‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 181 sur 266 · M, C, GUICHARD · texte numérisé non relu

M, C, GUICHARD

Élu au 2"* tour de scrutin.

Mes chers concitoyens.

Depuis treize années consécutives, vous m’avez constamment honoré de votre confiance, et vos suffrages m’ont successivement envoyé au Conseil municipal de Lyon, par deux fois au Conseil général du Rhône, et, en dernier lieu, à la Chambre des députés.

Par le fait de Pouverture de la période électorale, vous avez été invités à user de votre droit d’apprécier la conduite tenue par votre élu au cours de la législature, et Poccasion vous est fournie de déclarer s’il a bien rempli ses engagements et interprété fidèlement, par ses votes, les aspirations et les volontés exprimées et contenues dans le programme dont vous lui aviez confié non seulement U défense, mais aussi avec la charge d’en poursuivre la réalisation dans la mesure du possible.

Donc, dimanche prochain, votre vote dira si le candidat mérite toujours, — oui ou non, — la confiance de ses cnncitoyens.

J’aurai le devoir d’attendre ce verdict avec calme, avec dignité. Si vous pensez, avec beaucoup d’électeurs, que le concours de mon dévouement puisse être encore utile et profitable à raffermissement de la République et au trionipbe dé la démocratie, je le mets tout entier et sans aucune réserve à votre service.

J’estime qu’entre nous ce n’est pas le cas de vous obliger à la lecture fatigante d’une longue profession de fol. Ma vie tout entière, d’un bout à Pautre, n’est-elle pas une profession de foi suffisante pour vous édifier à tons égards?

Vous savez bien que je suis de ces républicains de race qui se sont imposé le devoir de répandre et de faire pénétrer dans la conscience publique les principes de là solidarité sociale, hase même des institutions républicaines. La République, en effet, n^i se doit et ne se peut comprendre que comme un ensemble d’instimtioQS incessamment perfeciibles destinées à donner à chacun plus de justice, plus de bien-être intellectuel, plus de bien-être matériel.

Vous savez bien que je suis acquis à toutes les amélloraiiotis susceptibles de contribuer au développement des institutions destinées à venir eu aide aux invalides de Tiadustrie, et ayant pour but d’assurer une retraite aux soldats de Tarmée du iravaiL

Vous savez aussi que je ne suis pas pour la politique du Tout ou Rien* Une expérience déjà vieille et qu’un républicain n’a pas le droit d’oublier m’a appris que les partisans de cette pûitüque-là sont les meilleurs préparateurs de toutes les réactions, et, en tous cas, les promoteurs inconsdents des Césars d’aventure*

Je veux le progrès sans arrêt et sans recul, la grandeur et la prospérité de la France; je suivrai et aiderai toujours ceux qui iront vers ce but*

Telles sont les grandes ligues du prograinrae politique et social dont Je n’ai cessé un seul instant de poursuivre la réalisation.

S’il faut rentrer dans le rang, je n’en éprouverai aucune déception ; j’y rentrerai Tâme fi ère, comme il convient à un républicain de 1848, comme il convient à un condamné des commissions mixtes, d’exécrable mémoire ; j’y rentrerai le front haut, avec la satisfaction du devoir loyalement et conscipncîeusement accompli, avec la satisfaction des services rendus à mon pays et à mes concitoyens*

Salut et fraternité*

C. GUICHARD, ancien adjoint du 3® arrondissement (1881- 1 883), ancien vice-président du Conseil général (1883-1892) , ancien administrateur des hospices, député sortant de la S® circonscription.

Mes chers concitoyens,

Avant que vous ne déposiez votre bulletin de vote, dimanche prochain 3 septembre, et, m’en référant à mes précédentes déclarations à roccasion du scrutin du 20 aoûr, je crois devoir, suivant ma promesse, compléter ainsi qu’il suit ces déclarations :

Travailleur obstiné, profondément dévoué aux intérêts de la démocratie, j’ai toujours défendu avec ardeur la cause des petits et des faibles; j’ai dépensé à leur service, sans compter, tout ce que j"ai eu de force et de résolution, et mon dévouement ne leur pas été sans utilité* Je continuerai de consacrer tous mes efforts à ce qui peut assurer la grandeur de la patrie et le bonheur de nos semblables : — l’ceuvre de ma vie tout entière.

