VAUCLUSE
Circonscription d’APT.
M. E. REBOULIN,
Élu au 2® tour -de scrutÎD.
Mes chers concitoyens.
De nombreux républicains de toutes les communes de l’arrondissement d’Apt m’ont demandé de prendre en mains le drapeau de la démocratie.
l’ai accepté pour la République et je viens solliciter vos suffrages pour représenter au Parlement cet arrondissement d’Apt où je suis nè, où j’ai ma famille et tous mes intérêts.
Enfant du pays, républicain d’origine et de conviction, vivant au milieu de vous tous, mieux que tout autre je connais vos aspirations et vos besoins.
Us sont les miens.
Je n’ai qu’une ambition ; mettre au service de la démocratie ce que je puis avoir d'intelligence, d'énergie et de bonne volonté.
Les programmes les plus simples et les plus courts sont les meilleurs. D’ailleurs vous me connaissez t je puis être bref, mais je serai clair.
Il faut à la République de bonnes finances : un budget sévèrement contrôlé : des impôts qui, au lieu d’écraser les consommateurs, les travailleurs, les tout petits propriétaires, soient appuyés sur la richesse acquise.
C’est la base nécessaire d’une foule de réformes; celle de l’impôt foncier, des octrois, des patentes, des prestations ; d’autres encore, telles que : réduction des frais de justice, dégrèvement des boissons hygiéniques, etc.
11 faut qu’une législation nouvelle et démocratique protège efficacement les classes laborieuses, institue le Crédit agricole, donne plus de liberté aux syndicats, crée celte caisse de retraites promise à la vieillesse et aux invalides du travail.
11 faut aussi que, comme les citoyens eux-mêmes, la production nationale, industrielle et agricole soit justement protégée,
Pour notre arrondissement en particulier, il faut obtenir :
1*^ La réglementation des prises d^eau de la Durance î
2*" La construction de barrages, îà oii ils sont possibles, et particulièrement Pirrigation de la vallée dn Cala von par le barrage d’Oppedette, dont les études sont achevées \
3^ LV.mplol de ia garance pour la teinture des draps militaires ;
L’augmentation des crédits annuels pour les primes à la sériciculture ;
5"^ L^ûctroi définidf de la culture des tabacs dans tout le département de Vaucluse j
ô"* L’adoption, en un mot, de toutes les mesures qui peuvent favoriser le développement industriel et agricole*
L^État républicain se plaint des empiètements de PÉglise ; PÉglise se plaint de persécutions de la part de PÈtai* Une séparation loyalement accom^ plie ramènera la paix et rendra la liberté à chacun*
La Constitution est perfectible; j’en voterai la révision dans un sens démocratique.
Est-il nécessaire d’énumérer dans un programme toutes les réformes, toutes les mesures, qui sont le patrimoine commun des républicains ?
Quelles qu’elles soient, je les voterai toutes, comme vous les voteriez vous-mêmes,
La République doit à Penfant tout ce qui peut contribuer à faire de lui un citoyen utile à la patrie ; k l’homme mûr tout ce qui peut assurer son entière indépendance morale, intellectuelle et matérielle.
Elle doit prendre sous sa protection les vieillards, les infirmes, les vie*times du travail, les déshérités.
Mes chers concitoyens,
Telles sont les grandes lignes du programme qui me servira de guide si je suis votre élu.
C’est lui seul qui me dictera mou attitude et mes votes ; d’ailleurs je serai toujours près de vous afin d’être votre interprète auprès des pouvoirs publics*
Je veux la stabilité gouvernementale, mais il faut, avant tout, que les volontés du peuple soient respeclé'es*
C’est par lé que la France républicaine continuera d’être forte et estimée àPextérieur; c’est parla qu’elle a'îSnrera, à l’intérieur, sa prospérité et la paix sociale.
Si ce sont là vos vœux comme les miens, vous pouvez en toute confiance me donner vos suffrages.
Vive la République 1
É. REBOULIN, Industriel, maire d’Apt, Candidat républicain radical.
Gircoiiscriptioii d’ AVIGNON.
M. 6. POÜRODEBY de BOISSERliN, Elu au 1" tour de scrotia '
Mes chers concitoyens,
Élu, le 6 octobre 1889, partousles républicains de l’arrondissement, je iriens encore solliciter vos suffrages, fort do Bentiment du devoir accompli pendant quatre années.
Mon programma est celui de 1889. Mes actes, mes votes ont été inspirés par l’amour de la France et de la République ; la volonté de donner aux déshérités plus do bien-être matériel et moral, plue d’appui et plus de justice, un ardent désir de servir les intérêts agricoles et industriels de l’arrondissement et de la ville d’Avignon.
J’ai voulu et Je veux : , .
La révision de la Constitution par le Congrès dans un sens plus républicain.
L’économie dans les financeSp La stabilité dans le pouvoir*
Plus de fermeté et de dignité dans nos relations extérieures.
La séparation des Eglises et de l’État par une loi, ou l’application loyale et impartiale des lois eoocordataires*
La liberté absolue de conscience*
La rédaction des frais de justice*
L’extensioUi des libertés municipales.
La codification du droit rurale la suppression des prestations, la reTisîon du cadastre*
La création de banques populaires et agricoles*
La réforme administrative en fayeur des petits employés*
La création d'une caisse de retraite pour les travailleurs des champs et des villes*
A Venfant* rînstruction professionnelle on scientifique la pins complète ; au vieillard, le repos et la vie matérielle assurés.
Le développement des sociétés de secours mutuels.
L’encouragement des sociétés coopératives*
Toutes les réformes sociales améliorant le sort des faibles par i Une sage participation du travail au bénéfice ;
Le travail fram;ais réservé à l’ouvrier frainjais ;
La refonte générale des impéts foncier, direct et indirect sur des bases plus
sages, plus démocratiques, facilitant l’effort individuel, aidant le petit capital, le petit propriétaire, dégrevant l’ouvrier.
