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Circonscription de HRIGNOLES.
M. Charles ROUSSE,
Élu au 2' tour de ecrutiii.
Mes chers concitoyens,
Mon honneur politique sourdement attaqué par quelques républicains de rencontre, seulement soucieux de semer haine et discorde, m’a commandé de solliciter de nouveau yos suffrages*
Renégat, vous ne tarderez pas à dire si j’ai pu Tôlre, vous que j’ai retrouvés groupés autour de moi dès mon arrivée dans rarrondissement deBrignoles.
C'est que vous saviez que, fidèle à mon passé, à mon programme de 1889, ma poliiique était uoe poliilque de défense et de progrès*
De défense? parce que je suis résolu de conserver les réformes populaires que la République a trop lentement accomplies*
De progrès? parce que je demeure le partisan déterminé de celles qui assureront enfin au travail la liberté, Pégaüté et la justice.
La République devra réaliser la réforme générale de Fimpôt, seule capable de résoudre le problème de la vie à bon marché et les questions des salaires et des retraites, qui tiennent tant au cœur des travailleurs. Elle devra diminuer les frais de justice, propager le principe de l’arbitrage et arrêter les progrès de la misère.
Plus d’impôts de consommation, plus d’impôts sur les objets de première nécessité : ceux dont le caractère est facultatif sauront bien payer à leur place.
Quant à l’impôt direct, il faudra évidemment bien choisir son assiette et rendre sa répartition équitable; c’est la richesse qu’il convient de frapper, ce sont les besoins qoMi importe d’épargner*
Je désire le maintien des droits de douanes sur les produits de notre sol, et particulièrement sur les huiles et sur les vins, dont la production suJQîra à la consommation*
Et pourquoi ne pas obtenir du budget des économies que l’on attribuerait à la réduction des charges fiscales si lourdes sur Fagriculture î Et pourquoi ne pas
briser les dispositions iègislatives qui entravent la création des sociétés coopératives de caisses agricoles, d’assurances, de retraites, de secours mutuels, et l’organisation de l'Assistance dans les campagnes 7
Mes chers concitoyens.
Si, é vos yeux, le passé répond de l’avenir, et si vous voulez bien me renouveler votre confiance, vous aurez en moi un député qui se montrera toujours plus soucieux de vos intérêts, toujours plus attentif à la marche d’une République de progrès, de justice et de liberté.
Vive ia République !
Charles RODSSE,
Député sortant.
Circonscription de DRAGUIGNAN.
M. Joseph JOURDAN,
Elu au 2° tour de scrutin.
Citoyens,-
Mon programme sera net comme le langage d’un honnête homme:
La France sort meurtrie d’une terrible épreuve : elle avait sauvé l’honneur en 1870, elle a failli le perdre en 1892 ; il faut des lois pour mettre la fortune publique à l’abri des spéculations de la haute banque et des journaux financiers.
La République est maintenant au-dessus de toutes les attaques ; il s’agit non plus de consacrer nos elTorts à défendre son existence, mais bien d’améliorer son fonctionnemeut.
Les questions sont mûres, le moment est venu de les résoudre : qu’on les étudie avec bonne foi, et l’acoord si nécessaire entre tous les citoyens ne sera pas rompu.
Le droit pour les ouvriers, pour les agriculteurs, de former des syndicats, libéralement réglementés, ne saurait être plus discuté que ie droit pour les négociants de fonder des chambres de commerce ; mes convictions, à cet égard, ne datent pas d'hier ; c’est sur mon rapport qu’a été créée à Marseille la bourse du travail s elle y a rendu de grands services.
La vie de l’ouvrier comporte des risques sans nombre, contre lesquels il doit être garanti par des mesures protectrices et des assurances obligatoires.
Les orphelins ont droit à un abri, les malades à des secours,' les vieillards honnêtes à une retraite que leurs économies auront en partie assnrée.
le proposerai et je voterai toutes les lois qui s’inspireront de ces principes. En ce qui touche à la morale, je respecte toutes les convictions sincères; le premier des biens est la liberté de penser ; mais l’administration civile doit être distincte de l’élément reli^eux.
Quant à vos intérêts locaux, je veux, comme vous, assurer à l’agriculteur un juste prix de la récolte durement gagnée, et défendre vos produits, vos huiles notamment, contre toute concurrence déloyale.
ïe demanderai le maintien des prîmes^ en' faveur de la sériciculture, Tachévement et le raccordement de vos chemins de fer ; la révision du cadastre pour les terres dont les revenus ont trop sensiblement diminué ; la mise en harmonie des retraites des marias avec les besoins de la vie actuelle ; Textension de vos garnisons, si elle est compatible avec les nécessités de la défense nationale.
La fondation d’un crédit agricole s’impose ; tous mes efforts tendront à réaliser un tel progrès.
Au point de vue politique, j’admets que notre Constitution est susceptible de perfectionnement ; mais je m’opposerai à toute révision qui aurait pour but d’ouvrir la porte aux entreprises d’un prétendant.
Citoyens, depuis huit ans on vous a présenté la haine et la discorde comme des éléments nécessaires de la vraie République ; de quel droit supprime-t-on une partie de la devise démocratique et oublie-t-on la fraternité î
Assez de querelles et de vexations inutiles ; que les élections de 1893 soient le signal d’une ère de progrès, de concorde et d’honnêteté.
Le plus grand danger qui menace aujourd’hui la France, c’est la disparition de la probité politique I
Vive ïe Var 1 Vive la République I
Joseph JOURDAN,
Membre de la Ligue des candidatures républicaines locales, Candidat républicain radical socialiste agricole.
1” circonscription de TOULON.