppression de Texercice chex les débitants.

Comme moi, mes chers concitoyens, vous avez applaudi aux succès de notre diplomaLie et à notre alliance avec le grand peuple russe, alliance qui est une garantie de la paix du monde.

Homme de conciliation. Je fais appel à tous ceux qni, voulant une France honorée et respectée, entendent meure fin aux oppositions systématiques et stériles qui ne peuvent avoir d'autre effet que de déconsidérer la Patrie,

Veuillez agréer, mes chers concituy eus, Tassurance de mes aentiments les plus dévoués,

Eené BRICK.

circonscription de SAINT-MALO, M. F, BRUNE,

Élu au tour de. scrutin.

Chers concitoyens,

En 1889, les forces réactionnaires, unissant leurs efforts contre nos institutions,, la République subltun échec dans le département d'Ille-eî-Vüaine.

Les électeurs ont depuis reconnu leur erreur. Ils s'apprêtent, de toutes parts, à ressaisir le pouvoir républicain qu'ils n'auraient pas dû laisser s'échapper.

Le congrès républicain de la 1^® circonscription de Saint-Maîo, réuni sous la présidence de M, ie maire de cette ville, m'a de nouveau chargé de porter le drapeau de la République aux élections prochaines.

J'accepte cet honneur et me présente à vos suffrages fort de mon passé politique, que vous savez irréprochable.

Rien des conquêtes de la République ne doit être abandonné, et î’estirae que, pour mener à bonne lin les réformes auxquelles le pays aspire, il est nécessaire de grouper autour du Gouvernement une majorité qui assure la stabilité ministérielle.

La révision de l’impôt et sa répartition dans des proportions équitables doivent être résolument recherchées, les dépenses de l’État sévèrement contrôlées,

Notre marine, notre commerce, notre industrie, notre agriculture ont reçu un commencement de satisfaction par Rétablissement du régime douanier, îl s'agit de compléter cette mesure par une protection efficace contre l'envahissement du marché français^ et par rinstitutioû d’un Crédit agricole qai permette

auTC culiivateurs de se procurer les avances dont ils ont besoin pour augmenter

le rendement de leurs terres. . i

Les frais de tranamHsion de la propriété, ou mieux de mutation à tous les litres, sont trop onéreux. Leur réduction devra être étudiée et résolue dans un

Semetts sur la culture du tabac et la loi du 21 avril 1832 pourraient être modifiés dans un sens plus favorable aux planteurs de tabac. Il devrait être créé à leur profit, sur les retenues annuelles, une assurance mutuelle contre les

avaries auxquelles cette culture est exposée. . , . , ,

L’assistance publique dans nos campagnes sera l’objet de notre sollicitude. Elle devra être organisée, non pas dans uu sens fucullatif, mais obligatoire, de manière à protéger les vieillards pauvres et invalides contre les atteintes d’une misère noire avec laquelle nous les voyons trop souvent aux prises.

Depuis vingt-trois ans que j’ai l’honneur de m’occuper de vos affaires publiques toutes mes attentions se sont portées sur vos intérêts, non seulement dans le canton de Pleine-Fougères, mais tout spécialement dans Tarrondissementde Saint-Malo. Vous avez pu vous rendre compte des services rendus à la vicinalité, aux écoles, mairies, églises et presbytères.

Au moment ou chaque républicain s’apprête en France, é donner son concours énergique à la consolidation de nos institulions, il ne sera pas dit que la circonscription de Saint-Malo, si libérale, faillira li ses devoirs.

Elle reprendra résolument le poste en avant qu’elle n’aurait jamais dû

perdre.

Vive la République I

BRUNE, maire de Pleine-Fougères,

Conseiller général, Chevalier de la Légion d’honneur.

2‘ circonscription de SAINT-MALO.

M. Léonce DEMALV1L.A1N,

Élu au 1" tour de scrutin.

Mes chers Concitoyens,

Désigné comme candidat républicain de la 2® circonscription de 1 arrondissement de Saint-Malo, dans une réunion publique tenue à Saint-Serifan, le dimanche 16 juillet dernier, et dans laquelle les cinq cantons étaient hautement représentés, j’ai l’honneur de solliciter vos suffrages.

