‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 55 sur 266 · M* CASIMIR-PERIER · texte numérisé non relu

M* CASIMIR-PERIER

Élu au tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

S'il était légitime qu^à la dernière séance de la Chambre des Députés, un hommage fût rendu au Suffrage universel qui pourra cette année exprimer sa volonté au milieu du calme et en présence des partis désarmés, Tarrondissement de JNogent-sur-Seine, fidèle depuis tant d'années au même drapeau, mérite la reconnaissance de la République.

Mais le calme n'est pas le silence, et la discussion des principes et des intérêts n'est jamais plus féconde que dans un pays où les préventions sont tombées, où les querelles sont éteintes.

Le régime parlementaire assure l'exercice de vos droits. La Chambre que vous allez élire répondra à Pattente de la Nation, si, se dégageant des questions de personnes et de la rivalité des ambitions, elle se donne la plus utile et la plus noble des tâches :

Développer les institutions qui s’inspirent de Tesprit de fraternité et de solidarité;

Continuer de remanier les impôts, et, en particulier, les contributions directes, pour réaliser une plus équitable répartition des charges publiques, ménager Tépargne, soulager l'agriculture qui souffre, venir en aide au petit patenté, commerçant ou industrieL

Mesurer et mieux régler les dépenses de l’Éiat, gérer la fortune publique, sans oublier que le crédit de la France, qui repose sur la paix sociale et le maintien de l’ordre, assure, comme son armée, son indépendance et sa force.

Les gouvernements qui s’aUinuent et qui durent, les majorités homogènes et stabies peuvent seuls servir la patrie au dedans et au dehors, et réaliser les réformes légitimement réclamées par la Démocratie.

Je demeure le serviteur dévoué d’une politique qui, par le respect des consciences et des convictions, par la foi dans le jirogrés, rend la République inébranlable en France, et la France puissante dans le monde.

GéSlMIR-PERlER,

l’* circonscription de TROYES.

M. CEÎARONNAT,

Élu au 2“ tour de scrutin.

Mes chers concitoyens,

Je viens solliciter vos suffrages pour l’élection législative du 20 août.

Vous me connaissez de longue date; je n’ai jamais varié dans mes opinions. Je suis ce que j’ai toujours été, un partisan résolu des réformes politiques, économiques, financières et sociales sans lesquelles la République, aux mains d’une oligarchie oppressive, ne sera jamais qu’une monarchie déguisée.

Depuis le Seize-Mai, la situation n’a jamais été aussi grave qu’aujourd'lmi. Dans les sphères gouvernementales, le vent tourne violemment à la réaction. Les opportunistes, dont l’hostilité sourde contre la démocratie s’est manifestée en toute circonstance, impatients de rompre avec la gauche assez audacieuse pour exiger une République républicaine et de reporter à droite l’axe de leur politique, se jettent dans les bras des ralliés, ces nouvelles recrues qui prennent leur mot d'ordre au Vatican et n’entrent dans la République que pour la trahir, sinon pour l’égorger. Ils espèrent arriver, avec leur concours, à former une majorité suffisante pour faire échec à la démocratie et étouffer ses importunes revendications.

Mais le peuple veille et le suffrage universel nous épargnera cette honte en déjouant les projets criminels de la réaction opportun o-ciéricale.

A quoi bon, citoyens, vous développer mon programme? Vous le connaissez tous, puisque une fois déjà, vous m’avez envoyé à la Chambre pour le défendre ; c’est le programme des réformes radicales que la démocratie attend vainement depuis tant d’années.

Parmi ces réformes, la plus urgente, et sans laquelle la plupart des autres

géraient irréalisables j c’est la réforme ûiiancière; il faut, de toute nécessité, commencer par substituer aux impôts existants, tous împroportioonels et plus ou moins iniques, qui frappent les petits au proüt des gros, i impôt progressif sur la fortune, en prenant pour base le capital et le revenu avec exemption complète pour les revenus inférieurs à 1*500 francs; non-seuleraecL la justice sociale Pexige, mais rélasticité nécessaire de notre bndget et le fonctionnement régulier de Pamortisgement de la dette publique eu font une impérieuse obligation*

Ennemi de tous les monopoles, je suis pour k suppression du privilège de la Banque de France et le retour à PEtat des chemins de fer et des mines, aussi bien dans P intérêt social que dans Pintérêt de la défense nationale*

à la réforme financière et à la suppression de tous les monopoles, derrière lesquels skbntenit les écréineurs de la fortune publique, est intime ment liée la prospérité nationale, si gravement atteinte dans ses sources vives : rindustrie, le commerce, ragricuUure.

Cette dernière, surtout, traverse en ce moment une crise terrible. Lui venir en aide dans sa détresse, la protéger par tous les moyens possibles, c^est bien ; mais ce qui vaut mieux et ce qui est indispensable pour lui permettre de se relever et de prospérer — que les cultivateurs en soient bien convaincus, c’est de supprimer les charges écrasantes qui pèsent sur eux, sous cent formes diverses ; de répandre à profusion Penseignement des meilleures méthodes et de créer enfin le crédit agricole, mettant à leur disposition des fonds à bon marché. Là est le salut pour Pagricullure, et elle ne peut Pattendre que de la réforme démocratique de notre détestable système d’impôts. Elle peut compter sur toute ma sollicitude et sur mon dévouement absolu.