Une juste répartition des charges publiques sur les ressources et les bénéfices ;
La suppression des octrois, des impôts de consommation ;
Le rachat des grandes Compagnies ;
One politique sincèrement républicaine et progressive, gage de la pacification des esprits et de la fiu de nos divisions dans un même sentiment patriotique.
Électeurs I
Vous savez qui je suis, vous m’avez vu à l’œuvre.
Si vous me renouvelez votre confiance, vous aurez en moi un patriote, un défenseur résolu de la République radicale, de nos droits, de nos intérêts, et qui ne cessera de suivre la voie du dévouemeut et de l’honneur.
Vive la République !
G. POURQUERY de BOISSERIN, avocat,
Maire d’Aviguon, député sortant.
Circonscription de CARPENTRAS.
M. Alfred NAQUET,
Élu au 2® tour de scrutin.
Citoyens,
Je pose ma candidature dans votre arrondissement aux élections du 20 août prochain.
J’ai quitté Paris parce que je n’ai jamais considéré la députation de la Seine comme étant pour moi autre chose qu’une députation de lutte et de circonstances; parce que je suis de cœur avec ce département de Vaucluse que j’ai représenté pendant dix-huit ans, parce que je veux faire juger ma conduite politique par mes compatriotes, parce que je désire terminer ma carrière politique dans cet arrondissement de Carpentras qui m'en a ouvert les portes et dans lequel je suis né.
Mon programme tient dans un mot : la Révision.
Avide de réformes, je sais que celles-ci sont presque impossibles aussi longtemps que nous vivrons sous la Constitution de 1875. Cette Constitution est détestable. Un bon ouvrier ne peut pas faire de la bonne besogne avec un mauvais outil ; un législateur ne peut pas davantage faire de bonnes lois avec une
„ lOiO —
mauvaise Cbustilution, son outil à lui. Puisque notre Constitution est mauvaise, il faut la changer.
Je suis donc avant tout révisionniste, parce que la révision est le prélude nécessaire de tout progrès sérieux. Mais )a révision n*est que le moyen pour parvenir aux réformes qui sont le but.
Ces rèformeSj ]e les veux profondes, pour que la République ne soit pas un vain mot, pour qu'elle mérite les efforts et les sacrifices que nous avons faits en vue de ia conquérir.
Je veux un impôt des patentes mieux réparti, qui défende le petit et le moyen commerce contre les grands magasins.
Je veux que, dans toutes les sociétés par actions, le travail participe obligatoirement aux bénéfices. J'ai posé les bases de ce progrès dans la législature qui finit*
Je veux que Ton organise chez nous une Caisse de retraites pour la vieillesse, ne pouvant admettre que le travailleur, après une vie de labeurs et de fatigue, soit obligé de demander à la charité comme une faveur le pain de ses vieux jours.
Je veux une réduction sérieuse des frais de justice, encore si onéreux pour les pauvres, malgré les dernières lois qui ont été votées relativement à cet objet.
Je veux dégrever les petites successions et grever les très grosses, pour faciliter de plus en plus la généralisation de la propriété.
Mais, si je désire ces modifications bienfaisantes à notre état social, je repousse de toute ma force le collectivisme qui, de son vrai nom, s’appelle le communisme. Le collectivisme tuerait à ce point toute émulation ; il détruirait à UE tel degré l'élîort individuel, source de toute richesse sociale, qu'il nous amènerait à la misère universelle en supprimant la production.
Loin de vouloir, comme^les coïlectivistea, supprimer la propriété iudividuelle, je veux en élargir les bases en appelant chaque jour un plus grand nombre de citoyens à participer à ses bienfaits, car 'elle est la source de tout travail, de toute découverte, de toute moralité, de tout progrès, pourvu qu’elle ne dégénère pas en accaparement universeL
En matière religieuse, je suis partisan de la séparation des Églises et de TÉiat, mais j'estime que cette dernière conquête de l'esprit" moderne doit être pacifique, qu'elle doit inaugurer un ordre de choses nouveau accepté de tous comme au Canada et aux Éiats-Unîs, et non consacrer une victoire de ceux qui ne croient pas sur ceux qui croient. Je ta voterai lorsqu elle se présentera à moi sous la forme d'un projet spécial, couBacrant une large liberté d’association qui permette aux croyants d’organiser le service de leur cuite, et sous réserve qu'elle sera soumise au vote direct du pays avant d'être appliquée.
Mais je ne la voterai jamais par la simple suppression du budget des cultes, parce qu'elle cesserait alors d'être l'hommage suprême rendu à l'affranchissement de la pensée et deviendrait au contraire une forme de Poppressiou de celle-ci.
J'ai toujours été et je serai toujours Fhomme de la liberté de conscience. Je ne demande compte à qui que ce soit de ses opinions en matière religieuse ou
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philosophique, pas plus que je ne permets à qui que «e soit de me demander compte des miennes.
Libre-penseur résolu, — ma conduite privée l’a prouvé pendant quarante années consécutives, — j’entends faire respecter ma liberté et je respecte également la liberté des autres.
Au surplus, les querelles religieuses n’ont été jusqu’ici, pour les hommes qui nous gouvernent, qu’un tremplin destiné à masquer le vide des réformes, et c’est aujourd’hui des réformes qu’il nous ïaut. Si je suis élu, en dehors ’de l’œuvre politique que vous me confierez, je m’attacherai aussi à défendre les intérêts agricoles de ce département.
