LOIR-ET-CHER
circonscription de BLOÏS, M* ie général RIÜ^
Élu au 2® tour de scrutin.
Mes chers concîtoyens,
Dans quelques jours vous allez être appelés à choisir, dans la plénitude de votre souveraineté, le mandataire chargé de porter au Parlement vos revendications et PespressioG de vos sentiments.
Sollicité par un grand nombre d’amis et désireux de consacrer le reste de ma vie à la défense des idées que j’ai toujours professées, je viens vous demander V03 suffrages.
A côté de vous, i*ai lutté pour la protection de vos personnes et de vos hiens et ceux qui m’ont offert la candidature ont considéré que raccomplissément de ce devoir me créait un droit de cité suffisant, droit que je consacre encôre aulour— d hui puisque, retiré de la vie militaire, je viens me fixer défluitivement au milieu de vous.
Neuf années de séjour dans votre chef-lieu m’ont rendu familières les questions qui vous intéressent, m’ont attaché plus profondément à cette partie du pays dans laquelle j ai comhattu pour défendre notre territoire envahi.
Ma candidature est essentiellement républicaine et démocratique* elle signifie : marche eu avant : vingt-trois ans de République imparfaite, de discussions byzantines et d’attermoiements condamnables ont amené le pays à un état d’énervement et de découragement contre les effets duquel il faut se prémunir eu accomplissant résolument les réformes contenues dans le programme de Gambetta en 1869 et non encore réalisées.
Des scandales récents, sur lesquels il serait douloureux d’insister, nous ont prouvé notre organisation politique est loin d’être parfaite puisqu’elle n’a pas su inspirer la conscience d^hommes en qui le pays avait mis sa confiance. Il faut se garder contre ce danger qui s’appelle le pouvoir corrupteur deFargeut.
souffre de son Immobilité. Une nation qui ne suit pas les phases de 1 évolution naturelle à laquelle toutes les choses humaines sont soumises est
ane nation qui recule. La France a dans le monde un rôle historique qu’elle ne doit pas abandonner : C’est la grande éducatrice des peuples, c’est le foyer des Idées généreuses de Justice et de Liberté. ■*
Nous avons Tardent désir de voir notre patrie conserver sa place dans
1 humanité, nous la voulons puissante et forte, ^
Mais les éléments de sa puissance et de sa force, sont dans le travail de ses enfants. Or, le ravail souffre, l’agriculture a besoin d’étre aidée, soutenue.
défendue contre [es imperfoctions économitiuee,
. sont précisément les deux principales
branches d activité de ce département, peuvent compter sur toute ma bonne volonté, sur tout mon dévouement. Ouvriers des champs, comme ouvriers de la ville, ont droit à la protection de la Société et tous mes efforts tendront à rendre cette protection effective et efficace.
Citoyens électeurs,
Vous lirez ci-desBous le programme des réformes que je m’engage, si je suis élu, a réclamer ou a soutenir au Parlement. e • J
Il n’est pas seulement l’émanation de ma pensée personnelle : il est le résultat des études d’un Comité composé d’hommes appartenant à l’agriculture
et à î Industrie, a la viticulture et au commerce*
C’est en application des doctrines républicaines les plus élémentaires nue 1 ai soumis ma candidature et l’élaboration de mon programme aux libres discussions de citoyens libres. Ce comité constituera, entre l’élu et ses électeurs, un trait d uüion. II sera le terrain sur lequel mandants et mandataire pourront se rencontrer, élucider les questions que les circonstances feront naître et travailler^avec méthode - par conséquent avec fruit - à la réalisation complète de la République démocratique. ^
Vous me connaissez. Toute mon existence j’ai lutté, autant que ma situation de militaire me le permettait, pour le triomphe des idées progressistes. Parti simple soldat, je^ connais les besoins do ce peuple de France parce que je les partage, je connais ses sentiments parce que je les éprouve.
fU ^ ““jourd’hui des hommes, je me suis efforcé
ûtglhé “ ^ïscipline n’était pas exclusive du respect de leur
..n« confiance que je me présente à vos suffrages, convaincu que je
vZ J t communion d’aspirations avec la grande majorité d’entre
vous e sûr que vous ferez encore une fois sortir triomphante de l’urne
Vive la République démocratique!
