PROTESTATION DU COMITÉ RÉPUBLICAIN DU VU' ARRONDISSEMENT DE PABIS
Paria, 20 jaiUet 1893.
a Cher concitoyen et ami,
H Nous venons protester énergiquement contre les calomnies que, dans un but facile à comprendre, le Progris de Gien a lancées contre vous.
« Depuis quinze ans que vous habitez parmi nous, nous vous connaissons
comme un ferme et sincère républicain. . .
« Vous nous avez aidés à fonder une partie des sociétés démocratiques de notre arrondissement. Nous nous portons donc absolument garants de votre loyauté républicaine.»
Pour le Comité central républicain du VU® arrondissement,
La Commission exémlm :
Le président ; Arsène Lopin, conseiller municipal, ancien vice-président du Conseil municipal de Paris*
Bourceret, publiciste, président de section*
Camus» président de section*
Rivière, trésorier*
UflÉïunER, secrétaire.
PROTESTATION DU CONSEIL MÜRIGIPAX D AUTRT-"LE"CIî.ATEL,
« Nous, conseillers municipaux républicains d’Autry-le-Châtel,
« En réponse aux accusations mensongères portées contre M. Alasseur dans le Progrès doCîen par trois de nos collègues se prétendant délégués du comi
qu'il n'y . p.. de cornue répuMicin conetitud
«^Nous aflirmons, en onlre, que c’eat grâce à M. Alasseur que la liste udpU'
blicains a pu s’imposer et triompher à Autry-le-Gliâtel, et *1“®- ® p^ferme conBance de ses électeurs, M. Alasseur s’est toujours conduit en bon et ferme
''^^'*!*Noùa*nouB faisons un patriotique devoir de démasquer les agissements de trois conseillers qui ne représentent que la minorité du ^
nui n’ont aucune autorité pour parler au nom delà commune d Autry ' *
Cette tactique n’a pour but que de tromper les électeurs de l’arrondissement de
Gieu sur les sentiments réels de M. Alasseur.
« Nous affirmons enfin que, en dehors de ses opinions républicaines, M. Alasseur a toujours fait le plus grand bien à la commune, soit comme mair ,
soit comme citoyen privé.
« Ceci est la vérité la plus absolue. »
Les conseillers municipaux républicains de la commune d’Aulrÿ-k-adlet ;
A. Malch.mn, adjoint! A. Menigot. P. Flnoux, PaunnouME, Lesage, B. Mollot, BnossiERi Rossignol, Boîtier, A* Todzeau, conseï municipauï.
Programme politique»
Je déclare, avant tout, être partisan du maintien taires, ces deux grandes conquêtes de notre troisième République. L impôt du
sang égal pour tous nous a permis de réduire le service militaire à trois ans. D'autre part, étant donné que tout le monde est soldat, toutes les classes de la société sont ainsi intéressées à éviter le retour des guerres meurtrières.
Je demande également le maintien de l’instruction gratuite, obligatoire et laïque, et cela afin d'éclairer tous les citoyens et d’assurer la liberté de conscience, aussi bien aux catholiques qu’aux protestants et aux libres penseurs.
Comme l’a dit M. Üupuy, président du conseil : « Le régime scolaire fondé par la Bépublique tend de jour en jour à faire pénétrer davantage dans les consciences ce respect nécessaire delà loi, hors duquel il n’y a ni liberté, ni ordre, Di réformes; hors duquel, pour une démocratie, il n’y a point de salut. »
Je pense, comme M. Viger, ministre de l’agriculture, « qu’il ne faut pas rebuter les soldats des vieux partis qui demandent à marcher sous de nouveaux chefs. Il ne faut pas faire une guerre inutile k coups d’épingles aux convictions qui sont attachées aux libres les plus intimes de l'individu.» Comme M. Viger, je veux la paix religieuse, mais à la condition que tous respectent les lois votées, qui laissent à chacun le droit d’exercer librement son culte.
11 est dans mon tempérament de demander dans l’application de ces lois toute la tolérance possible, afin d’éviter de inettre le trouble dans les consciences. En un mot, je veux la paix religieuse comme la paix sociale.
La République doit être par excellence le gouvernement des intérêts de tous. 11 ne faut donc pas qu’elle soit accaparée par une minorité intransigeante dont l’autoritarisme n’a fait, jusqu’à ce jour, que décourager les vrais républicains de principes, tout en jetant le trouble et l’incertitude dans l’orientation politique de nos jeunes générations.
Mon but, en un mot, serait de ramener dans l’arrondissement l'ère de paix et de concorde qu’avait inaugurée aoü-efois le regretté D’' Devade et M. Augère.
