‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 184 sur 266 · E. BÉRARD · texte numérisé non relu

E. BÉRARD

8“ circonscription de LYON.

M. Édouard AYNARD,

Élu au 1" tour de scrutin.

Mes chers compatriotes,

J’ai l’honneur de me présenter de nouveau à vos suffrages.

Arrivé au terme de mon mandat, j’espère que vous voudrez bien reconnaître que je suis resté fidèle à la politique de modération, large et toiéraute, dont l’affirmation, en 1889, m’avait valu votre confiauce, que j’ai servi de mon mieux vos intérêts, que je n’ai épargné pour cela ni temps ni travail, m’étant consacré d’une manière exclusive et absolue à l’accomplissement de mes devoirs de député.

Je n’ai point de longue profession de foi à vous faire ; je suis ancien dans ce

pays, mes act6s et mes votes sont connus, j’ai toujours été le serviteur des mêmes causes et des mêmes principes. Ce que j’ai été, je le serai.

Etant un répabllcain de la première heure, il est superflü d’afûrmer de nouveau mon dévouement à la République, à mes amis républicains ; l^ancienneté et la force de mes convictions me permettent seulement de tendre plus loyalement la main à ceux qui viennent à la République, de leur exprimer ma joie patriotique de leur conversion, sans me reconnaître le moindre droit de leur ûxer leur place dans nos ran^ ou de la leur marcbander,

La Chambre que le pays va nommer se trouvera chargée de raissioiis graves 5 elle prendra sa part dans Téiection du Président de la République, elle aura à restaurer Tautorité du Gouvernement en Pappuyant sur une véritable majorité, c’est-à-dire sur une majorité ayant les mêmes principes politiques et poursuivant la môme politique. Cette majorité succédera à ces majorités disparates et incohérentes qui n’ont pu que constituer des gouvernements faits à leur image, c’est-à-dire vacillants et précaires, dans lesquels, au grand dommage du pays, se sont usés les hommes d’Etat les plus éminents, et grâce à la faiblesse desquels les entrepreneurs de mauvaises affaires et les fauteurs de désordre ont dû leur importance depuis quelques années. La politique de concentration, un moment nécessaire, n’a plus de raison d’être maintenant que la République et ses lois ne sont plus menacéeSî le péril véritable que nous avons à redouter, c’est îa décadence de l’autorité, c’est l’instabilité dans le gouvernement, qui seules peuvent faire renaître des aventuriers de la race boulangiste ou donner de Taudace à ces hommes soi-disant avancés et rénovateuri sociaux, pour lesquels le progrès, dans une République, consiste à se mettre au-dessus des lois.

La Chambre nouvelle aura an autre devoir impérieux ; c’est de consolider nos finances. Le budget de la France ne dépasse pas encore aes ressources,

mais il a certainement atteint sa limite extrême de surcharge; on ne saurait demander aucun nouveau sacrifice au paya sans raffaiblir* De 1887 h 1802, le Parlement a fait cPénergiques et fructueux etforts pour améliorer unesitnatioh financière compromise ; les deux derniers budgets de 1803 et 1894 n^ont pas témoigné des mêmes dispositions, les dépenses s'accroissent en mémo temps que les revenus cessent de progresser ; après le dégrèvemen t considérable efFectué par cette législature sur les transports par chemins de fer, et celui, moins important, sur la propriété non bâtie, on ne peut plus entrevoir d^autres dégrèvements qu’en perspective très lointaine. Le Gouvernement de la République a eu Phonneur d'accomplir la tâche financière la plus écrasante qui ait jamais été imposée à un régime; il a créé un formidable système de défense nationale; il a développé les travaux publics plus largement qu’à aucune autre époque; il a doté encore plus amplement l*enseignemeût à tous les degrés.

Après de pareils legs faits à ceux qui viendront après elle notre génération a droit à un peu de répit. L’avenir de nos finances est dans Parrèt immédiat des dépenses; il l’est encore davantage dans la sécurité rendue et dans la liberté laissée à ceux qui produisent et qui travaillent. 11 est malheureusement à remarquer qu’en même temps qu'on vote des lois, créant de nouveaux fonctiounaires, c’est-à-dire de nouvelles dépenses, on a voté d’autres lois qui tendent à restreindre le-travaîl- national, source de toute richesse, ou bien on a inquiété de diverses manières ceux qui s’appliquent à ce travail, U faut dire la vérité, après tant de grandes rérormês .accomplies, si i’on voulait devancer rheiire du possible et en faire de nouvelles, on ne le pourrait, en fétat budgétaire, qu’à coups de nouveaux impôts. Qui en voudrait à ce prix?

