‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 138 sur 266 · LOT · texte numérisé non relu

LOT

1" circonscription de GAHORS.

M. Léon TALOU,

Élu au !"■' tour de scrutin.

Chers concitoyens.

Lorsqu’il y a quatre ans vous fûtes appelés à vous prononcer entre la coalition réactionnaire, qui, depuis trop longtemps, opprimait notre département, — et les candidats républicains qui vous promettaient de Paffranchir,vou3 n'avez pas hésité I vous avez donné atnc repréBentants des régîmes déchus un congé irrévocable*

Les élections de 1889 ont marqué dans le Lot l'avèoement définitif de la démocratie républicaine.

Vous m’avez alors conféré, par une imposante majorité, un mandat dont la signification n’était pas douteuse.

Ce mandat, je Fai coosdencieusement rempli*

Voici, en effet, les prioclpales mesures législatives au vote desquelles j’ai pris part :

Dégrèvement des tarifs de la grande vitesse ;

ftéforme des patentes;

Réduction des frais de justice et d’enregistrement;

Droit à indemnité pour les ouvriers victimes d’un accident;

Loi sur Farbitrage pour résoudre les conflits entre ouvriers et patron^

Règlementadon du travail des enfants, des filles mineures et des femmes, dans les établissements industriels ;

Loi sur Phygiène et la sécurité des ateliers;

Loi sur les conseils des prud^hommes ;

Introduction dans la loi sur les syndicats professionnels d’une sanction pénale destinée à assurer leur libre fonctionnement;

Augraeatatiou sensible et régulière du budget de Finstruction publique, ce puissant instrument d’affranchissement de la pensée chez tous, de la dignité et du bien-être individuels ;

Accroissement des ressources affectées aux travaux publics, aux postes, aux télégraphes, aux téléphones, pour assurer une plus vaste et plus libre circulation à Tactivité commerciale.

Les besoins de ragriculiure ont attiré parliculièrement delà part des pouvoirs publics une sollicitude des plus attentives, qui s’est traduite par le dégrèvement de rirapôt foncier sur les terrains non bâtis et par la réforme des tarifs douaniers devant protéger notre industrie agricole, en lui ouvrant ou en lui conservant des débouchés rémunérateurs,

Toutes ces réformes sont l’honneur de la législature qui vient de finir.

Pour notre sécurité à Textérieur, il a fallu accroître les budgets delà guerre et de la marine, ce qui a été fait sans marchander et sans recourir à l’emprunt.

C’est assurément à ces sacrifices énormes, mais commandés par l’intérêt supérieur de la patrie, que nous devons l’incomparable situation internationale qui met aujourd’hui la France à l’abri de toute inquiétude pour son intégrité, et lui donne une voix prépondérante dans le concert européen ; c’est à ces sacrifices que nous devons d’avoir traversé la période de paix la plus longue dont la France ait jamais joui et durant laquelle se sont développées sans interruption la richesse et la puissance du pays. Espérons que cette période n’est pas près de finir.

Grâce à cette stabilité politique et à cette prospérité intérieure toujours croissante, la République a vu venir à elle un allié sur lequel jusqu’alors elle n’aurait osé compter. Le tzar, dont le pouvoir absolu commande à presque la moitié de l’Europe et de l’Asie, s’est déclaré ouvertement, et à plusieurs reprises, l’ami le plus ferme de la République française.

Voilà les glorieux résultats de la législature de 1889.

Votre député s’y est associé dans la mesure de ses forces...

Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’assurer la situation de la République ni à l’intérieur ni à l’extérieur.

Il faut organiser cette République par des lois sociales et démocratiques qui sont sa raison d’être. Plusieurs de ces lois ont été déjà votées; l’exécution en est assurée, mais l’œuvre n’est pas finie.

