‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 115 sur 266 · ISÈRE · texte numérisé non relu

ISÈRE

1” circonscription de GRENOSLE.

M. Gustave RIVET,

Élu au !“■ tour de scmtiD.

Chers concitoyens,

le ne vous adresserai pas une longue profession de foi. Depuis bientôt douze ans, vous m’avez vu à l’œuvre, et je crois que mes actes valent mieux que les promesses que je pourrais faire.

Républicain convaincu, dévoué à la défense des intérêts que vous m’avez confiés, j’ai jusqu’ici fidèlement rempli mon mandat : c’est avec le même zèle, le même dévouement que je continuerai à servir mon pays.

Républicains dauphinois, nous ne saurions rien abandonner de notre programme démocratique.

Il est inutile de dire que nous ne voulons pas laisser toucher aux lois scolaire et militaire, lois de justice, d’égalité et de liberté.

le veux, avec vous, une stricte économie des deniers publics, — et la réforme de l’impôt, afin que les charges soient plus équitablement réparties, et qu’felles portent plutôt sur la richesse oisive que sur le travail.

Je veux la défense énergique de notre agriculture, et je continuerai à réclamer l’organisation du Crédit et, de la Caisse nationale d’assurance agricole; en un mot, tout ce qui doit donner aux agriculteurs, aux travailleurs des campagnes comme à ceux des villes plus de bien-être dans le présent, plus de sécurité dans l’avenir.

Je veux, comme vous, affranchir définitivement l’État de toute attache cléricale. Il faut, par les mesures nécessaires, préparer l’abrogation 'dif Concordat.

Je veux dans les lois, dans la société, encore plus de justice, d’ équité, de fraternité. Je veux la protection des petits, des - faibles, des pauvres, le veux toutes les améliorations politiques et sociales dans le calme, dans la paix et la liberté.

Mais, pour accomplir les réformes démocratiques, au tbomentoù laréacüon cléricale essaye d’une nouvelle tactique, et présente sous le masque répûbli-

— Ma —

cain ceux qui, hier encore, insultaient la République, il faut n’envoyer à la Chambre que des républicains sincères, sûrs et fidèles serviteurs du pe“Pl®- Pour moi, vous le savez, ce n’est pas des lèvres mais du cœur que j’affirme mon profond dévouement à vos intérêts, et mon inébranlable attachement aux principes de la grande Révolution- Vi,elaMpobliq.= l

2® circonscription de GRENOBLE.

M. Aristide REY,

Elu au 2® tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Il y a quatre ans, vous avez affirmé, par une imposante majorité, votre confiance dans la sincérité de mes déclarations, dans i’intégi-itô et l’indépendance

de mon caractère. j.. „„„

De nouveau, je brigue vos libres suffrages, fort, comme alors, de la conscience que j’ai d’avoir énergiquement défendu les graves intérêts qui m’ont été confiés, et fidèlement rempli le mandat que vous m’avez donné.

La République traverse une de ses phases les plus dangereuses. Vaincus au i

16 Mai, battus sous l’éteadard boni angiste, ses adversaires ont changé de tac- 1

tique, et c’est avec notre propre programme qu’ils s’apprêtent a nous livrer une nouvelle bataille. Ceux qui ont combattu avec -le plus d’acharnement les lois scolaires et les lois militaires feignent aujourd’hui de les accepter.

Vous ne vous laisserez pas tromper par une pareille manœuvre.

C’est à leur dévouement, à leur désintéressement, à leur réserve, a eur probité politique, à leurs actés, que se reconnaissent les républicains digues de ce nom. Les prétentions ambitieuses sont des titres insuffisants.

Électeurs,

Je n’ai plus à vous faire de déclaration de principes. Vous connaissez ma vie privée et ma vie publique. Ce que j’ai été, je le suis et je resterai, fidèle à moimême, inébranlable dans mes convictions, adversaire de toutes les injustices, respectueux de tous les droits; prêt, aujourd’hui, à déjouer la ruse, comme je

l’étais hier à résister à la force. . .