Faisons-nous des concessions réciproques sur le terrain de la République, ne serait-ce que par patriotisme. Nous rétablirons ainsi la confiance, et avec elle reprendront les affaires dans notre cher arrondissement. On verra alors renaître la prospérité chez l’ouvrier, le petit commerçant et le petit industriel. De son côté, le cultivateur trouvera plue facilement l’écoulement de ses produits,
Programme économique.
Ce n’est que lorsque nous aurons consolidé notre régime républicain que nous pourrons faire aboutir les importantes réformes démocratiques, attendues et espérées depuis si longtemps. Ces réformes, que tous les bons patriotes le sachent bien, assureraient la stabilité de notre société moderne. On doit donc, sans plus tarder, s’occuper d’améliorer le sort des travailleurs de tous ordres : ouvriers des villes et des campagnes, métayers, petits induslriels et petits commerçants.
Ce que tout le monde attend, c’est de bonnes lois .qui protègent les faibles et qui leur assurent le droit à la vie, en allégeant leur part de misèreset de souffrances.
Il faut arracher l’ouvrier des villes et des campagnes à l’effrayante obsession d’une vieillesse sans pain et sans feu. Nous doublerons ses forces, aux
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heures de travail, et nous transforiueronB son labeur en joie, si nous lui donnons
la rertitude d’ua lendemain heureux et tranquille. ... , ,
Ce qui provoque et allume les guerres sociales, c est le malaise dans lequel se débattent les déshérités de la fortune, toujours exposés aux accidents du chômage de la maladie et de la vieillesse, toujours inquiets sur
Le seul moyen de fixer définitivement cette masse instable, d empêcher ces sables mouvants de se soulever au moindre tourbillon, c’est d’intéresser à la tous ceux pour qui la vie n’est qu’un cauchemar et qu’une
Je suis l’adversaire de toute spoliation et de toute violence ; mais il m semble qu’entre le socialisme utopique et l'égoïsme conservaUf, il y a p ace p^r uu état de justice qui assure le bonheur des uns, tout en respectant les
^"loïr ceifu^e “Lpose : c’est la création d'une caisse de retraites qui mette à l’abri du besoin les vieillards et les invalides du travail, <1“^! que soit leur âge - c’est la généralisation d’œuvres de'prévoyance, destinées a parer aux ïïcesBdés les plus immédiates, à assister ceux qu’une catastrophe jette brusquement dans la misère, à les relever aux heures cruelles a les empecher H P désesnérer iusqu’au suicide ou de s’avilir jusqu a la mendicité. ^
sont rien sans le travail de l’ouvrier. Ce dernier doit donc avoir sa part de bie
côté, pénétron, bien 1» prolé«ir0 de ce principe que le progrès social s’accomplira d’une façon d’autant J® '* ^
graduellement. « La République, a dit Gambetta, doit a tout jamais fermer
iolSs de l’agriculture ont été jusqu’ici trop négligés. Il |®“P®
de créer le Crédit agricole, grâce auquel l’ouvrier des champs, p P priètaire et le métay éprouveraient l’argent nécessaire à leurs travaux, au heu
Jïai—'Ïes 'tarifs de chemins de fer POur le transport matières premières indispensables à l’agriculture, on obtiendrait a P^
eiBrain qui « purdcui . “5 Te
duire du blé à bon marché et de lutter avantageusement contre la concurrence
“'“Tmême coup, on donnerait satisfaction à l'ouvrier do. ville, et de. osm. paBues, et ainsi dfsparalirait l’antagonisme économique emstant, entre cultiva-
tpurs et ouvriers V sur la question du pain, -
Je suis partisan absolu de la suppression de tous les ™P^J® tiou qui pèsent si lourdement sur le pauvre. La ^33
un pas dans cette voie, en votant, une première ois, boissons; nous espérons bien que la
réforme. Grâce è l’abolition de l’exercice chez le débitant, le ^ ^
oas les moyens d’avoir des provisions chez lui pourra se procure ie pdt'qû. r. riche. Eu même iemp., dieparaitra «ne inquisitoriale, plus en harmonie avec les époques barbares qu a policées.
Je suis partisan de la reyision de Pimpôt des patentes dans un sens démocratique, de manière k protéger le petit commerce contre la concurrence des grands magasins de Paris ; je suis.en outre, partisan de la réduction de droits sur les petites successions.
Le prestige d’nue nation dépend non seulement de sa puissance économique, mais aussi du rayonnement qu'exercent autour d’elle les travaux et les ouvrages de ses grands hommes, savants, écrivains et artistes. Il faut maintenir à la France le rang qu’elle occupe à la tête de la civilisation. Pour cela, il ne suffit pas de répandre largement l’instruction primaire : il faut encore, par voie de concours, rendre accessible à tous les sujets d'élite l’entrée dans nos établissements secondaires et dans les grandes écoles de PÉtat.
