‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 188 sur 266 · SARTHE · texte numérisé non relu

SARTHE

Circonsciiption de LA FLÈCHE.

M. Léon LEGLLDIG,

Èiu aii tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Vous n’avez pas oublié la lutte de 18S9, C’était le combat pour la vie. Nous avions alors à défendre rexistence même de la République.

Aujourd’huij la République est devenue le Gouvernement incontesté du pays. Ceuxdà même qui tentaient d’en saper les bases se résignent à la subir.

Sans doute la crainte d’être submergés par Fimmense courant qui vient à nous a été pour nos adversaires le commencement de la sagesse, et nous ne devooa nous faire aucune illusion sur les mobiles de leur adhésion au régime républicain.

Pourtant ccite politique nouvelle ne doit ni nous laisser indifférents ni tromper notre vigilance.

Elle nous prouve, — et sous ce rapport nous devons noua en réjouir, — que la République, désormais assise sur des bases inébranlables, n’a plus rien à redouter de Fattaque de front de ses adversaires. Mais elle nous dit de nous déOer des mouvements tournants, en même temps qu’elle nous impose FobligaîiOLi de veiller toujours. Et si nous devons, dans la direction des affaires publiques, noua efforcer d’attirer à nous les soldats de l’armée monarchique en déroute, la pîudeuce nous commande de ne conüer la garde de notre drapeau qu’à ceux dont le cœur a toujours battu pour la République.

La République n’est pas une étape où les partis vaincus puissent, — Fombre dea libertés que nous leur avons largement données,-- attendre paisiblement le retour et la réalisation d’espérances qu’ils n’ont point abandonnées.

Elle repose sur des idées, des principes, des doctrines qui en constituent la base et sont sa raison d’être.

Aimer, vouloir la République, c’est être prêté défendre ces idées, à les soutenir et à les propager.

Le pays, quelque décidé qu’il soit à briser avec les utopistes et les idéologues

qui compromettraient la fortune publique en môme temps que la patrie fran çaise, n entend pas moins se passer des alliances équivoques^qui, uL fois mai

Il veut un gouyernement durable, dont l’autorité, appuyée sur une armée fortement constituée, impose le respect au dehors, et dont l'hounéteté don^ coDÛance au dedans au monde agricole, industriel et commercial

Mais 11 pense que les grands intérêts sociaux qui domineront la prochaine

md ^es questions constitutionnelles ou religieuses

q gi eraient sans profit la nation, — former la plate-forme d’une majorité capable d assurer la durée de ce gouvernement.

Nous continuerons ainsi l’œuvre commencée.

L’agriculture, aidée par les tarifs de douane votés dans la dernière léeisla tnre trouvera dans le crédit agricole de nouvelles facilités pour augLnter t

iïun con^ r™**' apportera de plus en

trop "rure^d^n

trop I entourer de notre sollicitude. Et si la réforme des boissons, que j’ai nemeS a^Pm-remcT' se présentait, revien t prochai-

lonté, de toucher au privilège des houilleurs de cru,

l'assistance médicale gratuite dans les campagnes, sur les e prévoyance, sur l’hygiène des ouvriers, sont autant de pas importants

fin, montrer que nous nous préoccupons sincèrement des questions ouvrières

Enfin, Il nous faudra compléter la réforme fiscale que nous avons engaeée tune^^Tr charges de chaque contribuable à sa for-

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tuer à k ('hâmhre'”™”’ nous elüjroer de consli-

. . , riiîc majorité républicaine destinée é soutenir un Gouverne-

ment vraiment républicain, et que, fort de l'appui unanime du congrès qui m’a désigné à vos suffrages, j’adresse^mes chers concitoyens, un nouveUppd à la confiance dont vous m’aves déjà par troisfois honoré.

Léon LEGLUDIC, conseiller général, aire de Sablé, président de la Société des agriculteurs de la Sarthe, Député sortant.

circonscription de MAMEHS.

