CHAMBRE SYNDICALE DES EMPLOYÉS
Siège social : 28, passage du Grand-CerL
A. AVEZ, candidat,
PEOGEAMME DE RÉFOHMES écONOMlQüES.
La Chambre syndicale a pensé qu’un programme formulé pour être présenté en période électorale ne devait pas se limiter au cadre étroit des reveudi- Câlions professionnelles particulières aux employés, car les réformes que nous réclamons intéressent non seulement les employés, mais tous les travailleurs en général ; et, en vertu de l’esprit de solidarité qui doit unir tous ceux qui ont des intérêts cominuns, nous avons cru devoir les revendiquer pour nos frères de combat, les ouvriers manuels, aussi bien que pour nous.
Seuls, parmi les salariés, les employés sont exclus des tribunaux de prud’hommes existants : nous demandons l’extension de cette juridiction à tous les différends entre patrons et salariés, quel que soit leur métier. Et, pour la solution des litiges de tout ordre, nous demandons l’introduction en matière judiciaire du nriticipe de l’arbitrage et des jurys élus par le suffrage universel;
La limitation légale de la durée de la journée de travail à huit heures, pour les adultes-hommes, dans les bureaux, magasins, ateliers et manufactures, et sans diminution de salaires ou appointemenls;
La réglementation effective du travail des femmes et des enfants ;
L’extension .du privilège à l’intégralité des salaires des employés et ouvriers en matière de faillite;
L'ètablissemeût d'une !oi pour obliger les patrons a fixer les conditions de travail et de salaire, par un contrat passé entre eux et leurs employés, ladite loi déterminant le délai dans lequel le contrat pourrait être dénoncé, et fixant les indemnités à payer au cas où il serait rompu avant ce délai;
La mise au concours de tous les emplois dans toutes les administrations
publiques ; , . i , -i ,
La réforme de la législation actuelle pour assurer la securité du travail et
l’hygiène des habitations, bureaux, magasins, ateliers et manufactures, en fixant des pénalités sévères pour réprimer les infractions;
L’établissement d’une loi fixant la responsabilité des patrons en matière d’accidents de travail ;
La réforme de la loi sur les syndicats, du 21 mars 188i(, pour assurer la liberté complète des groupements corporatifs, en établissant des pénalités rigoureuses pour réprimer les entraves apportées à la mise en pratique de ladite loi ; l’abrogation des articles élit et él5 du Gode pénal et l’interdiction aux gouvernants d’envoyer des troupes sur le théâtre des grèves; -
La suppression des bureaux de placement, l’établissement dans Paris d’annexes de la Bourse du travail ;
La surveillance des lois sur le travail confiée à des commissions composées pour uu tiers d’hommes ayant des connaissances techniques et scientifiques, et pour deux tiers d’ouvriers ou d’employés présentés par les syndicats.
Nous demandons encore la transformation eh services publics communaux ou départementaux des monopoles concédés à des" grandes Compagnies, tels que : marchés publics, pompes funèbres, omnibus, tramways, bateaux, eaux, gaz, etc.; tous ces services devant fonctionner désormais, sinon gratuitement, au moins à prix de revient ;
L’enseignement intégral de tous les enfants mis gratuitement, poui leur entretien, à la charge de la commune et de l’État.
La Chambre syndicale des employés, pour donner une sanction à ce programme qu’elle a adopté, dans son assemblée générale du 6 avril 1S87, s’est obligée d’appuyer et de défendre, par la voie des journaux et des affiches, la candidature de ses membres qui se présenteront dans les élections législatives et qui s’engageront à défendre ce programme et travailler à sa réalisation s’ils
sont élus.
Pour la Chambre syndicale : le secrétaire, E. Haüpais.
Électeurs* le programme d-desiàus, à ïd collaboration duquel a CoûtrîBué le citoyen A/Avez, et qu*il a défendu devant les assemblées générales syndicales, s- identifie complètement avec le programme socialiste adopté par le Comité qui soutient sa candidature.
Toute aa vie a été consacrée à faire triompher les principes libérateurs qui onL inspiré ce programme. G^est vous dire que, si vous lui accordez vos auf- Irages, U continuera à le défendre de toute son énergie.
Le Comité électoral .
Vu î le candidat, A. AVEZ.
4^ circonscription de SAINT-DENIS.
