‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 189 sur 266 · M. G. GALPIN · texte numérisé non relu

M. G. GALPIN

Élu au l®’’ tour de scrutin.

Messieurs et chers concitoyens,

Vous m’avez fait, il y a quatre ans, l’honneur de me choisir, par 11.213 suffrages, pour vous représenter à la Chambre des députés.

Depuis que votre confiance m’a attaché particulièrement à votre circonscription, je crois pouvoir affirmer avec fierté que j’ai loyalement rempli le mandat que .vous m’avez donné. Je viens, aujourd’hui, en solliciter le renouvellement.

II y a quatre ans, vous étiez sous Fimpression du procès où s^était révélé le lamentable marchandage des décorations et qui avait attemt le chef du gouvernement lui-même*

L’opinion, aujourd’hui, n’est pas moins tristement émue des scandales du panama* Vous ave^ vu cette fois un ministre condamné pour avoir vendu son influence, des députés accusés d*avoir vendu leurs votes et qui, s’ils n’ont pas été atteints par la justice, qu’on a pu. trouver trop lente ou trop faible, ont été justement condamnés par Fhonnêtelé publique? vous avez vu se révéler des^ pratiques gouvernementales qui ont été à bon droit flétries !

Je ne suis pas de ceux qui cherchent à passionner les luttes électorales; je m’en rapporte à vos souvenirs sur ce pénible sujet, et je me borne é vous répéter ce que je vous disais dans ma circulaire du 20 septembre 1889 ;

a Vous avez toujours été inébranlablement fidèles à la cause conservatrice, et ce n’est point assurément ce que vous avez vu durant ces quatre années qui a pu vous en détacher^ Je fais donc, en toute confiance, appel à votre fidélité* îï

Le suffrage universel, depuis quelques années, a manifesté dans les élections sa volonté de ne pas modifier la forme du gouvernement* Je suis toujours le respectueux serviteur de la souveraineté nationale; nul n’a le droit de s’insurger contre la volonté du peuple*

Mais, si je ne veux pas être un factieux, je ne suis pas un courtisan. Je crois que les hommes qui gouvernent actuellement la République ne vous donnent pas toutes les satisfactions matérielles et morales que vous êtes eo droit de réclamer* Je demanderai toujours la liberté et Tégalité pour tous, le respect de tous les intérêts et de toutes les convictions.

J’ai toujours été, je suis toujours Fennemi des coteries qui divisent notre pays; je suis toujours le partisan convaincu de Fapaisement et de la conciliation, qui sont indispensables à la prospérité de la patrie.

Je reste toujours partisan des économies dans les finances publiques et je travaillerai toujours à alléger la charge déjà trop lourde des impôts* Je n’ai jamais consenti à voter un impôt nouveau, à l’exception de celui qui a été établi sur les valeurs de Bourse et qui n’atteint que les spéculateurs*

En ce qui concerne vos intérêts particuliers, je crois pouvoir affirmer que je les ai énergiquement et utilement défendus*

J’ai, avec succès, plaidé la cause de la culture du chanvre et, grâce aux efforts de la plupart des députés de FOuest, vous avez obtenu la seule solution qui puisse, en présence des tendances de la majorité, donner une satisfaction utile et pratique à vos légitimes revendications.

J’ai défendu, à la Chambre, comme je les avais défendus au Conseil général, les bouilleurs de cru, qui sont nombreux parmi vous, et dont la liberté était menacée par les projets du Gouvernement, Noua sommes parvenus à les sauver* Les mêmes menaces se reproduisent périodiquement contre eux; je ferai, en toute occasion, tous mes efforts pour défendre et sauver leurs droits, et nous aurons à recommencer la bataille dès Fan prochaio*

La crise du blé reste grave* Je crois que, dans rintérèt même de la sécurité nationale, il faut faire le nécessaire pour que la culture de cette céréale ne

deviôniie pas ruineusô et ne soit pas abamlonnéo par les agriculteurs fran^aia. J’ai toujours fait, je ferai encore tous mes efforts pour arriver à protéger les cultivateurs, de telle sorte que le prix du blé soit suffisamment rémunérateur, sans que le pain atteigne un prix trop élevé pour les ouvriers.

Mes adversaires m’ont appelé autrefois révolutionnaire; vous savez ce qu’il faut penser de cette calomnie.

Ils m’appellent encore réactionnaire. Je les défie de citer un seul de mes votes qui ressemble à une tentative de réactioii.

On m’a reproché, on me reprocbe encore de ne point habiter au milieu de vous. C’est une plaisanterie puérile. ^

J’avais promis de me mettre en rapports constants avec vous, et j’ai tenu cette promesse comme toutes les autres.

