‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 137 sur 266 · M. L. LACROIX · texte numérisé non relu

M. L. LACROIX

Élu au tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

C’est la troisième fois que je viens vous demander vos suffrages, et solliciter l’honneur de vous représenter à la Chambre des députés.

Lorsque je me suis présenté la première fois, c’est avec un programme sincèrement républicain et démocratique que le département tout entier, avec une majorité imposante, m’envoyait siéger à l'Assemblée législative.

C’est sur ce même programme républicain et démocratique que, en 1889, les républicains de Mootargis, quelle que soit leur nuance, voulaient bien m’honorer de leur confiance et faisaient, sur mon nom, la concentration républicaine.

C'est encore aujourd’hui avec ce même programme, programme qui est dans mon esprit et dans mon cœur, et auquel je n’ai à apporter aucune restriction, que je viens me présenter devant vous.

Je n’ai rien à y changer; j’ajouterai seulement que je m’attacherai, tout spécialement et plus que jamais, aux lois ouvrières tendant à améliorer le sort des travailleurs des champs et des villes, et à la création des retraites ouvrières.

Je soutiendrai de toutes mes forces les populations agricoles qui souffrent depuis si longtemps, et pour lesquelles cette année a été -particulièrement désastreuse.

J’ajouterai également que, en ce qui concerne la question sociale, elle sera une de mes plus grandes préoccupations, car j’estime que le capital et le travail ne doivent pas être des ennemis, mais bien des associés.

Fidèle à mon passé, fort de ma conscience, n’ayant jamais été guidé dans ma conduite politique que par mon amour pour la France et la République, et regardant l’avenir avec confiance, j’estime qu’il est de mon devoir de venir vous demander le renouvellement de mon mandat; si vous me faites l’honneur de me réélire, je serai, dans l’avenir, ce que j’ai été dans le passé ; un mandataire dévoué.

Électeurs,

La législature qui vient de prendre fin n’a peut-être pas donné tout ce qu’il y avait lieu d’en attendre, mais est-ce bien à la Chambre de 1889 qu’il faut en faire le reproche? Je ne le crois pas.

Quelle que soit l’opmîou que Pon puisse avoir de cette dernière législature et à quelques critiques qu'elle puisse donner prise, il n’en faut pas moins convenir qu^elle a décontenancé les pires ennemis de la République, et qu*elle leur a fait perdre tout espoir d^ôtre nommés à rombro du drapeau réactionnaire.

Ces hommes ont tout fait pour rompre la concentration républicaine, qui est notre force, et qui assure toujours et quand même le succès des républicains; ils font encore tout le possiMe pour Pempêcber de se réaliser; ils suivent en cela la politique astucieuse de Louis XI, qui avait pour formule ; Diviser pour régner.

A.üasi, mes chers concitoyens, ce n'eat pas à une fraction du parti républicain que j^en appelle, mais à tous les républicains sans exception, à tous ceux qui sont soucieux des réformes vraiment démocratiques, à tous ceux enfin qui ont toujours voulu que, dans le département du Loiret, le vaillant arrondissement de Montargis fût à la tête des idées de liberté et de progrès.

Pas d^abstentionsl Les ennemis de la République pourraient croire que le nombre des républicains a diminué dans notre arrondissement Ne leur donnez pas cette satisfaction dans laquelle ils croiraient trouver une espérance.

Vive la République 1

L. LÀCROiX, députant sortant Vice-président du Conseil général du Loiret.

Ir* circonscription d'ORLÉANS- M. Fernand RABiEB,

Élu au tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Les quatre comités républicains d^Orléans — Comité ouvrier, comité républicain du Loiret, comité républicain modéré, comité radical — et les délégués de toutes les communes de la première circonscription m’ont désigné pour être le candidat des républicains.

Ils savent — vous savez tous — que j’ai été fidèle aux engagements pris par moi, que je n'ai poiot démérité.

Vous connaissez mes opinions, mes aspirations, mon programme général,

Je suis républicain.

J’attends de la République ce qu'en attendent tous les républicains. La liberté pour tous ; plus de justice et plus d’harmonie dans la société; Fapaisement

des haines; la solution progressive des conSits d’intérêt par la réalisation continue des réformes nécessaires.

