‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 249 sur 266 · VIENNE · texte numérisé non relu

VIENNE

Circonscription de GHÀTKLLERAULT.

M. A. NIVERT,

Élu au tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Je viens vous demander avec confiance le renouveliement du mandat que voua m’avez confié en 1889.

Je vous avais promis alors de servir fidèlement la Bépublique, de poursuivre la solution des réformes économiques et sociales réclamées par la démocratie, et d’apporter le plus complet dévouement à la défense des intérêts de l’arrondissement.

Ces engagements ont été tenus par moi.

Si la dernière Chambre, issue dn péril boulangiste, et renfermant un nombre considérable d'adversaires déclarés de nos institutions, n’a pu faire aboutir toutes les lois, intêressaut le sort du plus grand nombre, étudiées par elle, elle n’en a pas moins accompli une œuvre importante.

Elle a voté principalement :

Les nouveaux tarifs douaniers destinés à protéger notre agriculture, notre commerce et notre industrie contre la concurrence étrangère; le dégrèvement des tarifs de chemins de fer pour les voyageurs et la grande vitesse; la réduction des droits sur le pétrole; l’abolition du service aux colonies pour les premiers numéros ; les lois sur l’hygiène et la aécurûé des travailleurs, le travail des femmes et des enfants dans les manufactures, l’arbitrage entre patrons et ouvriers, l’assistance médicale gratuite, le classement et le traitement des instituteurs,.

Je me suis associé par mes votes à toutes ces mesures.

La nouvelle Chambre aura à reprendre l’étude d’autres lois, des plus importantes, qui n’ont pu être votées définitivement pendant le cours de la dernière iègislature.

Partisan de la suppression des octrois, je renouvellerai le vote que j’ai émis en faveur de la loi l’autorisant.

Je voterai la suppression de tous droits sur le vin et autres boissons hygié-

niques et la maintien, pour le propriétaire, du droit do distiller librement ses récoltes.

Je sais partisan de la réforme de Timpôt des portes et fenêtres, en le remplaçant par une taxe basée, noD plus sur le nombre d’ouvertures, mais sur la valeur locative, ce qui aura pour effet de dégrever considérablement les petits loyers*

Les lois sur le crédit et les assurances agricoles devront être reprises et votées sans retard, ainsi ^us toutes les autres mesures pouvant porter remède aux souffrances actuelles de Fagriculture*

J'appQierai la création proposée par le Gouvernement d’une caisse nationale de retraites assuranî, à tous les travail le-urs, du pain pour leurs vieux jours*

La législation sur les caisses d^épargne dok être plus libérale* Telles qu’elles sont constituées, elles créent un péril pour TEtat* 11 faut q.»e Targent qui vient de l’agriculteur et de Tourner aille un peu moins au Trésor^ et que les caisses d*épargne puissent remployer en partie dans la localité qui a fourni Tépargne.

Il faut plus de liberté et d’encouragemeot aux sociétés de secours mutuels*

Parmi les autres réformes à poursuivre, voici celles qui me paraissent les plus urgentes : Héforine de Tassiette de l’impôt, qui doit être proportionnel aux ressources de chacun ; simplification des services administratifs ; réduction, en attendant la suppression, des impôts de consomniatiou et des patentes ; dégrèvement de Pimpôt foncier; diminution des droits de traiu mission sur les propriétés immobilières; réforme des prestations ; remaniement de la législation concernant le travail, Tindustrie et le commerce, dans un sens donnant satisfaction aux intérêts de la masse; développement de toutes les institutions ayant pour objet de mettre le travailleur et sa famille à Tabri des conséquences des accidents, du chômage, de la vieillesse et de la mort*

Les ressources Dnancières nécessaires à la rèaUsation immédiate d’une partie de ces réformes pourront être fournies par le produit de la conversion de la rente 4 1/2 0/0, le retour aux moyens financiers employés jusqu’en 1891 pour payer les garanties d’intérêts aux compagnies de chemins de fer, et par un contrôle plus rigoureux des dépenses*

Je demanderai la dénonciation de la convention monétaire, dite TUnion latine, qui permet à certains pays, comme Tltalie, d’introduire eu France, en échange de notre or, des quantités considérables d*une monnaie d’argent dépréciée*

Enfin, j’t stime que le service militaire, ramené successivement, par la République, de sept ans à cinq ans et à trois ans, peut, grâce au développement de Tinslruction, être réduit à deux ans, au grand profit du travail national et du Trésor, et je voterai sans hésiter cetLO mesure.

En même temp?, je ne cesserai d’apporter le plus complet dévouement à la défense des intérêts particuliers de notre arrondissement*

En iS89, je vous promettais de m’appliquer particulièrement à obtenir du travail pour notre manufacture d’armes, dont îa prospérité est d’une importance capitale pour Tarrondissement tout entier.

Après avoir obtenu du ministre de la guerre qu’il désignât la manufacture

de Chàtelleraull au gouvernement rU'Se, pour la commande que celui-ci se proposait de faire exécuter en France, j*ai suivi pendant plus d^un an les négociations qui ont enfin abouti à nous faire attribuer celte commande.

Nos intérêts agricoles ont de môme été servis par la création d'une société d'agriculture et de viticulture que le Gouveruemeut a bien voulu encourager par des subventions spéciales importantes.

E ectcurs,

Pour la première fois, les pariii hostiles à la République se résignent à s'incliner devant la volonté nationale. La République est désormais identifiée avec ta France elle- même.

La prochaine Cliambre, avec une majorilè républicaine compacte, pourra donc consolider et poursuivre, sans nouveaux obstacles, les conquêtes de la démocratie et Pœuvre de la République.