Vous savez ce que je pense des questions qui se rattachent aux principes fondamentaux de la Révolution française : égalité du service militaire, générali-

— âl3 —

sation de l’instruction, enseignement professionnel, séparation de l’Église et de l’Etat, réformes sociales, impôt sur te revenu, décentralisation administra¬

tive, etc.

Quelques-unes sont résolues, d’autres sont à l’étude.

Déjà, les lois scolaires protègent l’indépendance de l’esprit humain. La loi militaire consacre l’égalité de tous les Français devant l’impôt du sang et assure

la défense sacrée du sol national.

Ces lois sont les conquêtes inaliénables de la démocratie. Je m’honore d’en avoir, parmi les premiers, provoqué l’élaboration et la mise en vigueur.

Les lois de réforme sociale préoccupent tous ceux qui veulent, dans la société, plus d’égalité, plus de justice, plus de solidarité. But final de nos efforts, complément nécessaire de nos institutions politiques, elles donneront, par une répartition plus équitable des avantages sociaux, la sécurité de la vie au vieillard, à la femme, à l’enfant, une plus grande somme de bonheur et de bienêtre à tous. Elles intéressent tous les citoyens dans une démocratie où le travail honoré est de plus en plus l’unique source des fortunes, le seiil moyen d’exis-

Au Parlementj j*ai proposé ou voté les lois et les amendements qui visent la défense de la patrie, les intérêts moraux du pays, les progrès sociaux, ceux de rindustrie, du commerce, de Fagricuîtnre, la facilité de la vie, ramélioratton de notre système fiscal, etc, : lois sur les cadres de Tarmée et les pensions militaires, loi sur r armée coloniale, loi sur les syndicats professionnêls, sur 1 abaissement des tarifa des chemins de fer, sur la suppression des octrois, — question définilivement résolue au profit de la liberté municipalej — la réforme des prestations, la Caisse des retraites des employés et ouvriers, Para élioradoo delasituatioji des petits employés, Thygiène publique, 1* assistance médicale dans les villes et les campagnes, la suppression de Podieux exercice, le Crédit agricole, P enseignement agricole, les logements économiques, la diTninution des frais de justice, la réforme des patentes, etc- le me suis efforcé de coocifier, ainsi que le commandent la liberté, d’une part, et, de Pautre, Pégalité de tous devant Pimpôt, les intérêts des sociétés de coopération ouvrière et ceux du petit commerce si laborieux, si honnête, si attaché à la Bèpubliqué.

En ce qui concerne plus parti cnlièremênt votre région, les droits dédouané réclamés sur les petites peaux et les œufs menaçaient de ruiner à tout jamais la ganterie et la mégisserie. J’ai eu Pheureuse fortune de conjurer le danger et de sauver nos deux grandes industries. 3’ai défendu non moins victorieusement votre Cour d’appel, votre École de médecine et de pharmacie, vos Facultés, etc, Pai appuyé de toute mon influence la réclamation des syndicats- Toujours à la disposition des municipalités, je me suis efforcé de servir les intérêts des communes, toutes les fois qu’ elles ont eu recours à mon intervention-

Enfin, j’ai résolument protégé de mes votes la stabilité gouvernemenlale, sans iaquellCL il n’y (a ni gouvernement, ni admiuistration, ni réformes possibles.

Voilà, mes chers concitoyens, le compte de mon mandat.

La nouvelle Chambre devra poursuivre la réalisation des réformes commencées, Elle s'occupera, avant tout, du régime des boissons, de la suppréssion de

Texercice, des caisses de retraites pour la vieillesse des travailleurs, de la réforme progressive de l’impôt, de l’enseiguement professionnel, industriel, agricole, de l’amélioration du régime des sociétés de secours mutuels. Approuvées ou autorisées, ces sociétés doivent avoir la même liberté pour l’emploi de leurs fonds, sous le contrôle de l’État, le môme droit de recevoir les dons et les legs. 11 importe de leur assurer le taux de 5 0/0 pour les pensions au-dessous de 360 francs, etc.