Voilà notre idéal.

l’estime que la prochaine législature devra spécialement s’imposer, comme lâche urgente, d’étudier et de réaliser ;

Une loi sur les associations pour assurer le jeu libre et plein de toutes les activités, — mais avec des garanties contre le danger des biens de mainmorte;

La réforme judiciaire pour simplifier et rendre moins coûteuses les formalités des procès ;

La réforme administrative par la suppression des fonctions onéreuses pour l’Etat et nuisibles à la prompte expédition des affaires;

La réforme de l’impût (qui devra comprendre le dégrèvement des boissons hygiéniques, la suppression des octrois et la suppression des prestations) pour que, selon les principes proclamés par la Révolution française, chacun paye en réalité selon ses ressources.

Des lois d’économie sociale, lois de protection des travailleurs, lois d’hygiéne sociale, lois de prévoyance, telles que la création des caisses de retraites destinées à mettre le travailleur vieilli à l’abri du besoin, assurances contre les accidents survenus daas le travail, création de caisses de crédit, d’un fonctionnement simple et rapide, pour les ouvriers, pour les cultivateurs et pour les vignerons si cruellement éprouvés depuis longtemps.

Je voterai toutes ces réformes et toutes celles qui seront proposées dans le même esprit de justice et de progrès.

Nous ne voulons rien abandonner des conquêtes déjà faites.

Nous ne laisserons porter atteinte :

Ni à la loi militaire, qui répartit plus également les charges de service entre tous les citoyens ;

Ni à la loi scolaire, qui assure à tous la complète liberté religieuse par la neutralité absolue de l’école. °

Mes chers concitoyen^,

Vous connaissez mon dévouement aux intérêts particuliers de la circonscripUon que j’at l’honneur de représenter depuis près de six ans

Les habitants des communes savent qu’ils n’om jamais fait en vain appel à

mon zèle et à mon activité.

Les habitants d’Orléans savent avec quelle énergie passionnée j’ai défendu

Tel j’ai été, tel je resterai.

A vous de dire si j’ai fait mon devoir.

Electeurs,

Nous voulons une République libre, tolérante, ouverte à tous.

Maisnoas refusons énergiquement de la livrer à ceux qui, depuis vingt-

trois ans, essayent de la détruire. ^

Aujoürd'huî» plus que jamais, la lutte est entre les partisans de la Hépublique, d’une part, et ses ennemis déclarés, d* autre part.

Ceux-ci savent se reconnaître entre eux,

La France aussi les reconnaît.

Elle se prépare à les éconduire, au cri répété de ;

Vive la République!

Fernand RABIER, député sortant,

Avocat à la Cour d^appel, ancien adjoint au maire d^ Orléans, ancien secrétaire de la Ctiambre*

2® circonscription d^ORLÉANS, M. Albert VIGER,

Élu au 1" tour de scrutin.

Messieurs et chers concitoyens,

C’est avec confiance que je me présente a vos suffrages pour le renouvellement du mandat que vous m'aviez donné, le 22 septembre 1889, car j'ai la conscience d’avoir scrupuleusement rempli mes engagements,

Mon programme se résumait ainsi : Application des lois scolaires et militaires, économie dans nos finances, réformes de notre système fiscal dans un sens plus démocratique, refoute de notre législation économique par la révision du tarif général des douanes et la suppression des traités de commerce,

restimais,en effet, avec tous les républicains de gouvernement, que la République, pour être respectée à l'extérieur, puissante et incontestée a Fintérieur, tout en se maintenant dans les limites qui lui sont tracées par les droits de la propriété iudividueUe, devait protéger le travai! national et encourager les initiatives fécondes destinées à satisfaire avec équité les aspirations légitimes des déshérités de la fortune.

C’est un objectif vers lequel Je me suis continuellement orienté pendant tout le cours de cette dernière législature,

La confiance de mes collègues m'appelait successiveioent aux foncUoos de président de la Commissioa de l'enseignement primaire, de vice-président du groupe agricole et de rapporteur de la Commission des douanes sur les questions intéressant l'agriculture î puis, mon honorable prédécesseur au ministère de ragriculLure me nommait membre de son coosell supérieur*

Dans l'accomplissement de ces différents mandats, j;ai toujours été guidé par

l'uDÎque désir de développer rinstrucîioQ populaire et de venir en aide à la production nationale.

