M- H.-P.-E, FRANC
Élu an 1"' tour de scrutin.
Chers concitoyens.
Le congés républicain tenu à Charolles, le 6 août, par les délégués des
DOtrs circonscription, m’a fait l’honneur de me désigner comme candidat à I élection législative du 20 août^
Je viens, en conséquence, vous demander le renouvellement du mandat que vous m’avez confié en 1891 .
Je me permets de croire que voua me connaissez assez pour que je n’aie pas besoin de vous faire un long exposé de principes.
Républicain convaincu, je serai toujours l’adversaire déclaré du pouvoir personnel et le gardien vigilant de nos îastiLutions.
Respectueux de toutes les croyances, mais fermement résolu à maintenir l’Église, — toutes les Églises, — dans le cercle de leurs attributions, je pense que les lois dont la République a doté le pays, je veux dire spécialement les lois Epolaireet militaire, doivent être scrupuleusement maintenues et recevoir intégralement leur application.
C'est à ce prix seulement que nous garantirons les droits -supérieurs de la société civile, condition indispensab^ au bon fonctionnement de toute démocratie.
J’ajoute que, dans ma pensée, c’est à ces points principaux que le peuple doit s’attacher pour le choix de ses représentants.
Ouil St un candidat fait des réserves sur ces questions essentielles, s'il n’accepte pas déOnilivement la laïcité, la gratuité, l’obligation, bases du régime scolaire ; si, au point de vue militaire, il ne- proclame pas la nécessité du service pour tous sans distinction, sur le pied de la plus parfaite égalité, celui-là peut se parer de l’étiquette républicaine. Je dis. moi : il n’est pas républicain,
Si vous m’honorez de votre confiance, je suis prêt à voter toutes les lois, toutes les mesures ayant pour objet l’amélioration de sort de nos travailleurs des villes et des campagnes.
La République se manquerait à elle-même si la Justice sociale n’était pas au premier rang de ses aspirations.
Mois les solutions de cette nature doivent être librement et soigneusement étudiées. Aucune réforme n’est mûre si elle u’a pas été préalablement sanctionnée par l’opinion publique.
Dans une République où chaque citoyen concourt, par sou bulletin de vote, à la confection des lois, le respect de la légalité est le premier de tous les devoirs, et l’appel à la violence est un crime de lése-natioa.
Les derniers temps de la législature qui prend fin ont été troublés par d’abominables scandales. Perfidement exploitée par les éternels ennemis des institutions républicaines, cette situation a frappé de stérilité; depuis de longs mois, les délibérations du Parlement.
C’est ainsi qu’ont avorté ou n’ont pu être menées à fin : la réforme du régime des boissons, la réforme de l’impêt des portes et fenêtres, la réforme des patentes, la révision de l’impôt foncier proprement dit, l’organisation du crédit agricole, la loi destinée à protéger les ouvriers contre les accidents du travail, et d’autres encore, dont la réalisation est urgente et que les pouvoirs publics devront mettre au premier rang de leurs préoccupations.
Ce sera le premier devoir de vos futurs mandataires, et je suis sûr qu’ils ü’y failliront pas.
Débarrassés de tous ces scandales, décidés dans tous les cas à couper court aux manœuvres do l’esprit de réaction, appuyés sur le sentiment du pays, affranchis de toute crainte extérieure, assurés de l’alliance d’une grande nation dont les témoignages d'amitié envers la Frauce ne se comptent plus, vos
représentants trouveront libre et ouverte devant eux la route de la justice et du progrès.
Vous pouvez compter, pour s’engager dans cette voie, sur une majorité ferme et résolue. De cette majorité-là, si j'ai l’honneur d’être votre député, comptez que j’en serai.
H.-P.-E, FRANC, député sortant, Conseiller général de Semnr-en-Brionnais,
2° circonscription de CHAROLLES.
M. F. SABRIEN,
Élu au 1" tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
Désigné de nouveau comme candidat à l’élection législative par les délégués républicains des communes, je viens solliciter vos suffrages et vous demander de me continuer votre conflance.
La République est aujourd’hui indiscutée. Les anciens partis monarchistes - impuissants à la détruire se résignent à l’accepter.
A l’extérieur, la paix parait assurée, et la France, appuyée par une armée nombreuse et disciplinée, fortifiée par l’alliance d’un grand peuple, peut envisager sans crainte toutes les éventualités.
L’heure est donc favorable pour consacrer notre activité aux réformes intérieures.
Exercer un contrôle vigilant et sévère sur les dépenses publiques j assurer l’équilibre du budget et l’amortissement progressif de la dette sans augmenter les charges déjà trop lourdes qui pèsent sur le contribuable.
Réformer notre système suranné d’impôt en faisant payer ceux-là seulement qui possèdent et en proportion de ce qu’ils possèdent.
Faire aboutir la réforme de la loi sur les boissons.
Préciser et limiter les droits financiers du Sénat, pour éviter les confiits entre les deux Chambres.
Accorder à tous la liberté d’association, sans porter atteinte aux droits de ' la société civile.
Relever et encourager l’agriculture par de larges subventions pour l’élevage, par le développement de l’enseignement agricole et par la création d’une insti- '^tution de crédit procurant à bas prix l’argent nécessaire aux agriculteurs pour améliorer leur cu^ure et obtenir du sol des produits rémunérateurs.
Diminuer les droits d’earogistrement sur la transmission de la propriété rurale.
Étendre aux régions déshéritées le réseau de nos chcmios de fer.
Développer les institutions de prévoyance et d’assiatance.}
Améliorer les conditions du travail et assurer des retraites aux invalides de la maladie et de la vieillesse, par la création d’une caisse de retraites subven-
tionnée par FEtat et les communes.
Poursuivre, en un mot, le progrès sous toutes ses formes en introduisant dans nos lois plus de justice pour ceux qai souffrent et que la fortune a désarmés dans [a lutte pour l’existence.
Telle est suivant moi l'œuvre qui sTmpose à la prochaine législature.
Vous me connaissez depuis longtemps, je crois avoir servi utilement et fidèlement les intérêts de la République, de notre département, la cause de la démocratie, du progrès, de la justice.
Si vous m’Iionorez de vos suffrages, mon passé vous offre toute garantie pour l’avenir. “