M. J. MARTY
Élu au 1*^-^ tour de scrutin.
Électeurs,
Vos représeulants autorisés, conseillers généraux, conseillers d^arroodisse* ment, maires, adjoints et délégués républicains de rarrondissement de Carcas* sonne m’ont fait riionneur, hier, après m*avoir entendu, d'acclamer ma candidature aux élections législatives prochaines. Fort de cette investiture, je viens solliciter de vous le renoiiveilement du mandat que vous m'avez déjà confié par deux fois.
Mon programme est toujours le même ; la République avec une marche en avant incessaute, mais sûre.
Électeurs,
Appartenant à un groupe d^hommes qui ont lutté dès FEmpire pour la Ré* publique, et sachant tout ce qu^il a fallu d'efforts et de sacriGces pour arriveraux résultats acquis, je ne veux rien livrer aux aventures, ni compromettre les conquêtes de la veille par les fautes du lendemain,
La République que je veux, est celle qui marche toujours d'un pas sûr vers le progrès, vers les réformes démocratiques, vers Tidéal de justice et de fraternité; qui n*a qu’une préoccupation, protéger les faibles et les malheureux et améliorer leur sort.
La République dont je ne veux pas, est celle qui, oublieuse de la noble devise de la grande Révolution, — liberté, égalité, fraternité, — ne tiendrait à rien moins qu’à organiser dans la société îa guerre des classes, la haine des citoyens les uns contre les autres, et à faire de la France un vaste champ de bataille où il n^y aurait plus que des ennemis.
Electeurs, ne Foubliez pas :
Si le pays envoie à la Chambre une majorité républicaine assez compacte
pour n’ayoir pas à compter avec les retours offensifs des anciens régimes, si cette majorité est composée d’hommes assez unis pour laisser de côté les agitations stériles, et se consacrer à la solution des réformes sérieuses et pratiques l’œuvre de la prochaine législature pourra être considérable. *
Il est aujourd’hui des réformes qui sont mûres et qui s’imposent. Parmi elles, je citeraUa réforme de l’impôt des boissons, des impôts de consommation, le remaniement de l’impôt foncier, de l’impôt des portes et fenêtres, l’orpnisation des retraites pour les travailleurs, le droit à l’assistance pour les invalides du travail, l’organisation du crédit agricole et indastriel.
En dehors de ces grandes questions, il est des conquêtes qu’il va falloir défendre. Le tarif douanier qui vient d’être voté par le Parlement et qui a introduit dans nos relations avec l’étranger un régime nouveau, ne fonctionne pas depuis assez longtemps pour qu’on en puisse encore apprécier les effets. Nos adversaires sur le terrain économique en profitent pour l’attaquer et essayer de le détruire.
Comme membre de la commission des douanes, j’ai eul’honneurde prendre unepart active à ce grand travail ; comme député, j’ai eu.l’honneurde soutenir à la tribune les revendications de notre viticulture. Je sais tout ce qu’il a fallu d efforts pour les faire triompher. Ce sera la tâche de vos nouveaux élus de veiller a ce que l’œuvre réalisée ne soit pas compromise.
Telles sont les grandes lignes de mon programme. A vous de voir électeurs, s’il répond à vos aspirations.
Vive la Bépublique 1