Mes travaux dans les journaux spéciaux aussi bien que mes discours à la Chambre u^ont eu qu'un but : défendre les intérêts économiques du pays dont la prospérité est étroitement solidaire de celle de la République.

Un haut témoignage de conhance m^a appelé successivement à occuper dans deux cabinets le ministère de Tagriculture; c’est un grand honneur pour votre représentant^ mais croyez-le bien, mes chers concitoyens, je n’oublfe pas la reconnaîssancë que je vous dois pour m’avoir pèrmis d’arriver à la situation que j’occupe en me donnant la mission de vous représenter, en 1885 et en 1889, à la Chambre des députés.

La prochaine législature sera surtout consacrée aux discussions d’affaires : elle devra, tout en ae maintenant fermement sur le terrain conquis, tourner tous ses efforts pour constituer une majorité décidée à jntroduire dans nos budgets encore plus de clané et à refréner cette ardeur vers les dépenses qui neutralise toutes les tentatives de dégrèvements d’impôts dont les excédents budgétaires sont la condition absolue.

En tête des réformes à accomplir, nous devons placer celle de la loi sur les boissons, dont le système actuel est essentieliement nuisible aux intérêts du producteur vinicole.

11 en est de même des droits d’octroi, dont la suppression sur les produits alimentaires serait un bénéfice pour le consommateur urbain et le producteur agricole.

La République a déjà opéré une réduction considérable sortes transports en supprimant la surtaxe de la grande vitesse; nous estimons qu’elle devrait poursuivre avec prudence, mais progressivement, la suppression des taxes qui pèsent si lourdement sur l’activité commerciale et nuisent à rexpausion agricole et industrielle de la France.

Les derniers incidents atmosphériques ont causé de grandes pertes : j’ai essayé de les atténuer, notamment en accordant des extensions de pacage pour le bétail aux populations riveraines de nos forêts, et le Parlement, sur ma demande, a voté des fonds afin de venir en aide aux régions les plus éprouvées; mais ces mesures ne sont que des palliatifs, et là le^on qui ae dégage de ces faits ôtabüt plus que jamais la oécessité du crédit et de l’assurance agricoles en se servant des éléments qui nous sont foiiruis par la mise en pratique de la loi de 1884 sur les associa lions syndicales, et des nouvelles dispositions sur les sociétés coopératives de crédit.

Dans ce même ordre d’idées, et aûn devenir en aide aux travailleurs, il est nécessaire de donner à nos sociétés de secours mutuels une extension plus grande, d’élargir la sphère de leurs attributions et de favoriser lai'gement l’organisation de l’assistance dans nos campa gu es.

Mes foûctsûïis de ministre m’ont appelé à visiter les régions les plus diverses de la France et à me rendre compte des conditions différentes dans lesquelles s’exerce la profession agricole.

Partout oU l’enseignement agricole pratique est le plus répandu, la production s’est sensiblement améliorée; aussi ai-|e pensé que notre circonscription

ne devait pas rester en arrière de ce mouvement d’expansion vers la science agronomique qui se fait sentir sur tous les points du .territoire, depuis le Finistère jusqu’aux Landes, du Pas-de-Calais à la frontière suisse.

Pour répondre à ce sentiment, j’ai institué dans la 2“ circonscription d’Orléans une chaire d’agriculture et de viticulture annexée à nos cours complémentaires, et je m’efforcerai de doter nos cantons de tout ce qui pourra développer chez les enfants de nos campagnes l’amour de la culture de notre sol Orléanais,

Je me résume et je dis que, si la prochaine Chambre pouvait réformer la loi des boissons et des octrois, atténuer les impôts sur les transports, fonder le crédit et l’assurance agricoles, développer l’enseignement technique de l’agriculture, améliorer nos budgets, légiférer sur nos sociétés de secours mutuels, elle aurait bien mérité de la République.

Électeurs,

Votre député se présente devant vous avec la conviction d’avoir accompli son devoir dans toute sa rigueur, d’avoir respecté le mandat que vous lui aviez conDé, en menant une existence modeste, laborieuse et jhonorable.

S’il obtient encore la majorité de vos suffrages, il continuera à défendre avec la même fermeté les grands principes sociaux et les intérêts agricoles qui sont liés à la prospérité de la nation et à la grandeur de la République.

