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C. CAÜSSANEL, conseiller général, maire de Sanveterre

Circonscription de SAINT-AFFRIQUE.

M. Paul FOliRNOL,

Elu au tour de scrulin.

Mes chers concitoyens,

A la demande d’un très grand nombre [d’entre vous, vous le savez déjà, j’ai posé ma candidature à la députation.

Le temps me semble passé des promesses électorales retentissantes et des programmes compliqués.

Aussi ma profession de foi sera-t-elle courte et simple.

Vous me connaissez!

Ma vie s’est écoulée au milieu de vous, et, depuis plus de vingt ans, au Conseil d'arrondissement, au Conseil général, j’ai consacré et je consacre encore mon temps, mon activité et mon dévouement à la défense de vos intérêts.

Si, par une longue pratique, j’ai appris à connaître les souffrances et les besoins de notre agriculture, j’ai su apprécier aussi la valeur et les mérites de nos agriculteurs. Au même titre que les ouvriers de l’industrie qui, eux aussi, ne doivent pas être oubliés, ils ont droit à la sollicitude active et incessante du gouvernement de la République.

Un ensemble de mesures s’imposent sans retard, qui développeront le bienêtre, la richesse et la sécurité du monde agricole et industriel.

Il faut rendre, par la réduction des frais de transmission, la petite propriété d’un accès plus facile; par le crédit agricole, par des prêts à long terme, par le maintien des droits protecteurs, permettre aux cultivateurs de se livrer à toutes les dépenses productives.

Il faut, sans plus tarder, procéder à la révision du cadastre, au dégrèvement bien compris de l’impôt fonder et à la réduction des frais de justice.

La réalisation, dans un avenir prochain, de ces réformes nécessaires sera l’effet de ma constante préoccupation et de mes efforts persévérants, si vous voulez bien m’accorder la haute mission de vous représenter à la Chambre des Députés.

Mes chers concitoyens,

Au point de vue politique, j’ai toujours été et serai toujours républicain loyal et sincère.

Aujourd’hui, les grandes luttes sont finies. La République est désormais reconnue par le pays. Ses adversaires, peu nombreux, il est vraj, ne la discutent plus. Aussi les adhésions lui arrivent-elles nombreuses tous les jours.

Tous mes efforts tendront à raffermir pour qu’elle devienne, de plus en plus, un gouvernement fort, sagement progressiste, soucieux des intérêts matériels et moraux de la nation et capable de maintenir avec dignité la paix à 1 extérieur.

En ce qui louche aux questions religieuses, aujourd’hui comme en 1889, quoi qu’en disent mes détracteurs, je veux la religion libre et respectée, sans aucune confusion de pouvoirs.

Je no suis pas de ceux qui croient devoir faire publiquement étalage de leurs convictions pour qu’on les suppose plus sincères.

Je me livre à vous tel que Je suis, avec tout mon passé, et vous donne rendez-vous au scrutin du 20 août.

Paul FOlIRNOL, chevalier de la Légion d’honneur, chevalier du Mérite agricole, conseiller général, maire de Saint-Jean-d’Alcapiès, président du Comice agricole de Saint-Affriquo,

1^® circonscription de VILLEFRANGHE.

M. A. GIBIEL,

Élu au 1“ tour de scrutin.

Monsieur et cher compatriote,

Depuis 1876, vous avez bien voulu, à cinq reprises, différentes me confier le mandat de vous représenter à la Chambre des Députés. Pendant ces dix^sept années, vous savez quelle a été mon attitude politique. Mes votes sont là pour justifier que, sans haine et sans passion, je ne me suis jamais laissé guider que par les intérêts de mon pays. Je viens encore solliciter vos suffrages et, si vous voulez bien de nouveau m’accorder votre confiance, j’apporterai toujours la même fermeté dans la défense des intérêts religieux et des principes sociaux. Liberté pour but, iionnèteté pour moyeu, telles seront toujours les deux grandes lignes de mon programme. Désirant avant tout le bien du pays, bien qu’il ne peut trouver que dans la paix politique et la paix religieuse, je me prêterai toü~ jours à toutes les tentatives sincères, je m’associerai à tous les efforts qui pourraient Être tentés, pour asseoir le gouvernement respectueux des droits de tous et entrant loyalement dans les larges voies de l’apaisement et de la liberté. Je vous remercie d’avance du concours que vous voudrez bien prêteV à ma candidature, et je vous prie d’agréer, Monsieur et citer compatriote, l’assurance de mes sentiments dévoués.

A. ClfilEL.

2“ circonscription de VILLEFRANCKE.

t M. E. marüéjoü;^.

Elu au 1®* tour de scrutin.

Mes chers compatriotes.

