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Indemnité attribuée aux fonctions électives

Le président, Fêsrières.

Les vice-présidents, Akciel, de Jouques ? SAMTuiEa, de Fuveauî Rolland, des Pennes.

Le secrétaire, J. Danjeân.

Mes chers concitoyens,

Je suis profondément touché du nouveau témoignage de confiance que me donne la démocratie et j’y puiserai de nouvelles forces pour la défense de nos intérêts, si souvent menacés, et pour le développement des institutions républicaines dans toute Pétendue des progrès, des réformes, des améliorations qu’elles doivent procurer au pays et aux classes laborieuses.

Dana les circonstances actuelles, désigné, pour la quatrième fois, comme candidat, après vingt-cinq années de vie publique, les longues déclarafions et les promesses seraient inutiles.

Les actes doivent parler plus haut et servir de base au jugement éclairé du corps électoral.

J^ai toujours fidèlement suivi le programme de la démocratie, allant même au-devant de nouveaux progrès et traçant ainsi la route du lendemain comme doivent le faire des hommes d’avant-garde.

Fai eu la grande satisfaction d’éviter à mon pays de nouveaux impôts et d’équilibrer le budget de 1892; d’obtenir des améliorations en faveur de notre agriculture, de notre commerce, de notre industrie et de Penseîgnement technique et professionnel; d’empêcher de nouvelles spoliations et de donner enfin à notre chère cité des éléments de prospérité sur lesquels je ne veux pas insister à la veille du scrutin.

I^ous continuerons ensemble cette œuvre d’avenir et de salut et, fort de votre confiance, j'y consacrerai toute mon énergie et tout mon dévouement, comme par le passé.

La dernière législature, élue dans des circonstances difficiles et absorbée par des affaires malheureuses, n’a pas donné tout ce qu’on pouvait en attendre; maie les périodes de lutte violente sont terminées et celles d’organisation commencent.

Î1 dépend du pays de les rendre fécondes en composant la représentation nationale d’hommes intègres, dévoués et mus par cette unique pensée : le bien du peuple.

Saus doute nous rencontrerons encore des obstacles, sans doute nous aurons à vaincre certaines résistances, sans doute nous pouvons avoir, môme

parmi nous, des divergences de vues; mais il vient un moment où des concessions mutuelles sont nécessaires et où toutes îes forces démocratiques doivent loyalement s’unir contre les adversaires déclarés ou masqués des réformes poliüques et sociales.

Que tous les sincères républicains^ que tous les bons AixoiSj que tous les travailleurs de la ville et des campagnes s’unissent donc dimanche prochain dans cette commune pensée :

Vive la ville et Tarrondissement d*Aix î — Vive la République démocratique et sociale!

Votre dévoué,

Victor LEYDET.

2^ circonscriptioB d’Aix, M, Camille PELIETAN, Élu au tour de scrutin.

Citoyens,

Pour la quatrième fois, je vous demande l'honneur de combattre, en votre nom, le bon combat républicain*

Je suis encore ce que i’ètais, quand j’ai obtenu votre confiance*

Vous êtes encore ce que vous étiez, quand vous m'avez choisi pour vous représenter*

Ni vous, ni moi, nous n’avons changé. Nous continuerons à marcher ensemble à !a conquête des réformes démocratiques.

Mes adversaires, qui redoutent de s’expliquer sur les questions politiques, essayent une division, et se donnent comme les défenseurs particuliers de l’Agriculture.

Paurais été bien Iniidèie à mon premier devoir si, élu par une circonscription dont les agriculteurs forment rénorme majorité. J’avais oublié ou négligé leurs intérêts,

L’Agriculture a besoin, avant tout, de dépenses moins écrasantes, d’impôts plus justes, de transports moins chers, d’un crédit moins ruineux*

Qui donc a Intté plus que moi pour les économies budgétaires, contre les abus bureaucratiques et contre les aventures lointaines qui engloutissent, dans des pays barbares, tant de sang et tant de millions, tandis que la démocratie ne paye pas encore toute sa dette à tant de serviteurs modestes et dévoués, dans les postes, les douanes et l’instruction publique?

