INDRE
Circonscription du BLANC.
M. A- MOROUX,
Élu au tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Le congrès républicain réuni au Blanc, le 29 juilleti m’a désigné à l'unanl" mité pour son unique candidat.
Je viens donc vous demander de ratifier ce choix en me renouvelant le mandat que vous m’avez confié, le 3 mai 1891, et que j’ai conscience d’avoir rempli avec dévouement.
La Chambre nouvelle n’aura pas à lutter pour la forme du gouvernement qui u’est plus contestée. Elle sera une législature d’affaires, ayant pour mission d'arriver à obtenir les réformes déjà étudiées et attendues par l’opinion publique.
Si vous me faites rhonneur de me confier de nouveau la défense de vos intérêts, je resterai fermement dévoué aux institutions républicainés ■ je ne me départirai pas du libéralisme et de l’indépendance dont j’ai toujours fait preuve.
Partisan de la paix, Je m'opposerai aux expéditions lointaines et à l’extension exagérée des entreprises coloniales, tout en sauvegardant les intérêts de la France et Tlionneur du drapeau.
Je voterai toutes les réformes ayant pourhut d’améliorer le sort des ouvriers et des agriculteiirB et d’alléger les charges des contribuables.
Mon activité et mon dévouement seront au service de tous et toujours.
Vive la République I
A, MOROUX, agriculteur, député sortant, Conseiller général de l'Indre.
1” circonscription de GHATEAUROUX.
M. Ch. BALSAN,
Élu au 1*' tour de scrutin.
Messieurs et chers concitoyens,
Je viens de nouveau solliciter vos suffrages.
Pendant la dernière législature, j’ai faitpartiede la Commission des douanes et de la Commission du travail et pris une part active à leurs travaux.
L’œuvre douanière est terminée dans ses parties essentielles ; le temps permettra d’en apprécier les effets.
L’étude des lois du travail est malheureusement entravée trop souvent par la politique violente qui s’en empare au préjudice des intérêts véritables des travailleurs.
Des cbai^'es écrasantes, conséquences des années oit l’on dépensait sans compter, pèsent sur nos budgets et maintiennent l'impôt à un taux excessif. D’autre part, des scandales sans précédents ont englouti bien des modestes épargnes restées sans défense.
Et cependant le crédit de la France, fortement appuyé sur l’esprit de travail et d’économie de la naiitm, fait justement l’envie des autres peuples.
Une bonne gestion financière ramènerait la prospérité des époques heureuses. On verrait la reprise dea travaux publics, à laquelle notre département est un des plus intéressés, puisque sou réseau ferré est encore bien incomplet 1
Par des succès diplomatiques et militaires, dont le gouvernement de la République partage l'honneur avec la nation tout entière, la France a conquis des gloires nouvelles. Les fêtes de Cronstadt, le brillant fait d’armes du Siam ont consolidé la paix en Europe, en montrant la France militaire digne des plus glorieux moments de son histoire.
En même temps, une loi juste et paternelle, longtemps réclamée, vient enfin de supprimer les mauvais numéros ; les troupes coloniales ne comprendront plus de conscrits : elles ne seront désormais composées que de volontuires.
Les questions d’ordre religieux ont récemment fait l’objet de négociations dont, avec le maintien du Coucordat, ou espère voir sortir un apaisement si ardemment désiré.
Aujourd'hui, beaucoup d’hommes d’opinions diverses, frappés de la lassitude générale, font sagement trêve aux discussions constitutionnelles ; ils veulent tirer de l’état de choses actuel tout le bien possible.
C'est ainsi que, ennemi de toute opposition de parti pris, approuvant le bien sans demander quel en est l'auteur, j’ai donné mon concours au Gouvernement,
quand il a proposé des mesures que je jugeais conformes aux intérêts de la
nation. . . . .
C’est dans cet ordre d’idées que -vous m’avez élu en 1889, et que ] agirai
encore, si vous m’envoyez à la nouvelle Assemblée.