Sincèrement attaché à la politique de méthode et de progrès, je m’efforcerai d'aider au triomphe de la justice et de la vérité.

Mais, n’ouhlions pas que rien de durable ne se fonde sans la collaboration du temps et l’adhésion de l’opinion publique.

Uq honnête homme ne promet que ce qu’il est sûr de tenir.

Les jeunes générations n’ont point connu les temps d’oppression, les luttes douloureuses. Elles ignorent par qnels durs sacrifices se conquiert la liberté et se fondent les institutions démocratiques. Elles bénéficient de nos efforts, de nos combats; qu’elles ne soient pas ingrates. Leur indifférence, leur scepticisme seraient coupables autant qu’imprudents. Qu’elles recueillent la tradition que nous tenons de nos pères de 1789, de 1830, de 1848. Qu’elles gardent scrupuleusement, comme un héritage sacré, les principes hors desquels toutes les conquêtes de la liberté, toutes les espérances de la patrie, seraient irrémédiablement compromises.

Vive la France 1 Vive la République 1

Aristide REY, propriétaire, membre du conseil d’administration de la Société nationale d’encouragement à l’agriculture.

3^ circonscription de GRENOBLE,

M. Félix VOGELI,

Élu au tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Par des adresses couvertes de signatures, émanant le plus souvent d’hommes investis de la confiance publique, par des lettres, par des sollicitations de toute nature, un très grand nombre d’entre vous m’ont pressé de présenter ma candidature à vos suffrages.

J’ai accepté,

Avec nombre de sincères républicains, j’estime qu’il importa de maintenir

dans le parti républicain la cohésion, l 'union,- la discipline, la fermeté, le sangfroid et la sagesse qui lui donnèrent la force, assurèrent sa victoire, et lui gagnèrent la confiance de plus en plus grande du pays tout entier.

J'estime qu’il faut mettre un terme aux discussions incohérentes, empêchant tout travail d'aboutir, et en finir une bonne fois avec des agitations dont le pays s’irrite et se lasse.

Je crois désirable une majorité compacte de républicains de progrès, subordonnant au besoin leurs vues individuelles à une direction générale, claire, comprise et approuvée du pays; capables, en un mot, de constituer on Gouvernement viril, sûr de lui-même, ferme dans ses desseins, digne de la Nation.

Les questions les plus pressantes de politique générale ont été résolues* Loi sur la presse, loi municipale, lois scolaires nationalisant enfin l'enseignement, loi militaire universalisant l’impôt du sang; tout cela a été conquis; tout cela n’est plus qu’à conserver et à maintenir contre des adversaires ou publics ou déguisés.

Il faut donc se mettre aux lois d’affaires et aux réformes. Non pas aux réformes discutées pêle-mêle, au hasard des improvisations, dans une confusion étourdie d'où ne sort que l’avortement ; — mais aux réformes désignées par le pays, introduites avec méthode et progressiveoient effectuées, de manière à être à la fois durables et fécondes.

Réforme administrative. — Une démocratie servie comme là nôtre par loua les progrès de la science et de l’industrie ne peut plus être administrée et gouvernée comme la monarchie de Louis XIV ou de Napoléon I“. Simplification, économie, rapidité plus grande; tout cela peut et doit être obtenu.

Réforme de l’impôt, dans le sens le plus égalitaire.

L’agriculture plie sous lé faix. La terre est chargée comme au temps où elle était la seule richesse, comme au temps où la fortune mobilière n’existait pas encore. La République doit aux campagnes, qui lui ont apporté la force, reconnaissance et justice.