Albert VIGER, Ministre de l’Agriculture, député sortant.

Circonscription de PITHIVIERS.

M. Georges COCHERY,

Élu au l" tour de scrutin.

Chers concitoyens,

Appelé, depuis huit années, à l’honneur de représenter notre arrondissement, je viens vous demander le renouvellement de mon mandat.

Mes actes sont ma meilleure profession de foi.

A la Chambre des députés, je me suis occupé surtout de réformes pratiques.

Chargé par la confiance de mes collègues, pendant toute la dernière législature, à quatre reprises, des fonctions de rapporteur du budget de la guerre, j’ai pu provoquer, sur ce seul budget, plus de 100 millions d’économies, tout en donnant au Gouvernement les ressources nécessaires pour accroître dans une

large mesure la force et la solidité de notre armée, améliorer la situation des officiers et des soldais,

J^ai constamment souteno la cause de Pagrîcnlture et réclamé les lois protectrices aujourd'hui votées» lois qm U nouvelle Chambre devra maintenir.

Tai défendu énergique inent les intérêts de notre arrondissement» et obtenu notamment rétablissement d'une caserne à Pithiviers, la construction du tramway de Pithiviers à Toury, la vote du chemin de fer nous reliant à Étampes, Je continuerai à faire les plus actifs efforts pour hâter ^exécution de cette ligne.

Aujourd'hui» la période de combat pour Pexistence de la République est terminée. Des adhésions nouvelles s'affirment chaque jour sous la pression irrésistible des faits.

Mais il ne suffit pas d'avoir définitivement fondé la République, instrument indispensable des réformes. Cet instrument, on doit s’en servir.

Dans Pordre administratif, judiciaire, économique, le champ est vaste; les lois déjà étudiées sont nombreuses ; il faut aboutir.

La réforme du budget, commencée par la dernière législature, doit être résolument poursuivie et achevée, La plus stricte économie s'impose pour placer nos finances dans une situation indiscutable, accroître rarnortissement, développer ainsi la prospérité générale. De bonnes finances sont la condition essentielle de la force militaire du pays, la meilleure garantie de la paix et de son prestige dans le monde.

Les réformes fiscales, nécessaires pour rendre les charges publiques mieux proportionnées aux ressources de chacun et éviter toute vexation inutile, doivent être appuyées sur un budget rigoureusement équilibré.

On ne saurait prétendre renfermer l'avenir de la démocratie dans les cadres de l'organisation actuelle. Des besoins nouveaux se sont révélés. Les questions intéressant le travail, l'amélioration de la situation des travailleurs de l'agriculture et de Pindustrie, le développement des institutions de prévoyance et d’assistance, appellent nos constantes préoccupations.

Des promesses téméraires ne sèment que d'injustes méfiances et de cruelles déceptions. C'est par des actes et non par de vaines paroles que des législateurs, décidés à réaliser tous les progrès légitimes, mettront en pratique la véritable fraternité et la solidarité effective. La concorde à Pintérieur fera ainsi la France forte devant Tétranger dans la grande lutte agricole et industrielle qui absorbe Pactivité moderne.

11 faut que les élections du 20 août amènent à la Chambre une majorité solide et homogène. C'est le seul moyen de donner au pays un Gouvernement MBBZ ferme pour imposer à tous, avec calme, tolérance et justice, mais sans faiblesse, le respect de la loi, assex hardi pour entreprendre les réformes nécessaires, assez sûr de iui-méme et de la majorité sur laquelle il s'appuie pour les faire aboutir.

Électeurs,

La France est lasse des agitations bruyantes des partis hostiles, des haines et des discordes qui énervent et paralysent l'activité du pays.

Elle a définitivement repoussé la monarchie et la dictature.

La République, forte de tous les concours sincères et désintéressés, saura défendre sans reculer les conquêtes de la démocratie et poursuivre les solutions fécondes du travail.

En 1889 vous avez attesté votre attachement à la République ; en 1893, vous continuerez votre œuvre en affirmant, sur mon nom, ce programme qui est

Progrès et réformes pacifiques. — Ni réaction, ni révolution.

Georges COCHERY,

Député sortant, Conseiller général.

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