Qui donc a lutté plus que moi pour soulager vos budgets locaux, soit en réduisant le taux de leurs emprunta au moyen des Caisses d’épargne, 'soit en

allégeant, par la révision de contrats absurdes, les énormes garanties d’intérôt payées par le département î

Qui donc a lutté plus que moi pour la réforme de ces contributions gothiques, depuis l’impôt foncier, si injustement établi, jusqu'aux droits de vente et de succession qui ruinent la terre chaque fois qu'elle change de mains, et pour 1 établissement de cet impôt sur le revenu, qui fera payer é chacun suivant ses ressources, et qui doit décharger l’agriculture en faisant peser sur la richesse mobilière sa part légitime de contributions?

N’est-ce pas moi qui, après une longue lutte contre les Compagnies pour la défense de l’intérêt général et des intérêts des employés, ai obtenu de la Chambre le dégrèvement de la grande vitesse, qui diminue de près d’un tiers les prix des billets de voyage et des transports rapides des denrées?

N’est-ce pas moi qui ai élaboré le projet pour la diminution des tarifs de petite vitesse î

N’est-ce pas moi enfin qui ai empêché qu’on renouvelât le privilège de la Banque de France, pour qu’elle s’engageât à mettre un demi-milliard au service du crédit agricole ?

Mais vous ne vous laisserez pas tromper; vous le savez, ce que l’on combat en moi, c’est le radical socialiste.

J’ai pour adversaires ceux qui rêvent d’introduire dans la forteresse républicaine la réaction découragée, mais encore animée, sous son masque nouveau, de la même haine contre ia démocratie.

Citoyens, vous connaissez mon programme. C’est celui dont vous avez fait mon mandat il y a douze ans, — Je n’ai rien à y ajouter, rien à y retrancher. — lejne suis pas de ceux qui tournent.

Oui, je suis resté fidèle à toutes les réformes politiques que notre grande Bévoîution avait fait triompher, qui sont réalisées daus toutes les Républiques du monde, et que la nôtre attend encore.

Oui, je suis passionnément dévoué à cette émancipation sociale des travailleurs, que j’ai été défendre à Carmaux: comme aux Martigues,

Oui, je gEfrde ma méfiance contre le cléricalisme, même quand il essaye de balbutier le nom de la République, et contre les faux radicaux, qui se font patronner par M. Gouthe-Soulard, archevêque d’Aix, et par les moines qu’un ministère modéré lai-môme expulsait, U y a treize ans.

Oui, je reste l’ennemi résolu de cette féodalité financière que j’ai combattue sans relâche à propos dés grandes Compagnies, à propos de la Banque de France, et dont les scandales récents montrent les périls pour la force et l’honneur de la République.

Citoyens, on veut vous faire reculer.

La démocratie des Bouches-du-Rhône ne reculera pas.

Vous m’avez confié, il y a douze ans, le drapeau pour lequel nos pères ont héroïquement versé leur sang.

Ce drapeau je ne l’ai pas déserté. Ceux qui croient que vous le déserterez vous insultefit 1

Camille PELLETAN.

Circonscription d' ARLES.

'm. a, ugnel,

Élu au tour de scrutin#

Citoyens,

Arrivé au terme du mandat législatif que vous me fîtes l'honneur de me confier en 188fi, je me présente de nouveau et avec confiance à vos libres suffrageSi

Vieux républicain habitué à la discipline, respectueux observateur des décisions d’un congrès régulièrement constitué, je n'ai voulu faire aucune démarche de candidat avant la réunion des délégués des communes*

Aujourd'hui le congrès a parlé et, par une décision unanime dont je suis profondément touché, il a bien voulu confier de nouveau le drapeau de la République radicaîe-sociaîiste au député républicain sortant.

