CHARENTE
circonecription d^ANGOUXiÊME, M. LAROGHE-JOUBERT,
Mes chers concitoyens,
Le mandat de député que vous m’avez confié, pour la troisième fois, le 22 septembre 1889 est expiré.
Fort de ma conscience d^avoir rempli ce mandat au mieux de vos intérêts, je me présente, de nouveau j à vos libres suffrages.
Aujourd'hui, comme en 1889 Je suisfermement convaincu qu'il faut enlever le pouvoir aux opportunistes parlementaires qui ont poursuivi la politique néfaste que je signalais alors à votre réprobation.
Ce régime a continué à produire les seuls fruits dont il soit capable :
Le gaspillage financier qui menace de ruiner la France s’est encore accru ; le déficit devient de jour en jour plus considérable î la dette publique augmente chaque année, et les scandales qui ont éclaté récemment, à ^occasion des affaires du Panama, oot montré ius^ffà quel point les consciences peuvent être avilies sous ce régime corrupteur.
Il faut y Bubstîiuer un régime réparateur, le gouvernement plébiscitaire, vraiment iialionul, q^® jo définissais dans ma lettre du 18 septembre 1892, rendue publique à cette époque, et qui réconciliera tous les Français dans la République,
Ce gouvernement aura pour base Pexercice le plus large de la souveraineté du peuple;
Le Président delà République et les sénateurs seront élus direclement par le suffrage universel, comme les députés, les conseillers généraux et municipaux;
Les ministres seront désignés par le chef de PÉtat, sous sa responsabilité;
Le referendum ou l'appel au peuple sera largement pratiqué dans les affaires publiques et communales;
La tâche de ce gouvernement sera de rétablir l’ordre dans les finances;
De répartir avec équité les charges publiqueB proportionnellement aux ressources et à la fortune de chaque citoyen;
D’assurer la justice à chacuû par une magistrature indépendante, devant laquelle les puissants et les forts devront s’incliner aussi bien que les petits et
Iê-s ‘ ’
De garantir la liberté à tous, quelles que soient leur religion ou leur opinion
politique;
De travailler sérieusement à la paix sociale, par une sage application de l’arbitrage, par de sérieux encouragements, aux efforts de ceux qui pratiquent l’association du capital et du travail sous les formes diverses de la participation et de la coopération, par une forte organisation des syndicats agricole^ et d institutions destinées à faciliter les prêts aux agriculteurs.
Ce gouvernement devra enfin tenir la main à ce que chacun'reste dans la limite de ses attributions :
L’instituteur à l’école ;
Le curé à l’église;
Les fonctionnaires à leur bureau.
Le pays manifeste de plus en plus la volonté de conserver à ce gouvernement le titre de République ; les démocrates charentais savent que ce titré n’est pas fait pour m’effrayer : je l’accepte loyalement, sans arriére-peosée.^
Si vous me faites l’honneur de me confier de nouveau la mission de vous représenter, vous pouvez compter sur toute mon énergie pour faire triompher ce programme.
Quel que soit votre verdict, croyez, mes chers concitoyens, a mon plus entier dévouement.
Edgar LAROCHE-JÛUBERT, député sortant, conseiller générai du 1" canton d’Angoulême, gérant en chef de la papeterie coopérative d’Angoulême, président du syndicat des fabricants de papier de France, etc., etc., etc.
2* circonscription d’ANGOULiÊME.
M, GELUBERT DES SEGUINS,
Élu au 1“^ tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Nous avions espéré jusqu’au dernier moment que M. Paul pérpulède serait candidat à l’élection du 20 août et qu’il resterait le défenseur ,dii drapeau politique qu’il avait, plusieurs fois et avec éclat, conduit à la victoire.
En présence de son abstention définitive et de sa résolution inébranlable, il était nécessaire que ses efforts ne fussent pas perdus et que la politique de réconciliation, d’apaisement et de régénération, dans une République nationale, intègre, tolérante et ouverte à tous, pût trouver un défenseur dans la deuxième circonscription d’Angoulême.
Mon nom a été mis aussitôt en avant, et vos représentants les plus autosés m’ont demandé, encore une fois, le sacrifice de mon repos et de ma tranquillité; si je vous ai laissés dans l’incertitude jusqu’au dernier moment, c’est que j’espérais une autre solution qui m’aurait permis de ne pas me mêler à la lutte actuelle.
