‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 238 sur 266 · TARN · texte numérisé non relu

TARN

circonscription d'ALBI.

A, de BERNE-LAGÂRDC, Élu au !*"'■ tour de scrutin.

Électeurs,

Le congrèB républicain m'a désigné comme candidat aux élections législatives du 20 août pour la première circonscription d'ÂIbi ; fort de son appui, Je viens solliciter vos suffrages.

Depuis quinze ans que j'occupe des fonctiens publiques, soit comme conseiller municipal, soit comme maire ou conseiller général, vous connaissez mes opinions républicaines, qui n'ont jamais varié.

Je suis partisan couvainçü des idéa d’ordre, de progrès, de liberté et de justice, et, par conséquent, d’une République ouverte à tous les patriotes, à tous ceux qui mettent au-dessus des mesquines préoccupations électorales et des divisions iolérieures les intérêts supérieurs de la patrie.

C’est pourquoi, si je deviens votre représentant au Parlement, je favoriserai de tout mon pouvoir une marche incessante et progressive vers Paméîroralion du sort des travailleurs, l’accroissemeiîl de leur bien-être et le soulagement de ceux qui souffrent.

Je demanderai et j’appuierai de mon vote les solutions pratiques des grandes questions économiques et sociales qui sont aujourd’hui Tune des grandes préoo cupations du pays.

Je défendrai la propriété sous toutes les formes contre les attaques sourdes <m déclarées dont elle est l’objet, èt je soutiendrai un Gouvernement énergique et résolu à faire respecter la loi î je combattrai les dociriues dissolvantes quî conduiraient à Panarchie, et dont le triomphe amènerait la ruine et la disparition de la patrie française.

Les agriculteurs demandent avec raison une protection efficace pour leurs produits, par le relèvement des droits de douane, par l’application de tarifs réduiiÊ pour le transport des engrais, et par la suppression des tarifs de pénétration, qui favorisent la concurrence étrangère ; ce sera ma préoccupation première de leur faire accorder satisfaction*

Nous demandons tous la réforme des impôts dans le sens d'une plus équitalile répartition; c^est là un problème compleïte sans doute, mais dont fa solu* lion dépend d’une étude raisonnée et opiniâtre ; Je donnerai à cette réforme toutes mes préoccupations et toute ma volonté d’aboutir*

Je poursuivrai l’établissement d’un budget sincère et en équilibre par de^ économies sérieusement pratiquées, seul moyen d’arriver à l’amortissement de la dette.

Et, s’il est possible, sans compromettre la sécurité de la Patrie, de réduire Je service militaire à deux années, je proposerai ou voterai une motion de réduction.

Enfin, ma sollicitude sera toujours en éveil pour la solution des questions qui pourraient intéresser l’arrondissement.

Tels sont, chers électeurs, les points principaux sur lesquels je porterai mes ^îiïorts.

Mais, pour arriver à un résultat fécond, deux conditions sont in disp ensables ; la paix et la stabilité gouvernementale.

Tout le monde désire la paix et veut la France honorée et respectée au dehors.

La stabilité gouvernementale a été trop souvent compromise par des compéiitioDS injustifiées, elle est cependant nécessaire pour fortifier Paiitorité dti pouvoir central et lui donner les moyens de réunir les bonnes volontés, d’arrêter toute désorganisation, de protéger la liberté du droit individuel, et d’assurer enfin pacifiquement l’évolution progressive de la République.

J’invite donc tous les hommes de cœur et de raison à s’unir sur mon nom :

Pour l’ordre et la loi contre l’anarchie ,

Pour la propriété contre le communisme.

Pour la patrie contre Tinter nationale.

Vive la France I Vive la République ï

A. DE BERNE LAGARDE, notaire, maire d’Albi, conseiller général du Tarn.

2* circonscription d’ALBI.

M, Jtan JAURÈS,

Élu au l'" tour de scrutin.

Aux électeurs de la 2® circonscription d’Albi,

ïl y a &ix mois, vous m’avez fait votre député, avec îe mandat de iutler pour h République sociale,

« k ce mandat j’ai été fidèle, n , j ■ j

Dans les discussions parlementaires provoquées par ^

Panama, j-ai protesté plus d’une fois, en votre nom, contre les hésita mue de la justice contre la faiblesse du gouvernement, et t! est certain que ni 1^ m gtstrats lîi les dirigeants n’ont an rechercher et frapper tous les coupables : ils n’om P^s su davLtage démasquer et châtier les intrigants et voulaient détourner, au profit de leur ambition personnelle, ^ J

conscience publique. U est démontré une fois de plus que, dans la société actuelle, la loi, si dure aui petits, est désarmée ou émoussée contre les grands.

