M. J. MERCIER
Élu au 1“ tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
^ Le comité républicain de l’arrondissement de Vesoul m’a demandé de continuer à être le représentant de la politique progressiste nettement et loyalement républicaine que j'ai toujours défendue.
J’y ai consenti et ma candidature est de nouveau présentée à vos suffrages.
Député depuis le 28 janvier 1888, j’ai conscience d’avoir été un mandataire indépendant et fidèle, et d’avoir rempli tout mon devoir en toute occasion et, notamment, dans les circonstances les plus pénibles qui ont attristé la fin de la dernière législature.
Tout ce que j’avais de force, d’intelligence, de dévouement et d’abnégation a été mis au service de mes chers compatriotes. Tous savent d’ailleurs qu’ils me feront toujours plaisir lorsqu’ils voudront bien me procurer l’occasion de chercher à leur être utile,
J ai en, depuis près de six ans, la bonne fortune d’être mis en relations avec la plupart d’entre vous. Vous me connaissez comme je vous connais et je n’ai ^as à répondre aux attaques et aux insinuations mal veillantes dont j’ai été l’objet; je me contente de dire à mes adversaires que je puis livrer sans crainte à l’examen le plus sévère et le plus minutieux toute ma vie publique et privée, ainsi que tous mes actes. .
Voici d’ailleurs quelles sont mes aspirations :
La République nous a donné ia liberté et 1* égalité ; il faut qu’ello amène le règne de la solidarité et de 3a fraternité.
Aussi, toutes les questions qui intéressent à un si haut degré notre démocratie, justement impatiente de progrès, continueront h être l’objet de mes préoccupations coDStantes :
La protection due à Ragricuitiire et au travail national ;
Le dégrèvement de l’impôt foncier;
L'établissement d'un crédit agricole ;
Le maintien du droit des bouilleurs de cm ;
L’exécution des travaux publics nécessaires;
L’amélioration de notre système administratif et fiscal ;
Une répartition plus rationnelle et plus équitable des charges publiques entre les citoyens, selon leurs facultés, leurs ressources, leur revenu;
L’impôt établi sur l’oisiveté plutôt que sur le travail ;
Les moyens d’existence garantis aux ouvriers blessés;
Une pension de retraite assurée aux anciens ^ouvriers incapables de travail;
Une assistance suffisante venant en aide aux pauvres, enfants, malades ou infirmes ;
L’amélioration du sort des petits et des humbles.
En résumé, je resterai fidèle aux priDcipes d’honneur, de travail et de solidarité que j’ai constamment pratiqués, dans l’armée comme dans la vie civile, dans mon industrie comme dans ma chère commune, au Conseil général comme au Parlement.
Ces principes méritent, d’ailleurs, de grouper sincèrement, loyalement et résolument tous les Français sous le drapeau démocratique, dont la garde d'honneur ne devra jamais être confiée qu’aux républicains ayant fait leurs preuves. II y va du bien général, de la grandeur et de la prospérité de la patrie.
Vous irez donc au scrutin, le 20 août, mes chers concitoyens, en disant avec moi :
En avant, pour le progrès démocratique et social, et Vive la République !
h MERCIER,
Chevalier de la Légion d’honneur, industrie!, maire de Passavant, président du Conseil général, président de la Société d’encouragement à ragrlculture et du Comice agricole de lussey, membre de la Chambre de commerce, député sortant.
SAONE-ET-LOIRE
r® circonscription d’AUTUN.
M. A. MÂGNiEN,
Élu au l" tour de scrutin.
Citoyens!
Dans la réunion-congrès du 31 juillet dernier, le comité central 'républicain de lai™ circonscription d’Autun m’a fait l’insigne honneur de me désigner
à vos suffrages comme seul candidat républicain pour les élections législatives du 20 août 1893.
J’ai accepté cette candidature en me plaçant sous le haut patronage du comité central républicain, je viens avec conüance solliciter le jenouvellement d’un mandat dont, par deux fois déjà, vous avez bien voulu m’honorer en 1885 et en 1889.