M, A. LEFOULLON,
Élu au 2® tour de scrutin.
Vous pensez certainement que notre circonscription assez longtemps a servi de refuge aux députés des départemeuts en quête d’un nouveau mandat législatif que leur refusent leurs anciens électeurs. Vous avez souvent formulé les revendications du département et cependant nous n’avons pas encore de lois statuant sur rorganisation du Conseil général, sur l’organisation financière et Judiciaire des nouveaus cantons, sur les modifications de la loi du 11 juin 1880 sur les tramways, les fortifications et la zone militaire, , sur l’assainissement de la Seine, et la distribution d’eau potable. J’ai défendu :ces idées an Conseil général, mais, pour les faire aboutir, il faut des lois, et, pour avoir ces lois, il faut que des hommes dévoués et compétents aient qua!|lé de législateur pour les présenter au Parlement. Au point de vue de la politique pure,, je pense que la France a assez des mterpellations à jet continu, des questions traitées à l’improviste, des coalitions où se trouvent réunisjes partisans des opinions les plus opposées. Cette tactique n’a eu et ne peut avoir pour résultat que de troubler le pays et de retarder les réformes sérieuses. Par mes opinions, j’appartiens à la gauche républicaine de ^Assemblée, qui veut aborder résolument et immédiatement les réformes administratives, fmancières, politiques et sociales.
Si je suis votre mandataire, je soutiendrai ;
1* La réforme de l’impôt en vue d’arriver à runificatioo et au remplacement des contributions indirectes, des impôts de consommations, des taxes d’octroi par des contributions directes justement réparties ï
2* La révision de la loi sur les patentes, des tarifs de douane, des tarifs de pénétration des chemins de fer;
3'" L’extension de la compétence des tribunaux de prud’hommes, des tribunaux de commerce, des justices de paix, etc.
Au point de vue social, je demanderai :
Une loi sur l’assurance en matière d’accidents- Une loi générale sur les associations,
lois sur rarbitrage, sur fa constitution d’une caisse de retraites pour les invalides du travail, sur les Sociétés de secours mutuels*
Ces intérêts généraux ne me feront pas oublier les questions plus locales de UExporitionde 1900, de l'installation d’un lycée dans la ctrconscripUon, d’autres établissements d’utilité publique, civile et militaire-
Vous vous trouvez en présence de deux politiques : la première, défendue par moi, aux termes de laquelle les Ministres sont responsables devant les Chambres; h deuxième, celle de certains de nos adversaires, voulant que le chef du pouvoir exécutif, nommé directement par le suffrage universel, soit seul responsable et choisisse à sa guise ses Ministres* Cette politique est le plus grand de tous les périls; c'est un piège, car elle mettrait le pouvoir exécutif, ayant en main la force armée, au-dessua de tous les autres inandaiaîres du peuple* Si, par malheur, on fadoplail/on n’aurait qu’à changer le titre de Président de la République pour avoir dans toute sa lioiiteuse acception le gouvernement funeste qui nous a conduit aux désastres de Metz et de Seian, et finalement au morcellement de la Patrie. Dans mon passé, par mon caractère, je suis toujours resté étrangler aux opérations financières et vous pouvez être certain qu’à Tavenir je persisterai dans cette attitude.
Quoi que prétendent mes adversaires, quoi qu’ils disent, les renouvellements successifs, pendant dix-neuf ans, de mes divers mandats sont la meilleure preuve que les intérêts qui m’ont été conûés n'ont jamais périclité entre mes mains. — Si je deviens votre mandataire à la Chambre, ennemi du cumul des mandats, je donnerai ma dé mission de Conseiller général pour me consacrer exclusivement à mes nouvelles obligations.
Vive la République I Vive Neuilly- Boulogne!
A. LEFOULLON, avoué près le Tribuoal civil de la Seine^ ConseUler général de Neulily, ancien vice-président du Conseil général.
5“ circonscription de SAINT-DENIS.
M. René CHAUVIN,
Élu au 2“ tour de scrutin.