Veiller avec soin à ce que les départements voisins n’empiètent pas sur l’eau qui nous a été concédée pour nos canaux et à laquelle nous avons droit ;
Poursuivre, avec Cluseret, ia réforme des Halles de Paris, pour que les expéditeurs de primeurs aient des garanties sérieuses, et que leurs marchandises soient vendues dans de bonnes conditions ;
Obtenir des Compagnies les trains les plus commodes et les plus rapides pour faciliter les expéditions elles-mêmes ;
Gréer définitivement le crédit agricole, et pousser aux syndicats des agriculteurs, afin de mettre ceux-ci en mesure d’appliquer les derniers progrès de la science et de lutter avantageusement contre nos rivaux ;
Accroître notre réseau départemental de routes et de chemins de fer nour faciliter l’écoulement de nos produits; *
Telles sont les idées que je chercherai à faire prévaloir pour sauvegarder les intérêts du département.
En votant pour moi, vous voterez donc :
Pour la révision ;
Pour les réformes ;
Pour la défense des intérêts agricoles ;
Pour la liberté.
Citoyens,
Unis pendant dix-huit ans, nous avons pu, un jour, nous trouver en désaccord sur le meilleur moyen de défendre les intérêts de la Képubliqüè. Mais, de part et d’autre, nous étions de bonne foi, et l’heure n’est plus de réchercher qui, de vous ou de nous, avait raison ou avait tort.
Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est reconstituer i’armée radicale, l’armée progressiste, c est laisser dans l’oubli un passé qui nous diviserait au profit des ennemis du progrès, pour ne songer qu’à l’avenir qui nous unit et aux réformes dont notre union assurera le triomphe.
Vivo la République 1
Alfred NAQUET.
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Électeurs de l’arrondissement de Carpentras,
Je pose ma candidature à l’élection législative du 20 août dans votre arron-
mon programme. la l'ai déjà développé dans les nom-
breuaes rénnious que J’ai faites dans vos différentes communes, en mai et ]um
constitwÜoîineWÉ. — L’outil législatif est détestable; il faut le changer. Un bon ouvrier lui-même est incapable de faire de la bonne besogne
avec un mauvais outil. La révision a*impose- ^
2" Questions sociales. - Je pense que l’Etat doit intervenir pour empêcher l’absorption des petits capitaux par les gros et l’expropriation universelle au Droût de ciueloueEr-uns.
Je veux un plus juste impôt des patentes, qui permette au petit et au moyen
commerce de se défendre contre les grands bazars. ■ ,
Je veux que dans les sociétés par actions, — qm tiennent leur existence de la loi et desquelles, par conséquent, la loi a le droit d’exiger certaines charges en compensation de la vie qu’elle leur donne, - la participation du travail aux bénôûces. de l’exception qu’elle est aujourd’hui, devienne la règle. J ai pose les bases de cette réforme dans la législature qui finit. '
Mais si je veux de ces réformes possibles et bienfaisantes, je repousse de toute ma force ce socialisme collectiviste qui, de son vrai nom, s’appelle le
I.e coileclivisme tuerait à ce peint réiBulatîon, il détruirait a im tel degré l'effort individuel, source de toute richesse sociale, que, sons prétexte de mieux répartir les produits, il nous amènerait à la misère universelle en supprimant ta
production. , . . , ■ „
Loin de vouloir détruire la propriété individuelle, je désire, au contraire, en
élargir les cadres, en appelant chaque jour un plus grand nombre de citoyens a parüdper à ses bienfaits. La propriété individuelle est la source de tout trayaü. de toute découverte, de toute moralité, de tout progrès, pourvu qu’elle n atteigne pas les limites de l’accaparement universel.
Convaincu que, dans les grands monopoles qui sHmposent, il importe de réduire lé plus possible les profits des particuliers qui les exploitent, mais qu il n’importe pas moins de garder le frein de l’intérêt individuel dans leur exploitation, je suis prêt à exiger le plus de concessions possibles des compagnies de chemins de fer, de la banque, des compagnies minières.
Mais je ne voterai pas la nationalisation de la banque et des mines, parce que ce serait évoluer vers le collectivisme, dont je ne veux à aucun prix, et que, d’ailleurs, de nombreux et récents exemples m’ont démontré le danger de
pareilles inovations. . , f-
3" Question rdigteuse. - Je suis partisan de la séparation des Églises et
de l*Etat. i
Mais j’estime que cette dernière conquête philosophique de 1 esprit
moderne doit être pacifique, qu’elle doit inaugurer un ordre de choses nouveau
sas
accepté de tous, comme au Canada ou aux États-Unis, et non consacrer une victoire de ceux qui ne croient pas sur ceux qui croient. Je !a voterai, lorsqu'elle se présentera à moi sous la forme d*un projet spécial, consacrant une large liberté d'association qui permette aux croyants d'organiser le service de leur culte, et sous réserve qu'elle sera soumise au vote direct du pays avant d'être appliquée.
Mais je ne la voterai Jamais par la simple suppression du budget des cultes, parce qu'elle cesserait alors d'être l'hommage suprême rendu à l’affranchissement de le pensée et deviendrait, au contra ire j une forme de Toppression de celle-ci.
Je suis fermement résolu à empêcher tout empiètement de la société religieuse sur la société civile; mais je réprouve toutes les taquineries^ toutes les tracasseries et, à plus forte raison, toutes les mesures oppressives qui pourraient être prises contre les cultes-
Je suis libre-penseur. Depuis quarante-cinq ans, mes actes l'ont établi.
Mais liberté de penser signifie, à mes yeux, aussi bien, pour ceux qui veulent croire, le droit de croire que, pour moi, le droit de ne pas croire.