Mon programme vous est connu, et vous avez pu juger par ma conduite politique, pendant les deux législatures, que j’y suis resté complètement Adèle.
Je le résumerai donc en quelques mots :
La .République est esseutielleinent un gouvernement de progrès, d’où la nécessité de faire aboutir, dans l’ordre politique, économique et social, toutes les réformes demandées dans les cahiers électoraux, mais dont un petit nombre seulement a pu être obtenu.
Demander au Parlement la refonte de notre système d’impôts, de façon à ne faire supporter les charges de l’Etat pour les coutribuàbles, que proportionnellement à leurs ressources.
Diminuer 1 impôt foncier, qui pèse trop lourdement sur l’agriculture et n’est plus et! rapport avec la valeur vénale de la terre;
Reprendre et mener à bonne fin la réforme de l’impôt sur les boissons et de celui des portes et fenêtres ; continuer, sans trêve, l’œuvre sociale largement commencée, en faisant de bonnes lois qui puissent améliorer le 'Sort des travailleurs dans le présent, et leur assurer dans l’avenir une retraite suffisante pour mettre leur vieillesse à l’abri du besoin.
Chercher par le partage des bénéfices à amener l’entente nécessaire entre le capital et le travail.
Au poiîit de vue religieux, revendiquer hautement la liberté de conscience pour tous les citoyens à quelque religion qu’ils appartiennent, et, pour arriver à ce résultat^ se bâter de faire une loi sur les associations, préliminaire indispensable de la séparation des Églises et dé TÉtat,
Continuer la réforme judiciaire tendant à obtenir à la fois une justice plus prompte et moins coûteuse.
Rechercher réconomie dans nos budgets, tout [en dotant largement les services qui sont plus particulièrement chargés de veiller à la sécurité de la patrie et mainienir le renom glorieux de la France.
Enfin, pour faciliter Téclosion de toutes les réformes, ne pas hésiter à chercher, dans la révision sagement démocratique de la Constitution, le seul moyen d’obtenir un travail parlementaire plus rapide et, par suite, plus fécond.
Électeurs,
Les emiemis de la République, quoi qu’en puissent dire les prétendus ralliés, n’ont pas désarmé*
Déguisant leur rancune sous le masque républicain, ils espèrent tromper votre vigilance et surprendre votre bonne foi, en cachant hypocritement et leurs tendances et leur drapeau.
Cette nouvelle tactique, aussi peu loyale que celle employée par eux en 1889, vous saurez la déjouer; et les élections du 2Û août 1893 coosacreront une nouvelle et décisive victoire pour la France républicaine et démocratique*
Vive la République!
A, MAGNÏEIH, député sortant,
Candidat républicain désigné par le comité central républicain.
2" circonscription d’AUTUN*
M. Henri SCHNEIDER,
Élu au tour de scrutin.
Messieurs ,
Vous m’avez donné, en 1889, par le nombre de vos suftrages, une éclatante marque de confiance.
Quelques années de plus ont encore grandi mon amour de votre sol, de votre industrie, de votre agriculture, de votre commerce* Elles ont fortifié mon aspiration à Tordre, à la paix, à la liberté et mon éloignement pour les intrigues politiques et financières*
Ennemi des révolutions, je crois qu’une administration juste, ferme, économe, bienveiliante pour tous, est nécessaire à la France î plus d’impôts nouveaux, plus d’oppression,
Je crois que notre production nationale doit être protégée au dedans et encouragée dans son expansion au dehors.
Je crois qu’ii faut suivre une politique étrangère loyalement pacifique, mais D’abandonner rien de nos droits, ni de notre dignité.
Je crois qu’il est temps d’obtenir enfin une pacification sincère : nous voulons remplir tous nos devoirs de citoyens, sans abdiquer les droits de nos consciences.
J’espère vous avoir montré déjà mon dévouement à vos intérêts. Si vous renouvelez mon mandai, vous me donnerez le moyen de vous prouver encore mon fidèle attachement.
