‹ [Programmes, professions de foi et engagements électorauxChapitre 60 sur 266 · AVEYRON · texte numérisé non relu

AVEYRON

Circonscription D’ESPAXiION.

M. Pierre LABARTHE,

Élu au 1“ tour de scrutin.

Mes chers compatriotes,

Le 20 août prochain yûub irez au scrutin pour élire votre député.

Désigné par de nombreux amis politiques pour faire appel à vos suffrages en faveur de la République, je viens vous exposer le programme qui inspirerait

ma conduite et mes votes, si j’étais élu.

Républicain convaincu et modéré, je donnerais mon appui à un gouvernement soucieux de maintenir le bon renom de la Frauce parmi les nations ;

Ferme contre les hommes de désordre, de quelque parti qubls se réclament ; Rigoureusement économe dans l’emploi des ünancea publiques ;

Pacifique, mais bien armé contre les ennemis de la France ; ■

Sachant protéger efficacement l’agriculture par des dégrèvements d’impôts, des tarifs de protection et le crédit à bon marché ; .

Enfin poursuivant, dans la mesure du possible et du juste, l’amèboration

du sort des classes laborieuses.

J’ajouterai, Messieurs les électeurs, que j’aurais à cœur de poursuivre l’apaisement des querelles religieuses, vers lequel tendent les efforts combinés du chef de l’Église et du Gouvernement. L’accord est d’ailleurs devenu plus facile depuis que le chef de l’Église et ses auxiliaires du rang le plus élevé ont recommandé hautement d’adhérer avec sincérité à la forme républicaine de

notre Constitution. i

Dans ce but, je demeure fidèle à l’accoord qui s’est établi, au sem du Conseil

général de l’Aveyron, entre les conservateurs et les républicains sur ce qui

.-touche aux questions religieuses.

Cette politique. Messieurs les électeurs, est celle de la plupart d’entre vous î grâce à votre appui, elle prévaudra, et vous aurez ainsi contribué à l’organisation d’un bon gouvernéiuont.

Vivant au milieu ds vouSs je connais vos intérêts et vos besoins; soyez convaincus que je ferais tous mes efforts pour obtenir les satisfactions matérielles auxquelles vous avez droit.

3e vous prie d^agréer, mes chers compatriotes, mes respectueuses salutations et l’assurance de mon entier dévouement.

Pierre LABARTHE.

Circonscription de MILLAU.

M. J. CLAUSEL de COÜSSERGUES, *

Elu au 1" tour de acrutin.

Mes chers concitoyens,

Je me présente de nouveau à vos sulTrages.

Vous jugerez ce que j’ai été et ce que fai fait dans la Chambre qui finit.

J’ai la conscience d’y avoir été fidèle à mon programme de politique libérale, progressive et véritablement conservatrice.

Far des progrès incessants, la République est devenue le gouvernement indiscuté de la France.

Républicain de vieille date, j’accueille tous ceux gui, smcôrement.et patriotiquement, se rattachent à elle.

Avant tout, la Chambre nouvelle devra donner au Gouvernement la force et la stabilité.

Elle aura h consolider les finances. ^.Oe 1887 à 1892, grâce à d’énergiques efforts ét â l’augmentation du rendement des impôts, ta situation s’était améliorée, — tout en faisant un large dégrèvement sur les transports par chemins de fer et un autre sur la contribution foncière. — Depuis deux ans, les recettes ont cessé de s’accroître et des dépenses nouvelles ont été créées : l’équilibre du budget est compromis : la situation commande impérieusement le retour à une sévère économie.

L’état de l’agriculture, ses souffrances prolongées, sollicitent toute l’attention des pouvoirs publics. La ruine de l’agriculture [serait la décadence matérielle et morale de la France. Il faut lui accorder les protections [nécessaires, et lui donner l’aide et le concours qu’il est possible de trouver dans les mesures législatives.

Pour notre industrie, mon opinion reste que c’est par des traités de commerce bien combinés qn’il faut la soutenir et lui assurer des débouchés.

La dernière Chambre a voté plusieurs lois utiles, notamment celles :

Sur rarmée coloniale qui ne se recrutera plus que par des engagemenis vo« loDtaires;

Sur Passiatance médicale;

Sur les salaires des ouvriers;

Sur les frais de justice;

Sur les Sociétés-

Tai eu rhouneur de prendre une large part à la préparation de ces deux dernières lois.

Bien d^autres restent à faire : en première ligne, celles sur Paseociation dans toutes ses formes, et sur les institutions de prévoyance et de bienfaisance.

G^est dans de bonnes lois en ces matières, dans un appel au travail, à l’économie et à la liberté, qu’est la véritable solution des questions sociales, et non dans les chimériques et oppressives conceptions des utopistes ou des agitateurs.