La Chambre nouvelle Bemble donc appelée à une existence plus utile qu’éeiatantü ; mais si elie sait rendre an Gouvernement son rôle et sou autorité, si elle sait gérer nos finances avec une sévérité devenue nécessaire, son temps sera plus que bien rempli et elle tiendra rvine des plus grandes places dans Phistpire de nos Assemblées, Ce n’est point à dire que celte Chambre de consolidation ne puisse procéder à une foule de ces réformes moins bruyantes, qui ne coûteront rien au budget et qui n’en seront pas moins efficaces,

La dernière Chambre a voté quelques bonnes lois sur les sociétés commerciales, sur les frais de justice, sur la saisie des salaires des ouvriers, an sujet dé laquelle on a fait cesser d'odièiix abus, et, enfin, sur la constitution de Parmée coloniale; grâce à cette dernière loi, nos jeunes soldats reeueilleront le bienfait inappréciable dè n’ôtré plus envoyés aux colonies, Parmée coloni aïe ne devau t plus être recrutée que parmi des volontaireg. Que d’autres réformes aussi bienfaisantes que peu Tetentissanles pourraient être réalisées par une Chambre calme et laborieuse î Ce que nous ne voulons plus, parce qne nous ne le pouvons plus, c’est le progrès législatif par la dépense.

Mais, en dehors de ce moyen trop facile, il reste do bien grandes choses à faire, parmi lesquelles l’en citerai deux qui me paraissent capitales : proclamer enfin par la bi la liberté d’association ; mieux organiser et facili ter la prévoyance. La liberté d’associalîon complète, n%ant pas donnée aux uns et refusée aux autres, c’est la bonne arme, Parme loyale, à opposer à la tyrannie socialiste, Mieux organiser et faciliter la prévoyance, c’est encore s’opposer à la

môme tyrannie j en procurant au plue grand nombre d^hommes possible le moyen de se relever et de posséder, C*est pourquoi je me suis appliqué d'une manière particulière^ dans la législation, à la réforme libérale des caisses d'épargne, au développement et à l'encouragement des sociétés de secours mutuels-

Les caisses d'épargne, telles qu'elles sont constituées en France, forment un péril pour l'Etat ; il faut qu'au molus, dans une modeste mesure, et à rimitatioa des plus grands pays du monde, rargent des Caisses d'épargne, qui vient de l’agriculteur et de rouvrier, aille un peu moins au Trésor et soit un peu plus employé dans la localité qui a fourni Pépargne- 11 faut également plus de liberté et plus d’encouragement aux sociétés de secours mutuels* J’ai proposé, et la Chambre a accepté, de leur abandonner certains fonds délaissés des caisses d'épargne, ce qui, à la longue, pourra leur constituer de grands avantages pour le service de leur caisse de retraite. Il reste à faire une loi sur le crédit agricole, moins pompeuse, mais plus pratique que celle qui a élé votée par la dernière Chambre, et qui serve au développement de nos escel lents syndicats agricoles*

La constitution de ia représentation agricole j la réforme dés droits iniques qui pèsent sur les petites successions et les dévorent ; la réforme de l'impôt sur les boissons, si favorable aux pays producteurs de via, peuvent également faire Pobjet de lois nouvelles sans que notre état financier en soit altéré. Mon concours absolu est depuis longtemps acquis à toutes ces lois qui ont surtout pour but d'améliorer la condition des cultivateurs et dea ouvriers.

Chers compatriotes.

