LE MVRE DE VILERS
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Manifeste du Ghoupe RtPUBucAiN radical sociAUBtE de la Chambre, Citoyens,
Les éiectious de 18£>3 seront décisives. Les élections de 1893 inaugurent une situation nouvelle.
Jusqu’ici, les réactions coalisées cherchaient ouvertement à détruire la République.
Après vingt-deux ans de défaites électorales, et sur un mot d’ordre venu de Home, les monarchistes ont renoncé à afficher leurs prétentions.
Tant que la place a été assiégée, nous D’avûiis pas marchandé les sacrifices à la discipline.
Auiourd'lmi, les mêmes sacrifices ne s’imposent plus.
Que d’autres négocient avec Rennemi, pour gouverner contre les idées qui sont la raison d'être de la République, et contre les masses populaires qui ont été Ravaot-garde de son armée.
Nous, c'est en avant que nous portons nos regards, vers le progrès et la justice sociale !
Une seule question sa pose davant les électeurs :
Accomplira-t-on les réformes vingt fois promises, vingt fois refusées ?
Accomplira-t-on enfin la réforme générale de Timpôtî
Réforme de Tirapôt foncier et des prestations pour Tagriculture^
Réformes des patentes et des taxes sur la circulation pour 1 e commerce ;
Réforme des octrois et des impôts de consommation pour les travailleurs ;
Réforme des droi ts de justice, de successions et de ventes, pour tout le monde?
Peut-on oublier que Pimpot, Juste entre tous, sur la richesse (revoDu et capital), existe presque partout, sauf dans la République française?
Accomplira-t-on enfin la réforme adminialrative et la réduction des dépenses ; laissera- t-on des abus unanimement condamnés, obstinément maintenus, dévorer les ressources nécessaires aux besoins nouveaux de la démocratie, et compromettre la fortune publique î
Nous serions oublieux de notre temps et de nous-mêmes, si nous ne songions pas avant tout aux réformes sociales.
En ce qui concerne les travailleurs, rÉtat leur doit ;
L’instruction intégrale pour féconder toutes les intelligences et développer toutes les capacités ;
La liberté complète des syndicats, pour leur permettre la défense de leurs intérêts ;
Des lois pour garantir aussi bien les libertés politiques et religieuses que les libertés professionnelles contre les conditions léonines du plus fort ;
Le crédit démocratique, pour permettre aux libres initiatives du labeur et de l’épargne de se créer un capital.
En ce qui concerne le pays tout entier, l’État lui doit les protections indispensables contre ces puissances financières trop mêlées et trop lourdes aux pouvoirs publics, trop fortes de privilèges officiels, trop tardivement réprimées dans leurs entreprises pour met ire la main sur îe pécule de tous.
On ne fera pas croire qo^ils sont les ennemis de la propriété ceux qui veulent ainsi préserver la propriété acquise par le travail contre ies gains prélevés par les monopoles Ünanders ou ramassés dans ragiotage.
On ne le fera pas croire surtout à cette démocratie rurale qui est la force delà France*
Elle sait ce qu^elle doit à la Révolution. Elle comprend ce qu’elle peut attendre du parti des réformes, à la fois contre les impôts qui la ruinent, et contre Tusure, dont, seule, une réorganisation républicaine du crédit peut FalTranchir.
Mais, plus ces réformes, dites pratiques, sont urgentes, plus les réformes politiques sont nécessaires.
Entre toutes, deux s’imposent.
On a voulu écarter la révision de la Constitution réactionnaire de 1875.
On a eu, parla faiblesse des uns et les empiètements des autres, une révision inconstitutionnelle à rebours.
Celle des deux Chambres que le pays n’éiit pas s’empare du pouvoir diri-» géant ; le suffrage universel régne et ne gouverne plus.
Avant de réaliser les progrès, quels qu’ils soient, il faut en créer l’instrument.
Sans révision, point de réformes.
Pour chercher une majorité à droite, il a fallu tendre les bras aux éternelB ennemis de la démocratie, et le centenaire de la Révolution a vu ses héritiers solliciter leurs alliances au Vatican.
Nous ne nous ferons jamais les complices de ce mensonge.
Fidèles à Tesprit de nos pères, nous réclamons plus que jamais ;
La séparation des Églises et de l’État ; la suppression du budget des cultes et des biens de mainmorte.
Citoyens, vous n’hésiterez pas î
A vous de dire si vous voulez que le piétinement sur place, les oombtoaisons de couloirs et d’antichambre, les avortements incessants, usent sans répit et livrent trop souvent aux scandales du jour le bon renom de nos libertés représentatives.
Vous élirez une majorité de réformes.
Nous vous en supplions pour la République, qui ne peut pkis être mise en péril que par les défaillances qui la feraient mentir à elle-môme, et par les trahisons qui la livreraient à des ennemis masqués.
Nous vous en supplions pour la Patrie française, dont la gloire repose moins encore sur sa force matérielle que sur le rayonnement de ses principes de liberté, d’égalitéet de justice dans le monde.
La Commission :
Barooet, Jacques, Maujem, Mesurecb, Pichon, Tony Révillon (Seine), CLèMÉNCEXu (Var), Desmons (Gard), Leyüet et Camille Pelletan (Bouches du-Rhône), Félix Matüé (Allier), Meklou (Yonne).