Refonte du budget des départements et du budget des communes de manière à alléger le poids des centimes qui les grèvent; — défalcation des dettes pour la perception des droits de succession; — réduction des droits de transmission sur la propriété; ~ réforme bypoihècaire facilitant le crédit à i’agricultear; — révision des évaluatioùs cadastrales ; — transformation des impôts de répartition en impôts de quotité.

nèforme de l’impôt sur les boissons, supprimant l’exerdce, vestige odieux des temps du despotisme, sans porter atteinte aux droits du propriétaire et du cultivateur.

Organisation des caisses d’assurances, avec le concours du département, à l’exemple de ce qui se fait dans la Marne et ailleurs.

Attributions et pouvoirs plus étendus conférés aux chambres d’agriculture, de manière à les constituer en intermédiaires entre le cultivateur, les administrations et le Gouvernement.

En un mot : protection énergique et vigilante à la production agricole par des droits compensateurs, la mettant à même de s’opposer à la concurrence étrangère; — par des dégrèvements et des remaniements de l’impôt; — par

l’organisatisn du crédit; - par la diffusion de l'enseignement agricole. Voilà la première partie de mon programme.

f PS nuestions agricoles ne me sont pas nouvelles. j *

Élève de l’École vétérinaire et d’économie rurale f J

Quatre ans étudié, sous des maîtres éminents, tout ce qui touche à 1 éjfvage, îa production agricole, à l’économie rurale. Je ne crains pas de m y dire co -

justes revendications de l’agriculture ne doivent pas faire négliger

“““Lt ^^“0“ rTô'I^Ônl légitimement oeeu^ le

dernières années. Cependant, il reste beanconp a Ji”™' " “

législation sur les syndicats. La liberté du travail est sacrée ®

bberté fondamental! la première de toutes. Toute atteinte

serait criminelle. La liberté d’association, le droit du ;f

Earantis par la loi, protégés par les tribunaux comme la liberté des “^tra s

^ Donc, liberté d!a syndicats et protection au travail; - assurance obli a-

toire- - administration des caisses de secours et de retraites par les intéressés

- retraite du mineur à quarante-cinq ans; - révision de la

en vue d’assurer à la commune, à la propriété, aux caisses

cipatioo équitable à cette source de richesse qui est un vémable doma

national;— suppression des monopoles. il acteurs

J’abrège. Aussi bien, mes opinions politiques sont coMues

Lors du plébiscite de 1870, ayant par;devers moi vingt ans P ^ vice dans l’armée, je n’ai pas hésité à briser ma camere POJ “ fonda! à ceux d’hommes dont la démocratie de l’Isère est justement ûère en fondant avec eux le premier journal qui ait osé se dire hautement républicain dans

département, le Raml du Dauphiné. , , . . .ue

Depuis 1870, j’ai eu presque constamment le devoir de m occuper des affaires du département. Conseiller général depuis seize ans, j’aiélé successivement dans l’assemblée départementale, secrétaire, membre de la commission départementale, vice-président du Conseil, rapporteur et président de la commission du budget, l’y ai toujours rempli dés fonctions laborieoses.

Ma vie publique est connue. A la fermeté et à la constance dans les opinions, J’ai toujours uni la conciliaiion et la bienveillance à l’égard des personnes observant le respect de moi-même et d’autrui. Ma vie privée délie môme la calomnie. A la pratique et à l’expérience des affaires, je ne crains P“^ «J® J que je joins l’influence que donnent la dignité du caractère et 1 honorabilité de

*^mstingué jadis par l’amitié et l’estime de Gambetta, le grand patriote, je n’ai qu’un vœu, et je ne me propose qu’un but : travailler à la continuation et a raffermissement de son œuvre, comme à la réalisation de sa pensée I Vive la République I

Félix VOGELI, ancien vice-président du Conseil général, Conseiller général du canton de Clelles.

Circonscripüon de SAINT-MARCELLIN.

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