Si vous m’appelez encore une fois à Phonneur de vous représenter, soyez convaincus que ce sont les idées d'ordre, de justice, de liberté pour tous, de profonde sympathie pour ceux qui souffrent, qui dicteront tous mes votes. Je croirai ainsi répondre à votre bienveillante confiance et servir de mon mieux la démocratie, la République, la France*

Edouard ÂYNARD, député sortant*

2^ circonscriptioa de LYON, M. Eugène GENET,

Élu au 2^ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Désigné par les délégués de trente-six communes de la 9^ circonscription, réunis à Givors, salle Nizîère, comme candidat à Télection législative du 20 août, je viens solliciter vos suffrages*

Je ne suis pas on inconnu pour vous : comme conseiller général* j'ai du* depuis longtemps, m^occuper des intérêts du département, et plus apécialement de ceux de la circonscription à laquelle vous appartenez.

En 1889, déjà, j* avais rhonneur de lutter contre la réaction, et, si noua n’avoas pas été vainqueursi ce n*est que grâce aux divisions qui ont surgi dans le parti républicain.

Il s'agit aujourd'hui de montrer au pays que la 9® circonscription, foncièrement républicaine, veut se ressaisir et effacer la tache humiliante de 1889.

Citoyens, ,

Le programme que je soutenais en 1889 est toujours celui que je défendrai avec la pi us grande énergie.

Il comprend, dans ses grandes lignes : Interdiction aux députés de s’occuper d'affaires financières, sous peine de se voir appliquer le désaveu public de tous les électeurs. Et, pour arriver à ces fins, je suis partisan d'une loi condamnant à une peine infamante le député qui aurait trafiqué de son mandat. Les lois scolaires doivent être, selon moi, absolumeot sauvegardées, améliorées, au point de vue du recrutement du corps enseignant.

Partisan convaincu des lois militaires, je crois qu'en ce temps de grande égalité, il faut que le temps de service soit le même pour tous, et réduit à deux ans.

Les lois sociales : Syndicats agricoles et ouvriers, bourses du travail, chambres d'agriculture, droits d’association, de réunion, caisses de retraite, etc., seront Tobjet de mes études les plus approfondies, et j'espère que la prochaine législature ne se séparera pas sans avoir voté'Ces grandes lois démocratiques qui assureront l'avenir des travailleurs de la ville comme ceux de la campagne.

Dans les réformes à accomplir, je citerai encore, au premier rang, la réforme des boissons, celle non moins importante des portes et fenêtres, la révision du cadastre, les prestations, et, enfin, la suppression des octrois, impêt inique qui pèse surtout sur la classe laborieuse et peu fortunée.

Citoyeûs,

Telles sont, rapidement esquissées, le principales réformes de mon programme.

Je prends l'engagement de les étudier sérieusement et de faire mon possible pour les faire aboutir.

D'ailleurs, si je suis votre élu, je compte sur votre concours le plus complet. Vos comités de vigilance, avec lesquels je resterait otijours eu communication (et qui sont partisans de la marche en avant) se feront les porte-paroles des électeurs de la 9“ circonscription. M'inspirant de leurs idées, je puiserai auprès d'eux, dans les moments difficiles, la conduite à tenir pour faire triompher toujours la cause républicaine.

Tels sont mes principes. S'ils sont les vôtres, ce dont je ne doute pas, vous

montrerez, dimanche, 20 août, que les électeurs de la 9= circonscription ne veulent

pas se déjuger.

Avec vos bulletins de vote, vous chasserez la réaction en un moment solennel Dû la France dit bien haut, par le suffrage universel, qu’elle veut rester libre, c’est-à-dire rêpublicaiDe,

Électeurs, j'attends votre verdict avec la plus grande confiance.

Vive la République!

Eugène GENET,

Conseiller général de Condrieu, vice-président du conseil, membre du comice agricole'de Givors,

1” circonscription de VILLEFRAKCHE.

M. Louis MILLION,

Élu au tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Depuis douze ans et à trois reprises différentes, vous m’avez fait le grand honneur de m’envoyer vous représenter à la Chambre des députés. Arrivé au terme de mon mandat, je viens vous en demander le renouvellement.

Vous me connaissez assez pour que je n'éprouve pas le besoin dé me faire recommander à vous par un congrès quelconque. C’est au suffrage universel seul, dans son libre arbitre et sa complète indépendance, qu’il appartient de juger ma conduite passée, et de décider si j’ai conservé votre confiance,

Républicain d’origine, j’éprouve une douce satisfaction de voir se réaliser, dans mon âge mûr, l’idéal que nous avions si longtemps caressé. La République est définitivement implantée en France, ses adversaires, eux-mêmes, reconnaissent l’inanité de leurs efforts et la proclament an-dessus de toute attaque.

