‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 152 sur 266 · M, GAMARD · texte numérisé non relu

M, GAMARD

Chers concitoyens,

L^année pendant laquelle Je viens de siéger, pour k première fois, à la Chambre des Députés a été féconde en événements importants.

Les scandales qu’a fait connaître à la France Tenquête sur le Panama ont révélé des habitudes politiques et des procédés ministériels que réprouve la conscience publique* La dilapidation des capitaux d’une société privée au profit ^de certains hommes que le Justice n’a pas su ou voulu punir a amené parmi vous des ruines sans nombre.

Quels sont les coupables de ces scandales abommablesî Les efforts du Gouvernement ont réussi à empêcher la Commission d’enquête de kire sur ce point une lumière complète.

Deux budgets ont été votés, tous deux en déficit, et cependant chaque Français paye 114 francs d'impôt.

En dix-sept ans de paix, la dette publique s’est accrue de onze milliards de francs, et s’élève à trente-sept milliards, soit mille francs par habitant.

Aucun pays étranger n’est grevé d’aussi lourde façon.

La réduction pendant onze mois du droit d'entrée des blés étrangers n’a pas profité aux consommateurs, — le prix du pain nk pas diminué, — mais elle a amené une baisse désastreuse pour les cultivateurs, en même temps qu’elle faisait perdre à l'État plus de cinquante millions.

Les propositions faites par nous pour hâter le rétablissement du droit de cinq francs ont été repoussées. Et pourtant les cours actuels des blés prouvent que le droit de cinq francs lui-même est aujourd’hui insuffisant.

La guerre à la religion ne s’est pas apaisée. Malgré toutes les avances qui lui ont été faites, le Gouvernement a poursuivi impitoyablement l’œuvre néfaste des laïcisations.

N’est-il pas temps d'arrêter le mal, ^de rassurer le travail, de raffermir le crédit public, de respecter les droits imprescriptibles qu'ont les pères de famille sur réducâtioû de leurs enfants ?

Je le pease, je le veux comme vous, et Je reste inébranlablement attaché aux principes de toute ma vie* Si les événements qui se passent sous mes yeux me coafirmeût dans mes opinions monarchiques, je saurai, comme toujours, mettre au-dessus de mes préférences personnelles l'intérêt de mon pays. Je veux continuer à le servir sans arrière-pensée, avec tout le dévouement dont je suis capable, quelle que soit la loi qull s'est donnée.

Je l'ai fait à la Commission de Panama* Je le ferai encore dans la prochaine Chambre si vous me confiez de nouveau l'honneur d'y défendre vos intérêts et ceux de Pagricuiture si éprouvée, d'y réclamer le maintien du droit des bouilleurs de cru, Félévation du droit d'entrée sur les blés étrangers^ rallégement de vos charges et Pindépendance des communes opprimées par le pouvoir central.

Mais je lutterai, avant tout, et de toute mon énergie, pour la liberté de vos consciences et le respect de la religion.

Si vous trouvez que j'ai bien rempli mon mandat, votez pour moil Pour Dieu et la France I

GAMÂRD,

Président du Comice agricole de Montsûrs, Conseiller général et député de la Mayenne*

circonscription de MAYENNE* M. A* RENAULT-MOKLIÈBE,

Élu au 1® tour de scrutio.

Mes chers compatriotes,

En me présentant à vos suffrages, j'ai à peine besoin de faire une profession de foi. Conseiller général depuis vingt-trois ans, ancien député de la 1'* circonscription de Mayenne, je ne suis un inconnu pour aucun de vous*

Dans rassemblée départementale, je me suis rendu compte de vos intérêts locaux et j'ai eu, plus d'une fois, roccagion de les défendre*

A la Chambre des Députés, j'ai combattu pour la République, quand son existence même était en jeu. A ce point de vue, mes circulaires électorales ne peuvent pas plus varier que n'ont varié mes opinions politiques,

Je crois toujours qu'il est plus sage d'accepter loyalement les institutions établies que de les ébranler par uoe opposition systématique. Plus que jamais,.