Mes vœux n’ont pas été exaucés, et c’est à moi seul qu’incombe aujourd’hui l’honneur d’être votre porte-drapeau.
Ma profession de foi, je vous l’ai faite, il y a quatre ans déjà, en vous adressant mes adieux ; elle ne saurait être différente aujourd’hui.
Je voua disais alors : « Pour obtenir du corps électoral la manifestation que je juge nécessaire contre les actes arbitraires du gouvernement qui déshonore la République, laissant de côté toute préoccupation personnelle, je crois devoir prier mes amis de la deuxième circonscription d’Angoulême déporter leurs suffrages sur notre compatriote Paul Déroulède, qui combat pour la révision contre le parlementarisme, cherchant, dans une République large et ouverte à tous les partis, la prospérité du pays. »
Et M. Déroulède, répondant publiquement à cet appel, disait ;
« Si touché que je puisse être de cet acte de désintéressement, je n’interviendrais pas auprès de vous si, dans cette lettre de désistement, M. Gellibert des Seguins n’avait pas nettement et loyalement parlé de la République nou- / velle; mais un homme qui déclare, comme je le fais moi-même, que le gouvernement actuel déshonore la République, est un homme qui est décidé, comme nous, à faire de ia République ouverte à tous les partis, servie par tous les honnêtes gens, plébiscitée par la nation entière, un gouvernement qui honore la France. »
le n’ai rien à modifier à ce programme, qui est celui de la grande majorité des électeurs d’Angoulêrae.
Candidat aux derniers jours de la période électorale, il me sera impossible d’aller vous voir tous, dans vos différentes communes.
Cette visite, je ia ferai après l’élection.
En votant pour votre dévoué compatriote, n’oubliez pas que :
Vous voterez contre l’opportunisme, c’est-à-dire contre tous ceux qui s’imaginent pouvoir syndiquer la République, à l’exclusion de tous les honnêtes gens, incapables des complaisances honteuses et intéressées dont nous avons eu le triste exemple dans les scandales du Panama.
Vous voterez pour obtenir que le Président de ia République relève direcment du suffrage universel et soit ainsi responsable envers la nation tout entière.
Vous voterez pour assurer le rétabUssement de l’ordre dans les finances, de l’égalité dans la répartition des chargea publiques, de la liberté en matière civile et religieuse.
Vous voterez, enfin, contre le parlementarisme, dont l’action incohérente
et néfaste nous empêche d’occuper à Pétranger ïa place prépondérante à laquelle a droit notre chère patrie,
Croye2, mes chers concitoyens^ à Paasurance de mes dévoués sentiments*
GELLIBERT DES SEGUINS, Conseiller généra^
Ancien député de la Charente,
Circonscription de BAHBEZIEUX,
M. L. ARNOUS,
Élu au i®'' tour de scratin.
Mes chers concitoyens.
Les élections législatives vous appellent au scrutin le 20 août procham. Jamais encore, je le crois, candidats et électeurs n^ont été enserrés dans une période électorale d’aussi courte durée.
Elle ne m’a pas permis de visiter en détail, comme j’en avais le projet, toutes les communes de notre arrondissement ; mais nos amis me counaissent, et dix années de luttes et de travaux, partagés ensemble, ont créé entre nous des liens plus forts, je Pespère, que toute pression et toute surprise.
Je viens aujourd^'liui vous demander si votre député, celui que vous avez librement choisi, et par trois fois réélu, est toujours en communauté dépensées et de sentiments avec vous.
Les réformes administratives et financières que je désire, je les ai depuis quinze jours exposées dans toutes nos réunions, privées ou publiques*
Quant à mon programme politique, il vous a déjà été révélé dans les discussions et les polémiques, qu’un peu scrupuleux adversaire a commencées, ainsi que ses tournées, — au mépris de tout usage et de toute courtoisie,— ’ bien avant l’ouverture de la période électorale.
Ce programme, mes chers concitoyens, permettez-moi de vous le redire aujourd’hui.
Avec vous, j’aime, par-dessus tout, notre chère patrie; avec vous, je souffre des tristesses, des dangers et des hontes qu’elle vient de traverser ; avec vous, dégagé de toute passion, de toute rancune politique, je désire ardemment son apaisement et son relèvement moral.
L’heure n’est plus aux compétitions slériies des partis,
11 nous faut sauver la France, Messieurs, et Tarracher aux aventuriers cos-
mopolites que les compromissions du Gouvernement ou L laissé s’introduire chez nous.
