‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 126 sur 266 · G* RÉAL · texte numérisé non relu

G* RÉAL

Maire de Kèronde, conseiller général*

circonscription de SAINT-ÉTIENNE* M* Benoît ORIOL,

Élu au 2® tour de scrutin*

Mon cher concitoyen,

Désigné par le congrès de i’Alliancé républicaine de la première circonscription, je me présente à vos suffrages*

^ àbS ~

Uannée dernière^ le canton de Saiiit-Chamond m*en voyait au conseil général, et, au mois de décembre, les industriels et les commerçants de la région stéphanoise me nommaient membre de la chambre de commerce.

Ma conduite dans le passé est, pour vous, dans 1 avenir, un gage de dévoue^ ment à ia aépubiiqae, puisque, maire de Saiut-Ghamond en 1877 — il y a plus de seize ans — le Gouvernemeut du 16 Mai m'a fait F honneur de me révoquer pour mes convictions répuhiicaînes*

Si vous m'accordez votre con fiance, je consacrerai mes efforts à consolider et à achever l'œuvre de la République, Cette œuvre, vous la connaissez : c'eat la France forte et respectée, c’est rinstruction partout répandue, c*est le respect garanti à toutes les croyances, c’est la constitution d’un empire colonial de vingt millions d’hommes qui deviennent, peu à peu, vingt millions de clients pour nos industries-

Par les services incomparables qu'elle a rendus, la République a montré qu’elle est le Gouvernement nécessaire de la nation et que, plus que tout autre régime, elle peut réaliser, an dedans, sans violence et avec méthode, les réformes réclamées par le pays, maintenir la paix et sauvegarder, au dehors, notre dignité.

La question des syndical*

En paniculier, la République a créé les syndicats. Celte instilulion peut rendre d’excellents services, si elle ne sort pas de la destination pour laquelle elle a été organisée : c’est-à-dire la défense et l’étude des intérêts économiques des travailleurs, U ne faut pas qu’elle devienne un instrument de tyrannie entre les mains de quelques agités et détruise une des conquêtes les plus précieuses de la Révolution française : la liberté individuelle.

Tout en étant partisan du développement des syndicats, en vue de l’examen méthodique des questions professionnelles, je défendrai de tout mon pouvoir la liberté individuelle et la liberté du travail, qui doivent être protégées coolre toutes les atteintes.

Questions sociales.

Les questions sociales me paraissent devoir se résoudre pacifiquement, grâce aux efforts coordonnés de tous les vrais démocrates et, dans une certaine mesure, par la force naturelle des choses,

La durée du travail, autrefois de 12 heures, est aujourd’hui de dix, neuf et même huit heures, dans certaines compagnies de mines et dans les verreries. Il faut tendre, en tenant compte de la nécessîté-de ne pas nous laisser écraser par la concurreDce étrangère el de maintenir la prospérité induelrielie de la France, à généraliser ces effets.

Ce qu’il faut surtout, c’est procurer aux travailleurs la vie à bon marché. La reforme du régime des boissons s’impose en premier lieu. Viendra ensuite la suppression graduelle des taxes Indirectes*

Ce qu'il faut aussi, c’est protéger ia petite épargne, garantir les économies

du travâiHôur contre une abominable spoliation^ par la révision des privilèges en sas de faillite, dans le aena d'une garantie plus eflicace des salaires et des fonds des caisses de retraites, ainsi que par l'organisation d'un contrôle plus sévère de radministration des sociétés anonymes. Il faut prévenir Je mal par des mesures pratiques et non par des déclamations,

La République doit seconder les elïorts des ouvriers courageux et prévoyants qui s'associent pour améliorer leur sort. Je voterai toutes les mesures propres à encourager les sociétés de secours mutuels, de prévoyance, de coopération, etc., et notamment une loi accordant aux sociétés de secours mutuels le droit de placer leurs capitaux en Immeubles et sur hypothèques.

Assurer aux travailleurs une vieillesse tranquille par des retraites, dont il importe d'étudier au plus tôt le fonctionnement, ïes garantir encore contre les risques proresaionnels; tels seront les objets dominants dames préoccupations.

naturellement, les ouvriers des manufactures de rÉiat devront bénéÛcier de ces lois, L'État doit traiter ses ouvriers aussi bien que les chefs d'industrie privée, et je protesterai de toutes mes forces, comme l'ont fait tout récemment les représentants de la Loire, contre les renvois de vieux serviteurs qui n'ont m rien démérité.

Du reste, vous le savez, ces idées de justice sociale, dont je voudrais voir généraliser les applications dans tout Je pays, je n'ai pas attendu le vote d'une loi pour les mettre en pratique. J'ai créé une caisse tde secours en cas d'accidents, organisé un système de retraites; j'accorde, depuis longtemps, mon appui Je plus dévoué à près de soixante sociétés de secours mutuels, dans plusieurs départements.

Ce n'est pas par la guerre civile, par un booleversement violent que Ton fera aboutir les réformes sociales. Nous ne ferions que provoquer une réaction épouvantable où sombreraient les libertés conquises.

Industrie^ commerce, agriculture.

Vous savez que, toute ma vie, je me suis dévoué aux intérêts économiques Êt industriels du pays. Accroître la prospérité de la France sera ma préoccupation constante.

