COUTURIER
Lyon, ik mars 1894,
paoGHAmE DE 1889 \isé dans la lettre qui pnécfeDEi 3IandaL
Le candidat de l*un!on des travailleurs socialistes s’engage, sur rhonneur, à travailler à la réaliaalion du mandat impératif suivant :
1. Révision de la Constitution actuelle, dans uu sens démocratique, par une Constituante nommée à cet effet, ayant pour objet : Maintien de la République et réformes sociales en rapport avec cette forme de gouvernement* Abrogation des lois restrictives contre la souveraineté nationale, notamment : suppression du Sénat, Élaboration d’une loi portant déchéance immédiate contre tout élu volant en contradiction avec son mandat. Pénalités sévères contre toutes atteintes portées soit à la libre expression du suffrage universel, soit à la sincérité du vote. Peines infamantes édictées contre tout trafic du mandat*
TravaiL — 2, Représentation officielle du travail dansîe conseil du Gouvernement, par la création d’un mimslère du travail. Réglementation légale du travail mécanique et manuel. Réformes urgentes des lois syndicales* Application rigoureuse de Phygiène dans le travail induslrieL Créations d’établissements pour les invalides du travail. Abrogation delà loi contre Pinternationaledes travailleurs.
Culte et msîrucHon^ — 3, Abrogation du Concordat. Instruction publique réellement laïque, professionnelle et gratuite à tous les degrés. Établissements d’orphelinats laïques et conimunaux.
Economie politique. — 4* Transformation des monopoles en services publics. Lutte énergique contre toute tendance au monopole commercial. Patentes progressives suivant le chiffre d’affaires. Abolition de tout impôt indirect,
IHlilam. — 5, Égalité absolue do service militaire \ suppression des vingthuit et treize jours. ^
Justice. — 6. Gratuité de la Justice. Abolition de Pinamovibililé des juges ; extension du jury à toutes causes.
Administration. — 7. Autonomie des communes. Établissement de Fadmistration du département par le Conseil général* Réforme des rouages adminis* Ira tifs.
Le candidat s’engage en outre à se tenir constamment en communion d’idées avec le comité et à rendre compte de son mandat à ses électeurs, sur leur convocation, au moins deux fois par an.
Vu ; le candidat, CÛÜTUlïIËa,
Conseiller municipal.
6 circonscription de LYON.
M. FLEURY-BAVARIN,
Élu au 2® tour de scrutin.
Citoyens,
Jeviens solliciter rtionneur d’être votre mandataire à la Chambre des députés.
Lorsque les électeurs du cinquième canton m’ont choisi comme leur représentant au Conseil général, j’ai affirmé publiquement et avec la plus entière loyauté mes sentiments de dévouement absolu au Gcuveruement de la République, que je sers, depuis huit années, dans les fonctions d’auditeur au Conseil d’État.
Je ne puis que renouveler aujourd’hui, ici, l’expression sincère de ma foi politique.
La République n’est pas un accident dans notre histoire; c’est la forme définitive du gouvernement de la France, la seule qui convienne à une grande démocratie éprise des idées de progrès et de liberté. C’est avec un bien vif sentiment de joie patriotique que je salue ce grand mouvement d’opinjon, qui, chaque jour davantége, entraîne vers nous lesmasses profondes du suffrage universel 1 Mais, si, fidèle à sa devise, notre parti se doit à lui-même d’accueillir tous les hommes de bonne foi et de bonne volonté, c’est à la condition de conserver intact cet ensemble de lois démocratiques qui constituent notre patrimoine commun. Je ne veux, pour ma part, aucun pas en arrière.
C’est ainsi, notamment, que j’accepte les lois scolaire et militaire, qui ne sont, à mes yeux, que la mise en pratique de ces grands principes de liberté de conscience et d’égalité de tous devant la défense de la patrie. Appliquées avec sincérité et loyauté, elles ne deviendront jamais des instruments d’arbitraire et de persécution.
Mais il ne suffit pas de rester sur les positions conquises; il faut poursuivre avec courage et prudence la marche en avant.
A la Chambre future, le paya doit envoyer une majorité compacte, disciplinée, capable de former et de faire vivre un gouvernement fort, de poursuivre sans relâche une politique de véritables réformes, fl faut en finir avec ces majorités factices, composées d’éléments disparates, sans unité de vues, qui n’ont qu une puissance négative : celle de renverser les ministères, d’ouvrir des crises préjudiciables aux affaires, en un mot, de fausser complètement le régime parlementaire.
Les travailleurs de ce pays demandent au législateur de leur tendre une main secoure Me. Répondons généreusement à leur appel en leur donnant des lois dont ils ont besoin, sans renier, toutefois, ces principes supérieurs de liberté qui sont le legs le plus précieux de la Révolution.