Ch. BALS AN, conseiller général de l’Indre, député sortant.
2“ circonscription de GHATEAUROUX.
M. Alban DAVID,
Élu au 1" tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
Vous m’avez contiê, il y a quatre ans, le mandai de représenter a la Chambre des Députés les intérêts de la 2® circonscription de Châteauronx.
' Je viens vous rendre compte de ce mandat, et vous en demander le renouvellement pour la législature prochaine.
Républicain convaincu et indépendant, je n’ai pas besoin de voua dire que, dans tous mes votes et les actes de ma vie politique, je n’ai jamais eu d’autres préoccupations que de demeurer fidèle à mes engagements, de servir, dans la mesure de mes forces, la cause de la République et de la liberié.
Mais la liberté ne saurait être confondue avec la licence, et je me suis toujours énergiquement refusé, pour ma part, à tenir le moindre compte des agitations factices, dont la fin de chaque législature nous oiïre habiiuellemept le triste spectacle, et qui sont entretenues, avec habileté et perfidie, parles derniers débris des anciens partis d’opposition, dans le but de laisser planer une sorte de suspicion vague et générale sur la représentation nationale tout entière.
J’esiime, sous ce rapport, que les derniers événements auxquels nous avons assisté ne peuvent, en dépit de quelques fautes isolées, entacher le bon renom du gouvernement de la République et entraver sa marche en avant dans la voie des réformes politiques et économiques que le pays ne cesse de réclamer avec insistance.
Dans ma profession de foi de 1889, j’écrivais ceci :
(1 Je poursuivrai, en dehors de toute coterie, l’application ferme et intégrale, sans restriction, comme sans mesquines vexations, du programme démocratique, afin de rallier à nos institutions, dans Tuniou et la concorde, tous les bons
J’ai la ferme intention de persévérer dans celte politique. Mais j’ai hâte de
lo dire, afin qu’il n’y ait aucune équivoque, je considère comme un devoir de conscience de me prononcer nettement contre toute politique qui tendrait à accueillir, sans aucunes garanties de fidélité au régime républicain, les chefs des anciens partis; non pas que je pense qu’il faille écarter, de parti pris, les électeurs désabusés qui viennent de bonne foi, sans arrière-pensée, grossir nos rangs. Mais je me défie des ralliements soudains, trop intéressés pour être sincères venant d’hommes qui, hier encore, affichaient ouvertement le mépris de nos institutions. Une pareille politique amènerait fatalement un recul de l’idée démocratique. 11 ne m’est pas possible de m’y associer.
En dépit de ses détracteurs, il n’a pas dépendu de la Chambre dont le mandat expire que l'œuvre législative fût plus étendue et plus fructueuse. Toutes les deatatives d’obstructions fomentées par des adversaires systématiques ne l’ont pas empêchée d’accomplir une besogne utile et pratique. U Chambre a voté les tarifs (les douanes, la réduction des tarifs de chemins de fer, elle s’est efforcée d’établir le budget sur des bases plus démocratiques ; elle a doté plus largement les services de l’instructiou et de l'assistance publiques ; elle a amélioré la situation des petits. D’autres projets importants, comme le crédit et l’assurance agricoles, ont été élaborés et viendront en discussion au début de la prochaine
législature. En résumé, l’œuvre accomplie est déjà considérable!
Quant à moi, au cours des quatre dernières années, je me suis associé, sans me laisser troubler par les vaines déclamations des partis, à toutes les mesures qui ont eu pour objet de consolider et de faire aimer la République. Vous savez, d’autre part, que vos intérêts régionaux ont toujours trouvé en moi uu défenseur résolu. J’ai la conviction d’avoir accompli mon devoir. A vous maintenant, mes chers concitoyens, de faire le vôtre I
Alban DAVID, député sortant, conseiller général, maire d’Écueillé.