Electeurs de la 5® drconscription de SaInt-DeniSp
Le Parti ouvrier qui présente à tus suffrages le citoyen R^né CHAUVIN n^a jamais distiogué entre les exploités. Il entend affranchir aussi bien les travailleurs des champs que les travadleurs des villesï aussi bien les salariés du magasin et des bureaux que les salariés de Pateliér; aussi bien le travail plus particulièrement manuel que le travail intellectuel et scientifique. U ne s’occupe pas fieuleinent des sans propriété d’aujourd’hui, mais encore des sans propriété de demain, dest-à-dire de cette classe moyenne que la concurrence de la grande industrie, du grand coinmerce et de la grande culture frappe tous les jours mortellement, et qui va se voir arracher, avec ses moyens de travail, rindépendauce qui lui est si chère*
Camarades de Patelier,
Le travail forcé est votre unique moyen d’existence, et ce travail épuisant qtie la machine vous vole de plus en plus, vous ne Tobtenez que dans la mesure qui peut enrichir vos patrons.
Au moindre ralentissement des affaires, ils vous chassent de Tusine et, du haut de leurs caisses pleines — et remplies par ^excédent de votre fjroduction sur votre salaire — ils vous condamnent aux chômages, aux longues journées sans salaire et sans pain,
Cest ce vol patronal, autorisé par la loi, qui est la seule cause de votre misère et qui engendre toutes les autres ûlouteries dont vous êtes victimes (retenues, amendes, etc.).
Tant que vous u’aurez pas aboli la dîme capitaliste, comme la bourgeoisie révühiiiûnuaire abolit, en 1789, la dîtne féodale ï tant que le produit de votre travail sera partagé entre ceux qui ne font rien et vou'i qui créez tout, vous ne pourrez vous garantir ni contre la faim, ni contre la maladie, ni contre la vieillesse, aboutissant à la mendicité ou à Phôpital.
Vos femmes et vos enfants, transformés en outils vivants, continueront à vous être enlevés pour être retournés contre vous et servir, dans les ateliers bagnes, à la rapacité et à la lubricité de vos exploiteurs*
Frères des campagnes,
Vous que l’on prétend avoir été affranchis par la révolution du siècle der-
lie
nier et que l’on cherche à ameuter contre le motivetnent ouvrier, vous n êtes pas, quoique sous une autre forme, moins écrasés par la société capitaliste.
’ Depuis un siècle, tous les gouvernements se sont trouvés d’accord pour augmenter vos impôts, pour prendre vos fils et les envoyer inutilement mourir dans les expéditions du Mexique et du Tonkin, de Madagascar et du Dahomey, pour ne rien dire de la nouvelle guerre de Siam qui ne fait que commencer.
Monarchistes et républicains, opportunistes et radicaux, ne vous ont pas seulement épuisé de sang et d’argent; ils se sont faits encore les complices des financiers, qui, par les emprunts étrangers et les valeurs à lots (Union générale, Comptoir d’Escompte, Panama, etc.), sous prétexte de placement de tout repos, d’assurance et de crédit agricole, ontrâûé vos épargnes et hypothéqué un lopin de terre, dont les fruits vous appartieijnent de moins on moins et dont vous serez chassés avant peu.
Petits commerçants.
Votre cause aussi, malgré votre petit avoir, est liée à celle de la classe paysanne et ouvrière,
T^j’gteg-'yous pas, en effet, acculés de plus en plus à la faillite par 1 escompte usuraire des banquiers et la concurrence frauduleuse des grands magasins?
Vous êtes condamnés, votre exécution n’est qu’une question de temps; vous irez les uns après les autres, dans vos fils et dans vos filles, grossir le nombre des serfs du salarial qui, sous le nom de comptables, de commis et de dempiseUes de magasin, du voyageurs de commerce, eoriehissent les maisons qui vous ruinent.
Électeurs,
A vous de voir s'il vous plaît de prolonger ce misérable présent en un avenir pire, ou si, vous élevant à la conscience de vos véritables intérêts, vous ne vous formerez pas eu un grand, parti du travail, s’emparant du pouvoir politique pour l'écrasement de vos vampires, l’affranchissement et le bien-être de la nation laborieuse.
A droite et A gauche oa ose vous parler de révision constitutionnelle, comme si, depuis cent ans, vous n’aviez pas, rt sans bénéfice aucun, passé par toutes les formes — et réformes — gouvernementales.