Voilà pourquoi, avec mes collègues, MM. Laroclie-Joubert, d Ornano, Déroulède, nous nous sommes déclarés prêts à accepter loyalement la forme républicaine du gouvernemeut de la France; mais voilà pourquoi aussi nous repoussons énergiquement le titre de tt ralliés n qu on cherche à nous imposer.
Non, nous ne sommes pas des ralliés du parlementarisme, delà République wilsonienne et panamiste, car jamais nous ne pactiserons avec la faiblesse qui facilite et autorise la vénalité d'un Parlement.
Nous sommes des réformateurs ; nous voulons une République honnête, respectée, dans laquelle le chef de l’État, échappant aux menaces et aux entraves des coteries, sera l’élu de la nation tout entière, et puisera dans la sanction populaire le droit et le pouvoir de réprimer toute malhonnêteté politique.
Les ministres, choisis en dehors des Chambres, et placés ainsi à l’abri des tentations du cumul et des intrigues parlementaires; les Chambres électives elles-mêmes, maintenues par une rigoureuse Constitution dans leur rôle et leur devoir de pondération et de contrôle.
Telles sont, à nos yeux, les garanties indispensables au rétablissement de notre prestige national.
Il y aura toujours, hélasl à l’étranger, des Cornélius Herz, des Arton, des Reinach, prêts à se jeter sur notre patrie, pour l’exploiter et la déshonorer.
Ce qu’il faut, c’est qu’ils n’y trouvent plus ni instruments, ni complices parmi ceux-là mêmes qui la doivent protéger.
Le député, — son nom l’indique, — est envoyé par vous au sein du Parlement, non pas pour y faire sa fortune à vos dépens, ou pour y satisfaire les rêves de son ambition personnelle, mais bien pour y représenter et y défendre les vaillantes populations qui donnent à la France leur travail et leurs enfants, qui payent l’impôt à la sueur de leur front, et dont l’épargne est chose d’autant plus sacrée qu’elle est souvent le résultat de toute une vie de labeur, le résumé des privations et l’avenir de toute une famille.
C’est avec cette loyauté inflexible, c’est avec cette intégrité et cette indépendance de caractère, que MM. André ont toujours rempli le mandat de député que vous leur avez si longtemps çonûé. — ■ C’est avec ce culte inviolable de l’honneur que mon père, général d’artillerie, commandeur de la Légion d’honneur, a consacré son épée et quarante-cinq années de son existence au service de son 'pays.
Indigné des attaques inqualiGables dont ils ont été récemment l’objet, je tiens à évoquer auprès de vous, mes chers concitoyens, ces souvenirs, ces traditions de famille qui me sont chers et dont je m’honore. J’ai la conscience de leur être resté fidèle, soit au Conseil d’État, soit à la Chambre des Députés, soit sur les champs de bataille de 1870, où, fils unique de veuve, j’ai tenu à partager les souffrances et les dangers de mes camarades.
M’appuyant sur la confiauce que vous m’avez, depuis dix ans, si affectueusement témoignée, et sur la communauté de nos intérêts, je viens de vous dire, en toute franchise, ce que je pense et ce que je veux.
Si ces pensées sont les vôtres; si nous avons le même sentiment du péril
et des (levoire de Pheure présente, nous continuerons à marcher ensemble, en portant haut et fier le drapeau de Pordro social^ sur lequel nous inscriroQS celte devise, qui résume nos légitimes revendications :
Respect de Phonneur national, respect de la loi, fermeté et liberté,
A dimanche, mes chers concitoyens ; défiez-vous des promesses intéressées et irréalisables, déOez^voiis des ailirmalions déloyales et des calomnies qu^on essaye de répandre ao milieu de vous.
Restez libres, restez maîtres de vos droits d'électeurs, et croyez toujours à mou entier dévouement,
L, ARNOüS, propriétaire,
Ancien membre du Conseil d'État, député sortant.
Circonscription de Cognac.
M. Cunéo d^ORNANO,
Élu au 1^"' tour de scrutin.
Monsieur et cher concitoyen.
Je viens, en toute confiance, solliciter le renouvellement du mandat que farrondisscmsnt de Cognac n’a cessé de me confier depuis plus de dix^sept ans et cfue je crois avoir rempli avec honnêteté, fidélité, intelligênce,
J’ai bien di^oit à>ce témoignage, puisque les quelques personnes qui combattent ma réélection ne critiquent rien dans mes discours, dans mes actes, dans mes voles.