Votre dévoué,
Henri SCHNEIDER.
1" circonscriptioa de CHALON-SUR-SAONE.
M. Charles BOYSSET,
Élu au 1“ tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Je voua demande de me continuer le mandat d’honneur que, depuis si longtemps, vous m’avez conféré à travers les vicissitudes politiques que nous'avons eu à subir.
Vous me connaissez. — Je suis aujourd'hui ce que j’étais hier, ce que j’ai été toute ma vie, l’homme du progrès, de la justice et de la liberté. — à mes périls et risques.
11 y a quatre ans, je vous disais t
a Fils de ^89, j’estime qti’il est temps de reprendre Fœuvre de nos pères immortels, de la compléter, de la développer, d’aciiever ce qu’ils n’ont pu faire d’organiser, en un mot, la société moderne au lieu de languir à travers les ruines d’un passé brisé depuis un siècle.
« J’estime qu’il est temps d’établir la République sur des bases fermes et rationnelles i non pas que cette installation puisse s'effectuer en un jour et sans efforts, car les dilflcultês abondent, mais il importe de condamner hautement et officiellement les institutions surannées et vicieuses, de marquer à grands traits les lignes principales des institutions qui doivent les remplacer, et de poursuivre avec une fermeté patiente, la réalisation graduelle de ta transformation nécessaire.
« Hors de là, dous courons aux commotions et aux catastrophes, et ce ne
sont pas seulement nos libertés^ si chèrement conquises, qui sont en jeUj ce sont nos intÔTôtSj c’est Tordre, c'est la vie même de la nation, n
Je n^ai point à modifier aujourd’hui ce langage* Non seulement aucune amélioration importante ne s'est produite, mais de honteux scandales ont éclaté* Le découragement, Tirritation, la défiance sont à l'ordre du jour.
Certes, la République de 1S70 a fait plusieurs grandes choses, il faut le redire :
Elle a dégagé les libertés si longtemps étouffées par les monarchies;
Elle a fondé Tinstruction nationale;
Elle a organisé Tarmée et mis sur pied quatre millions de soldats admirables, prêts à défendre la patrie ;
Elle a fortifié Toutillage de paix, ToutUlagé industriel et commercial t ports, fleuves, routes, canaux, chemins de fer.
Mais tout n est pas fini; il faut réformer et simplifier les rouages administratifs et réaliser ainsi Téternelle utopie des économies budgétaires, par la suppression des méthodes surannées et des fonctionna îres inutiles : — il faut affranchir et développer la vie communale aujourd'hui si étrangement emprisonnée dans la camisole do protection gouvernemeiitaie; — il faut substituer Timpôt proportionnel, seul équitable, à cette multitude de taxes indirectes qui écrasent nos maigres^ bourses, et procurer ainsi à la France travailleuse on îmmetise et fécond soulagement; — il faut résolument euYisager les questions sociales et, au lieu de frapper de suspicion les syndicats, les associations, la mutualité, il faut en favoriser Torganisation régulière, les admettre comme les organes nécessaires de la société moderne, seuls capables de résoudre sans secousses les difficultés graves qui nous assiègent, de plus en plus serrées et pressantes, dans Je domaine de Tagricukure, du commerce et de Tindustrie; — il faut enfin se résoudre à séparer TlSglise de TÉtat au grand profit de nos finances, de la justice et de la paix sociale.
Tel a été mon perpétuel programme, en parfait accord avec vous, mes chers concitoyens* Tels ont été mes perpétuels efforts, par Taction, par la parole, par les écrits. Et si ces grandes réformes n'ont pas été accomplies, c’est que des résistances intéressées ou aveugles se sont dressées contre nous, c'est que les paroles données ont été méconnues et violées, c'est que le régime parlementaire, tel qu4i fonctionne aujourd'hui, appelle des modifications profondes,** Révision I Révision 1 c'est ce que nous crions depuis quinze années I Oui, les difficultés sont indéniables, mais il faut les vaincre* k l'intérieur, Timpatience s'accroît; les protestations populaires s'élèvent de plus on plus violentes*
A Texlérieur, fermentent les haines acharnées et jalouses.