J’inscris sans hésiter dans mon programme ; une ioi pour protéger les ou-
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vriers contre les accidenta de rusioe; une loi organique apportant aux sociétés de secours mutuels, avec une plus large liberté d’action, une compensation au préjudice résultant de la baisse du taux de l’intérét.
^ Je demande l’émancipation progressive des caisses d’épargne, l’organisation du crédit populaire, si nécessaire au petit commerce et à nos artisans ; des lois sur l’hygiène et la santé publiques. 11 faut aborder aussi ce grand problème des retraites ouvrières et, pour ces malheureux que Tige ou l’infirmité empêche de gagner leur vie, une organisation plus large et plus méthodique de nos services d’assistance.
La question fiscale devra tout particulièrement attirer l’attention de la nouvelle Chambre. A elle incombera la lourde tâche d’assurer l’avenir de nos finances, d’améliorer le budget en le rendant clair, sincère et contrôlable, d’étudier la réforme de nos divers impôts dans le sens d’une répartiüon plus équitable entre les citoyens, en demandant davantage à la fortune acquise et moins aux taxes de consommation ; de réaliser enfin cette réforme de l'impôt des boissons et des octrois depuis si longtemps promise et encore attendue.
Notre organisation administrative, trop fortement centralisée, notre organisation judiciaire, écrasante pour les petits, onéreuse pour tous, appellent de profondes retouches. Avec le budget de la démocratie, nous devons essayer de faire l’administration et la Justice delà démocratie.
N’est-il pas temps, enfin, d’introduire dans nos codes une loi qui fasse de la liberté d’association le droit commun du pays au lieu d’un régime d’eiçceptipn réservé à quelques-uns?
.Notre France républicaine ne saurait se contenter des vieilles formules, des déclamations vides, des promesses irréalisables. Elle veut que ses élus abordent résolument l’étude pratique et positive des grands problèmes de l’heure présente, en opposant avec fermeté le progrès démocraliqoe à la réaction, la tolérance à l’esprit. de secte et dé coterie, l’union de tous les Français aux luttes fratricides déclassé!
Électeurs 1
Si vous me Jugez digne de vous représenter, si vous confiez à mes mains le drapeau de la République dans notre circonscription, vous pouvez compter sur mou concours le plus actif et le plus dévoué. . Dans l’exercice de mon mandat, Je m’efforcerai d’apporter cet esprit de vigilance attentive pour la défense des intérêts si délaissés du 5“ arrondissement, de sympathie profonde envers les humbles, de bienveillance envers tous, que doit avoir un représentant de cette vaillante et laborieuse population lyonnaise, à laquelle nous sommes fiers d’appartenir.
Vive la République !
Vive la démocratie I
FLEURY-RAVARIN, docteur en droit,
Auditeur au conseil d’État,
Ancien chef adjoint du cabinet du Ministre du Commerce et de l'Industrie, Conseiller générai du Rhône.
7* cîrconscripUoix de LYON.
M. Ernest BERARD,
Le comité de Tunion des républicains radicaux, dans sa réunion du 10 août, m’a fait, pour la seconde fois, l’honneur de me choisir pour candidat à ia députation dans votre circonscription.
Citoyens, si votre vote ratifie le choix do notre comité, vous pouvez compter sur mon dévouement à la politique que nous avons ensemble toujours suivie.
Sous le régime actuel, les Parlements ont fait de grandes et utiles lois, mais les plus importantes restent à faire, elles sont à l’étude. Que la bonne volonté des députés futurs se prête à leur achèvement, et ils doteront bientôt le pays de lois réformant notre système d’impôts, injuste dans sa proportiounalité.
Une des premières réformes et des plus désirées, c’est celle de l’impôt sur les boissons hygiéniques, devant entraîner fatalement la suppression des bouilleurs de cru et des octrois.
Le projet de loi sur les caisses de retraites pour la vieillesse est étudié depuis trois aos. U était à i’ordredu jour des derniers travaux de la Chambre, il peut être repris et terminé pendant cette prochaine législature.
Il en est de même pour la révision de la loi sur les portes et fenêtres.
Avec tous les sincères républicains, je désire voir s’établir enfin l'équilibre entre le capital et le travail.
Énumérer toutes les lois que nous devrions faire cela semblerait à votre candidat vouloir vous faire trop de promesses. Mieux vaut vous dire : « 11 y a quatre aos, vous m’avez Iionoré de votre confiance, j’ai eu constamment dans ma conscience la volonté de la mériter. Si vous me donnez un nouveau mandat, vous avez le droit d’exiger davantage do votre élu, car il a acquis plus d’expérience de la vie parlementaire.
Ma politique sera toujours la vôtre, progressiste et patriotique. Je m’appliquerai à défendre les réformes sociales qui sont dans votre programme, d'accord avec mes convictions.
Vive la République 1