Depuis vingt ans, les politiciens ont berné le peuple. Ils se sont servis de la question religieuse pour éviter d'aborder le problème économique. L'heure est venue de leur montrer que le peuple a compris; Theure est venue de laîs^ser les questions de croyance religieuse à la conscience de chacun et de nous mettre résolument à l'oeuvre pont la réalisation des réformes sociales qui nous spot chères à tous.
ÂHüudù politigue. — En principe, je ne m'occuperai que des lois m discussion et non des ministères qui les soutiennent ou les combattent. Je ne voterai pas contre un projet que je crois bon, ou pour un projet que je crois mauvais, en vue de maintenir ou de renverser un ministère; je ne ferai pas fléchir mon programme devant des intrigues ou des haines.
Si, cependant, Je m'avisais que d'autres le font; si la présentation d'une loi n’était qu'un trompe-i'oeil destiné à renverser un cabinet dans lequel j'aurais confiance, qu'un prétexte d'une heure sans lendemain, je ne consentirais pas à tomber dans le piège que des politiciens sans scrupules tendraient à ma bonne foi*
Telles sont mes idées, tel est mou programme résolument réformiste et résolument libéral.
Eu temps ordinaire, je n'aurais rien de plus à dire, dans ce département surtout qui me connaît, que j'ai représenté pendant dix-huit ans, et qui sait avec quelle éueï'gie, avec quelle persévérance j’ai l'habitude de poursuivre et de faire aboutir ce que je crois juste.
Mais ce n'est pas sur mon programme que mes adversaires me combattent. Ils esE^ayent de prolonger le malentendu qui s'est produit entre nous en 1888 et en 1889. lia prétendent qu'ayant été boulaugiste je suis à jamais disqualifié pourdéfeodre les intérêts de la République.
J'ai donc le devoir de vous expliquer pourquoi je suis, entré dans le boulangisme et pourquoi j'y suis resté au moment où ceux-là mêmes s'en retiraient qui en avaient été les instigateurs. Après m'avoir lu avec attention, vous pourrez
peiit4ire ’penser que j'ai commis une erreur î mais, si même telle est votre opinion, vous m douterez pas de ma sincérité, vous serez convaincus que seul l’inLérêt de la République — ou ce que j*al cru être Tintérêide la République — • a dirigé mes actes. Vous serez convaincus que jamais des mobiles personne! s ne sont intervenus dans ma conduite.
Pourquoi je suis devenu boulangîste ;
C’est ma passion pour la révision qui en a été la seule cause.
Je juge la révision indispensable. Je veux la suppression du Sénat; et je veux, pour éviter les intrigues qui faussent tous nos rouages législatifs et administratifs, que les députés ne puissent plus être ministres.
Or, cette révision que je juge indispensable est presque impossible. Elle ne peut se faire qu'avec le consentement de la Chambre et du Sénat.
Quand vous proposez au Sénat de se supprimer, il résiste, et quand vous demandez aux députés, dont la moitié aspirent au ministère, de renoncer aux portefeuilles, ils ne protestent pas moins énergiquement que les sénateurs.
Donc, nécessité et impossibilité de la révision tout à la fois. Telle était la situation qui m’apparaissait au moment ou Textrême gauche porta le général Boulanger au ministère de la guerre.
Je crus trouver dans la popularité du général le moyen de vaincre cette difficulté.
Jadis ITiiers et Gambetta avaient, par leur prestige personnel, établi le courant qui fonda k République. Je pensai que, de même, grâce à la popularité énorme que possédait alors le général Boulanger, nous créerious le grand courant révisionniste qui nous vaudrait la révision comme l’autre nous avait valu la forme républicaine.
Il est vrai que Je ne prévoyais pas alors que ceux qui avaient engendré le boulangisme se retourneraient contre luî. Là a été mon erreur. Hais Perreur de ceux qui se sont retournés contre leur œuvre a été plus grande encore. S'ils étaient restés, à cette heure ia révision serait chose faite, et nous aurions réalisé une enjambée d’un quart de siècle sur les temps futurs.
En tout cas, que Perreur ait été du côté de ceux qui se sont séparés ou du côté de ceux qui sont demeurés dans le boulangisme, des deux côtés on était convairicu qu'on combattait pour le triomphe de ia République.
Quant à ceux qui osent me calomnier et dire que je suis devenu boulangîste par dépit de ne pas avoir obtenu de portefeuille, je n’ai qu'un mot à leur répondre.
En 1837, à la chute du ministère Goblet, M. Bouvier m'a offert le ministère des postes et des télégraphes. M. Delpech, M. de Hérédia, M. Spuller, M- Julien, M. Saint-Martin ont été les témoins de l’offre qui me fut faite. Plusieurs de ces messieurs ont cessé d’être mes amis, mais je ne crois aucun d’eux capable d’un faux témoignage. Si voua doutez de ma parole, renseignez-vous auprès d’eux.
Cette offre, je l’ai refusée pour ne pas entrer, moi radical, dans un ministère modéré dont le général Boulanger, Lockroy et Granet étaient exclus. Et, après m’être refusé à cette concesaion secondaire qui ne m’eût pas disqualifié à vos
yeuXj j'aurais, en vue d'un ministère à venîr^ trahi la République î Allons donc I Ce n^est pas vous qui pouvez le croire*
Du reste, ce n’est pas à cinquante-quatre ans, après une carrière de lutte quelque peu glorieuse, ce n’est pas à cet âge où Ton commence à avoir souci de sa mémoire, qu’on tlétrit ses cheveux blancs, qu'on salit sa conscience et qu’on s’expose à laisser à ses enfants un nom déshonoré*
Pourquoi je suis demeuré boulangiste quand l’extrême gauche s' est séparée du général Boulanger ?