Me voici donc encore sur les rangs pour combattre avec vous le bon combat, pour aller à la lutte avec des républicains éprouvés, avec ceux qui n*ont jamais pactisé avec la réaction, sous quelque masque et avec quelque étiquette trompeuse qu’elle vous apparaisse.

Certes, je neveux fermer é personne les portes de la République, et j'accêpte avec plaisir toutes les adhésions loyales et désintéressées. Mais j’estime et vous estimerez avec moi que ceux qui étaient, hier encore, nos implacables ennemis ne sont pas et ne peuvent pas être sincères dans leur prétendu ralliement au gouYcrnemeot républicain.

Mon programme, citoyens, au point de vue des réformes politiques, administratives, financières, économiques et commerciales, n’est et ne saurait être que celui que vous avez eanctionaé de vos suffrages en 1889.

Aujourd’hui comme alors, je demande la séparation des Églises et de l'État, et, comme conséquence, la suppression du budget des cultes et de Tambassade française au Vatican.

Je demande TégaUtê de tous les citoyens et la suppression de tout privilège au point de vue militaire, Téquilibre sincère du budget par la refonte générale et équitable de notre système fiscal, la réforme de l'impôt des boissons qui serait tout à la fois une oeuvre de sage politique et de moralité. Je demande la révision des lois constitutionnelles dans le sens le plus démocratique i l'ajoute que cette réforme devra être faite par une majorité essentiellement républicaine *

Je demande que Fère de l’expansion coloniale soit définitivement close, qu’on utilise du mieux possible les colonies actuelles et que l'or et le sang de la France ne soient plus prodigués dans des expéditions lointaines, mais gardés en réserve pour les besoins sacrés de la défense uationale.

D’une manière générale et sans entrer .dans de trop longs détails, je suis le partisan résolu et convaincu du plan de réformes que mes amis de l’extrême gauche viennent de soumettre au pays dans un récent manifeste (1).

J’en ai poursuivi ta réalisation pendant la législation qui vient de Cuir. Mes votes sont publiés et connus. H n’en est aucun qui ne soit rigoureusement conforme à mes engagements électoraux.

Au point de vue social, toutes les lois de protection et d’émancipation du travail ont trouvé et trouveront encore en moi un ardent défenseur.

En particulier, j’emploierai tous mes effortsetma modeste influence à faire aboutir cette question vitale de la création d’une caisse nationale de retraite pour les invalides du travail, pour ces braves ouvriers des villes ou des champs qui, au terme d’une carrière laborieusement remplie, n’ont trop souvent pour toute ressource que l’hôpital ou la mendicité. N’y a-t-il pas là pour les nombreux millions du budget des cultes un placement tout indiqué?

Au point de vue agricole, vous savez qui je suis et ce que j’ai fait.ïAgriculteiir moi-même, j’ai considéré comme un impérieux devoir, en toute circonstance, de venir en aide à nos populations des campagnes si éprouvées par des mécomptes de toute sorte et, en même temps, si fidèlement, si profondément attachées à la République.

Ce n’est pas quarante, mais cent millions qu’il faudrait inscrire au budget de l’agriculture pour encourager les nouveaux procédés de culture, multiplier les canaux d’irrigation et de dessèchement, mettre en valeur les terrains inutilisés et remédier, par voie de conséquence, à cette dépopulation des champs qui commence à prendre des proportions inquiétantes.

Enfin, au point dé vue particulier des intérêts de la ville d’Arles, qui en cette circoBStaiice sont aussi les véritables intérêts du pays entier, je demanderai la réalisation immédiate du canal de Marseille au Rhône, et, repoussant les conclusions du projet qui tendent à le faire aboutir à Bras-Mort, je réclamerai énergique mont, comme je l’ai fait déjà, que la ville d’Arles soit choisie comme tête de ligne de ce canal.