Ayant provoqué partout des réunions publiques contradictoires, où nul n’est venu soulever contre moi la moindre critique, ne pnis-ie ajouter que vous savez maintenant le cas à faire d’attaques qui surgiraient bassement, à la dernière heure, contre un député élu et toujours réélu depuis dîx-sept ans ?
Quelques déclarations me semblent cependant nécessaires pour que mes derniers adversaires, aussi bien que mes anciens et nouveaux amis, reconnaissent tous ma loyauté.
La République existe. Je travaille à l’inspirer des principes d’appel au peuple et de conservation sociale pour lesquels j ai toujours combattu ; je travaille à la puriûer, à la gouverner.
La ConsUtuLiou de 1875 est révisable ï elle devra être revisée dans un sens démocratique et libéral. Surtout, après les scandales du wilsonisme et du
Panama, je voudrais que les sénateurs et les députés ne fassent plus seuls a
élire entre eux le Président de la République, * * < x j
Sur la loi militaire et sur la loi scolaire, on m^a questiouné, Pai répondu et
réponds encore.
rai fait mieux que de voter la réduction à trois ans du temps de service; je sois de ceux qui Pont proposée, en 1882, malgré le Gouvernement, qui sy résigna. Mais je voulais maintenir la dispense du service actif pour les soutiens de famille î je le voudrais toujours. Quant aux soldats appartenant aux divers clergés, je voudrais que, en temps de paix, on les préparât au service auquel la loi les affecte en temps de guerre: ainsi chacun coutribuerait de son mieux à la défense de la patrie.
Quant â la loi scolaire, elle devrait laisser aux pères et mères de famille, dans chaque commune, la liberté de choisift sous les garanties exigées par PÉtat, renseignement préféré pour leurs enfants. Je n’approuverai jamais une politique de persécuteurs et de sectaires. ^ ^ .
Sur la question sociale et sur la question religieuse, je m’expliquerai aussi
nettement.
Le socialisme part d’une idée juste, mais conduit à ce faux remeae : la socialisation de la propriété, ou communisme. Je repousse ce remède, l’écouta ridée. Je cherche le remède dans les principes mêmes de 1789, c’est-à-dire dans des lois de secours mutuels, d'assistance, de retraites civiles et dans la réforme de rimpôt.
Je voudrais plus de liberté, plus d'égalité, et surtout plus de fraternité. Ainsi obtiendrait-on la paix sociale. Loin de supprimer la propriété individuelle, je voudrais que le plus modeste travailleur, le plus humble ouvrier, pût parvenir à posséder, sur ses vieux jours, sa maison et son champ. Quelle meilleure garantie de l’ordre?
Sur la question religieuse, je suis pour le maintien du budget des cultes, créé par notre Hévolution de 1780, supprimé par les derniers terroristes, mais rétabli par Bonaparte. Membre de la grande Commission des associations, j âi réclamé, pour la liberté religieuse, le même respect que pour les syndicats de patrons, d’ouvriers et d’agricuUeurs.
Dans l’affaire du Pauama, qui a tant compromis la majorité opportuuûradicale du Parlement, j’ai voté tout ce qu’on proposait pour sauver les capitaux qu’on y a laissé perdre, sans compter ceux qu'on a laissé voler. Sur communication des conclusions favorables de l’ingénieur de l’État envoyé la-bas, j ai voté la loi de 1888 autorisant une émission d’obligations à lots, comme on les autorise pour le Crédit foncier. Cette émission de 1888, — la seule sur laquelle I0 Parlement ait eu à se prononcer, — n’a pu réaliser le sauvetage espéré, mais nous avons exigé qu’elle fût garantie par un dépôt de rentes françaises; et elle l’est»
Je me suis toujours opposé aux conquêtes coloniales, qui éparpillent nos forces et accablent nos budgets, déjà trop lourds. Les utiles colonies, c est Ig commerce qui doit les conquérir, mieux que le canon.
Aussi ai-je été heureux de contribuer à ramener noire France vers h recherche des marchés extérieurs, grâce à des conventions commerciales. Tai contribué à rendre favorable à nos cognacs la convention avec la Russie, qui
sera suivie d’un arrangement semblable avec les États^Uma d’Amérique. Les certificats d’origma nous protégeront contre la concurrence étrangère. Et le vœu que, sur ma proposition, notre Conseil général avait voté en faveur de la protection de nos marques de commerce et de fabrique en Russie vient de recevoir satisfaction.