Enfin la question sociale s^imposeauxpatriotiques préoccupations des démocrates : la proposition Bovier-Lapierre sur les syndicats professionnels, la création de caisses de secours et de retraite, la réduction de la journée de travail à huit heures dans les mines et les manufacUires auront en moi un défenseur résolu.

Mes chers concitoyens.

De Vissue de la lutte électorale actuelle peut dépendre Pa venir de la République.

J’adresse donc un suprême appel à vous tous, hommes de progrès, de liberté et de justice sociale. En présence du danger qui menace k République, que les nnances d’opinion s’eiïacent, que les divisions cessent ! Unissez-vous dans Pamour de la République, serrez vos rangs autour do drapeau des revendications démocratiques et sociales, courez sus aux ennemis de nos libertés et fai tes-les rentrer dans le néautl Aux urnes, sans absteniioosl Vous êtes le nombre, donc vous Ôtes k force- Unies et disciplinées, les légions de k démocratie sont invincibles.

Le 20 août, la victoire sera la récompenae de vos efforts et de votre patriotisme!

GthtRONlMAT, ancien député.

2= Circonscription de TROYES.

M. H, DUTfiEJX,

Elu au 2® tour de scrutin.

Citoyens,

Wiq™ tïtlâ 0» '• “P"-

La défection du parti opportuniste, son suprême dédain da corps électoral

roSr.T.r"“ ‘T cCbtoâi

troublé la conscience du pays et compromis la lîépnblique

ennemi™"' «era livrée à ses pires

Citoyens,

Je me présente devant vous avec confiance

Ma candidature signifie liberté, progrès, justice, au moyen des réformes économiques et sociales que la démocratie réclame et attend Au point de vue purement politique •

je considère que l’État doit être indifféreut aux conceptions religieuses, que son enseignement doit tendre à faire disparaître parce qu’elles sont une entrave au développement normal de l’humanité et une menace constante contre les libertés publiques.

nr,. î“f partisan absolu de la dénonciation du Concordat et de la sud-

pression du budget des cultes. **

A l’extérieur, je veux la France forte pour conserver la paix nécessaire au développement du travail national. essaire au

Pas de conquêtes lointaines. Conservons nos colonies; organisons nos dos sessions actuelles, en les peuplant de commerçants au lieu de soldais et def^c

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Dans l^ordre économique :

Je demande la refoule de notre système financier, la suppression comnlète des impôts de toute nature, iniques, improporfionnels et leur^remplacemeaîpar

haqf l’égalité, en rapport avec la fortune de chacun et

basé sur le capital et le revenu, ^

Par ce moyen, arriver à la suppression des octrois et à l’établissement de

caisses de retraites pour les ouvriers des villes et des campagnes, l’organisation de l’assistance publique.

Je demanderai dans le même ordre d'idées :

La suppression du privilège de la Banque de France et de tous ces mononoies financiers qui drainent l’argent français au profit des seuls capitalistes; le retour des chemins de fer et des mines à l’État, qui pourra les exploiter directement comme les postes et les télégraphes.

Dans Tordre social ;

Tous mes efforts tendront à une réorganisation sociale qui donne au travailleur le produit intégral de son travail, le protège dans sa santé et son existence par des lois réglementant les heures de travail dans les manufactures, l’assurant contre les accidents et la misère; en un mot, en en faisant un homme libre, ayant un foyer, vivant de la vie de famille.

Les ouvriers des campagnes qui n’ont pas les mêmes aspirations que ceux des villes, par la nature de leur travail, ont droit aussi à la sollicitude constante d’un vrai gouvernement républicain.

Par la réforme générale de l’impôt, la suppression de l’impôt foncier et des prestations, ils seront exempts des lourdes charges qui pèsent sur la terre et en enlèvent la plus grande partie du rendement. . , i •

L’agriculture a les mêmes besoins de proiectiou que l’industrie; les cultivateurs peuvent compter sur moi.

Citoyens,

Vous connaissez mon programme et vous me connaissez.

Je n’ai jamais craint d’affirmer mes principes avec la plus grande résolution.

Je süis homme de dévouement et de devoir.

Si vous croyez qu’il faille en finir avec l’odieux opportunisme, avec tous ces hommes nâ’astes qui ont toujours mis leur influence au service de leurs inté-

lêls, sans souci des besoins du peuple;

Si vous croyez qu'il est temps de marcher de l’avant et de réaliser les

réformes promises ;

Si vous voulez faire la République démocratique et sociale;

Citoyens,

Vous pouvez voler pour moi. Je vous jure que je ne faillirai pas à mon mandat.

Vive la République démocratique et sociale 1

H. DUTREIX, manufacturier.

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