Il faut d’abord, autant que possible, imposer le riche et exempter le pauvre; dégrever la petite propriété foncière ; diminuer les droits de succession et de mutation; réduire dans une très large mesure, car la réforme accomplie sur ce point est insuffisante, les frais de justice et d’enregistrement ; compléter le projet déjà voté par le Sénat, en supprimant tous les droits sur les boissons hygiéniques ; établir sur des bases plus équitables l’impôt des portes et fenêtres, celui de la contribution personnelle et mobilière, réforme inévitable et prochaine due à l’initiative des députés du Lot, et dont notre département retirera un précieux avantage;

Pour remplacer les recettes provenant de ces causes diverses, le Parlement devra trouver des ressources correspondantes dans l’impôt sur les capitaux, les revenus, la surélévation des droits sur l’alcool, la conversion de la rente.

Il faut encore développer le crédit populaire et agricole en créant soit une banque nationale, soit des comptoirs régionaux qui prendraient à un taux réduit

le papier des ouvriers, des apiculteurs ou de leurs syndicats; organiser et favoriser de plus en plus l’assistance publique dans les campagnes, assurer à tous les travailleurs de la ville et des champs le bien-être, la dignité, la liberté'et leur garantir, pour leurs vieux jours, une honorable retraite*

Eoûn, pour mettre nos institutions à l’abri des aventuriers, je ne ceaserai de réclamer et de voter le renouvellement partiel de la Chambre.

Je considère encore que, sous un gouvernement d’égalité et de liberté, une loi sur le régime des associations s’impose à bref délai.

Tel est, à grands traita, le programme démocratique de la prochaiae législature* C’est celui que je soutiendrai si vous me faites l’honneur de me conserver votre confiance ; mais n’oubliez pas qu'un Parlemeut républicain seul peut le faire aboutir. Dès lors, voua avez le devoir de vous méfier de ceux qui, n’ayant de républicain que l’étiquette, ne cherchent ét ne trouvent leur appui quo chez les pires ennomis de nos in sti tut ions.

A vous donc de choisir un mandataire aux convictions éprouvées et de vieille date.

Vous connaissez mon passé ; il vous répond, pour l’avenir, de la loyauté et de la sincérité de mes promesses.

Vive la République!

Léon TÂLOU, député sortant,

Vice-président du Conseil général, chevalier de la Légion d'honneur.

2‘^ circonscription de CAHOKS.

M. Émiie REY,

Élu au 1®*^ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

11 y a quatre ans, vous m’avez fait l’honneur de me choisir pour votre représentant à la Chambre des Députés. Je viens vous demander le renouvellement de mon mandat.

Je vous avais promis de défendre, sTl en était besoin, avec la dernière énergie, la République, ce Gouvernement par excellence du peuple par le peuple, cette conquête précieuse de la démocratie. Heureusement, grâce au bon sens et à la clairvoyance du suffrage universel, le péril qui la menaçait aux dernières élections a été conjuré. Les partis hostiles réduits à l’impuissance semblent abdiquer, et le pape lui-mêmè a reconnu hautement la légitimité de nos institutions.

La paix, ce premier de tous les bieas, sans lequel un paya est livré à tous les. fléaux, n'a pas été seulement maintenue; elle s’esl encore consolidée par l’aflirmation éclatante de ramitiè de la plus puissante nation de l’Europe.

Je vous avais promis de demander la réduction des charges si lourdes qui 'pèsent sur l’agriculture et une répartition plus équitable de nos impôts. Dès le premier budget de celte législature, le principal de la contribution foncière était diminué de 22 pour cent. L’impôt sur les maisons, qu’il était question de porter à ü pour cent, était réduit, sur ma proposition et celle de deux de mes collègues, à 3,20 pour cent. Enfin, cette année, la Chambre a adopté, à une forte majorité, un amendement que nous lui avions soumis et qui tend à dégrever notre personnelle-mobilière de 40 pour cent. Un autre amendement de nous, sur tes portes et fenêtres, procédant du même principe d’égalité devant l’impôt, n’a pu être discuté, faute de temps. Il aurait apporté un nouvel allègement de nos charges, de 48 pour cent. Le jour prochain où tous ces dégrèvements seront appliqués, ce sera pour le département un bénéfice annuel de plus de 600,000 francs.