Ne pas avoir prévu que Textrême gauche ae retournerait contre son oeuvre n'a pas été ma seule erreur, Pen ai commis une seconde. Je n’ai pas cru qu’un jour viendrait où le général, par des fautes irréparables, briserait lui-même ce prestige qui, sans cela, le faisait invincible* Je croyais qu’il demeurerait à son poste et que, contre tous vents et marées, il serait vainqueur*
Or, je ne voulais pas, s’il triomphait, qull triomphât contre la République, et c’est encore Tintérêt républicain seul qui nous a décidés, mes amis et moi, à demeurer jusqu’au bout, pour empêcher l'absorption complète du général par les royalistes.
Ceux-ci, voyant en lui une grande force que les républicains abaudonuaient, s’efforçaient de l’accaparer à leur profit*
Si, à cette heure décisive, nous étioDS sortis du Comité, laissant le général aux mains des monarchistes seuls, son triomphe aurait pu devenir périlleux pour la République.
Demeurant près de lui, lui imposant le plus grand nombre possible de candidats républicains, nous évitions ce péril, nous pouvions y compromettre notre nom, notre situation, notre mémoire, mais nous avions présent à l’esprit le grand mot de Danton ; <t Périsse notre mémoire et que ia République soit sauvée* îï
Quoi qu’il en soit, lorsque l’extrême gauche s’est séparée, elle vous a inspiré des craintes pour la République elle-même. Dans ce département, si éprouvé en 1851, on vous a raconté la sornette d’un nouveau 2 décembre en préparation, et vous vous êtes laissés abuser*
Vous ne vous êtes pas dît, à ce moment, que si, en effet, le général Bonïanger avait prémédité un coup d’Etat, il lui eût été facile de le réaliser, puisqu’il en avait eu trois fois l’occasion : 1'’ quand iî était ministre de la guerre ; 2® Je jour de la gare de Lyon ; 3'> le soir de son élection, à 85*000 voix de majorité, par la population de Paris*
Vous ne vous êtes pas dit que, puisqu’il s’était alors toujours refusé à rien tenter contre la loi, il n’y avait pas de raison pour qu’il le fît plus tard* Vous ne vous êtes pas dit que la manifestation de la population républicaine par excellence, de la population de Paris, vous était une preuve que la République ne courait aucun péril*
Vous ne vous êtes pas dit non plus que, si péril il y avait, il ne pouvait venir que d’une élection de droite, et que notre devoir à nous étaitde demeurer sur la brèche, auprès du général, pour enrayer un mouvement de cette nature et en éviter les dangers.
Du reste, Fheure n'est plus aujourd’hui [de rechercher qui, de vous ou de
nous, s’eBt trompé; la seule chose sûre, c’est que, des deux côtés, on agissait de . bonee foi, que, des deux côtés, une seule passion animait les combattants ; la passion de ce qu’ils croyaient être l’intérêt de la République.
Aussi, à Paris, la réconciliation est-elle faite entre les anciens boulangistes républicains et leurs anciens adversaires vraiment progressistes. Les amis des réformes ont compris qu’ils feraient la partie trop belle aux ennemis de tout progrès s’ils demeuraient divisés entre eux. C’est ce que To'ny Révilloo, l’ancien adversaire acharné du boulangisme, est venu dire k Carpentras. J’ajoute que l’acte d’exclusion récemment accompli par MM. Ghautemps, Brisson et quelques autres sectaires de marque, a accentué plus encore cette réconciliation, en donnant une occasion de protester contre cet acte d’ostracisme au journal de Goblet
et de Millerand. , „ , r. •
Mais il ne sufBrait pas de vous dire, électeurs de Vaucluse, qu a Pans, parmi les hommes de progrès, le passé est oublié. et U réconciliation scellée entre les combattants de la veille.
Avant d’investir à nouveau de votre confiance votre ancien représentant, le vieux compagnon de vos luttes passées, vous aviez le droit de lui demander des renseignements sur son atlilude au cours de la période troublée dont je viens devons retracer les grandes lignes,
Ces renseigaemeots, ces explications, vous les avez, A vous maintenant de déclarer ï
Ou que je me suis trompé et que mon erreur est de celles qui ne peuvent être amnistiées ;
Ou que j’ai agi dans l’intérêt de la République et que je n’ai pas démérité
de vos suffrages.
Un dernier mot, citoyens.
Vous savez ce que j’ai fait dans le passé.
La loi sur la liberté de réunion est mon œuvre ; j’en ai été l’initiateur et le rapporteur à la Chambre, en 1880 et 1881.
La loi sur la liberté de la presse est mon œuvre : j’en ai été l’initiateur, et j’ai pris une part importante à la discussion qui en a précédé le vote.
La loi de 1885 sur les marchés à terme, réclamée pendant un siècle par le commerce, et qui m’a valu de si vives félicitations, est mon œuvre : )’en ai été l’initiateur et le rapporteur, tant à la Chambre qu’au Sénat.
Enfin, je ne parle pas de la loi du divorce, qui n’est, quoi qu’on en ait dit, nullement blessante pour aucune conscience, — je l’ai vingt fois démontré, — et qui est une loi de liberté et de moralité publique. Vous savez tous qu’elle est mon œtivre presque exclusive et quels efforts elle m a coûtés*
Ce passé vous répond de l'avenir, La ténacité que j’ai déployée jadis vous est un gage de celle que je déploierai encore pour faire aboutir les réformes que j’ai en vue, notamment celle qui a trait à la participation du travail aux bénéfices dans les sociétés par actions.
A vous de voir si d’autres, qui n’ont jamais rien fait, vous apportent plus de garantieque moi, dont les engagements pour l’avenir s’appuient sur des actes passés. Examinez et jugez. Je m’incline d’avance devant votre décision,
A, NAQÜET.
Circonscription d’ORÂl^GË.
M. Joseph DUGOS,
Élu au 2* tour de acrulin.