Connu de vous depuis longtemps, je ne crois pas utile de m’étendre bien

loneuement. Ma profession de foi d’aujourd’hui est celle d’il y a quatre ans, républicain j’étais, républicain je suis. Partisan d’accorder les plus grandes libertés pourvu qu’elles ne s’écartent en rien du respect dù aux lois et aux uersonnes je ferai tout ce qui dépendra de moi pour arriver, d’accord avec le Eouvernement de la Républiqu é réaliser de sérieuses réformes, notamment obtenir le dégrèvement déjà proposé des boissons hygiéniques, l’égalité des contributions foncières et mobilières et établir d’une façon équitable l’assiette

de l’impôt, , . . , ,• I -1 f ♦

Je suis d’avis que, pour assurer la prospérité du commerce national, il faut

favoriser certains échanges ; néanmoins, je veillerai à ce que les intérêts de toutes les branches de l’industrie française soient sauvegardés, principalement ceux de la marine et de l’agriculture qui, selon moi, méritent toute la sollicitude

du législateur,

Enûn j’aiderai de tout mon pouvoir le gouvernement de la République dans la noble lâche qu’il s’est tracée : celle de mettre les travailleurs à l’abri de

la mincie. ,

En ce qui concerne les intérêts particuliers des communes ae la circonscription, Je m’inspirerai des voeux exprimés par les Conseils municipaux et je ferai tout ce qui dépendra de moi pour les faire aboutir.

Si vous m’honorez de votre confiance en m’envoyant siéger à la Chambre des Députés, j’ai le ferme espoir que, lorsque j’aurai à vous rendre compte du mandat que vous m’aurez confié, les promesses que je vous fais aujourd’hui seront devenues des actes accomplis*

Comme moi, vous avez foi dans le gouvernement de la République pour assurer à notre cher] pays le respect et l’indépendance, à notre commerce la prospérité, et vous le prouverez de nouveau, avec succès, cette fois, en votant atec union.

Le 20 août, en déposant votre bulletin dans Turne, n’oubliez point qu en votant jpoLir moi, |vous affirmerez votre confiance dans la France répubUcaîne*

Vive la France ! Vive la République I

Léonce DEMÂLVlLÂliN,

Maire de Saint-Servan, président du tribunal de Commerce^ conseiller d’Arroodissenient, président du Comice agricole du canton de Saint-Servan,

Circonscription de VITRÉ,

M* LE GONÏDEC DE TMÎSSAN, Élu au 1*' tour de scrutin.

PBOFESSION DE FOI.

Uû grand nombre d^entre vous m^oat demaudé de me représenter à la députation* Je viens de aouveau me mettre à votre disposition.

Nous nous connaissons depuis longtemps.

Il y a dix“3ept ans, lorsque, pourla première fois, je sollicitai vos suffrages, je vous afflrmaî nettement mes convictions poütiqaes et religieuses. Elles étaient alors conformes aux vôtres, elles le sont encore aujourd'hui, avec Fexpérience et la pratique des affaires en plus. Mes votes sont là pour le prouver.

Je ne suis pas répubiicain.

Et pourquoi le serais-je devenu ?

La République a-t-elle tenu ses promesses ?

Et qu’est-elle devenue entre les mains des juifs et des francs-maçons?

La religion est-elle honorée ?

Pouvez-vous faire élever chrétiennement vos enfants par les maîtres de votre choix ? A Técole du gouvernement, ie catéchisme est défendu comme un mauvais livre.

Le service militaire devait être le même pour tous. Certains en sont pourtant dispensés, jamais le prêtre ni l’instituteur chrétien*

Où sont iès économies promises ?

Le budget augmente au lieu de diminuer, et les dettes aussi, dettes dont il faut, au moins chaque année, solder les intérêts. Douze milliards de dettes depuis la paix exigent par an cinq cents millions de plus, le sixième des impôts que mous payons.

Des tripotages financiers^ celui du Panama entre autres, ont couvert le pays de ruines. Loin de leur faire rendre gorge, les coupables ont été protégés.

Et c'est maintenant que l'on vous demande de voter pour la République,

L’agriculture est-elle prospère ?

Qu^a fait le Gouvernement pour elle ?

La suppression de Pimpôt foncier sur les terres, toujours demandée, est toujours repoussée par les républicains*

Le Crédit agricole n'est pas établi.

Avez- vous vu diminuer un seul impôt ?

Quant à moi, je ne crois pas avoir failli à ma tâche. Et si vos intérêts

moraux ont toujours trouvé en moi un défenseur résolu, vos intérêts les plus directs ne m’ont pas été moins chers.

Les nouvelles taxes, et particulièrement celles sur les pommes, n’ont paseu d’ennemi plus déclaré que moi. Grâce à mes amis et à moi, à nos efforts et nos démarches près des ministres, nous sommes arrivés à éviter ce nouvel impôt.

De prétendus républicains honnêtes, se disant religieux, avaient su attirer la confiance du pays en faisant briller à ses yeux le grand mot de liberté I Ils n’ont fait que le jeu de la franc-maqonnerie et ont dû combattre avec elle, bien â contre-cœur, je l’espère, tout ce que nous aimons, tout ce que nous vénérons.

Électeurs,

Vous ne vous laisserez pas tromper par de fallacieuses promesses ; vous viendrez, le 20 août, protester en masse contre de pareils attentats et déclarer qu’entre la République et la religion U ne peut y avoir d’alliance bien sincère.

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