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je suis convaincu qu’il importe de former une majorité gouverne naenlale, une majorilé ferme et modérée, qui régularise le, foociionnemeni normal de la Constitution : c’est le seul moyen de maintenir, en môme temps que la liberté, l'ordre, qui est la garantie essentielle de tout progrès, d’assurer la paix sociale et religieuse, et de favoriser le développement de la prospérité nationale.

Uexpérience a démontré que l'agricutlure, si cruellement éprouvée, exige une protection plus efficace.

On voudrait aussi répartir d’une manière plus équitable la cjiarge de l’im» pût, améliorer la situation des travailleurs, étendre les bienfaits de l’assistance publique. De tous côtés souffle, pour ainsi dire, un vent de réformes.

Ces réformes aboutiront-elles dans la" prochaine législature ? Je n’oserais, pour ma part, prendre des engagements que les circonstances ne permettent pas toujours dq tenir. Depuis quelques années, ou vous a promis des uierveilles, pourvu que les représentants républicains fussent remplacés par des réactionnaires : vous savez maintenant ce que valent ces belles promesses faites dans un intérêt de parti.

Je ne m’engage qu’à une chose, parce qu’elle dépend de moi : je m’engage à travailler de mon mieux pour le bien du pays. Si je vous parais mériter quelque confiance, je mets à votre service tout ce que je peux avoir d'énergie et de dévouement.

A, RENAULT-MORLIÈBE, maire d’Ernée, Vice-Président da Conseil général.

2° circonscription de MAYENNE.

M, CHAULIN-SERVJNIÈRE,

Elu au 1" tour de scrutin.

La réunion électorale républicaine, présidée parM. Denis, m’a choisi comme candidat dans la 2* circonscription de Mayenne ; j’ai accepté et je fais, comme en 1889, appel à tous mes amis politiques.

J’ai la conviction d’avoir honnêtemeut rempli mon mandat, d’avoir fait l’impossible en toute circonstance pour rendre service à ceux qui s’adressaient à moi, d’être resté dévoué à mes amis, d’avoir, en un mot, été utile à mes électeurs, et j’ai été largement secondé par le Gouvernement, vous le savez.

A la Chambre, bien que mon rôle ait été modeste, j’ai fait partie de onze Commissions, notamment de l’importante Commission des patentes, qui a siégé pendant trois ans, et dont le projet apportera un dégrèvement appréciable aux

petits commerçants. J’ai énergiquement combat tujlefl grands magasins de Paris, qui ruinent le commerce de province et qui verront singulièrement élever leurs patentes.

J'ai ôté nommé rapporteur du projet de loi sur la réorganisation judiciaire.

J’ai déposé un projet de loi qui intéresse vivement nos fermiers et qui a pour but de leur faire tenir compte, à Texpiraiiou de leur bail, de la plus-value quMls ont apportée, par leur travaii, à la ferme qu'ils exploitaient. Mes deux rapports sont prêts et pourront venir utilement en diacussion à la rentrée des Chambres.

C’est mou projet de rédacliou qui a été adopté par îa Commission au moment de la discussion de k loi qui frappe si jiistement les anarcMsles.

Ma profession de foi sera brève. Je n’ai pas à modifier mes déclarations de 1889 ; je suis et resterai fidèle à mes opinions républicaines, qui n'ont jamaia varié. Je veux une République forte et honnête, je ne suis attaché à aucun groupe, je veux être indépendant avant tout.

Je suis protectionniste; je veux conserver le privilège des bouilleurs décru, privilège indispensable à nos cultivateurs. Je suis partisan du maintien du Concordat. Je n’ai pas besoin de dire que les classes ouvrières de la ville et des champs n’ont jamais eu un meilleur ami que moi, que je suis et serai touj'ours, quoi qu’tl arrive, à leur disposition,

Je suis pour l’ordre contre le désordre, de quelque côté qu’il vienne.

Voila mon programme politique, mes chers concitoyens; s’il vous convient vous voterez pour moi le 20 août. Vous me connaissez assez pour savoir que je ne puis être atteint par les calomnies d’adversaires pour qui les moyens les plus infâmes sont les meilleurs. Je vous prie seulement de me les signaler et je me charge de les réprimer.

Vive la France l Vive la République I

CHAÜLIN-SERVIÏSIÊBE.

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