Électeurs républicains,

Tel est, dans ses grandes lignes, le programme que j’ai l’honneur de vous soumettre et auquel je prends l’engagement de me conformer, si je suis votre élu.

Le programme vaut surtout par l’homme qui est diargé de l’appliquer.

Cet homme, vous le connaissez.

Républicain de la première heure, combattant des mauvais jours de l’Empire et de l’Ordre moral, j’ai la conviction de n’avoir jamais failli à mon passé politique.

Permettez-moi d’ajouter — sans aucune vanité, car je n’ai fait que mon devoir — que, par ce temps de dénigrement et de calomnies, dans ce flot de

(1) Ce document est à ia fin do ce Yûlume*

boues et de scandales récemment soulevé par les ennemis de la République aucun soupçon, aucun doute n'a jamais plané sur la probité politique et privée’ du représentant que vous aviez librement élu et qui sollicite de nouveau vos suffrages républicains*

ViY© la République!

A. UGNEL,

Candidat du Congrès républicain radical-socialiste*

PROGRAMME DO COHGnès DO 6 AOUT 1893, IMPOSÉ, AVEC MAISDAT IMPÉRATIF,

AU CITOYEN L4GNEL, CAKDUIAT.

Réformes politiques :

Révision de la Constitution dans le sens le plus largement républicain — Souveraineté absolue du suflrage universel. — Suppression du Sénat — Droit

d association garanties par la Constitution. - Suppression du cumul des fonctions pu hques et des mandats électifs. — Responsabilité des fonctionnaires réductionÿs gros traitements, rétribution des fonctions électives. - Contrôle sévère de 1 État sur les operations ûnandères s’adressant à l'épargne publique. - Défense légale à tout député ou sénateur de faire partie d’un conseil d’aministration d’une société financière. dminisira-

Réformes fudiôiairm :

'*'■ '"S“- - les code, dan, le

sens le plus démocratique. - Réduction des frais de justice.

Rêfor-mes dam les rapports de l'ÉpUse avec l'État :

can ' V - ®"Pfcccion de l-amUaasade du ïa,i-

can. Retour à la Nation des biens de mainmorte.

Réformes administratives ;

Conseils d’arrondissement et des sous-préfectures — tos l"”priao„r' "■•vo d’iudu.W, privée

Réformes financières :

Contrôle sévère des dépenses publiques, - Équilibre sincèredu budget - Suppression progressive des contributions indirecte et des octrois - tooôt preereesd sur le reveuu ou eur le «pilai. - Reviaiou de la 10?“,° païen, « '

Réformes économiques et commerciales :

Révision des conventions. — Abaissement des tarifs de transport de petite vitesse. — Suppression des privilèges et monopoles, —Révision du cadastre. — Mesures de protection pour l’agricniture.

Enseignement :

Organisation de l’enseignement professionnel, agricole et industriel. — Amélioration de la situation des instituteurs.

Réformes sociales :

Lois de protection et d’émancipation dn travail. — Caisse nationale de retraite pour les invalides du travail.— ^Révision de la législation sur les mines, tant an point de vue de la propriété qu’au point de vue de la condition des travailleurs. — Développement des institutions d’assistance, de prévoyance et de secours mutuels. — Secours obligatoire de l’État aux familles des réservistes nécessiteux. — Révision de la loi sur les logements insalubres. — Organisation du crédit au travail et du crédit agricole. — Abolition de la loi sur l’Internationale. — Révision, dans un sens démocratique, de la loi sur les syndicats professionnels. — Admission des syndicats d’ouvriers aux adjudicatiODS des travaux publics.

Dispositions spéciales :

Renonciation absolue à la politique d’aventures et d’expéditions lointaines. — Amnistie de tous ies condamnés actuellement détenus pour crimes et délits politiques et faits connexes. — Abolition des lois prohibitives du mandat impératif.

Vu et accepté par le candidat : A. LA6NEL.

1“ circonscription de MARSEILLE.

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