Mais, par suite du mouvement incessant qui pousse l’humanité en avant] et auquel ne saurait se dérober une démocratie, d’autres problèmes ont surgi’ problèmes redoutables qu il serait puéril de nier. La République manquerait à son nom et â son origine si elle ne se donnait pour but de les résoudre et d’améliorer le sort des travailleurs.

Sur cette question, des utopies se sont fait jour, il faut distinguer ce qui est possible et pratique, de ce qui n’est qu'illusion généreuse, ou chimère coupable,

Jg suis U a adversaire résolu des théories anarchistes et collectivistes, mais

je pense que l'étude des questions sociales doit être poursuivie avec sollicitude

U République, qui, par son puissant ascendant moral, a su gagner 1 estime et tes sympathies do ses adversaires, aussi bieu à l’extérieur qu à intérieur, lie doit pas être un gouvernement de parti. C’est pour cela qu à la Chambre indépendant de toute coterie, aflilié à aucune secte, n obéissant qu’à ma conscience, je n’ai voulu m’iniéoder à aucun groupe parlementaire, qui ne sont destinés qu’à servir des ambitions personnelles et sont la cause de cette instabilité ministérielle incompatible avec toute réforme sérieuse.

On a dit qhe la République était le gouvernement qui nous dmsait le moins • ce n’est pas assez. Il faut que nous montrions que c’est celui qui nous unit le plus, et, pour cela, il faut nous garder d’envenmer les questions irnlantes qui introduisent dans le pays des ferments de discorde, et ne peuvent que compromettre, à l’étranger, le bon renom de la France.

La question religieuse, qui est de tout temps, et a rempli 1 histoire des siècles derniers, semble être rentrée dans une voie d’apaisemeot.

Tant que l’Église s’est posée en adversaire de nos institutions, je 1 ai combattue au grand jour. Enfant de la Révolution française, ^entends ne sacrifier aucun des droits de l’Etat qui est et doit rester laïque; mais fidèle aussi à mes origines, partisan absolu de la liberté, je la veux égale pour tous au point de

vue civil comme au point de vue religienx*

Pendant mon séjour à la Chambre, je me suis toujours abstenu de prendre part aux discussions stériles, pour me consacrer plus spécialement aux questions économiques qui touchent aux intérêts matériels et vitaux du pays. ^

Membre du conseil supérieur d’agriculture de France, depuis bmt ans, a-riculteur moi-môme, vivant au milieu de vous, connaissant vos intérêts et vos besoins, je me suis attaché à mettre cette première industrie nationale en état de lutter contre la concurrence étrangère et assurer sa prospérité. Il n’a pas dépendu de moi que cette législature ait mené à bien la réforme de l’impôt sur les boissons, car je considère le régime sous lequel nous vivons, comme u étant qu’une suite de vexations aussi bien contre le débitant et le consommateur que contre l6 prodiLClcur et ïfî viticulteur*

D'autres lois auxquelles f attache ime grande importance sont celles qui ont pour but l’extension de la compétence des juges de paix et l’organisation de l’assistance judiciaire devant leur juridiction. J’en suis le premier promoteur et j’ai été nommé président de la commission qui les a élaborées et fait adopter en première lectfire, Je crois que ces lois réaliseraient un grand bienfait pour les campagnes, car elles diminueraient les frais et abrégeraient les délais des procèB, qui ruinent ceux qui les perdent et souvent ceux qui les gagnent.

C’est par l’étude de ces questions pratiques que la République achèvera d'attirer à elle ceux qui hésitent encore à se rallier à son drapeau.

Enfin, je veux un gouvernement fort, s’appliquant à réaliser 1 équilibré du budget, inspirant à tous le respect le plus absolu des lois et frappant sans -faiblesse les fauteurs de désordres, quels que . soient leurs titres et leurs

qualités.

