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INDE FRANÇAISE

M. PIERRE-ALYPE,

Élu au 1®'' tour de scrutin, le 20 août 1893.

Mes chers concitoyens.

En venant de nouveau solliciter l’honneur de vous représenter au Parlement, je tiens à constater on fait que nos adversaires, eux-mémes ne pourront contester : c’est que, depuis douze ans, pas une seule faute n’d été commise par votre député, au point de vue des intérêts de la masse de la population.

Toujours et partout, je les ai défendus avec une énergie sans égale ; toujours et partout, vous avez rencontré chez moi un dévouement à toute épreuve.

Les engagements pris envers vous par la France ont été religieusement respectés et, de plus, aucune atteinte n’a été portée à vos droits et à vos libertés politiques.

Tel j’ai été dans le passé, tel je serai dans l’avenir : fidèle à mon mandat, dévoué à ta cause de tous nos Établissements de l’Inde.

La question des chemins de fer et de la Rente de l’Inde est en bonne voie; elle est actuellement soumise à l’examen du Comité des travaux publics et elle serait résolue déjà si le dossier n’était arrivé tardivement de Pondichéry. Grâce à mes démarches, vous ôtes maintenant assurés des sympathies et du concours du Gouvernement. En effet, le sous-secrétaire d’État a bien voulu me dire, il y a

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quelques jours, qu’il se mettait à ma disposition; que, le moment yenu, il irait avec moi devant la Commission du budget pour faire valoir les arguments qui militent en votre faveur.

Depuis quelque temps, nos adversaires, encouragés, excités par le môme homme qui, en 1881, voulait vous dépouiller de vos libertés politiques, relèvent la tête et se croient le droit de vous dicter leurs lois.

Déjà, au mois de décembre dernier, ils vous livrèrent un furieux assaut. Par un projet de décret perfide, œuvre du sénateur, M. Godïn, ils tentèrent de vous enlever la qualité de Français, afin de vous exclure ensuite du droit de vote. Vous savez avec quelle ardeur j’ai combattu ce projet ; le succès a couronné mes efforts ; il a été rejeté par la Commission.

Aujourd hui, nos adversaires n’aspirent qu’à une chose : vous diviser aux élections législatives qui vont avoir lieu, afin de faire échouer la Réforme électorale que vous réclamez et qui est, en effet, une question vitale pour le pays.

J’ai obtenu du Gouvernement le projet de décret que vous savez et qui est soumis à l’examen du Conseil supérieur des colonies. Ce projet n'a pu être voté avant la fin de la législature à cause des crises ministérielles qui se sont succédé depuis le mois d’octobre dernier.

Ce que veulent nos adversaires, c’est faire échouer cette réforme, et, pour mieux tromper la population, ils déclarent qu’ils en sont partisans, eux aussi. Vous verrez sans doute leur candidat se présenter devant vous avec ce drapeau.

Eh bien 1 le moment est venu de jeter le masque. Assez d’hypocrisie 1 assez de jésuitisme I

Si nos adversaires sont sincèrement pour la réforme électorale, ils n’ont qu une chose a faire, c est de marcher d’accord avec la masse de la population, de voter pour le député actuel, pour celui qui a tant fait déjà pour vous faire rendre justice et dont les démarches seront bientôt couronnées de succès.

Oui, mes chers coocitoyens, ce que je vous demande, c’est une nouvelle et grande manifestation du suffrage universel sur cette question capitale : la Réforme électorale.

Cette réforme, il faut qu’elle aboutisse, elle aboutira. Il le faut, pour la paix et la tranquillité du pays ; il le faut, pour le bien de la masse de la population.

Vous connaissez la manœuvre de nos adversaires. Ils veulent affaiblir vos légitimes revendications en vous divisant.

Eh bien! vous ne le permettrez pas. Vous irez au scrutin, unis, comme doivent l’être les enfants d’un même pays, quand il s’agit d’une question si importante pour leurs destinées.

Votre vote aura une signification nette, précise : Réforme électorale.

Vive la France 1 Vive la République! Vive l’Inde française !

PIERRE-ALYPE, député sortant.

La GUYANE FRANÇAISE.

M. Gustave FRANCONIE,

Élu au 2® tour de scrutin, le 3 septembre 1893.

Je déclare n’avoir fait aucune profession de foi aux dernières élections législatives de 1893, et m’en être absolument rapporté à mes déclarations ante¬

rieures à mes électeurs.

Gustave FBATiCONIE.

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