H faut négocier avec chaque pays des traités de commerce fondés sur la réciprocité des intérêts, assurant à l'industrie la sécurité nécessaire pour la prodiction et les opérations à longs fermes. Il faut réformer les consulats dans un sens plus favorable au commerce.

Nos industries métallurgiques auraient besoin d'un abaissemeut des prix de transports de leurs matières premières (minerais divers, houille), dont le tonuage est considérable.

L'achèvement du canal du Rhône à la Loire, la prompte exécution du réseau des chemins de fer départementHUx (projet dont fai activé le vote au conseil général), le prolongement de la ligne de Mordant à Saint-Étienne favoriseront aussi nos industries et, si vous me choisissez pour représentant, je m'efforcerai de faire aboutir ces travaux.

L’extension de l'enseignement professionnel, la création des écoles d’appren-

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tissage, l’organisation de Feoseignement agricole dans les écoles communales, rétablissement d’un crédit agricole qui permettra aux petite cultivateurs d’améliorer leur système de culture, devront faire encore, dans ma pensée, l’objet des travaux de la lègîelamre qui va commencer, ainsi que l’étude d’une grande loi de salubrité publique, donnant à FÉtat et aux communes les pouvoirs nécessaires pour assurer les travaux d’hygiène publique et prévenir les épidémies.

Finances,

Dans l'ordre financier, je suis décidé à revenir à une politique d’ économies, en m’inquiétant, avant de voter un projet, s'il existe des ressources correspondantes, Le second souci, dans cette maiîère, d’un législateur prudent et démo- ■ crate devra être d’employer les excédents à supprimer peu à peu toutes les taxes indirectes qui élèvent le prix du pain, du vin, de la viande et des autres objets de première nécessité. Il importe aussi d’unifier les pensions militaires.

Ordre judiciaii^e.

Simplifier la procédure trop coûteuse ‘des tribunaux d’arrnndissemenL étendre la compétence des juges de paix, créer des tribunaux cantonaux, organiser plus largement ei plus complèiemeiit Fassistance judiciaire, diminuer k plus possible les frais de justice; voilà les premières améliorauons à accomplir. Je m’y attacherai de toutes mes forces.

Tel est, mon cher compatriote, avec les principes de liberté, de tolérance et de progrès auxquels je continuerai à conformer ma ligne de conduite, si vous m’accordez votre confiance, Fexpoaé général des réformes à Faccom plisse ment desquelles je consacrerai mes eîToris.

En vous donnant l’assurance de mon entier dévouement, permette z-moi de vous saluer de notre vieux cri de lutte qui, aujourd’hui, est devenu celui de toute la France ;

Vive la République 1

Benoît ORIOL,

Manufacturier, ofilcier de la Légion d’honneur, ancien maire de Saint-Chanaond, conseiller général, membre de la Chambre de commerce.

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2^ circonscripüon de SAINT-ETIENNE.

M, P.-E. GIBÛDET,

Élu au 1"“ tour de scrutiu.

UNlON-SOCaALlSTE^ BÉPUBUCàlNS-SOCIÂUSTES .ET PASMU OUVHIER EÉÜNIS,

Électeurs,

Vous êtes appelés à exercer à nouveau votre droit de souveraineté, et à choisir les mandataires qui auront charge de diriger les destinées nationales dans la voie la plus favorable aux améliora lions poli ligues et sociales, toujours promises, et que vous attendes en vain depuis rétablissement de la République,

La journée du 20 août doit être décisive.

Jamais la siiuation n^aété pluS’ nette.

Il vous appartient de choisir entre les pratiques de gouvernement qui ont signalé les acies de la majorité sortante, et ^application des principes qui se dégagent du programme élaboré par le Congrès de l^Union socialiste suivant vos aspirations, vos intérêts respectifs.

Ce programme se résume dans les grandes lignes suivantes :

Supprimer les dépenses înnüles et répartir équitablement les charges publiques ;

Protéger le travail sous toutes ses formes et dans toutes les branches de Taclivité économique, commerciale, industrielle et agricole ;

Etendre les effets de Passistance mutuelle, par Inapplication et le développement de ^assistance et de la solidarité sociale ;

Ne plus sacrifier les intérêts généraux au bénéfice d’entreprises particulières et d’appétits personnels incompatibles avec un régime véritablement démocratique, tels que les tripotages odieux du Panama et les scandales üoanciers dont nous avons eu le lamentable exemple,

A rencontre des procédé^ étroite et sectaires de la coterie opportuniste, vous vous prononcerez pour la politique de liberté et de réformes sérieuses représentée par les candidats de TUnion socialiste.

Vous voterez sans hésitation pour les citoyens choisis par le Congrès de PÜnion sodalisie :

circonscription (canton Nord-Est de Saint-Etienne et Saint-Chamond), J* B. Diimay, ouvrier mécanicien, député sortant de la Seine,

2* circonscription (canton Sud-Est et Sud-Ouest de Saint-Etienne), P,-E. Girodet, député sortant, ancien maire de Saint-Etienne;

3*^ circonscription (canton Nord-Ouest de Saint-Etienne, Saînt-Héand et Rive de Gier), E. Charpentier, avocat à la Cour d’appel de Lyon, ancien conseiller municipal de Lyon, ex-délégué au 9“ Congrès naiional.

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