Mes chers concitoyens,

J’ai conscience d’avoir faii tous mes efforts pour jnstilier ta conliance que, depuis des années, vous avez mise en moi. A vous de dire si j’en suis encore digne et soyez sûrs que, quel que soit votre verdict, je n’en continuerai pas moins à me dévouer aux intérêts de l’arrondissement, du pays et de la République.

Louis MILLION,

Membre du Conseil supérieur d’agriculture de France, député sortan t.

2“ circonscription de VILLEFR ANCHE, M. L. SONNERY-MARTIN,

Élu au 2® tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Après m’éire présenté devant vous aux élections de 1880, je pensais avoir rempli tout mon devoir, et ne pas avoir à le remplir encore une fois.

J’estimais qu’un autre républicain libéral était mieux à même que moi de rallier vos suffrages.

Malheureusement pour moi, aucun de ceux que désignaient naturellement et leur compétence des affaires et leur long dévouement à la chose publique n’a cru devoir accepter la candidature.

Dans ces conditions, on me fait une obligation de me présenter de nouveau.

Je ne puis savoir si les idées de la majorité d’entre vous se sont modiflées depuis 1889.

Pour mon compte, je suis resté fidèle à ma façon de penser, et l’on avouera que les événements auxquels nous venons d’assister ne pouvaient que me confirmer dans mes anciennes convictions.

Donc,

Comme par le passé, je suis résolu à réclamer toutes les libertés, en premier lieu, la plus sacrée de toutes ! la liberté do conscience.

Comme par le passé, je demande un emploi plus honnête et plus sage des ressources nationales.

Comme par le passé, je proteste contre l’accroissement constant du budget, qui grandit chaque année, même pendant la période de paix que nous traversons.

Pas de travaux publics improductifs, pas de sinécures, pas de gaspillages!

SS

Comme par le passé, je suis partisan dVn goovemement fort, sachaut nettement ce qu*il veut, et ne se iaissant pas conduire aux hasards des incidents parlementaires*

Comme par la passé, jVstima que le but principal auquel doivent tendre tons les efforts est ramêlioralion du sort des cuhivateurs et des ouvriers*

Enfin, comme par le passé, je veux travailler à rapaisemeni des esprits, Assea: longtemps les passions politiques et religieuses ont divisé la nation, émiettant et stérilisant les ressources merveilleuses qui sont f apanage et rbonneur de notre race.

Depuis les élections du â juillet 1871, époque à laquelle la France a nettement et librement affirmé ses préférences ©n envoyant à l’Assemblée nationale cent onze républicains contre iin seul monarchiste, ma conviction a toujours été que le devoir de tous les patriotes éclairés était de suivre le grand mouvement démocratique qui entraînait le pays vers la République,

C’est pour cela que, lors des dernières élections de 1889, j’ai formellement refusé Fappuî qui m’était offert parles comités boulangisies*

Mais, ne rotiblions pas, la République ne peut constituer à elle seule une panacée universel le, c’est un gouvernement comme les autres, qui a Ifesoin d’être dirigé', et j’estime qu’il doit Tôtre suivant les principes d’ordre et de véritable liberté.

Sans ces principes, pas de prospérité h l’intérieiir, pas de tranquillité ni de prestige au dehors.

Électeurs,

Je vous ai parlé suivant ma conscience, h vous maintenant d*agir suivant la vôtre, au mieux de vos intérêts et de ceux du paya.

L, SONNERY-MARTIN, Conseiller général du Rhône.

SAONE (HAUTE-)

Circonscription de GRAY.

M. Maurice SIGNARD,

Élu au 1'^ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

C’est avec la conscience d’avoir scrupuleusement rempli le mandat que vous m’avez fait l’honneur de me confler que je viens de nouveau me nrésenter à vos suffrages.

Inébranlablement attaché à la grande cause républicaine, — qui est la

cause du peuple, - mes convictions n’ont à se reprocher ni une défaillance ni um compromission.

Serviteur dévoué de la démocratie, je ne me suis inspiré, en toutes circonstances, que de l’intérét supérieur de la République, — des intérêts de nos vaiUanteg populations ouvrière b*

Car, en dépit des fauteurs d'obstruction, et malgré l’acharnement suspect de ses détracteurs, cette dernière législature a poursuivi et résolu d’importantes refurmes économiques et sociales ;

Unification du budget, dégrèvement de l’impôt foncier, abaissement des tarifs de chemin de fer, extension des droits protecteurs de l’agriculture, organisation du Crédit agricole et populaire, réforme des frais de ju.5tiC0, des prèstarions, des patentes, protection de la santé publique, institution de l’assistance médicale gratuite, recrutement de l’armée coloniale .