Ceux d’entre vous qui m’ont sollicité, en 1889, d’accepter l’honneur de les représenter au Parlement, ont pensig que j’avais rempli mon mandat honorable-

ment pour moi, utilement pour la circonscription, et selon l’esprit dans lequel ils me l’avaient confié. Us m'ont engagé à vous en demander le renouvellement, et je n’ai pas cru pouvoir rompre le lien politique qui nous unit depuis quatre ans.

Les principes qui ont dicté mes 'votes pendant la précédente législature régleront ma conduite dans l’avenir, si, comme je l’espère, les électeurs me maintiennent leur confiance.

Ennemi des violences qui n'ont aucune excuse sous un régime de liberté absolue reposant sur la base du suffrage universel, je poursuivrai de tous mes efforts l’organisation sociale de la République et je chercherai, dans les réformes justes, utiles et mûres, celte pacification qui est, à l’heure présente, le voeu général de la grande majorité des Français. ~

Vous n'attendez pas de moi que je vous donne le programme complet de la démocratie et que je vous en promette la réalisation à brève échéance. Ce programme est infini comme le progrès lui-même, et bien des générations passeront sans le voir intégralement rempli. Je me bornerai à vous indiquer modestement ce qui me parait pouvoir être l’œuvre d’une législature qui ne doit durer que quatre ans.

La forme du gouvernement n’étant plus même discutée, et la victoire de la République étant désormais définitive et incontestée, les questions de politique pure passent au second plan, et il me parait que l’effort de la prochaine Chambre devra porter sur l’élude et la solution des questions sociales qui s’imposent aux méditations du philosophe comme à l’activité de l’homme d’État.

Je ne pense pas que la formule du laisser faire, que l'on confond à tort avec la liberté, suffise à résoudre tous ces problèmes. 11 est des questions qui peuvent aboutir par la seule action de l’initiative individuelle; il en estd’autres qui exigent l’interveotion de l’État, seul capable d’imposer à tous le devoir collectif.

Telle est, par exemple, l’assurance contre la vieillesse et la maladie, qui doit être le corollaire de l’assurance contre les accidents survenus dans le travail, votée par la dernière assemblée.

Telles sont les lois sur les retraites, qui assureront le repos de leurs vieux jours aux travailleurs de la mine, de l’atelier ou de la terre qui, sans rien posséder, ou du moins peu de chose, ont largement contribué à la richesse et à la sécurité de la Patrie.

Ce qu’il importe, en effet, de résoudre avant tout, c’est la vie à bon marché par la suppression des octrois et de l’impôt sur les boissons hygiéniques, qui font l’objet de lois prêtes à être discutées dès le début de la législature ; ce sont les questions de crédit industriel et agricole, qui sont également à l’ordre du jour.

One loi est en préparation sur la réglementation des heures de travail dans les mines, usines |et manufactures ; il faut la faire aboutir pour les hommes, comme on l’a fait pour les femmes, les filles mineures et les enfants.

La crise qui continue à sévir sur l’agriculture, malgré toutes les mesures de protection qui ont été prises, rend de plus en plus argents l’étude de la

suppression de l’impôt .foncier et rabaisBement des droits de mutation sur les propriétés.

Je ne reculerai pas devant la refonte de l’impôt, que l’on pourrait établir, je crois, sur des bases plus démocratiques.

Pour assurer le succès de cette œuvre considérable, il serait utile de donner au Gouvernement plus de stabilité et d’autorité, en l’appuyant sur une majorité compacte et disciplinée.

11 faudra enfin suivre une politique pacifique à l’intérieur et à l’extérieur : à l’intèneur, par le respect de tous les droits et de toutes les libertés, au premier rang desquelles je place la liberté de conscience, par le règlement de tous les confiils dans un esprit de mutuelle justice et de mutuelle fraternité ; à l’extérieur, par une attitude qui ne laisse aucun doute ni sur la loyauté de nos intentions, ni sur le ferme propos de veiller partout à la sauvegarde de notre dignité, qui dise que nous sommes résolus aux sacrifices nécessaires, car si la fraternité des peuples a ses espérances, c’est la Patrie qui a les droits les plus sacrés.

Mes chers compatriotes,

Vous me connaissez tous. Je suis né et j’ai vécu au milieu de vous ; ^vous avez pu me juger à chacun des actes de ma vie, et vos intérêts sont confondus avec les miens.

Depuis que j’ai l’honneur de vous représenter, aucun de vous ne peut dire qu’il ait vainement fait appel à mon dévouement.

J’ai toujours mis fraternellement à votre service, depuis que je suis homme, mon temps, ma fortune et mes relations.

Ce sont là des titres à votre confiance qu’il m’est bien permis d’invoquer aujourd’hui.

Vive la République 1

E. MARUÉJOtJLS.

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