Ce qu'il vous faut, c'e-t une révision économique et sociale, faisant rendre gorge aux voleur-*, siipprimaut les parasites et assurant <t l’ensemble des producteurs la totalité de leurs produits, à la République des fainéants doit faire place la République des travailleurs, c’est-à-dire gouvernée, administrée par les travailleurs. République qui abolira les classes, en mettant à la disposition de tous, sous la forme sociale, les grands moyens de production et d'éclairage (chemins de fer, mines, manufactures, usines, paquebots, machines, etc,), lït cette République là, — la vôtre — la seule qui ne soit pas un mensonge, vous la préparez en votant en masse pour le candidat du parti ouvrier, pour le citoyen
Reoé Chauvin, fondateur de la Chambre syndicale dés ouvriers coiffeurs deParis, un des membres les plus actifs de l’agglomération parisienne du parti ouvrier.
Programme du parti ouvrier, accepté par M. René ClMuvin.
(Élaboré, en conformité des décisions du Congrès national tenu à Marseille du 20 au 31 octobre 1879, confirmé par le Congrès national tenu an Havre, du 16 au 22 novembre 1880, maintenu en vigueur par le Congrès national tenu à Reims, du 30 octobre au 6 novembre 1881, complété parle Congrès national de Roanne du 26 septembre au 1'’' octobre 1882, et sanctionné par le Congrès national tenu à Roubaix, du 29 mars au 7 avril 1884.)
Considérant,
Que J'émancIpatioQ de la classe procUîctive est celle de tous les êtres huiBaîns sang diaimction de sexe ni de race;
Que îes producteurs ne sauraient être libres qu^antant qaHls seront en possession des moyens de production (terres, usines, navires, banques ^ crédit, etc.) ;
Qu'il n'y a que deux formes sous lesquelles !ea moyens de production peuvent leur appanenir;
l'' La forme iodividuelle, qui n'a jamais existé à l'état de fait général et qui est éliminée de plus en plus par le progrès intliistriel ;
2® La forme colleclive, dont les éléments matériels et intellectuels sont coüstitnés par le développement même de la société capitaliste ;
Considérant,
Que cette appropriation collective ne peut sortir que de l'action révolutionnaire de la classe productive, — ou prolétariat, — organisée en parti politique distinct;
Qu'une pareille organisation doit être poursuivie par tous les moyens dont dispose le prolétariat, y compris îe suHrage universel transformé ainsi, d'inslrumem de duperie qu'il a été jusqu'ici, en instrament d'émancipation ;
Les travailleurs socialiates français, en donnant pour but à leurs efforts i'expropriaiion politique et économique de la classe capitaliste et le retour à la collectivité de tous les moyens de production, ont décidé, comme moyen d'organisation et de lutte, d'entrer dans les élections avec les revendications immédiates suivantes :
A* — Partie poUUque.
1^ Abolition de toutes les lois sur la presse, les réunions et les associations etaunoutde la loi contre rassociation internationale des travailleurs. — Suppression du livret, cette mise en carte de la classe ouvrière, et de tous les articles du Code établissant l'infériorité de l'ouvrier vîs-à-vig du patron et rinfériorité de la femme vis-à-vis de l’homme;
2' Suppression du budget des cultes et retour à la nation « des biens dits de mainmorte, meubles et immeubles, appartenant aux corporations religieuses « (décret de la Commune du 2 avril 1871), y compris toutes les annexes induslrielles et oommerciales de ces corporations ;
â'' Suppression de la Dette publique;
4" Abolition des armées permanentes et armement général du peuple;
5“ La Commune maîtresse de son administration et de sa police.