Unissons-nous. Fondons la République sur de fortes bases. Que chacun lui apporte son effort, son éuergie, son dévouement. Je fais appel à tous.
Quant à moi, ce que j'ai fait dans le passé, je le ferai dans l'avenir, jusqu'à mon dernier souffle, pour la grandeur et la prospérité de la patrie*
Vive la République!
Charles BOYSSET, député sortant-
2'^ circonscriptîon de CHALON-SUR-SAONE* M* Léon GILLOT,
Élu au l^ ’tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
En 1889, vous m^avez fait rhouneur de me désigner pour vous représenter au Parlement; je Tiens solliciter le renouvellemeDt de ce mandat
Vous me connaissez tous.
Par mes actes politiques dans le département, depuis douze ans, eipîus particulièrement pendant les quatre années de cette législature, voua avez pu juger de la fermeté de mes convictions répubiicaines et de ma fidélité aux engagements contractés pour faire aboutir les réformes réclamées par la démocrtie.
C^est ainsi qu'avec plusieurs de mes coUègiies j*ai pris rinitiarive de la loi qui a rétabli la vaine pâture;
Que j^ai voté le dégrèvement de Timpôt foncier;
La réduction des tarifs des chemins de fer;
Le nouveau tarif des douanes, qui affranchira notre agriculture des conséquences désastreuses créées par les funestes traités de 1860;
Les lois sociales sur le travail des femmes et des enfants employés dans les manufactures;
Les délégués mineurs ;
Les associations ouvrières ;
L'assistance médicale gratuite ;
La loi des cadres ;
Lacréaiion de Parmée coloniale (qui vient d'être promulguée) et qui assure le recrutement des troupes de ïa marine par des engagements volontaires et non plus par les premiers numéros du contingent, etc.
Républicain, je répudie toutes les épithètes qui, en divisant les hommes de bonne volonté, retardent Pheore des réformes et entretiennent les espérances d'adversaires qui, bien qu'abandonnés parleurs troupes, ne consent iront jamais à désarmer.
Comme eu Î8S9, je veux la révision de la Constitution par une majorité républicaine, non pas pour obtenir la suppression du Sénat, mais pour modifier ses attributions et mettre un terme à ces conflits qui lassent Popinion et nuisent au régime parlementaire.
L'attitude de certains prélats durant ces dernières années, Pimmixtion du clergé dans les luttes politiques, montrent aux moins clairvoyants que le Con-
cordât n’est plus accepté par personne, que sa dénonciation s’impose à l’attention des législateurs, de même que. l’étude des lois qui doivent régler les rapporta entre le clergé et l’État.
Électeurs,
La première réforme à opérer par la nouvelle Chambre est celle de son règlement, dans le but d’obtenir une meilleure méthode de travail, de mettre ün aux tentatives d’obstruction et d’une foule d’autres abus.
Partisan d’une liberté absolue, j’estime cependant que cette liberté ne peut s’exercer que sous le contrôle des lois.
Le respect de la loi est la garantie suprême d’un pays civilisé.
Le Gouvernement a pour devoir d’en faire l'application avec impartialité, modération, mais avec une fermeté inébranlable contre les citoyens quels qu’ils soient qui voudraient se placer au-dessus d’elle.
Enfin, la reprise de la réforme de la loi des boissons, dont vous connaissez toutes les mésaventures, les lois ouvrières, agricoles et les réformes fiscales
dont je ne peux vous faire l’énumération dans cette déclaration déjà trop longue. ^
G’esLàceiteceuYrecoasidérablequejecon8acreraitoutemonactivité,toutmon
dévouement, si, au scrutin du 20 août, vous décidez que j’ai conservé et mérité toute votre confiance.
Vive la France I
Vive la Bépnblique 1
Léon GILLOT, député sortant, conseiller général.
Secrétaire général de l’I/nioTi aÿricole et viticole.
1« circonscription de GHAROLLES.