ÉLECTIONS PARTIELLES
des 17 et 31 décenibre 1893, 21 janvier, 18 février, 4 et 18 mars, 29 avril,
20 mai, 3 juin et 8 juillet 1894^
fiiLEicrioii DU 17 uÉcimiBiti; tsîia.
CORREZE
2^ Circonscription de BRIVE,
M. R, DE lASTEÏRÏE,
Élu au tour de Bcrutin.
Électeurs,
7ou3 êtes cOQvoqués pour le 1 7 décembre à Peffet de nommer un représen» tant à la Chambre des députés.
Je viens solliciter vos suffrages.
Ce que ]b suis, vous le savez.
Fils et petit-ûls de républicains, je suis, de naissance, dévoué aux idées démocratiques et libérales.
Depuis longtemps conseiller général dans votre circonacription, maire d^nne des plus grandes communes de ^arrondissement, vous m'avez vu à l'œuvre, défendant en toutes circonstances les intérêts de notre pays et la cause de la République,
Cette cause est aujourd'hui gagnée. Le devoir de tout bon Français est de chercher à effacer les traces des divisions passées, et d'écarter tout ce qui peut provoquer des luttes stériles ou entretenir la désunion dans les esprits.
(Test vous dire que je répudie les théories coilectiviates et tout ce qui peut tendre à exciter les unes contre les autres les différentes classes de la nation ; que je repousse la séparation de FÉgiise et de FÉlat et tout ce qui peut susciter des querelles religieuses incompatibles avec les principes de tolérance et de liberté, qui sont pour moi le corollaire des idées républicaines ; que je ne saurais m'assoeier aux utopistes qui prétendent réformer d'un seul coup tout notre
état social, ni souscrire à ces programmes pleins de belles promesses dont trop de candidats leurrent les électeurs.
La politique républicaine doit être une politique pratique. Le vrai progrès consiste à n’aborder qu’un petit nombre de questions à la fois, mais à les résoudre. 11 faut songer avant tout à celles qui intéressent le petit propriétaire ou l’ouvrier des campagnes et des villes: le dégrèvement des boissons hygiéniques, par exemple, la suppression de la taxe militaire, la réduction des frais de justice pour les petits débiteurs, l’extension de la compétence des juges de paix, le soulagement des charges qui pèsent sur nos populations rurales, et des misères trop réelles dont la classe ouvrière peut se plaindre à bon droit.
Si j’ai l’honneur de vous représenter, j’appliquerai toute mon intelligence à l’étude des questions de cet ordre.
Au surplus, vous me connaissez. Je ne suis point homme à trahir votre confiance. Je mettrai toute ma bonne volonté à vous servir, je travaillerai de toutes mes forces à la prospérité de notre chère Corrèze, à la grandeur de notre chère Patrie.
Vive la République !