Ce n’est pas tout : les frais de justice ont été aussi diminués dans une proportion considérable, et l'État a abandonné, sur les transports des voyageurs et des marchandises en grande vitesse, une somme de 48 millions, qui est restée dans la poche du public.

Je vous avais promis de voler toutes les mesures nécessaires au développement et à la prospérité de l’agriculture et, en particulier, celles qui auraient pour but de la défendre contre la concurrence étrangère. Des droits protecteurs ont été mis sur ta plupart des produits étrangers qui pouvaient nuire à la vente des nôtres, tels que te bétail, le vin, les pruneaux, etc.

Un des malheurs les plus grands de l’agriculture, c’est d’être exposée à perdre en quelques instants par le fait des fléaux atmosphériques le fruit du travail de toute une année. L’assurance mutuelle par l’État peut seule remédier à cette calamité. Aussi, avons-nous déposé sur cette question un premier projet de loi pour assurer les planteurs de tabac, et un second pour assurer toutes les autres récoltes contre les sinistres auxquels elles sont exposêes,-

Je vous avais promis, enfin, de réclamer l’application de l’assistance publique dans les campagnes, de manière que le pauvre, le malheureux, nefûi pas exposé à mourir de faim ou de misère. Un grand pas a été fait dans cette voie par le vote de la loi sur l’assistance médicale, dont j’ai eu l’honneur d’être le rapporteur. Désormais, il y aura un bureau de bienfaisance dans chaque commune, et les indigents trouveront en lui on aide et un protecteur.

Quelque importants que soient les progrès accomplis, il reste beaucoup à faire. Les impôts que paye ragriculture sont encore trop lourds, il faut qu’ils soient diminués. Outre la péréquation de la personnelle-mobilière et des portes et fenêtres que je poursuivrai.sans relâche, je demanderai la réduction progressive de notre impôt foncier, la réforme des prestations, la diminuliou des droits d’enregistrement sur les mutations de propriétés,

11 faut, de plus, que l’État, par l’organisation d’une assurance générale des produits du soi, garantisse aux agriculteurs la rémunération de leur travail et leur donne la sécurité du lendemain.

Il faut que, par de bonnes institutions de crédit, il permette au cultivateur de se procurer à un faible intérêt les avances oécessaires à la culture du soL Je m’associerai, enfin, à toutes les réformes légitimes capables d'améliorer le sort des pauvres, des petits, des désbérités. 11 faut notamment que les travailleurs des champs, comme ceux de l'usine, trouvent dans rétablissement de caisses de retraites les moyens de mettre leur vieillesse à Fabri du besoin et de la misère.

Il faut que îa République marche de plus en pins dans la voie de la réalisation de cet idéal de justice sociale et de solidarité fraternelle que le peuple attend décile et qui est sa mission la plus sacrée.

Vive la France I Vive la République I

D*" Émile REÏ, député sortant,

Président de la société agricole et industrielle du Lot, Chevalier de la Légion d'honneur.

Girconscription de FIGEAG,

M. L, VIVAL,

Élu au tour de scrutin.

Mes chers concitoyens.

En 1889, la République était menacée par le boulangisme, sous lequel s'abritait la réaction coalisée ,

Les républicains de toutes les communes de l'arrondissement de Figeac, réunis en congrès, le septembre, me confièrent, tout en approuvant le programme présent, l'honneur de le défendre.

Ai-je rempli avec fidélité le mandat que le congrès m'avait donné ?

Vous connaissex mon passé * vous savez que mes votes émis, avec fermeté et indépendance, ont toujours été favorables à la, classe des travaifleurs ; vous savez aussi que je n'ai cessé, durant cea quatre années, de me tenir à votre disposition et de mettre à votre service toute mon activité et toute mon influeDce, de telle sorte que j'ai le droit de vous dire ; ce n'est pas sur des paroles, mais sur des actes que vous pouvez me juger.