Des milliers d’intelligences sont étoufféesdans leur germe parce qu’elles n’ont pas trouvé autour d’elles les moyens matériels d’arriver à leur pleine expansion. Quelques livres et une bourse gratuite auraient peut-être doté la France d’un graod iiigéüieur, d’uu agronome distingué, fils d’ouvrier ou do paysan, qui, faute d’encouragement et d’appui, n’a pu donner la mesure de ses capacités.
II faut jeter à pleines mains le grain de la pensée. Pas un cerveau ne doit rester inculte, comme pas un coin de terre ne doit rester sans semence. Ainsi fleurira toujours, dans notre cher pays, la moisson des idées et des épis.
Questions locales.
Un député n’est pas seulement le représentant de la France : il est en même temps le défenseur naturel d’un arrondissement.
A ce point de vue spécial, tout le temps que lui laissent les allaires dit pays et toute l’influence dont il peut disposer sont dus à ses électeurs.
Je revendique hautement le titre d’enfant du pays, que mes adversaires essayent vainement de tourner en dérision.
Ké dans l’arrondissement de Gien, auquel tant de liens me rattachent, je prends 1 engagement, si je suis élu, de me tenir en rapports constants avec mes électeurs.
J’ai un domicile à Gien, où il sera toujours facile aux habitants de l’arrondissement de se mettre en relations avec moi, sans qu’ils soient obligés de recourir à de longues correspondances et à de coûteux voyages.
Je ferai, en outre, de nombreuses tournées dans les localités de la circonscription, pour me rendre compte, sur place, des besoins de chacun.
En raison de mes opinions politiques, qui sont celles d’un homme de gouvernement, j’obtiendrai certainement des pouvoirs publics les satisfactions qui sont accordées à mes collègues du Conseil générai, MM. Cocliery, Viger etc. pour leurs arrondissements respectifs, ’ '*
Il est certain que, si j’étais investi par mes concitoyens du mandat représentatif, je pourrais faire accorder à la ville de Gien la construction d’une caserne, comme il a été fait pour les villes de Montargis et de Pithiviers, qui n’avaient pas autant deAitres à cette faveur que notre chef-lieu d'arrondissement; ce que n’obtiendrait jamais mon concurrent, en raison de ses attaches manifestes avec un parti qui n’a pour tout programme que de faire de l’opposition à tous les ministères, quels qu’ils soient.
Je suis donc absolument partisan des réformes suivantes :
tcmomiquBS {programmz minimm)^
Création d’une caisse de retraite pour les vieillards et les invalides du travail \
Généralisation des œuvres de prévoyance et d’assistance ;
Crédit agricole; *
Protection des syndicats qui permettront aux ouvriers de lutter pacifiquement sur le terrain économique ;
Révision du cadastre et réduction de Pimpôt foncier;
Établissement d’impôts sur les objets de ïuxe, pour compenser les dégrèvements concédés à ragriculture ;
Réforme de l'impôt sur les vélocipèdes dans le sens démocratique suivant: Les caoutchoucs pleins, servant surtout au s: ouvriers, ne payeraient que 2 francs ; les caoutchoucs creux, utilisés surtout par le petit commerce, payeraient 5 francs ; les pneumatiques, machines de luxe, resteraient frappés d’une taxe de 10 francs;
Suppression des octrois ;
Révision de la loi dés patentes en faveur de la classe moyenne ;
Abaissement des tarifs de chemins da fer, pour les transports d’engrais et d’amendements nécessaires à ragiiculture ;
Établissement d’un conseil supérieur du commerce, élu ;
Tous les patentés électeurs à la chambre de commerce ;
Indemnités pour les erreurs judiciaires.
Réformes lùcalûs.
Au point de vue des intérêts commerciaux de notre arrondissement, tant généraux que particuliers, Je suis partisan des mesures suivantes :
Construction d'une caserne à Gien ;
Création d’un canal latéral à la Loire, de Briare à Orléans, par Gien;
Suppression du timbre de quittances à 10 centimes;
Suppression des économats de chemins de fer, qui causent un tort considérable au commerce local ;
Indemnités accordées aux jurés d’expropriation, an même titre qu’aux jurés des cours d’assises ;
Ouverture dans Tarrondisseinent des lignes de tramways votées par le Conseil général*
Telles sont, mes chers concitoyens, les réformes urgentes et immédiatement réalisables dont je poursuivrai l’accomplissement avec la plus grande énergie et avec le plus absolu dévouement*
Vive la France l Vive la République î
G. ALASSEÜR,
Secrétaire du Conseil général du Loiret, maire d'Autry-le-Châtel*
Circonscription de MONTARGIS.