M. A. TIPHAINE
Mes cliers concitoyens,
]e ’viens vous remettre le mandat que vous m’avez conûé en 1891 ; il a pris in. 11 voua appartient de le renouvelersi vous m’avez conservé votre conûance,
ii i’en suis encore digne. ,i » j„
Je vous avais promis d’être un républicain de progrès, allant de 1 avant, ■ésolu à donner satisfaction aux légitimes revendications du peuple et à suivre me politique digne de la République, qui doit être autre chose que la conti-
luation des gouveroenaents monarchiqoes* ■
Ai-je tenu ma promesse? En conscience, je crois avoir fait mon.devoir, tout
^°°Le7tèmps ont marché depuis et le peuple a suivi. Tant pis pour ceux qm a’ont pas compris ce mouvement d’opinion continu, opiniâtre, qui se manifeste
^eoendant d’une façon si nette* ,
^ Il a indiqué timidement d’abord quelles étaient les espérances du monde des travailleurs, puis, plus résolument, quelles étaient ses volontés.
Oü a essayé de différer, d'ajoiirner avec de belles promesses pour 1 avenir, mais l’opinion, mue par une force, sans cesse croissante, ne pouvait toujours accepter des remises; elle imposa l’étude des questions sociales. Ne sout-ell^ pas fes plus graves, les plus urgentes de toutes, puisqu’elles mettent en jeu la
vie d'u0 ueuplo î i i *
Sur ce point, vous connaissez mon sentiment; j’ai voté toutes les lois qui
apportaient une amélioration quelconque au sort des petits, des humbles, des
dèsbérités* *
. Mais ii reste bien des choses à faire ; elles seront l’oeuvre de la prochaine
naiion le voudra ainsi, et elle dira qu’elle entend être gouvernée à l’a-
venir comme doit l’être un paya de démocratie. r
Elle dira que le gouvernement des satisfaits et des jonisseurs a fait son temps qu’il doit céder la place à un gouvernement de tendances démocratiques, qui devra s’associer étroitement à l’œuvre des revendications populaires.
N’est-elle pas touchée au cœur par cette lutte incessante entre le capital et le travail, et à laquelle il importe de mettre un terme en donnant an travail les moyens de résister aux injustes exigences du capital ?
A la ville, les syndicats ouvriers devront amener la paciûcation et 1 entente
désirable entre ces deux éléments de la fortune publique, se fortifiant Tun par Fautre.
A la campagne, les syndicats agricoles fonctionnent régulièrement et permettent à leurs associés de réaliser déjà de sérieux avantages* Il reste à leur procurer le crédit qui leur donnera Targent à bon marché.
L'agriculture, si éprouvée, mais toujours courageuse, attend avec anxiété la loi du Crédit agricole ; de leur cété, nos vignerons se demandent quand aboutira la réforme du régime des boissons. Elle devra être nécessairement la grande réforme de 1894, et la loi réclamée, en sauvegardant dans la plus large mesure les intérêts des bouilleurs de cru^ supprimera enfin les entraves qui nuisent à la circulation du vin, la principale richesse de notre sot tourangeau-
Je signale en passant les projets sur les caisses d’épargne, sur les caisses de retraites, sur les sociétés de secoura mutuels-
Que de soînlions qui se dressent, réclament l’urgence de la discussion et veulent devenir, en même temps que textes de loi, des institutions fécondes î Les réformes s’imposent partout, nous les voulons partout où il y a des abus- ^
Notre régime fiscal est condamné par ceux qui ont un réel souci d’une équitable répartition de Pimpôt entre les citoyens. L’impôt pèse lourdement sur les classes pauvres et atteint à peine les riches.
Tout un autre système est à créer, devant distribuer ies charges sur les contribuables suivant leur fortune. C’est à la richesse acquise et non au travail à fournir les grosses recettes du budget.
Cette déclaration suffit pour vous affirmer les principes qui ont dirigé et dirigeront encore ma conduite.
le vous al dit comment Je comprenais le rôle républicain qui va incomber à votre mandataire. C’est à vous de pronoQcer ; j'attends votre jugement avec confiance,
A. TIPHAÏNE, maire de Monnaie, Conseiller générai de Vouvray, président du Comice agricole populaire, député sortant.