Le véritable centre de votre circonscription, si étendue, est la vîile du Mans, Je me suis établi au Mans; ceux qui ont eu besoin de mon concours ou de mes avis m’y ont trouvé plus facilement que si j’habitais au fond d’un de vos six cantons, et les nombreux amis que J’ai été heureux d’y recevoir m’ont prouvé que, dans tontes vos communes, on sait le chemin de ma maison.

Pour me meitre plus fréquemment encore à votre disposition, j’ai, conformément à ma promesse, suivi aussi assidûment que passible vos foires les plus importantes, vos principaux marchés.

Enfin, je ne euis pas de ceux qui se vengent au lendemain des luttes électorales, et, comme je m’y étais engagé aussi, j’ai mis une bonne volonté au service de tous.

Vous méconnaissez tous aujourd’hui. Quand s’ouvrira le scrutin, je serai allé, dans presque toutes vos communes, exposer moi-même loyalement mes idées, solliciter moi-même publiquement les questions des électeurs réunis, et y répondre moi-même.

Je crois avoir fait mon devoir; je crois avoir bien défendu vos intérÊts; jé crois être resté digne de votre confiance, et je suis convaincu que vous me la maintiendrez au scrutin du âO août prochain,

G. GÂLPÎN, conseiller général de la Sarthe, président du comice agricole de Fresnay, maire d’Assé-le-Boisne, député sortant.

Circonscription de SAINT- CALAIS,

M, Godefroy CAVAIGNÂC,

Élu au 1*^ tour de flcruLin,

Messieurs et chers concitoyens,

G^est encore pour soutenir les idées que nous défeodons ensemble depuis douze années que je tne présente à vos suffrages et que je viens vous demander une fois de plus le témoignage d votre confiance.

Si îe triomphe définitif et aujourd'hui presque incontesté de ces idées a heureusement atténué la violence des luttes d’autrefois, personne ne peut songer avoir dans le désir d'apaisement qui se manifeste en France, et auquel nous devons satisfaire, ^abandon des principes qui ont dirigé la politique républicaine, Toute tentative en ce sens réveillerait bientôt les ardeurs d'il y a quinze aos.

Un grand scepticisme se manifeste à Feudroit des programmes politiques. Nous avons vu trop souvent les plus riches en promesses être les plus pauvres en résultats, et voiler de leurs déclamations les pratiques les plus condamnables, Sans doute, la matière des réformes législatives est inépuisable; mais ce que le pays réclame plus encore que les réformes législatives, c’est une réforme dans le fonctionnement du Gouvernement et de Fadministralion.

Le progrès des idées de justice Bociaïe ne réside pas seulement dans des votes souvent sans lendemain, dans le développement d’utopies irréalisables, ou dans I*extension indéfinie des attributions de PÉtat,

II réside, tout au moins pour une large part, dans Pusage que PÉtat saura faire des pouvoirs qui lui appartiennent aujourd'hui, pour la protection des humbles et des faibles.

Si nous avions pu faire que le plus déshérité des citoyens fût assuré de trouver pour ia défense de son droit, de ce qu’il peut avoir d'intérôls matériels à sauvegarder, de ce qu’il a d’intérêts moraux à faire prévaloir, une protection au moins égale à celle que la faveur ou leur situation assure à d’autres, — si nous pouvions faire que le contraste fût moins choquant entre l’impunité de grands et vrais coupables et l’abandon où se trouve souvent le droit du faible, nous aurions accompli une œuvre qui, pour n’être point traduite en texte de lot, n’en serait pas moins grande et bienfaisante.

Pour faire quelques pas dans cette voie, il faut qu’en regard du poids sans cesse aggravé de la richesse, des influences sociales, souvent aussi des influences abusives de la politique, la démocratie sente que son intérêt le plus ironaédiat, sa véritable sauvegarde est d’assurer au gouvernement qui méritera sa confiance une situation assez indépendante et dégagée d’entraves pour qu’il puisse faire

prévaloir, envers et contre tous, la justice au sein du Gouvernement et de Pad-

mmistraüon. pour défendre, au regard des intérêts par-

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Dans la situation qui est faîte à la France en Europe, le Gouvernement doit être fort pour représenter et soutenir, en regard des nations étrangères, les intérêts de la patrie française.

Nous avons su donner au Gouvernement républicain, par des luttes de vingt années l’autorité qui résulte d’une acceptation aujourd’hui presque unanime,

11 faut que nous lui donnions, par la discipline volontaire que nous sanrons nous imposer, l’autorité nécessaire pourjaire triompher au ÿhors 1®* de la France, pour faire progresser au dedans les idees de justice, de tolé , de liberté qui sont les nôtres.

Godefroy GA.VA1GNAC,

Député sortant,

Conseiller général, maire de Fiée.

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