Malgré quelques troubles récents, je ressens peu d’appréhefasîon pour Pavenir*

Pai confiance dans le bon sens et |Pesprit de justice qui, daus notre pays, reprennent toujours leurs droits et leur empire,

II ne peutjy avoir de guerre de classes dans notre démocratie, où les mœurs et les lois permettent à chacun, selon ses facultés et par son travail, de s’élever du dernier rang au premier. La lutte du capital et du travail se résout pacifiquement par ce mouvement graduel qui, dans le développement de la ricbesse publique, va toujours en augmentant la rémunération du travail et en réduisant le produit du capital*

Dans les questions religieuses qui tiennent si fort à cœur à nos populations, et dans celles d’enseignement qui ne s’en séparent pas, ma conduite à la Chambre vous est connue. Elle a été conforme à mes idées invariables et souvent exprimées ;

Respect profond des intérêts religieux;

Observation sincère du Concordat ;

Maintien du budget des cultes;

Enfiû, dans notre système de large diffusion de l’instruction, revendication des droits des familles et des égards dus aux vœux des populations pour Péducation des enfants.

Puisse, sur ces points, [source des divisions les plus irritantes et les plus funestes, la concorde se rétablir, comme elle s’est faite pour l’acceptation de la République*

La France, unie à l’intérieur, fortifiée par la reconstitutioii de sa puissance militaire, reprendra sa primauté entre les nations et son rang dans le monde.

1. GLÂÜSEL de COüSSERGUES, Président du Conseil général, député sortahL

1« circooscription de RODEZ.

M. Louis LAGOMBE,

Éiu au 1“* lourde scrutin.

Mes chers concitoyens,

En 1889, à la suite d’une lutte courageuse que vous n’avez point oubliée

nar^fi 329 tuSr*'’"' ‘=°"tre la République, vous m’avez témoigné!

suffrages, une confiance qui. si elle ne m’a pas envoyé siéger à la

Chambre des Députés, attestait cependant que fie n’étais pas tout à fait indigne d’y représenter mon pays. ««• « wu maigne

® campagne, plus d’un serait rentré sous la tente et aurait demandé au Gouvernement une compensation, c’est-à-dire une place. Je n’ai Krrl/?! cela. Je sms resté, au contraire, à la tête du parti républicain de 1 arrondissement de Bodez, au poste d’honneur que vous m’aviez confié.

pour Je bien public avec une persévérance récompensée par deux réélections successives an Conseil général, à la mairie Oi a la présidence de la Chambre des notaires de l’arrondissement de Rodez.

rîtô “PP®*;*®'' de plus d’expérience, de matu¬

rité et d études, que j emploierai avec une plus grande influence au profil de

mes concitoyens. ^

Si vous me donnez vos voix, vous aurez on représentant de l’ordre, de la paix, de 1 union, et un défenseur expérimenté des intérêts du pays

Vous savez que je ne suis pas un ouvrier de la dernière heure *: j’ai défendu le Gouvernement de la République à l’époque où il était battu en brèche. C’esî voiis dire que je ne l’abandonnerai pas aujourd’hui, alors que la naüon tout entière est venue a nous.

ma-rî*? savez qu'uQ apprentissage de treize années au Conseil général, à la

profession de notaire, m’a donné une profonde

connaissance des affaires et des besoins de nos campagnes*

La France est, par excellence, agricole; elle lire sept milliards par an de son ol, le plus productif de la vieille Europe. Les pouvoirs publics doivent donc songer constamment à protéger et à développer ces ressources nationales

Il ne faut pas se contenter, à ce sujet, de théories plus ou moins i'rréali-

desVauce"et

“T!!' j® '‘^P®'=®rai ù la Chambre =

1 Protection de 1 agriculteur en substituant aux droits fixes sur l’entrée des

céréales et des bestiaux, un droit gradué, plus élevé quand les cours seront plus bas, et inversement, de manière à régulariser les cours de nos marchés.

C’est le moyeu de faire supporter par l’étranger une partie de nos dépenses militaires, de permettre d’alléger, avec le produit des droits d'entrée, les charges des agriculteurs, et d’arriver progressivement à la suppression du principal de l’impèt foncier.

2“ Loi portant réduction à quatre pour cent du taux légal de l’intérêt, tontes les fois qu’il est prévu par la loi, comme pour les restitutions de dot, les tutelles, les sociétés et les sommes dues dans les partages.

Cette mesure réduirait de plus de 80 millions par an la rente à payer par la terre.

3“ Création de caisses de prêts agricoles, en autorisant les caisses d’épargne à prêter une partie de leurs capitaux de réserve à la moyenne et petite culture à un taux qui ne dépassera pas 3.1/2 0/0.

Cette combinaison éviterait la création d’une nouvelle administration et de nouvelles dépenses.