B. — Partie économique.^
1" Repos d’un jour par semaine ou interdiction légale pour les employeurs de faire travailler plus de six jours sur sept, — Réduction légale de la journée de travail à huit heures pour les adultes. — Interdiction do travail des enfants dans les ateliers privés au-dessous de quatorze ans; et, de quatorze à dix-huU aoSj réduction de la journée dé travail à six heures ;
2® Surveillance protectrice des apprentis par les corporations ouvrières ;
Mioimum légal des salaires, déterminé, chaque année, d’après le prix local des denrées, par uue commission de statistique ouvrière ;
Interdiction légale aux patrons d’employer les ouvriers étrangers a un
salaire inférieur à celui des ouvriers français;
5^ Égalité de salaire, à travail égal, pour les travailleurs des deux sexes;
6® Instruction scientifique et profesrionnelle de tous les enfants mis pour leur entretien à la charge de la société, représentée par l’État et par la corn-
7" Mise à la charge de la société des vieillards et des invalides du travail;
8“ Suppression de toute immixtion des employeurs dans radministration des caisses ouvrières de secours mutuels, de prévoyance, etc., restituées à la gestion exclusive des ouvriers;
9" Responsabilité des patrons en matière d’accidents, garantie par un cautionnement versé par l’employeur dans les caisses ouvrières, et proportionné au nombre des ouvriers employés et aux dangers que présente 1 industrie ;
10® Intervention des ouvriers dans les règlements spéciaux des divers ateliers, suppression du droit usurpé par les patrons de frapper d’une pènahté quelconque leurs ouvriers, sous forme d’amendes ou de retenues sur les salaires
(décret de la Commune dti 27 avril 1871) ;
11'* Annulation de tous les contrats ayant aliéné la propriété publique (banques, chemins de fer, mines, etc.) et rexploitation de tous les ateliers de l’Etat
confiée aux ouvriers qui y travaillent ;
12® Abolition de tous les impôts indirects et transformation de tons les impôts directs en un Impôt progressif sur les revenus dépassant 8.000 francs. — Suppression de l’héritage en ligne collatérale et de tout héritage en ligne directe dépassant 20.000 francs.
circonscription de SCEAUX.
M, Pierre RîCHÂRD,
Élu au l'f tour de scrutin.
Electeurs,
Fort de la confiance que vous m’avez maintes fois témoignéf^, depuis quatre ans, et des nombreuses adhésions que j’ai reçues d’ancieos adversaires, je viens de nouveau solliciter vos suffrages-
Tous mes votes sont là pour attester mon républicanisme, mon dévouement à la démocratie, ma fidélité aux eng^igemenis pris.
Ce que je pensais quand vous m'avez élu, je le pense encore. Bien plus, les défections dont j’ai été témoin, îes scandales auxquels j’ai assisté ont fortifié mes convictions et, en me révélant plus complètement les impuissances et les abus du parlementarisme, m’ont amené à considérer comme plus indispensable que jamais la révision de la Consliiulion par une Constituante.
il faut émanciper le Suffrage universel et le sousiraire à la tutelle qu’il subit, en supprimant le Sénat, qui barre obsiinêment la route au progrès, et en soumetïanL à la ratiricaiioo du peuple îes grandes questions d’inlérêt général,
Il faut obliger les repréaentants non seulemeutà Pexécution siricte de leurs promesses envers la Nation, mais à Fexercice assidu du mandat qu’ils ont sollicité.
C’est dire que je veux la reconnaissance légale du mandat impératif et, en même temps, mettre un terme à la négligence coupable des mand-jtaires. Le vote pour les absents est immoral; le député doit voter personnellement et, comme sanction, il faut qu’il touche sa rétribution, non par mois, mais par jetons de présence.
Électeurs,
Finissons-en avec le favoritisme et supprimons un tas de rouages administratifs, qui ne servent qu’à payer des services; opérons une refonte entière de notre organisation judiciaire, en assurant l’indépendance du juge, qui ne doit pas être un fonctionnaire; étendons les attributioDS du jury, opérons la séparation des Églises et de l’État, et la suppression du budget des Cultes, La République doit être autre chose qu’une étiquette ; jnsqu’à ce jour, elle n’a été que cela* Tombée aux mains d’une oligarchie satisfaite, elle a vu renaître îes privilèges, remettre en vigueur les vieilles lois et les anciens procédés qu’on flétrissait jadis. Quant aux grands principes, ce ne sont que des formules, s’étalant tristement au fronton des monuments publics.
— tfâe —
Votis tous qui souffrez de cet état de clioses ou quî^ saos en souffrir vousmêmes, êtes imbus d’idées de justice et d'humanilé, unissez -vous et aidez-moi à faire prévaloir un programme rénovateur.
Faisons une guerre impitoyable aux cornipteurs et aux corrompus ; empêchons non seulement le cumul des mandats électifs, mais le cumul du mandat législatif avec des fonctions administratives quelconques. — Éloignons de la Chambre les brasseurs d’affaires; interdisons aux élus de seconder des entreprises financières, industrielles ou commerciales.