Electeurs,
Depuis trop longtemps les idées républicaines ne sont représentées à la Chambre que par un seul parti. Sous couleur de programmes différents, ce sont es mêmes hommes qui nous gouverneot depuis quinze ans.
Tout parti qui n’est pas contrôlé par un parti d’opposition devient, au bout de quelque temps de pouvoir, incapable de rien produire et ne peut que verser dans une tyrannique oligarchiep
11 est temps qu’un parti de république ouverte, libérale et décentraUsatrice, se lève en face d"un parti de république fermée et autoritaire. Tout ce que les programmes socialistes renferment d’idées justes, légitimes et généreuses, ne saurait être réalisé que par le jeu de ces deu3t partis, entre lesquels le peuple reste juge et auxquels il Impose alternativement sa volonté.
Le parti libéral et décentralisateur n’a pas eu de candidat dans notre arrondissement au premier tour de scrutin ; plus de 10.000 abstentions et des votes morcelés jusqu’à rémiettement autorisent à croire que les électeurs en attendent un.
Si mes idées répondent à vos aspirations, je me présente à vous.
Programme politique et sociaL
Maintien intégral de la Constitution actuelle, qui renferme tous les éléments d’une République libérale et parlementaire, — avec un président et deux Chambres.
Maintien de l’ensemble des lois scolaire et militaire, sous la réserve expresse des amendements suivants £
La loi scolaire organise définitivement dans notre pays Tinstmctiom pïi« maire au triple point de vue de la gratuité, de l’obligation et de la liberté de conscience, mais les articlea 17 et 18 de la loi de 1885, en excluant des fonctions d’instituteur communal les seuls catholiques congréganistes, portent une atteinte grave au principe d’égalité; ils doivent être abrogés, U en est de même de Particle 27 de la même loi qui délègue la nomination de l’instituteur communal à Pautorité politique; les principes républicains exigent que cette nomination soit dévolue à l’autorité hiérarchique, avec intervention obligatoire de la commune dans le choix de son instituteur,
La loi militaire impose à tous une obligation de service qui doit être rigoureusement maintenue, mais qui doit être amendée en ce sens que les prêtres de
toutes religions, une fois entrés dans le sacerdoce, seront uniquement employés aux services hospitaliers.
Réforme itidgètaire.
Équilibre réel, constitution d’un amortissement destiné à soutenir le crédit de l’État et, par ce crédit soigneusement ménagé, préparer un véritable trésor de
guerre. . • i
A cet effetj réduction des dépenses par la simplification des services, par la
suppression des fonctions devenues inutiles dans on état républicain décentralisé, dont beaucoup ne sont qu’un legs des régimes abolis; augmentation des recettes par une sévère administration qui supprime les fraudes et les abus et fasse produire tout leur rendement à des impôts dont le nombre et la variété
sont plus que suffisants. ‘ , . i va, j..
Seul, le rétablissement de l’ordre financier permettra de mettre à 1 étude les réformes qui pourront être successivement introduites dans la répartition des
impôts. - ^
il faudra ne cbarger que très légèrement les revenus provenant du travail
seul i charger dans une plus grande proportion, mais avec ménagement, les revenus provenant des capitaux actifs; enfin, frapper plus fortement ceux des capitaux inertes ou des jeux financiers.
Liberté intégrale d’association.
Une loi sur les cas d’indignité et de corruption parlementaire.
Programme éeonomigué et agricole.
Toutes les réformes contenues dans les cahiers rédigés par l’union des syndicats et des sociétés agricoles du département, à savoir :
Représentation légale de l’agriculture par la création des chambres d’agriculture ; , • , I
Défense du travail national et maintien du régime douanier actuel ;
Réforme de l’impôt des boissons ; suppression de tous les droits qui grèvent actuellement les boissons hygiéniques et principalement les vins naturels ;
Suppression de tous les droits d’octroi afférents aux boissons hygiéniques et aux matières alimentaires de première nécessité ;
Réforme de l’impôt foncier par la suppression du principal de cet impôt au moyen de l’imputation à cette réforme du produit de la prochaine conversion
du h 1/2 0/0; . .
Maintien et extension de la loi du 20 mars 1884 sur les syndicats professionnels, de manière à permettre ‘à nos syndicats, sans modifier leur orgamsalion actuelle, d’user de la puissance du crédit pour toutes les œuvres de mutualité et de coopération ;
Attribution des fournitures de l’État à la production nationale pour toutes les denrées où le concours de la production étrangère n’est pas indispensable t avoine, vin, fourrage, etc.
Électetirsl
Si j'avais l’honneur de vous représenter, mon initiative et ma collaboration seraient acquises à toute proposition qui, dans le Parlement, aurait pour objet l’ensemble ou même une partie de ce programme politique, social, économique et agricole.
Je m’engage à soutenir de mon vote tout ministère qui présentera un projet de loi tendant à réaliser une seule de ces réformes majeures.
A l’égard des questions qualifiées d’intérêt général pour notre département, notre arrondissement, ou môme simplement nos cantons et nos communes, j’estime que votre élu, en dehors des obligations de son devoir politique et sans distinction de parti, de personne ou d'aucune sorte, est, de ce chef, le mandataire-obligé, le défenseur-né de toutes vos réclamations, dans le sens le plus large que comporte cette belle expression de représentant du pays.
Je n’ajouterai qu’un mot : J’ai passé le premier tiers de ma vie dans l’armée; le second tiers a été consacré à l’agriculture ; je considérerai comme une distinction inespérée et le suprême honneur de ma carrière si, des années qui me restent, il m’était donné d’en consacrer quatre à l’exercice exclusif de votre mandat.
Je serai votre député comme j’ai été soldat, comme j’ai été agriculteur, avec tout mon dévouement, tout mon honneur, toute ma foi !