Je demanderai rachèvement de la loi, déjà votée par la Chambre, autorisant les villes à supprimer tout ou partie des taxes d’octroi, loi que je préconise depuis treize ans, et qui deviendra d’une application pratique, dès qu’elle sera complète ;

ü" Encouragement aux comices agricoles, qui mettraient l’outillage et tous les perfectiounements atteints à ce jour à la portée des cultivateurs ;

6“ Réduction, par voie d’un remaniement complet, des frais de justice et des droits d’enregistrement.

Dans le même ordre d’idées, je m’associerai aux projets de M. Constans, destinés à assurer aux vieillards et aux infirmes, ouvriers ou cultivateurs, une retraite et une assistance organisées par l’épargne, ;qui moralise l’homme au lieu de le diminuer.

J’appuierai la loi, présentée par le Gouvernement, modifiant le régime des boissons, parce qu’elle réalise un progrès sérieux et dégrèvera le département de l’Aveyron d’une somme supérieure à 150.000 francs par an.

L’application de la loi militaire de trois ans va demander un remaniement assez profond dans le service des hommes de la réserve et de l’armée territoriale. Dans beaucoup de cas, les périodes d’exercices des vingt-huit et des treize jours pourraient être remplacées par des appels au chef-lieu de canton, moins coûteux pour les agriculteurs.

Homme de bon sens, je répudie le parti des violents, qu’ils soient à droite ou à gauche.

Homme de progrès, je trouve qu’il y a beaucoup à faire pour assurer dans notre pays la pratique du droit, de la tolérance et de Injustice sociales.

Électeurs,

Je ne suis l’ennemi ci de la religion ni de l’Eglise. L’une et l’autre doivent rester libres, honorées et protégées au besoin.

Je no suis pas davantage l’ennemi de la famille et de la propriété, ma situation êt ma profession vous l’indiquent.

Ces calomnies, comme tant d’autres, ont fait leur temps. Une grande tolérance et le respect de la liberté et des sentiments de mon pays seront ma règle de conduite.

Nous avons assez souffert des divisions politiques ; il est temps de cimenter dans l’Aveyron l’union et la bonne entente auxquelles nous avons participé, et que nous avons vues avec joie s’établir à Rodez entre les autorités religieuses, militaires et civiles. Vous approuverez cet accord comme proûtabie aux intérêts du pays.

Vous laisserez de côté, comme on le fait à Rodez, les agitateurs Incorrigibles sur lesquels seuls s’appuient mes concurrents.

Les mécontents n’ûnt jamais gouverné les sages. Je m’adresse à toutes les bonnes volontés, réunies sous l’égide d’une République libérale et ouverte; j’en appelle à vous tous, mes cbers concitoyens, qui allez peser te mérite de chacun et dont le verdict sera, j’en suis sûr, un acte de prévoyance et de justice.

Allez tous aux urnes au cri de :

Vive la France! Vive la République !

Louis LACOMBE,

notaire, chevalier do la Légion d’honneur, officier d’académie* maire et conseiller général de Rodez,

2° circonscription de RODEZ, M. G. CAUSSANEL,

Élu au 2® tour de scrutin.

Chers concitoyens,

J’ai longtemps liésité avant de me décider à solliciter vos sulïrages.

D’une part, je voyais avec peine la 2» circonscription de l’arrondissement de Rodez rester en dehors du mouvement général qui entraîne hôè campagnes vers la République; — d’autre part, je trouvais le mandat de député bien lourd pour mes faibles épaules.

La législature actuelle touchant à son terme, et personne ne se présentant pour tenir le drapeau de la République dans la lutte proehaitie, sollicité d’aüleurs par de nombreux amis, je n’ai plus hésité à poser , ma candidature.

Atissitôt ma décision prise, j'ai été lieureux de constater le mouvement qui s’est produit et qui a groupé autour de moi un grand nombre d’électeurs prêts à soutenir mes efforts pour arracher notre pays à la réaction.

Ayant toujours -vécu au milieu de vous, je crois mutile de vous faire une longue profession de foi.

Républicain de tout temps, je voterai toujours en républicain.

Je suis partisan convaincu d’une République progressive, tolérante, respectant toutes les croyances et s’appuyant sur un gouvernement fort, seul capable de nous assurer l’ordre et le progrès.

Particulièrement dévoué aux intérêts des travailleurs, tous mes votes se'ront acquis aux lois depuis si longtemps attendues et qui amélioreront le sort des cultivateurs et des ouvriers.

Enfant du peuple, je m’associerai à toutes les mesures qui tendront à faciliter aux fils des travailleurs les moyens de s’élever par leur mérite, assuré par ce moyen de leur être plus utüe qu’en leur faisant des promesses trompeuses, basées le' plus souvent sur des utopies irréalisables.

Électeurs,

Marchez librement aux urnes, prouvez par vos votes que votre seule préoccupation est celle d’affermir la République, seul régime capable, après avoir réparé les désastres do la France, de lui assurer, dans l’avenir, la grandeur et la prospérité, par l’ordre et le progrès dans la liberté.

Vive la République!

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