Général RIÜ.
hUh —
Révision de la Constitution de 1875. - Suppression du Sénat Séparation des Eglises et de l’Etat. - Suppression du budget des cultes et
^’s“ vicTÎilUairégd' pour tous. - Réduction du service à deux ans. -
^^'^'^In^rarapaibilité des fonctions de député avec celles de directeurs ou admi-
nisiratôurs de sociétés finaocièr^s.
Interdiction du cumul des mandats électifs.
Referendum communal facultatif, ^ + j *
Réforme et simplification de l’organisation administrative au point de vue
du personnel.
Révision des codes. — Simplification de la procédure.
Diminution des frais de justice. — Modification de la loi snr les protêts. OrEanisation de l’assistance judiciaire devant les justices de paix. Simplification de la loi sur les retraites ouvrières (projet actuellement soumis
Nationalisation des chemins de fer et de ia Banque de France.
Réforme générale de l’impôt. — Impôt progressif et proportionnel sur le
capital et le revenu-
Loi sur les biens de mainmorte.
Suppression des droits de mutation sur la petite propriété.
Suppression du principal de l’impôt foncier sur la propriété non batte. Création du Crédit agricole et d’Assurances agricoles par l’Etat. Augmentation du chapitre XII du budget de l’agriculture. (Subventions pour le traitement et la reconstitution des vignobles de France.)
Créations d’écoles de viticulture départementales.
Défense et protection de l’agriculture et de la viticulture nationales contre la concurrence étrangère.
Modification do projet de loi sur les prestations actuellement soumis an Sénat, dans le sens de la répartition proportionnelle.
BépresBion de la falsification des boissons hygiéniques.
Réforme du régime des boissons (loi du 28 avril 1816). — Suppression de l’exercice. — Suppression des impôts de consommation et de circulation sur les boissons, sauf de ceux qui frappent les liquides dont il convient de restreindre l'usage,
SuppressioB des octrois.
Modification de la loi sur la chasse dans m sens démocratique.
Vote de la proposition Bovier-Lapierre, complétant la loi de 1884 sur les
Syndicats professionnels.
APPEL nu COMITÉ,
Citoyens,
Le Comité qui soutient la candidature du générai Riu vous adresse un chaleureux appel.
Voua avez lu notre progranmie. Il résume et traduit les espérances que vous et nous avons mises dans la République et que nous voulons voit réalisées.
C’est avec de la discipline, de la volonté, de l’énergie et en choisissant des mandataires dignes, que nous Terous aboutir les réformes qui nous sont chères.
Aux urnes, donc, sans hésitation 1
Notre programme, c'est le drapeau de nos revendications : nous lo confions à un homme intègre, à un républicain depuis longtemps sur la brèche, qui saura le défendre, nous en sommes sûrs, comme il a défendu le drapeau de notre patrie et l’honneur du pays.
Vive la République!
Pour le Comité : U Prksidmt,
Louis PROMET ,
Maire de Vineuil, conseiller général.
2“ circonscription de BLOIS.