U est démontré aussi que des intrigues obscures, et qu’on n’ose point éclaircir se substituent peu â peu, dans l’opportunisme finissant, aux pratiques claire

'“rÏtrtraiilTirpr^rammfdu prolétariat agricole et du FO’Wariat industriel • l’ai défendu, dans la mesure de mes forces, les organisations ouvn quand elles étaient menacées par l’arbitraire capiialiste on J™'

nemental. le me suis associé à l’énergique propagande socialiste qui arrachera

la démocratie française à son sommeil découragé,

« Et j’ai répondu par des actes, par des faits, aux hommes mal intentionnés ou mal renseignés qui accusaient les Républicains socialistes de négliger les

intérêts des cultivateurs, n ,i,i nrin

J’ai demandé pour eux, comme je l’avais promis, la suppression du p

cipal de l’impôt fonder : dans les deux séances du 8 et du 10 juillet, j ai défendu énergiquement ma proposition. Je la renouvellerai, à chaque budget, dans la Chambre prochaine, jitîqu’à ce qn’elle aboutisse, et elle aboutira certainement car les cultivateurs, de plus en plus accablés, commencent enfin a élever la voix, et la démocratie ouvrière, qui veut s’unir à eux, appuiera leurs reven

Nous aboutirons d’autant plus que nous indiquons, dès maintMant, une économie de 80 millions qu’il faut réaliser. Suivant l’exemple d un ^rand pa^s voisin, très soucieux de sa puissance militaire, nous pourrons, et

réduire le service militaire de trois ans à deux ans. La proposition a t cj i .

les républicains socialistes l’appuieront énergiquement et, avec cette économie, nous supprimerons le principal de l’impôt foncier. , ^ , r ■+ «

Sur la question du blé, vitale pour tous, l’accord complet s est fait au congrès de Carmaux, entre les cultivateurs et les ouvriers. 11 a été convenu, a runanimité. que le prix normal du blé, celui qui rémunérait le saw

trop grever l’ouvrier, était de 20 fr. l’hectolitre. J'ai

les droits de douane sur les blés étrangers jusqu’à ce que les blés vaillent 20 fr., et d’abaisser les-droits quand le blé dépasserait ce prix, dans la proportion même où il le dépasserait. Il y aura ainsi raison et justice pour tous, ouvriers e

Lorsque, par cette mesure immédiate, les cultivateurs auront été “

la ruine, nous demanderons que le gouvernement soit le seul ®

étranger. Il n’y aura aiosini spéculation ni agiotage, et il vendra le g

à un prix tel que le blé français ne soit ni trop bon marché ni trop cher.

Et, à ces mesures de salut, les socialistes ajoutent dans leur programme de

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réformes agricoles, « la multiplication des syndicats paysans, les prud'hommes agricoles, les retraites pour les travailleurs de la campagne, petits propriétaires et salariés, aa moyen d'un impôt progressif sur le revenu, la commune rurale devenant propriétaire des machines coûteuses et les prêtant au prix de revient aux cultivateurs; enfin, le crédit à bon marché par la Banque de France rendue à la nation

Jamais parti n'a conçu, pour les travailleurs du soi, un programme aussi efficace, aussi net, que celui du parti socialiste.

Aussi, de plus en plus, les cultivateurs s'uniront aux ouvriers pour l’émancipation commune du prolétariat tout entier.

J’ai lutté pour les uns et pour les autres : je fais appel aux uns et aux autres,

Jean JAURÈS, député sortant.

circonsîcription de CASTRES, M, ABRIAL,

Élu au 2^ tour de scrutin, (Décédé,)

2« circonscription de CASTRES, M, le baron René REILLE,

Elu an tour de scrutin.

Mes chers concîtoyens.

Pour la huitième fois, je viens solliciter vos suffrages.

Pendant la législature qui finit, je suis resté, comme Je l’ai toujours été, dévoué à vos intérêts matériels et moraux, industriels et agricoles.

Pai, avant tout, défendu la religion.

Dans la coinmission du budget, j’ai poursuivi l’ordre et l’économie dans les finances.

Membre des commissions de l’armée et de la marine, J’ai obtenu le vote de la loi qui supprime l’incorporation des premiers numéros du contingent dans les troupes coloaiales.

Eq un mot, je suis demeuré fidèle à notre vieille devise :

Pour Dieu et pour la France 1

Aujourd’hui^ les bases de la société, Fidée même de patrie sont meûacé6& par des utopies subversives et des menées révolutionnaires. Pour résister à ces doctrines néfastes, pour assurer Tordre et le travail, Punion s’impose entre tou& ceux que préoccupe l’intérêt supérieur du pays.

Pour ma part, docile aux encycliques du souverain pontife, je suis résolu à lutter contre le socialisme en travaillant de toutes mes forces, comme par le passé, à l’amélioration dn sort des ouvriers, et à combattre, tout en respectant la forme légale du gouvernement, les lois attentatoires à la liberté des con-^ sciences et aux droits des pères de famille.

Baron René REILLE.

Circonscription de GAILLAG*

M. L, DÜPÜY-DUTEMPS,

Élu au tour de scrutîn.

Mes chers concitoyens.