Vive la République !
Joseph DUCOS,
Ancien commandant du génie, officier de la Légion d’honneur, ex-président de la Société d’agriculture de Vaucluse, maire de Châteauneiif-du-Pape.
PROGRAMME AGUiCOLE.
An-èté par to associations agricoles du dipartemeni de Vaucluse, visi dans la profession de foi quîpréchde.
Agriculteurs,
Pour la première fois, en 1889, vous êtes intervenus dans les élections politiques avec un programme nettement et exclusivement professionnel.
Jusqu’alors l’action, pour la défense do vos intérêts professionnels, n’avait pu s’exercer que par intermittence, sans esprit de suite et sans cohésion ; elle n'aboutissait généralement, aux jours de grandes crises, qu’à une aide sous forme de secours ou d’encouragement. Mais, en 1889, c’est au nom du droit que vous avez parlé; et, malgré tant de préjugés qui vous étaient contraires, en l’absence de toute représentation légale, — de cette représentation légale de l’agriculture depuis si longtemps promise et retardée, alors que celle de toutes
les autres brauclies du travail national se trouve solidement encadrée dans de puissantes corporatîous, dans ces nombreuses Gbambres de commerce instituées sur notre territoire aussi bien que sur le territoire étranger lui-même, — à travers tous les obstacles, grâce à votre énergie individuelle, grâce à un remarquable esprit d* un ion qu’on ne vous soupqonnait pas, — vous avez réussi à vous faire entendre- La législature qui ünit, si elle ne vous a pas accordé votre dû, a été forcée de compter avec vous.
Ceux qu’a surpris le réveil inattendu du travailleur de la glèbe, syndiqué d’un bout à l’autre de la France, affectent encore de n’y voir que la velléité d’un jour, prête à disparaître avec les circonstances exceptionnelles qui lut ont donné naissance,
A vous.de les faire mentir^ Non, de votre part, ce n’était pas, en 1889, un réveil morbide et passager, — mais plutôt un éveil, un éveil puissant à l’émancipation, à la vie professionnelle, à la jouissance des droits sociaux et économiques départis à tous par notre régime "égalitaire et le principe de nos Lois,
Qu’aujourd’hui, le candidat, quel qu’il soit, qui brigue votre suffrage, sache donc ce que vous exigez de lui. Or, vous exigez :
l'’ La représentation légale de ragriciiiture, par Ta création des Chambres d’agriculture ï
2* Le maintien absolu du tarif douanier.
Ce tarif, que nous avons conquis au prix dé tant d’efforts et même de sacrifices, bien qu’insurfisant sur certains points, représente le minimum de protection nécessaire à chaque branche du travail national pour lui permettre de subsister ■ à ce titre, il doit être considéré comme irréductible.
Il ne doit jamais être engagé dans une tractation internationale quelconque, soiîs quelque prétexte que ce soit; à cet égard, des tentatives analogues à celle du récent projet de traité franco-suisse doivent être désormais interdites à Pinîtiative de nos Mioîstres, sous peine de se voir refuser, de ce chef et sans autre discussion, la confiance du Parlement.
Le tarif douanier est la sauvegarde du travail natiouBl i il doit toujours être maintenu à la disposition du Parlement, comme toutes les lois d’ordre intérieur, comme tout ce qui est i’essence même de notre vie et de notre indépendance nationale,
3“ La réforme du régime actuel des boissons,
A savoir î la suppression de tous les droits qui grèvent actuellement les boissons hygiéniques, c’est-à-dire le vin naturel provenant exclusivement de la fermentation du jus de raisin frais, le cidre et la bière;
Et, comme conséquence,
R La suppression de tout privilège, faveur ou modération de droits ayant pour objet l’alcoolisation du vin naturel par sucrage ou par vinage ; le maintien explicite et, au besoin, le renforcement de toutes les injonctions législatives ou administratives imposées à rentrée en frontière, à la surveillance et à la prise en charge des raisins secs ou autres matières fermentescibles destinées à la confection des vins abusivement vendus comme vins naturels.
« EnGn, la suppression de tous les droits d'octroi afférents tant aux boissons hygiéniques qu’aux denrées alimentaires de première nécessité, w
Toutes réformes depuis longtemps promises et qui viennent de subir un nouvel ajournement; le tort qui en résulte tant pour nos producteurs agricoles que pour les populations ouvrières ne peut désormais être racheté que par la réalisalioa immédiate et intégrale de toutes les conditions énoncées ci-dessus et qui forment un tout indivisible*
Suppression du principal de l^impôt fonder.
Vous seuls, agriculteurs* payez un impôt d'après un revenu présumé et qui, souvent, n^existe pas, sur la foi d^un cadastre dont la raison d^étre se perd dans la nuit des temps et échappe à l'appréciation des contemporains. Que de terres, dans notre propre département, encore en friche ou dés longtemps abandonnées, acquittent régulièrement cet impôt dont le taux est proportion nelleme ut le plus lourd de tous ceux qui grèveut directement les autres produits du travail ou de rindustriel
L'impôt foncier, admis comme une hase provisoire à rétablissement d'un impôt direct par nos grands réformateurs de 1789, s'est maintenu un siècle durant comme pour perpétuer chez nous un dernier vestige de la taille et des dîmes féodales.
Il doit disparaître. Déjà des millions de pétilious, des milliers de délibérations de conseils municipaux et de conseils généraux ont réclamé celte réforme; 200 députés ont signé un projet de loi au début de la dernière législature ; plus de 300 eu ont volé dernièrement le principe, malheureusement sous des formes et des conditions trop disparates poux constituer une majorité au profit d'un projet de loi déterminé. La question est jugée. Votre candidat, de quelque parti qu'il se réclame, doit s'engager à prendre, en vue de cette suppression, hypothèque sur la première disponibilhé qui se présentera au budget, et, dans tous les cas, sur le produit de la première conversion du I; 1/2 0/0.