Sans doute, il reste beaucoup à faire, et vos légitimes revendications réclament encore, parmi les réformes les plus urgentes, — une large réduction des cadres pléthoriques de notre armée de fonctionnaires, — une plus juste proporlionnalité des impôts, — la révision des évaluations cadastrales, l’abro¬

gation de la dîme inquisitoriale qui pèse sur les boissons hygiéniques, — ia garantie du privilège des bouilleurs de cru, qui ne saurait' exclure l’active répression de la fraude, — la simplification de notre vieille procédure si onéreuse aux justiciables, — l’amélioration du sort des travailleurs, des humbles et des faibles.

C’est avec cette ferme asaurance, avec lo sentiment do vos aspirations et de vos besoins jusiiliés, que vous me trouverez, — fidèie à mon passé, respectueux de votre volonté souveraine, — prêt à marcher avec voua dans la voie indéfinie du progrès.

Électeurs,

Ensemble nous avons combattu et repoussé l’assaut de la coalition boulan gis tel

Une coalition nouvelle menace les institutions que le pays s’est librement données, — plus dangereuse peut-être, parce qu’elle procède par insinuation et se déguise sous le masque hypocrite de « ralliés ».

Ce qu’elle veut, c’est arrêter notre marche en avant, déchirer nos lois scolaires et militaires, nous spolier par ta ruse des libertés qu’elle est impuissante à nous ravir par la force I

Ce ténébreux complot, votre patriotisme le déjouera 1

Une fois de plus, le scrutin du 20 août vous trouvera debout et unis pour la France et pour la République I

Qu’elles vivent 1

Docteur Maurice SIGNARD, député sortant.

i’” circonscription de LURE.

M. Georges CHAUDEY,

Élu au l®’ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Au mois d’avril dernier, dans des circonstances qui attiraient sur vous l’attention du pays tout entier, vous avez, à une majorité qui n’avait jamais été atteinte, affirmé sur mon nom votre attachement inébranlable aux institutions républicaines.

Après trois mois de légi.slature, pendant lesquels j’ai dû m’initier à la vie parlementaire, je viens solliciter de nouveau vos suffrages.

La République, aujourd’hui incontestée, est devenue le gouvernement de tous, le gouvernement définitif de la France.

Décidé à défendre énergiquement les institutions qui sont l’essence du régime républicain, telles que la loi militaire, établissant l’égalité dans l’accomplissement des devoirs de chaque citoyen envers la patrie, et la loi scolaire qui, en donnant à tous l’instruction pécessaire, sauvegarde en môme temps le pria-

cipe inviolable de la liberté de conscience, j*estîme que, désormais, sûrs de notre force, noos devons aborder résolûmes Texamen des réformes depuis longtemps attendues par la démocratie.

Au premier rang de cea réformes, je place le remaniement complet et absolu de notre système d*imp6ts.

Tous les citoyens doivent contribuer aux chargea du pays, mais ils doivent y contribuer proportionnellement à leurs ressources et à leur fortune.

L’impôt des prestations pèse uniquement sur les habitants des campagnes. Il doit être remplacé par une taxe qui, atteignant tous les contribuables, sera plus équitable et moins lourde.

La loi sur le régime des boissons sera soumise à Texamen de la Chambre dès le commenceinent de la législature. En môme temps que je voterai la suppression de l’exercice chez les débitants, je soutiendrai très fermement le droit qu’ont les bouilleurs de cru de disposer, pour leur usage personnel, des fruits qu’ils récoltent.

Soucieux des intérêts des cultivateurs, qui sont dignes de toute la sollicitude des pouvoirs publics, je suis partisan du mainiîeo des droits de douane établis sur tons les produits agricoles, aussi bien que ceux établis sur les pro^ duits de 1 industrie. Je m’associerai à toutes les mesures de nature à rendre définitive l’organisation du Crédit agricole populaire, dont le principe est déjà établi par un vote de la Chambre*

Je crois également indispensable de porter mon attention sur les besoins de la classe ouvrière, en faveur de laquelle il reste encore à instituer des caisses de secours et de retraite, alimeiitées parla contribution simultanée et naturelle des ouvriers et des patrons.