Pendant la dernière législature, comme toujours, j’ai repoussé les dépenses mutiles, les guerres lointaines et les augmentations d’impôts; j’ai réclamé les diminutions, possibles des charges militaires j j’ai obtenu l’augmentation des secours destinés aux anciens soldats et défendu l’avenir de nos chemins vicinaux. Je veux que les'ressources de la France soient employées sur notre sol en travaux productifs, qui donnent l’aisance à l’ouvrier, en augmentant la prospérité générale.
Sans esprit de parti, j’ai soutenu le Gouvernement, quand ses actes me semblaient sages et profitables. Je l’ai combattu avec indépendance, lorsque j’ai cru que l’intérêt du pays l’exigeait.
La situation poliiique n’a fait que s’aggraver depuis quatre ans :
Le désordre grandit, tous les intérêts sont menacés. L’état des finances inspire des inquiétudes sérieuses aux hommes les plus impartiaux. Vous connaissez les s candales du Panama et les procès récents étouffés par l’intérêt politique.
Le Président de la République, nommé par les Chambres, est dans leur dépendance, et manque de l’autorité nécessaire à l’exercice du pouvoir. Les ministères républicains qui se succèdent, au lieu de s’appuyer sur les hommes modérés pour pacifier le pays, s’allient aux radicaux par une coupable faiblesse et achètent Ipur coucours au prix des plus dangereuses concessions. Jusqu’ici, les préfets ont semé la division dans les communes, qu’ils devraient administrer avec équité, et ont gardé leurs faveurs pour ceux qui les méritent le moins.
Si ce régime dure encore quelques années, le pays sera livré sans défense à la ruine et à l’anarchie.
La France qui travaille est fatiguée des luttes stériles; elle veut l’ordre, la paix au dedans comme au dehors, l’union entre tous ses enfanta.
Au lieu d'une coterie qui exploite le pouvoir é son profit, il faut un gouvernement fort et libéral basé sur la souveraineté nationale, avec le chef do l'État nommé par le peuple. Il faut un gouvernement qui donne à tous la liberté, l’égalité, la justice.
Mes sentiments n’ont pas varié: Je place l’intérêt général au-dessus de toute considération politique.
Vous me connaissez depuis longtemps et vous savez, mes chers électeurs, qti’en faisant appel à vos suffrages, je n’ai d’autre ambition que de vous être utile, en consacrant tout mon dévouement à la défense de vos intérêts et tous mes efforts à la prospérité du pays.
A. de SAINT-MARTIN, conseiller général,
Circonscription dISSOUDUN.
M. A. LEGOISTE,
Élu au 2* tour de scrutin.
Aux électeurs de Parrondissement d^lssoudun :
L^arrondissement d'Issoudun, dans les luttes politiques pour le triomphe de la République a toujours donné le signal du progrès dans Tlndre,
Nous avons toujours, grâce 4 Pespritde discipline, obtenu des succès.
Vous m’avez, chers concitoyens, renouvelé votre confiance dans toutes les élections,
Vou*^ savez tous qui je suis.
Vous connaissez tous mon programme républicain et ma vie politique, qui en est Rfipplicatiou.
Je dois vous affirmer de nouveau que je suis partisan :
De la réforme de Ifimpôt, que j'ai volée, et pour laquelle j’ai déposé un projet de loi, en 189Ô, afin que les impôts soient plus équitablement répartis ;
2"" Delà révision de la Constitution dans le sens démocratique;
De la séparation des Églises et de TÉtat ;
De la liberté complète d'assodation pour f émancipation des travailleurs ;
5^ De Fiostruction aussi large que possible pour tous.
Vous savez tous, chers concitoyens, par mes votes, que j’ai été fidèle à mes promesses.
Vous savez aussi que je me fais un devoir d^assister à toutes les séances de la Cil ambre, afin d'y défendre les intérêts de tous.
SI vous me renouvelez votre confiance, je resterai ce que j’ai toujours été ; sincère dans mes opinions, dans mes actes, et dévoué à mes concitoyens.
Vive la République î
A. LECONTE, député sortant.