M. Constant RAGOT,
Élu au i" tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Désigné par le Congrès républicain de la 2‘ circonscription de Blois pour être le seul candidat du parti républicain à l’élection du 20 août, jem’ephquerai brièvement sur mes opinions et mon passé déjà connus d’un grand nom re
Depuis que j’ai l’âge d’homme, j’ai servi la cause de la démocratie, et, depuis vingt ans, mes concitoyens m’ont chargé de la défense de leurs intérêts, soit comme conseiller municipal et maire de Saint- Aignan , soit comme membre ou président du Conseil d’arrondissement. ^
Ma politique peut se résumer en ces mots ; « Servir la République, corn-
battre ia réaction* » . ^ i a.* ^
Le caractère particulier des élections, c’est, par suite de I évolution de rÉ"-lise, l’apparition des ralliés. Les ralliés, en Loir-et-Cher plus encore que dans le reste de la France, sont des réactionnaires masqués qui n’osent plus arborer le drapeau de la monarchie vaincue, il y a quatre ans, avec le boulangisme, et qui ne se disent républicains que pour reprendre le pouvoir, afin de replacer la
démocratie française sous le joug du parti clérical.^ *• j i
Ce que veut, au contraire, la France républicaine, cest la séparation de a politique et de la religion,
Cette politique comporte diverses mesures ;
le vote de la loi sur les associations, qui doit précéder la séparation des Eglises et de l’État;
La suppression du budget des cultes;
La suppression de l’enseignement primaire congréganiste, afln que les favorisés de la fortune ne puissent plus attenter à la liberté de conscience, en imposant à certaines familles, que les nécessités de la vie placent sous leur dépendance, de donner à leurs enfants un enseignement contraire à leurs principes. Il importe que les enfants de la France puisent à l’école laïque un même amour de la pairie et une égale foi en la Bépublique,
Le moment est venu d’aider par des réformes démocratiques les travaîlleura industriels et agricoles à réaliser légalement leurs aspirations légitimes.
I! faut organiser un système fiscal dans lequel chacun subviendra aux besoin de l’État selon ses moyens;
Créer une caisse de secours et de retraites des invalides du travail ;
Organiser l’assistance publique dans les campagnes;
Supprimer les octrois et les impôts sur les vins et les boissons hveiéniques;
Créer le Crédit agricole afin do mettre à la disposition de nos agriculteurs des ressources pour lutter contre le phylloxéra et contre la crise que traverse en ce moment la culture,
L Allemagne vient d’abaisser à deux années la durée du service militaire. Je suis tout disposé à voter une pareille diminution, s’il est démontré qu’elle n’est pas de nature à compromettre la défense nationale, dont le patriotisme oblÎKe à se préoccuper avant tout.
Mats, pour réaliser des réformes sérieuses, il faut quela prochaine Chambre
constitue un Gouvernement libre et fort, qui puisse être un agent de progrès
dans toutes les branches de l’activité nationale.
Tels sont, mes chers concitoyens, les principes suivant lesquels je réglerai mon attitude et mes votes, si j’ai l’honneur de vous représenter,
^t-il besoin d’ajouter que je ferai servir avec un égal dévouement mon mandat, et i autorité qu’il confère, à la défense des intérêts de chacune des communes et de chacun des quatre cantons de notre circonscription.
Vous me trouverez, enfin, à côté de nos collègues républicains de la Chambre pour faip cesser soit à Paris, soit en Loir-et-Cher, les cotûpromissions qui ont permis a la réaction de relever la tête et d’exercer une part d’influence dans la direction de la politique do notre département.
Alors il ne restera plus place aux intrigues des ennemis de la République et de leurs complices et le parti républicain pourra continuer résolument sa marche vers le progrès; la justice et la liberté.
Vive la République!
CouBtaut RAGOT, maire de Saîn£-Aignan, Président du Conseil d'arrondissement de Blois,
Circonscription de ROMORANTIIÎ.
M. Émile JULLIEN,
Élu au 1“ tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Répondant à l’appel unanime des membres du Comité républicain de l’arrondissement de Romorantin, je me présente, pourla cinquième fois, à vos suffrages, fort de mon mandat loyalement rempli, de mes engagements fidèlement tenus, convaincu que je puis consacrer utilement encore quelques années à la défense de vos intérêts et des principes démocratiques.
La situation, à l’heure présente, est telle qu’un redoublement de prudence s’impose pour les républicains. U semble qu’un apaisement se soit fait chez les adversaires les plus ardents d’hier; la République acceptée est la formule de tous; chacun demande, rallié ou converti, sa place dans la maison. J’estime que, si les portes doivent être ouvertes à tous, il est prudent de- demander aux néophytes de la doctrine républicaine des gagea avant de leur confier la direction des affaires, il y aurait danger sans cela de trouver un jour détruit tout ce que nous avons fait, déchirées ces lois profondément égalitaires sur l’instruction et sur 1 armée, qui nous ont coûté tant d’efforts, la politique orientée vers le retour en arrière, tout changé sauf le nom qui resterait sur la porte.