Quatre années de labeur parlementaire, une série non interrompue de propositions et de travaux, de nombreuses interventions à la tribune, une vi& tout entière consacrée, au milieu de vous, à la défense des idées républicaines^ me dispensent de vous faire une profession de foi politique.

Le moment est venu d’abandonner les luttes stériles de la politique irritante, pour s’en tenir aux réformes économiques, agricoles et fiscales.

J’estime que mes actes parient plus haut que de banales promesses.

J’ai été, à la Chambre de 18B9, Lun des initiateurs de la réforme judiciaire^ delà procédure, des frais de justice et des droits d’enregistrement. La tâche» déjà avancée, me donne le droit d’espérer que, dans la période d’une législature, il me sera permis de terminer une œuvre qui intéresse, au plus haut degré, les intérêts moraux et matériels de la nation. Elle a pour but, en effet, d’établir la proporlbanaîité des frais, la simplifîcation des formes, l’égalitédans la justice,

fai collaboré à la réforme de l’impôt, dont les résultats, consignés dans mes rapports à la Chambre, consacrent la suppression de l’impôt foncier, celle^ des patentes, l'impôt des portes et fenêtres, des droits sur les vins, remplacés par le monopole de l’alcool et une taxe progressive sur le capital et le revenir. Ai-je besoin d’ajouter" que je persévérerai dans cette voie, et que je mettrai

toute mon énergie à provoquer la aiscussion d’un projet d’ores et déjà mûr pour le vote.

Mais j’ai surtout à cœur d’apporter aux souffrances de ragriculUire un prompt soulagement. Aossî, demanderai -je d^appHquer au dégrèvement de l'îrapèt foncier le bénéfice de la conversion, depuis longtemps résolue, et affecté par d'autres à des usages moins importants.

Cette mesure, qui réduira de 70 0/0 la cote du percepteur, peut être appliquée dès Texercice prochain*

Je me suis d’ailleurs formellement engagé à réaliser la réforme, en souscrivant au programme du ‘syndicat agricole français, qui a réuni dans son eeîn des hommes de toutes les opinions, déterminés à faire bénéficier ragricuîtnre de la diminution du taux d’intérét des capitaux.

L’exagération de l’impôt n’est pas la seule cause du marasme agricole ; il y a encore et surtout Tavilissement du cours des denrées-

La baisse constante du prix des blés désole les campagnes et amènera, si elle n’est promptement arrêtée, rabaissement deè salaires et la ruine des ouvriers industriels et agricoles*

J’ai déjà proposé, vous voua en souvenez, le relèvement des droits sur les blés étrangers ; je m’engage, sur rhonneur, à reprendre ma proposition et à demander à des tarifs douaniers une plus efBcace protection de tous nos produits agricoles.

Toutefois, oü ne saurait trouver dans les seuls droits protecteurs une cause permanente de prospérité. Pour que Pagricuhure puisse lutter contre Tagiotage commercial, il faut qu’elle soit en mesure de refuser les offres insuffisantes, et elle ne le peut que si elle a de Pargent pour attendre. Il est donc nécessaire que les mêmes facilités soient accordées au crédit agricole et au crédit commercial; Pégalué sera dès lors rétablie*

El c’est pourquoi, volant la prorogation du privilège de la Banque de France, institution nationale aussi utile au commerce, dont elle centuple les facultés, qu’à PÉtat dont elle délient le trésor de guerre, je demanderai qu’on lui impose la condition de fournir aux syndicats agricoles les capitaux dont ils auront besoin, au taux commercial de 2 1/2 à 3 pour cent.

J’ai toujours présents à T esprit les engagements de mes précédents programmes, relatifs aux institutions de prévoyance et de secours. Les malheureux des campagnes, comme ceux des villes, doivent être mis à l’abri des terribles conséquences de la maladie, de la vieillesse et du chômage.

Pour le définir d’un mot, mon programme est celui d’un républicain plus épris des réformes démocratiques que des formules vaines de la politique abstraite.

Je nTgûore pas que la réalisation des idées que je viens d’exprimer peut être arrêtée par le désaccord des deux Chambres; mais, comme en 1889, te tiens à dire que je suis partisan convaincu de la révision au point de vue de la détermination des droits du Sénat.

Il ne faut pas que la Chambre, directement issue du suffrage universel, puisse être indéfiniment tenue en échec par la volonté d’une autre aBsemblée.

Telles sont les vues générales que je vous soumets.

Toppose à la politique de rancunes et de haines la politique de concorde et d’apaisement.

Je n’abandonnerai rien du terrain conquis et J’ai constamment les yeux fixés sur le terrain à conquérir.

Mais je demande que, pendant les quatre années que la prochaine législature aura devant elle, on lui laisse le loisir de travailler pour le bien du pays, en écartant les discussions oiseuses et les querelles passionnées.

Et dès lors disparaîtront les critiques violentes, les oppositions acharnées qui veulent faire, des fautes de quelques-uns, le crime de tout un régime.

Vive la République!

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