Tel est, mes chers concitoyens, dans ses grandes lignes, le programme de réformes qui me semble former un champ d’études suffisant pour la prochaine législature.

Je vous demande de vouloir bien me continuer votre confiance, et je ne veux vous faire qu’une seule promesse, celle de mettre au service de vos in té* rôts toute mon activité et tout mon dévouemeot, bien décidé à rester toujours en dehors de toutes espèces de coteries, à ne servir aucune politique de rancunes ou do divisions personnelles, et à ne m’inspirer Jamais que des sentiments de liberté, d’égalité et d’équité.

J’ai la certitude que, le 20 août prochain, vous continuerez votre œuvre du 16 avril dernier, en témoignant une fois de plus, par le nombre imposant de vos suffrages, votre dévouement inaltérable à la République,

Vive la France ! Vive la République I

Georges CHÂUDET,

Député sortant*

2^ circonscription de LURE* M. Henri LEBRUN,

Élu au 1*’^ tour de scrutin*

Chers concitoyens.

Je ne suis pas pour tous uii inconutiî en 1889, désigné, à i'unanimité, candidat à la députation par le congrès républicain de Luxeoit, tous m’accordiez à cette époque près de 7*000 suffrages contre 8.000 donnés à l’honorable M. Bezanson, candidat conservatèur. Vu la position sociale, les nombreux services rendus par mon compétiteur, j’ai pu être ûer de Timposante minorité que j’ai obtenue*

Mes amis prétendent que si j’ai, été k la peine je dois être à rhonneur, aussi je û’hêsite pas à solliciter de nouveau vos suffrages.

Républicain sans épithète, je crois utile de vous faire une profession de foi qui serait en tous points conforme à celle que. je vous adressais en 1889*

Je mécontenterai do vous dire que, respectueux de toutes les croyances, il convient de laisser chacun libre d’agir selon sa conscience.

Président du comice agricole de Saint-Loup-Vauvillers, depuis la mort du sympathique Gaston Marquisat; manufacturier à Saint-Loup, c’est vous dire quel intérêt j’attache à tout ce qui touche à Pagriculture et au bien-être du travailleur de la terre et de riiidnsli io.

Si TOUS me faites Phonneur de m’envoyer siéger à la Chambre, je m’engage à demander :

l" La réfection du cadastre, qui réduira sensiblement pour nous l’impôt foncier î

2^ Le remplacement de la prestation par un impôt plus équitable î

S® Le maintien absolu du privilège des bouillem s de cru ;

4” La création de syndicats agricoles, de caisses de prêts, de secours et de relraites pour les petits cultivateurs et les petites bourses, l’assistance publique dans les campagnes ;

5® Une loi protégeant les ouvriers contre les accidenta ;

ô'" La révision du Code de procédure, pour diminuer les frais de justice, qui sont exorbitants, et, par suite, augmentation de la compétence des juges de paix;

7“ Une loi permettant aux enfants d’aller à l’école primaire jusqu’à l’âge de quinze ans;

8® La préférence^accordée, dans les travaux de l’État, aux ouvriers français, sur les ouvriers étrangers ;

ô*’ La suppression de la nécessité de s’inscrire en faux contre les procès-

verbaux on matière de conlraventionB relatives aux boissons; retour au droit commun ;

10" Le remaniement général de l’impôt, dans le sens démocratique, de telle sorte qu’il frappe proportionnellement selon la fortune de chacun;

11* Une protection efficace pour l’agriculture, le commerce et l’industrie. Telles sont, mes chers concitoyens, les grandes lignes de mon programme. J’espère qu’elles vous satisferont et que vous voudrez bien m’accorder vos suffrages et me faire l’honneur d’aller vous représenter à la Chambre.

Vive la République I

Henri LEBRUN,

Manufacturier, maite de Saint-Loup,

Conseiller général,

Président du comice agricole de Saïnt-Loup-Vauvillers,

Circonscription de VESOUL.

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