M. LA ROCHEFOUCAULD, duc de ÛÜUDEAUViLLE, Élu au 1®^ tour de scrutia.

Monsieur et cher concitoyen.

Aux inepties débitées ou imprimées sur mon compte, je ne veux répondre que par le dédain.

Au moment où la question financière est si grave et où la moralité publique a tant souffert de ces tristes affaires du Panama ^ vous ne retirerez pas à votre ancien député la confiance que vous lui témoignez depuis vingt-deux ans.

Vous ne lui préférerez pas un nouveau venu dans le département, qui n’a d’autre raison d'y paraître que d'être le candidat officiel de M, le préfet

Mon dévouement vous est acquis. Vous me connaissez tous. Protecteur de Pagriculture, défenseur du commerce et de Fîndustrie, avant tout» ami de l'ouvrier, moa passé vous garantît mon avenir.

Comptez sur moi comme je compte sur vous.

Votre tout dévoué député,

LA ROCHEFOUCAULD, duc de DOÜDEAUVILLE,

2° circonscription de MAMERS.

M. d'AlLLlÈRES,

Élu au !**■ tour de scrutin.

Messieurs et chers concitoyens,

Quand, depuis douze ans, on a eu l’honneur de vous représenter, il semble qu'une profession de foi ne soit pas nécessaire.

Ce n’est plus sur des promesses que vous avez à me juger : c'est sur mes actes.

Vous m’avez toujours vu, ennemi de tout parti pris et de toute opposition

systématique^ n/avoir dans mes votes autre souci que celui de la justice et de vos intérêts.

Le soin de vos finances, Téquilibre du budget, les économies nécessaires, un terme mis aux emprunts et Famortissemeut de notre dette, tel a été l'objet de mes incessantes réclamations*

L^agriculture est la source de notre richesse nationale, j'ai lutté sans relâche pour obtenir en sa faveur les dégrèvements nécessaires ; vous payeur plus que votre part d'impôts; il est juste qu’elle soit réduite*

Vous m'avez toujours vu au premier rang quand vos intérêts ont été en périls*

Vous étiez menacé d’un impôt sur les pommes ; aidés par vos pétitions, noos avons réussi à récarter.

Nous avons obtenu pour la culture du chanvre des primes dont vous connais^ sez déjà les heureux effets*

Le Gouvernement, enfin, appuyé sur la majorité de la Chambre, voulait supprimer le privilège des bouilleurs de cru, nous avons réussi à empêcher le vote d'une loi si contraire à vos intérêts.

Électeurs,

Pas plus que moi vous n’êtes des révolutionnaires, mais vous savez que, pour surveiller et défendre vos intérêts, l'indépendance de votre député est nécessaire; les tristes événements de cette année le prouvent plus que jamais*

Ce n’est pas à moi à rappeler les services que j'ai rendus dans la circonscription; la confiance de mes collègues de la Chambre m’a appelé à la présidence d'un groupe important î soyez assurés-que toute l'influence que je puis avoir sera, comme par le passé, au service des intérêts de chacun d'entre vous.

Mes chers amis.

C'est vous qui, dans huit jours, direz par votre voté si, depuis douze ans, j'ai mérité votre confiance; et vos libres suffrages seront la plus belle récompense de ce que j'ai dépensé pour vous de vie et d’efforts*

Voua me trouverez toujours prôth défendre avec vous les idées de justice, de liberté, de paix et de progrès quij seules, peuvent assurer la prospérité de notre cher pays.

D'ÂILLIÈRES, député sortant,

Président de l’Union libérale des droites à la Chambre des députés,

membre du Conseil général de la Sarthe, maire d’Aillièies*

1" circonscription du MANS, M. A. RUBILLARD,

Élu au 1" tour de scrutin.

Citoyens,

Un congrès républicain, réuni au Mans le 21 juillet, m’a offert une candidature dans la première circonscription de l’arrondissement du Mans.