La marche en avant s’impose pins que jamais, le pays la réclameet l’attend impatiemment. Il souffre et se plaint surtout des agitations violentes et stériles, conséquences de la I utte acharnée des partis. Il lui faut des réformes dans l’ordre financier, dans l’ordre social, dans l’ordre politique; la tranquillité, le calme, la force même de notre pays sont à ce prix.
Ces réformes, il les veut égalitaires, car il est, avant tout, attaché à ce principe supérieur qui domine toutes les doctrines de la Révolution française et qui nous sépare profondément de tous les adversaires d’hier même devenus républicains, l’égalité I
Dans 1 ordre financier, nous devons tendre à la disparition progressive, rationnelle de l’impôt indirect si profondément inégal, par la suppression dé l’impôt sur les boissons, celle de l’octroi, que remplacerait un juste impôt sur le revenu visant la richesse acquise et certaine.
Il ne faut pas nous leurrer en comptant parmi les économies, qu’il faut réaliser à tout prix, celle que l’on pourrait faire sur le budget de la guerre. Les circonstaiices récentes nous ont démontré que la France ne doit sa sécurité et son prestige qu’à la force de son armée et de sa marine.
Dans l’ordre social, nous avons à continuer l’oeuvre commencée, mener à bien la loi sur les accidents ayant pour base l'assurance obligatoire telle que
BOUS l’avons TOtèe; améliorer et transformer l’assistance publique; assurer à l’eufant déshérité de la fortune l’existence matérielle, comme nous lui avons assuré l'instruction; donner aux travailleurs des villes et des campagnes la retraite de la vieillesse lui assurant pour l’heure où les forces défaillent la sécurité du lendemain.
Dans Pordre judiciaire, nous avons à obtenir, par la simpliQcatîûn de notre Code de procédure civile, la diminution des frais de justice, qui seule permettra que l’égalité devant la loi devienne une réalité ; mener à fin la réforme du Gode d’instruction criminelle ; dans le Code civil, faire disparaître les restes iniques de doctrines surannées et barbares comme celles qui frappent les enfants naturels.
Dans le domaine de PmstructioOj noua devons appeler cbacun, smvajit ses capacités, au développement de ses facultés intellectuelles ; multiplier les concours, augmenter le nombre des bourses, permettant ainsi à toutes les valeurs de se produire dans rioiérêt de U patrie.
Nous avons à faire une bonne loi sur les associations, assurant à cbacun le libre exercice de ses droits, mais ne permettant à personne d^empiéler sur ceux de PEtat.
Nous avons à tenir îa main à ce que nulle atteinte ne soit portée à ce principe fondamental, sauvegarde de toute société démocratique, que PÉtat est laïque et 06 doit à aucune conception phitosophique ou religieuse antre cliose que la liberté.
' Nous continuerons notre œuvre de défense des intérêts agricoles en suivant le programme si largement développé depuis quelques EQnées- Dans cet ordre d'idées, j’esiime qu'une modification de la loi sur la chasse est nécessaire pour permettre de combattre ce fléau de ia Sologne, le lapin, qui ruine nos agriculteurs.
Dans Fordre politique, nous devons poursuivre Félection du Sénat par le suffrage universel, la limitation à un maximum de six mois du temps pendant lequel il peut tenir en suspens les délibérations de la Chambre.
J’ajoute le renouveliement partiel, gage de tranquillité et de calme pour Favenir.
Ce programme est le même que j’ai toujours défendu, je suis prêt à y con-» sacrer toutes mes forces, comme aussi à Papaisement de toutes les luttes et de toutes les divisions qui, depuis trop longtemps, nous frappent d'impuissance.
Tout pour la France, parla République î
Émile JULLIEN, conseiller général de Mennetou-sîir-Cher, Député sortant.
Circonscription de VENDOME*
M- Gaston BOZÉRÏAN,
Élu au tour de scnitio-