Luttons contrôla prépondérance dans FÉtat, des financiers cosmopolites; luttons contre tes grands monopoles, réclamons la reprise, parFÉtat, des minesf des chemins de fer, des canaux, de la Banque de France; protégeons le petit commerce, la petite industrie, protégeons la main-d'œuvre nationaîe en établissant un minimum de salaire et en frappant les patrons qui emploient des étrangers.
Changeons de fond en comble les bases de Fimpôt — qui se compose de taxes iniques telles que les octrois, les portes et fenêtres, les prestations — et qui est, à tous les degrés, injustement réparti.
Remplaçons ces taxes par l'impôt progressif sur le revenu.
Procédons à rorganîsation sociale de Fassistance pour le malade, Finürme et le vieillard. A la charité inefficace et dégradante, subslilaons la solidarité.
En nous mettant ainsFrésolument à Fœuvre, en faisant droit aux revendications populaires, en accomplissant sans hésitation les réformes qui doivent établir Péquiübre social, nous éviterons un cataclysme qui se produirail fatalement à bref délai et qui pourrait entraîner notre pays à sa perte.
Électeurs,
Si tel est votre sentiment, usez de moi, mon concours le plus dévoué vous est acquis.
Ennemi des coteries, je veux, en dehors des questions politiques, être pour les intérêts locaux, au service de tout le monde sans distinction de parti. Je n’ai de haine contre personne, je ne suis inféodé à qui que ce soit, Je tiens à être ab:^olum6ïit indépendant et suis résolu h marcher droit mon chemin, n’ayaüt au cœur que le souci de servir mes concitoyens et d’être utile à ma patrie.
Vive la France I
Vive la République l
Pierre RICHARD, député sortant.
2' circonscription de SCEAUX.
M. lîAULARD,
Élu au 2" tour de scrutin.
Cher concitoyen,
Après avoir été, à deux reprises, votre mandataire au Conseil général, vous m’avez fait riionneur.il y a quatre ans, de m'envoyer siéger an Parlement.
Dans l'une comme dans l'autre Assemblée, ie mandat que vous m’avez couüé, je l’ai rempli en observateur Adèle et scrupuleux des engagements pris.
Soucieux de vos intérêts et delà réalisation des réformes inscrites dans notre Charte républicaine, mes propositions et nies votes, è la Chambre, ne m’ont été dictés que par les aspirations légitimes dé mes mandants.
J'en ai, d’ailleurs, rendu compte au cours et à l’issue de la législature, dans nombre de réunions publiques où mes travaux et ma ligne de conduite ont reçu l’approbation unanime des électeurs présents.
Citoyen,
Fort du devoir accompli, je viens aujourd’hui solliciter de votre confiance le renouvellement de mon mandat.
Serviteur pkssionné de la démocratie, je continuerai a combattre pour nos revendications et le salut de la République. C’est avec les mômes idées que je n’ai cessé de défendra à la Gliambre, depuis 1889, que je me représente A vos suffrages.
Au mépris de.-j luttes stériles, des polémiques ardentes suscitées par des polilicieus ambitieux, je poursuivrai, comme par le passé, sans relâche et sans défaillance, la réalisation de nos réformes égalitaires et sociales.
Inspiré par ces idées, supérieures à toutes les dissidences de personnes et de groupes, -vous me trouverez toujours au premier rang des républicains loyaux et sincères qui n’ont pour préoccupation que le triomphe de la République, les iatérêts du travail et la sauvegarde de nos libertés.
Vive la République 1
DÉCt.HnATION ns PIIIXCIPKS.
Les républicains radicaux socialistes de la deuxième circonscription de Sceaux (Charentoii, Saint-Maur, Nogent) déclarent :
Qu’ils placent la République, gouvernement de droit, au-dessus et en dehors
de toute discussion et contestation.
Qu'ils donoent mandat à léur élu de réclamer énergiquement la révision de la Consiituiion monarchique de 1875, dans le secs démocratique le plus large et par une Assemblée constituante spécialement élue à cet effet ; de proposer et de soutenir toutes les réformes politiques et sociales qui découlent naturellement des principes de la Révolution française.
Progranfm£ minimum.
