L. DUPUV-DUTEMPS
Député sortant, conseiller général du Tarn, Membre du syndicat agricole français.
Circonscription de LAVAUR.
M. Émile COMPAYRÉ,
Élu au 2® tour do scrutin.
Je viens, avec conflance, solliciter vos suffrages, décidé, comme parle passé, à défendre énergiquement et à servir vos intérêts.
Vous savez avec quel dévouement, avec quelle ardeur je m’y suis toujours consacré.
, . P®y®T habitant sans cesse parmi vous, vous me connaissez ! Je
n’ai jamais servi et je ne servirai jamais que la cause de la liberté ét du progrès.
La République, victorieuse et définitivement fondée, a été comme envahie par les puissances d’argent et elle a ajourné la question sociale.
Plus d ajoiu nements, plus de capitulations. Le peuple ne se payera plus de mots, on ne le satisfera point, cette fois, avec des poignées de mains ou de beaux discours. Il ne suffira pas de le déclarer électeur souverain, libre, etc., pour le faire taire. Nonl il faudra que les modifications sociales se traduisent en actes, et qu’il les voie, qu’il les saisisse en améliorations matérielles, dans ses conditions d’existence.
Je veux donc lutter avec vous pour arracher là République aux financiers qui ont tout saisi : les chemins de fer, la banque, le crédit, les grandes entreprises
et même les congeiences.
Je veux 1 égalité^ égalité de droit pour tous. Toutes les places dounées au concours et non plus à la faveur.
Protection égale au pauvre, à l’ouvrier, au travailleur; répartition de l’impôt sur le capital, proportionnelle à la fortune.
Je veux le rétablissement de l'écheîîe mobile, de façon que le pm'du blé puisse être maintenu entre 18 francs et 20 francs Vhecîolîlre,
Je veux : la révision de la ConstitutLoa ; la suppression de tous les impôts dits de consommation, et suppression radicale des octrois.
Je veux que chaque commune ait à sa disposition son budget des cultes.
Convaincu que c'est engager sa liberté que d'accepter les faveurs du pouvoir, je déclare que je refuserai toute fonction publique salariée.
Fonde mon indépendance et dégagé des passions d'une opposition systématique, je n'aurai jamais pour les ministres de la République un dévouement qui ne s’accorderait pas avec les intérêts et les sentiments du pays.
Une grande œuvre réformatrice s'est ouverte devant nous. Je rentreprendrai avec courage et résolution.
Je placerai au premier rang de mes préoccupations le relèvement de notre industrie et de notre agriculture î l'amélioration du sort de !a classe des travailleurs; le développement de l'assistance publique dans la campagne, parla création d’hôpitaux cantonaux ; la plus sévère économie dans la gestion de nos ûnancea.
Grâce à Finstruction militaire préparatoire, qui, de plus en plus, sera donnée à vos enfants dans les écoles publiques de FÉtat, le Gouvernement pourra un jour, sans cesser de faire face aux exigences de la défense nationale, réduire les charges que vous imposent les vingt-huit et les treize jours. J’exprimerai formellement des vœux à ce sujet.
Je n'oublierai pas l'importance que vous attachez à une amélioration des lois sur la pêche et la chasse, et surtout à une réduction progressive des impôts, qui pèsent sur Tagriculture et le commerce, réduction que l'on pourrait en partie obtenir si Fon diminuait les gros traitements.
D'autres réformes, non moins importantes, s'imposent à nos études, j'y travaillerai avec la persévérance qui conduit aux solutions, ce sera, en un mot, la marche en avant, incessante, paisîbïe, mais toujours résolue.
Mes adversaires ne peuvent rien me reprocher, aussi font-ils des efforts inouïs pour ioventer des mensonges et des calomnies.
Maintenant, chers concitoyens, si vous pensez qu'il faut s'attacher fermement au maintien de la paix, sans laquelle l'agriculture ni l'industrie ne peuvent prospérer, si vous voulez ïa consolidation, le développement progressif de nos institutions, si vous aimez la liberté, condition de la grandeur morale des peuples; si vous croyez que nous devons faire des économies pour arriver par là à Fallègement de l'impôt.
Sanctionnez par vos votes et par une imposante majorité ce programme qui est le vôtre et qui peut se résumer en ces mots ;
Paix, économie, progrès, réformes, justice et liberté,
Émile COMPAYRÉ, conseiller général^
PROCMMAfE ÉLABORÉ PAR LË COmTÉ RÉPOBLlGAIN DE LAVAüB.
Article premier. — Révision de la Constitution,
Art. 2. — Impôt progressif sur le capital.
3, Suppression de tous les impôts dits de consommation et suppression radicale des octrois. ■ i . ■«
l^ Rétablissement de l’échelle mobile, de façon que le prix du blé
puisse être maintenu entre 18 et 20 francs l’hectolitre.
Art. 5. — Retrait complet de tous les monopoles, chemins de fer, mines.
Banque de France, etc., etc.