Cette candidature, que je n’aurais pas sollicitée, je l’accepte et je viens faire appel à vos suffrages.

Il ne me sera pas besoin de vous faire une profession de foi nouvelle et de

vous soumettre un programme nouveau.

Né républicain, j’ai combattu, depuis 1848, 'dans les rangs républicains. J’ai le malheur de compter déjà parmi les doyens delà démocratie sarthoise, mais J ai la consolation de voir le gouvernement, à l’avènement duquel j’ai tant sacridé, définitivement implanté en France, désormais indiscutable et <t incontesté ».

Bien des Ms déjà, vous m’avez honoré de vos suffrages, si bien qu’entre nous existe un lien indissoluble. Conseiller municipal depuis vingt-huit ans, conseiller général depuis vingt-deux ans, j’ai eu l’honneur de vous représenter à la Chambre et au Sénat pendant quinze ans.

Nul ne me dirait en face que j’ai jamais failli à mon mandat, qu’un.seul jour j’ai trahi les intérêts de la démocratie.

Maire du Mans au lendemain de l’invasion, dans de difficiles moments deux fois révoqué par les réactions du 24 mai 1874 et du 16 mai 1877, cinq fois j’ai été rappelé par vous à la mairie, en dépit des calomnies et des calomniateurs.

J ai conscience d’avoir, là comme ailleurs, rempli mon devoir de patriote et de républicain.

J’avais droit au repos, vos mandataires en jugent autrement.

Si « incontestée » qu’elle soit désormais, la République leur paraît menacée encore d’un nouveau danger, heureusement facile à écarter, par l’invasion de ce qu’on appelle aujourd’hui les « ralliés », L’appellation est nouvelle, la chose ne lest pas. Nous nous souvenons, nous, les vieux, des « modérés» de 1848 envahissant la République pour l'étrangler en décembre 1851, *

De vive force, la place est imprenable, on tenterait de la tourner et de l’investir. Vous le craignez; vos craintes sont fondées.

Voilà pourquoi vous vous tournez vers ceux-là qui, dans toutes les situations ou vous les avez placés, sont restés fidèles au mandat que vous leur avez confié.

C’est que si le peuple peut subir un moment d’égarement, il ne peut se trahir lui-même.

Donc, en présence d’une coalition nouvelle des ennemis masqués de la République, qui, pour mieux rétouffer, tentent de l'entraîner en arrière, vous faites appel à ceux-là qui ont toujours marché en avant. A votre appel, mon ardeur se réveille et je réponds : Présent!

Est-ce donc que vous veuillez, que je veuille, avec vous, la République fermée aux hommes convertis, comme aux idées nouvelles, la République transformée en cbapelle?... Non, mille fois non. Ce que vous voulez, ce que nous voulons ensemble, c’est la République ouverte à tous les bons citoyens, les hommes de la veille tendant la main aux hommes du lendemain, indifférents jusqu'alors ou désormais convertis.

Ces derniers, s’ils sont sincères, entreront dans les rangs, donneront des gages, feront leurs preuves avant de commander ou de se voir confier le drapeau. A vouloir entrer en maîtres, ils ne pourraient qu'inspirer la défiance. Viton jamais confier le drapeau au conscrit arrivant ?... Une conversion sincère procède du raisonnement et de l’expérience ; trop subite, elle apparaît comme une manœuvre.

Ce que vous voulez encore et ce que je veux avec vous, c’est un gouvernement de progrès, ouvert à toutes les idées généreuses, à toutes les réformes : politiques, fiscales, administratives, sociales. Et j’estime avec vous, qu’en matière de réformes, il n’est que temps de passer de la parole à l’action, si l’on veut rester maître de la situation.

Je réponds à votre appel, à vous de me soutenir et de montrer que la première circonscription du Mans est restée fidèle au Gouvernement républicain, jalouse de réparer une faute et de reconquérir son antique réputation.

Vive la République!

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