5'" Le maintien et l'extension de la loi du 21 mars 1881 sur les syndicats professionnels.
Cette loi, notre première conquête, est encore le gage et le principe de toutes nos conquêtes futures. Un complément lui est indispensable qui permette à nos syndicats d'user de la puissance du crédit, sans modifier leur état actuel et sans être astreints à aucune gêne ou formalité nouvelles; une loi a été présentée, à cet effet, par le chef du groupe agricole, dans la dernière Chambre, M. Méline; adoptée par le Corps législatif seul, elle est aujourd'hui caduque ; nous demandons sa reprise immédiate.
Grâce à ses facultés plus étendues, nos syndicats pourront désormais procurer les matières premières de nos exploitations, non-seulement à des prix réduits, mais aux prix les plus réduits des grandes maisons d'approvisîonoement; ils pourront aussi,' et peu à peu, compléter leur œuvre coopérative en organisant la vente en commun des produits de leurs syndiqués. Jusqu'à présent le prix de nos denrées agricoles subit la loi d'un marché international gouverné par des syndicats anonymes qui détournent faction du tarif des douanes, etc*, et, de concert avec les grandes compagnies de chemin de fer, se coalisent pour en paralyser le jeu protecteur* U est temps que nos syndicats jettent leur poids dans le plateau de îa balance et n'abandonnent pas les prix courants de nos produits à îa merci de spéculations d^ordre purement financier.
lU 1
Nous auronB bien, enfin, quelque jour, nous aussi, la direction denosinarcbés, et, dans chaque région, notre Bourse, ou plutôt notre Maison de l’Agri-
culture
De ce jour, il nous sera permis d'aborder les réformes sociales ressortissant de notre profession; - pourvoir à l'institution de caisses d’assurances de retraites et de secours mutuels ; à l’établissement d’une assistance médicale dans nos campagnes, à la répression efficace du vagabondage, à la réforme des prèstatioDS, — et tant d*aotreB I
De ce jour, nous serons vraiment en mesure de peser sur les pouvoirs publics • d’en obtenir un contrôle plus suivi de nos tarifs de chemins de fer, toujours prompts, en dépit de tous les engagements souscrits en ces derniers temps, à se retonrner en faveur de la pénétration étrangère ; d’en exiger 1 attribution d’une part plus grande à ïa production nationale dans les fournitures de 1 Etat, afin qu’à l’hôpital nos malades soient réconfortés avec nos meilleurs vins de France - qu’à la caserne nos soldats soient nourris de notre pain et de notre vin, que, dans nos grands magasins de réserve, les conserves de nos matelots soient composées avec ntflre viande, que, dans nos quartiers, les chevaux de notre ca-
valerie soient rationnés avec notre avoine, etc.
Enfin, pour tout ce qui concerne spécialement notre département, nous pourrons enfin faire aboutir tant de justes revendications, si obstinément atermoyées ; Toctroi dêfinîtif de la culture du tabac dans Vaucluse, le compiémeni et l amélioration de notre réseau dlrrigation, la réglementation défîiiiUve des ^^ux de la Durance, la reprise du projet pour l’exécution des grands canaux de la vallée du
Rhône.
Agriculteurs de Vaucluse !
Souvenez-vous qu’en exerçant votre droit électoral, vous avez un devoir impérieux à remplir, celui de subordonner à des conditions très précises, au point de vue de vos intérêts professionnels, l’octroi de votre suffrage. — Et, ce faisant, si l’on vous disait que vous agissez au point de vue étroit de votre intérêt particulier, répondez que c’est là encore le meilleur et le plus légitime des movens pour contribuer à la salisfaction de 1 intérêt général.
Si vous, qui êtes le nombre et la force, — la force légale, vous vous laissiez aller, au moment du vote et sous l’inlluence d’on ne sait quelle passion ou quel sophisme aveugles, à l’abandon de votre intérêt professionnel, non seulement vous vous feriez un tort à vous-mêmes, mais encore vous feriez un tort grave à la patrie. Vous fausseriez ainsi la représentation nationale; vous auriez servi à former une représentation nationale incomplète et mensongère, car sa composition ne serait plus dans un rapport rigoureusement proportionnel avec la masse et l’importance de chacun des intérêts organiques du pays et des pro-
fessions qui les iricarneuL ^
A cet égard, ne l’oubliez jamais, votre profession, — la profession agricole — est non seulement la première de toutes par le nombre, elle est encore primordiale par son importance; sans elle, aucun Etat, aucune nation, aucune race ne saurait se créer, vivre et durer.
Songejî, enfin, que rien, en ce monde, ne saurait résister à Tunion de la force avec la volonté, — or, vous êtes la force, — soyez donc la volonté I
En résumé, vous devex demander :
Représentation légale de FagricuUnre par la création des chambres d’agriculture;
2^^ Maintien absolu du tarif douanier ;
3® Réforme du programme actuel des boissons et suppression de tous les droits d’octroi ;
é® Suppression du principal de Timpôt foncier;
5® Maintien et extension de la loi du 2i mars 1884 les syndicats professionnels î
6^ Octroi définitif de la culture du tabac dans Vaucluse. — Complément et amélioration de notre réseau d’irrigation. — Réglemeataüon définitive des eaux de la Durance, — Reprise du projet pour Texécution des grands canaux de la vallée du Rhône,
4 vous, agriculteurs, d’exiger racceptation complète de vos revendications.
Les Sociétés et Syndicats agricoiee du département de Vaucluse.
Vu et approuvé, le candidat : Joseph DüCOS,