Elle devra donner au Gouvernement plus de force et de stabilité, et, pour répondre h Pattente de la nation, qui veut avant tout des réformes, elle aura le devoir, laissant de côté les débats politiques irritants et stériles, d'aborder réso* lument et de terminer les lois d'amélioration sociale depuis Lr^p longtemps attendues.

Tous mes efforts tendront à ce but.

Vous pouvez, en outre, compter sur moi pour résister aux violences des révolutionnaires internationalistes et pour défendre énergiquemont les principes essentiels de la Révolution française ; La propriété individuelle et la liberté du travail.

Vive la patrie!

Vive la République î

A. NI VERT, conseiller général de ]a Vienne, député sortant, président de la Société d'agriculture et de viticulture de Tarrondissement de Chute Hérault.

Circonscription de GIVRAT, M. Gusman SERPH,

Élu 3U 2^ tour de scrutin.

Messieurs et chers concitoyeas,

D jpuis vingt-trois ans J'ai l'honneur d'être votre mandataire à la Chambre des Députés. Je n'ai pas à me reprocher d'avoir, dans tous mes votes, été inspiré

autrement que par mon désir ardent de défendre vos libertés et tous vos intérêts les plus chers.

Vous aurez à dire, le 20 août, si j’ai encore mérité la confiance dont vous m’avez déjà sept fois donné le précieux témoignage.

Eu vous demandant vos suffrages, c’est avec l’espérance de voir constituer une majorité qui, en respectant les droits de tous et en laissant à chacun la liberté de ses préférences, travaillera au relèvement moral de la France.

Je vous disais en 1889 ;

(I Pendant ces douze années j’ai protesté, avec mes amis, contre le ga.spillage financier, contré l’a ugraentation croissante des charges qui pèsent sur vous tous, contre les budgets grossissants sans cesse et les emprunts répétés. Vos nouveaux élus devront faire cesser les atteintes à la liberté et à vos croyances, le mépris du suffrage universel, les trafics et les marchés honteux, les tripotages inavouables. »

j’ai été trompé dans mes espérances, car la Ghamlre dont les pouvoirs vont expirer n’a fait que ruivre les errements de celles qui l’avaient précédée depuis 1876, et nous n'avons pu, mes amis et moi, que renouveler en vain nos proteîtations énergiques.

Les £cai dales du Panatha, ks procès honteux qui ont dévoilé de si tristes turpitudes, les procédés gouvernementaux -et les marchandages auxquels ont osé recourir ministres, sénateurs et députés radicaux et opportunistes, sans craindre de déshonorer la France, ont prouvé combien mes reproches, combien mes accusations étaient fondés.

Puisse le pays désabusé n’envoyer à la Chambre prochaine que des députés résolus, en dehors de toute préoccupation de forme gouvernementale, à poursuivre :

Le retour de l’honnêteté dans l’exercice du pouvoir ;

L’ordre et i’éronomie dans les finances ;

La protection élücace de l’agriculture ;

Toutes les réformes utiles, surtout celles qui auront pour but l’amélioration du sort dos iravail leurs, leur repos assuré dans leurs vieux jours, réformes que je ne cesserai de réclamer si vous m’honorez encore de vos sympathiques suffrages depuis fi longtemps fidèles.

Gusman tERPH, député sortant,

Président d'honneiir du syndicat agricole de Civray, Président cantonal du Comice,

Membre de la Société des .égriculteura de France.

Circonscription de LOUDITN.

M. L. TIIONNABD-DUTEMPLE, Éla au T tour de scrutip.

Mes cheiË concitoyeus.

Désigné par les délégaés de toutes vos communes au congrès républicain de rarrondissemenl de Loudun, comme candidat à l’élection législative du 20 août prochain, j’ai accepté t’honnenr de venir solliciter vos suffrages.

Je n’ai jamais quitté ce pays, m’occupant uniquement d’agriculture comme la plupart d’entre vous, je connais vos besoins et vos intérêts, qui sont les miens, l'aurais donc mauvaise grâce à me refuser d'ètre au Parlement l'interprète de vos justes revendications.

Vous pouvez compter sur moi.

Voici ma profession de foi :

Protection pour notre agriculture et notre industrie nationales au moyen de nouveaux tarifs douaniers mieux appropriés à nos besoins.

Dégrèvement de l’impôt foncier et de l’impôt des patentes.

Organisation du crédit agricole.

Suppression des octrois.

Organisation des syndicats professioqneU et étude sérieuse de toutes les questions sociales aujourd'hui en discussion ; car je suis de l’avis de l’homme d’État qui disait, i! y a peu de jours, que « la République a le devoir de les résoudre, puisque gouvernement du peuple, elle ne peut jusiiüer son nom et son essence qu’en réalisant les réformes qui l’intéressent directement. » H est temps, en effet, de faire droit aux justes réclamations de nos travailleurs. C’est un devoir qui s’impose au Parlement.

Suppression de tous les emplois inutiles, pour entrer résolument dans la voie des économies budgétaires et arriver à la diminution des impôts.

Maintien de toutes les lois libérales et démocratiques, œuvre de la troisième République, et marche, dans la voie du progrès, à la conquête de celles qui nous manquent encore.

Défense à tout député d'entrer dans une société financière, pour être sûr d’avoir des représentants désintéressés, s’occupant uniquement des affaires dn pays.

Paix à l’extérieur et union à l’intérieur, pour que tous les Français puissent travailler à la prospérité de la France républicaine.

Tel est mon programme.

Mes chers concitoyens,

S'il est également le vôtre, comme je le crois, vous m’appellerez à l’hon-

ïieur de le défendre, et je vous jure que je ne l’abandonnerai pas plus que le drapeau républicain que vous m’aurez confié en même temps*

Vive la Hépnblâque I

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