C'est en m'appuyant sur mon passé politique, qui n'a jamais varié et que vingt années de lutte pour la République ont fait connaître k la plupart d'entre vous, c'est en la plaçant sons le patronage de ces électeurs des deux cantons Est et Ouest de Figeac qui, tour à tour, ont fait de moi leur conseiller d'arrondissement et leur conseiller général, et sous le patronage surtout de cette démocratie fîgeacoise qui n’a cessé, depuis 1874, de me soutenir et de me défendre contre toutes les calomnies, que je viens de nouveau poser ma candidalure.

Si je continue d’être yotre député, comme j^en ai la ferme confiance, voici raltitude claire et loyale qui sera ma règle de conduite :

A un régime véritablement populaire, décidé à réaliser les queations sociales qui sont rhortneur et la raison d’être de la République» il faut on budget démocratique répartissant les charges, c’est-à-dire l’impôt, de façon que la démo-* cratie, comme le disait mon collègue et ami Maujan» ne soit écrasée ni retardée dans sa marche vers lé progrès sociaL

Partisan de la réforme générale de l’impôt, ayant fait partie de la grande commission désignée par la Chambre, tout en demandant qu’on supprime la contribution foncière, personnelle et mobilière, celle des portes et fenêtres et des patentes, je demanderais et voterais comme taxe de remplacement :

1" L^impôt sur le capital et le revenu;

2*» L’augmentation des droits sur les grosses successions, les successions peu importantes étant déchargées de tous droits.

Je soutiendrais de mes votes et appuierais :

i*’ La suppression des octrois, que j’ai déjà votée î

2^ L’organisati on de Tassurance agricole, qui peut seule aider à la création de banques agricol es prêtant à longs termes et à un taux minime ;

S"" L’organisation de rassistanca publique dans les campagnes ;

La création d’une caisse nationale de retraite pour les vieillards et les invalides du travail ;

5^ La réduction des formalités judiciaires et, par suite, la diminution des frais de justice;

0“ L’extension dans une juste naesure de la compétence des juges de paix ;

Les administrations réduites et simplifiées ;

S'’ Le maiutieo des lois scolaire et militaire ;

9"* Si je veux le prêtre libre dans l’exercice de son mmistère, je veux qu'il soit respectueux, à son tour, des lois de son pays.

Tel est mon programme, tout sincère républicain devant faire autre chose que de vagues promesses» à cette heure où tous les candidats se recommandent de la République, même ceux qui ne se soutiennent qu’avec l’argent et le concours de la réaction.

Ce programme s’inspire des besoins des travailleurs de la ville et des champs,qu6 je. connais pour les Moir servis de mon mieux depuis plusieurs années^ et de ceux des propriétaires qui, comme je Fai constaté par moi-même, ont du supporter les longues soufltances que la perte des vignobles leur a fait éprouver.

Maintenant, je vous dis î

Voilà ce que fêlais hier, voilà ce que je serai demain*

Entre ceux qui, ralliés ou résignés, cherchent à vous tromper en cachant dans les plis du drapeau républicain leurs vieilles attaches royalistes ou orléanistes qu’ils n’ont point réussi à faire triompher par la franchise et qu’ils servent sous un nouveau déguisement.

Et celui qui n’a pas besoin de dire ce qu’il est et qui veut Texécution prompte mais progressiste du programme franchement républicain ;

Entre ceux qui, sans l’avouer, veulent nous faire reculer de plus de vingt

années et que vous voyez accompagnés vians vos cantons par les réactionnaires les plus décidés.

Et celui qui veut maintenir rarrondissement à l'avant-garde du département.

Choisissez !

Vive la République !

Tel est le programme soutenu par moi et accepté par les délégués républi" Gains de l'arrondissement de Figeac,

Je suis convaincu quTl sera le vôtre.

En rapprouvant, vous resterez fidèles à ce long passé, à ces vieilles traditions, à cet attachement continu et inébranlable que Farrondissement de Figeac n^a cessé d'avoir, depuis près de vingt ans, pour la République.

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