1" Subordination du pouvoir exécutif au pouvoir législatif;
2» Gratuité de la justice, magistrature élue et amovible. — Lejnry à toutes les juridictions. Réduction des délais d appel eu raison des facilités de communications par télégraphe, téiépbone et chemin de far ;
3” Suppression des charges, privilèges, monopoles judiciaires et autres ;
4" Assimila ion du mandat politique au mandat civil. — Obligation par le mandataire de rendre compte annuellement de son mandat;
5® Abrogation du Concordat. Suppression du budget des Cultes. Séparation des Églises et de l’Éiat. Retour à l’État, aux départements et aux communes des biens dits de mainmorte avec loi de garantie contre leur reconstitution et sur les associations ;
6® Service militaire obligatoire et égalitaire pour tous. Création de bataillons d’adolescents de quatorze à vingt ans. Organisation de l’armée coloniale;
7® Instruction laïque, intégrale, gratuite à tous degrés, par voie de concours. Suppression des frais pour l'obtention de tous les grades universitaires ;
8" Suppression du cumul des mandats électifs, rétribués ou non, et incompatibilité de ces mandats avec toutes fonctions publiques. Interdiction aux membres du Parletnrnt d’entrer dans des combinaisons financières;
9® Réforme générale égalitaire de l’impôt. Révision de la loi sur les successions en ligne collatérale. Impôt sur le capital et le revenu.
10” Révision des traités de commerce;
11“ Emancipation économique des travailleurs. Loi sur les accidents du travail. Caisse de retraite pour la vieillesse et les invalides du travail. PobUcaiion annuelle de la liste des pensionnaires de l'État. Assurances générales obligatoires par l'Etat;
12® Décentralisation administrative;
13" Retour du département de la Seine au droit commun. Transformation des conseils d'arroudissement en conseils canionanx avec budgets. Révision du cadastre.
J’approuve le programme ci-dessus et m’engage à le défendre énergiquement.
Le candidat ; B AU LARD,
Cher concitoyen,
Le 20 août dernier, en vous groupant sur mon nom, en une imposante majorité {6.083 suffrages, presque la moitié des .suffrages e.xprimés), vous avez
clairement manifesté votre ferme volonté de poursuivre opiniâtrement la réalisation du programme dont la défense me fut confiée, à deux reprises, au Conseil général, puis, il y a quatre ans, au Parlement.
Trois candidats m’ont disputé, à ce premier tour de scrutin, l’honneur de vous représenter; vous les avez mis en une incontestable minorité.
Vous entendez obtenir, par le jeu régulier des institutions républicaines, le développement intégral des principes de la Révolution, une organisation sociale meiiieure, plus humaine, renfermant une plus grande somme de justice; mais n’admettant pas de classes, vous avez voté contre le candidat de la lutte dé classes.
Respectueux de la liberté de conscience, mais convaincus qu’elle n’existe réellement que dans un Etat laïque ne salariant aucun culte et plaçant toutes les opinions philosophiques, religieuses et autres sous le même réginne, celui du droit commun, vous avez apprécié à leur juste valeur les déclarations ambiguës du candidat clérical, rallié à -la Républiqde.
Enfin, comme en 1889, vous avez condamné le pouvoir personnel, sous quelques forme et déguisements qu'il se présente, parce qu’il est fatalement réactionnaire et logiquement l’allié du cléricalisme, et vous avez repoussé la candidature plébiscitaire, boulangiste.
En vous prononçant sur mon nom, ce n’est pas à l’homme, mais â la République que vous avez donné vos suffrages.
Citoyen,
Il vous appartient d’achever, le 3 septembre prochain, l'œuvre si résolument commencée.
Je réitère aujourd’hui l’engagement d’honneur que j’ai pris et tenu d’être l'exécuteur fldèle-el scrupuleux des volontés souveraines de mes mandants et d'apporter tout mon dévouement, mon activité, à la défense de vos intérêts et de vos aspirations.
Je travaillerai sans trêve à la réalisation graduelle de notre programme radical-socialiste, qui comporte les réformes que chacun est endroit d’attendre et même d’exiger de la République égalitaire et sociale.
Vive la République 1
Cher concitoyen,
Ne l’oubliez pas I réactionnaires, ralliés, boulangistes ont un lien commun : le cléricalisme.
Leurs efforts réunis tendent à égarer le corps électoral et à s’emparer de la République par la ruse, n’ayant pu le faire de haute lutte.
Défiez-vous des manœuvres de la dernière heure !
BAULARD, député sortant.
3* circonscription de SCEAUX.