Depuis que j’ai Tâge de raison, Je n’ai cessé de combattre toutes les tyrannies, d’où qu’elles viennent, quels que soient les noms sonores dont elles se parent.

Je suis l’adversaire résolu de tous les semeurs de désordres : de ceux surtout qui exaltent nos concitoyens par des excitations an moins excessives, à propos de revendications souvent très légitimes, mais souvent aussi trop incomplètement, trop hâtivement étudiées.

Au risque de faire courir de graves dangers au régime républicain ils urovoqiient^ux excès les plus regrettables, et, paraphrasant la formule prussienne par excellence : i La force prime le droit! », ils s’appliquent à soulever des révoltes irréflecbies avec celte autre formule irorapouse ; « Vous êtes le nombre vous êtes a force, vous êtes la droit ! » — Eh bien noni C’est le droit qui prime la force . Un vieux républicain doit avoir le courage de le dire.

C’est précisément en vertu de cette formule brutale-; « La force prime le droit!» que les forbans du 2 décembre emprisonnèrent et firent condamner paies commissions mixtes d’exécrable mémoire, des milliers de citoyens, coupabL d avoir essajé de defendre le droit contre la forcel

Us semèrem sans merci, les misérables, - le désespoir la ruine le deuil dans les familles. Ceux qui, comme moi, ont vu et subi ces choses ne permettront jamais aux imprudents de provoquer d’aussi funestes recommence-

liimi tOv

Ah! mes chers concitoyens, vous qui avez quarante ou quarante-cinu ans vous vous imaginez peut-être que la République, ainsi que les questions du salanat dans le travail, datent de votre naissance. Vous n’avez pas connu les temps ou les ouvriers qui se groupaient, aûn de maintenir les prix de maind œuvre et de résister à leur abaissement, étaient aussitôt poursuivis et condamnés a la prison pour délit de coalition i t- c* ton

Nous protestions alors avec la dernière énergie en face de ce régime d’inéga ite flagrante qui nous interdisait de nous défendre contre la tyrannie patronale de cette époque-là, et qui autorisait d’un côté ce qu’il condamnât de

Depuis lors, pénétré par la pensée d’améliorer le sort des travailleurs la solution de cette grave question du travail a été pour moi l’objet de recherches assidues, absolument convaincu, avec les meilleurs esprits, qu’il faut la ré soudre de façon à donner de légitimes satisfactions à ceux qui souffrent et oui n ont pas le temps d’attendre.

Aujourd’hui, tout n’est pas encore pour le mieux, à beaucoup près. Mais les droits sont égaux ; avec l’aide des syndicats et de l’arbitrage, il devient mainœnant très possible de résoudre pacifiquement et à l’amiable li-s différends entre le travail et le capital, pour peu qu’on veuille, de part et d’autre, y apnorter

une Sincère boïiDe volonté, ^

Je considère donc comme les ennemis de la République ceux qui, au lieu d apaiser les passions, faussent à dessein ie bon sens des masses travailleusesils cherchent, par de vaines promesses, à les tromper et à leur faire croire à là réalisation immédiate de théories qui sont un puissant appoint pour servir de prétexte aux plus funestes comme aux plus violentes réactions.

Vous les avez vus à cette dernière législature, ces agitateurs plus ou moins sincères, s’évertuer à égarer l’opinion publique par des démonstrations mensongères, par de furieuses attaques contre la République et contre la patriepuis, toujours, en définitive, tendra la main aux adversaires de tout pronrês’ chaque fois qu’il s’agissait de faire un pas en avant et de marcher résolument dans la vote des améliorations sociales.

Vous parlerai-je, en terminant, des intérêts matériels spéciaux à notre cher

troîetème arrondisaetnent? Mon, car, vous le savez, personne n’en a pria la défense avec plus d’énergie, avec plus de persévérance que moi, depuis

dix aEâ ï ,.11

Ce n’est pas aujourd’hui que cesserait ma ténacité à en poursuivre la solution favorable, au contraire, puisque le renouvellement de mon mandat me donnerait une nouvelle et plus grande autorité.

Salut et fraternité.

Page 1