Secondant ainsi notre commerce d’exportation, je voudrais aussi seconder notre agriculture. Notre Comité de viticulture m’a compté parmi ses premiers Bouscripteurs, et j’ai partout appuyé ses efforts. Paï proposé et soutenu contre la résistance du Gouvernement la suppression du principal de Pimpôt foncier. D’ailleurs, c’est par la réduction des impôts frappant la terre, par le crédit rural et aussi par des procédés plus scientifiques de culture, que nous devons tendre à dimioner le prix de revient de nos produits et non à élever le prix de vente ; de sorte que le bénéfice du producteur est en dedans sans que le consommateur en souffre.
J’ai défendu le droit de propriété des bouilleurs de cru; c’est là un droit, et non un privilège- J’ai contribué à empêcher la régie de pénétrer chez vous pour recenser et surveiller vos alambics, vos récoltes, votre travail même. Je défends ainsi le présent et l'avenir.
Depuis dix-sept ans, le Gouvernement propose, chaque année, de surtaxer l’alcool. J’ai contribué à l’empêcher d’aboutir. J’ai fait partie de la grande Commission des boissons. La seule réforme que l’on ait obtenue depuis 1816 en cetie matière, et qui permet aux tribuDaux de modérer le montant des amendes de régie, c’est moi qui l’ai obtenue. Et je tiens le même succès pour le montant des confiscations; car le Gouvernement s’est engagé envers moi.
Ce ne sont là, de ma part, monsieur et cher concitoyen, ni des promesses ni des paroles, mais des actes.
Nos chemins de fer charentais se développent, et notre arrondissemèot n’est certes pas négligé. La ligne de Chàteauneuf à Barbezieux vient d’être incorporée dans le réseau d’intérêt général, comme je Pavais demandé, et sera ainsi plus sûrement rattachée à Bordeaux, La ligne depuis si longtemps promise, de Cognac à Surgôres, par Saint-Jean- d'Ângély, est définitivement concédée et en voie d’exécution, avec gare au faubourg Saint-Jacques.
Eu outre, comme membre du Conseil général, je travaille à doter notre arrondissement d’une ligne départementale qui rattachera Cognac à Rooillac par Sîgogne, et à Barbezieux par Segonzac. Ce chef-iieu de canton sera enfin rattaché à notre réseau ferré; j’y tiens au-dessus de tout, et nous voil^ prés du but.
DaiiB celte communication du député à ses électeurs, je ne puis traiter toutes les questions. Voilà pourquoi je n’ai cessé de me rendre dans les communes, que je parcours depuis dix-sept ans, et dont nul maintenant ne connait mieux que moi les affaires, les intérêts, les réclamations, les besoins.
Donc, si vous jugez que j’ai fait mon devoir et que j’ai bien servi notre arrondissement de Cognac, vous ferez, à votre tour, votre devoir, cher concitoyen. Quand on possède un bon serviteur, un bon défenseur, on n’en change pas, on le garde. A vous d’en décider, le 20 août, dans votre conscience souveraine.
Et moi, qui suis attaché par tant de liens, par tant de travaux, par dixsept années de loyaux services, à notre petite patrie charentaise, Je vous prie de me croire toujours
Votre dévoué député et ami,
G,"C. d'ORNANO, avocat, propriétaire.
Conseiller général du canton de Segonzac, Député sortant.
Circonscription de GOKTFOLENS.
M. Antoine BABAUD-LACROZE,
Élu au tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
II y a moins de trois ans que, dans un admirable élan d^enthousiasme, vous affirmiez sur mon nom vos sentiments républicains, et me faisiez l'honneur de me choisir pour votre représentant par près de cpx mille sulTragea,
Conscient d’avoir rempli avec la plus entière loyauté le mandat que vous m’aviez conliè et pour lequel j’ai employé tous mes instants et toute mon énergie, je n’hésite pas à venir vous demander de me îe renouveler,
A la Chambre, je n’ai jamais songé qu’à vos intérêts : je me suis associé à toutes les mesures qui ont eu pour but d’améliorer le sort des travailleurs des villes et des campagnes.
J’ai fait partie de plusieurs eommissions importantes; en un mot, mon temps et mon activité vous ont été consacrés dans une large mesure* Mon passé vous répond donc de mon avenir. Vous me connaissez tous depuis longtemps, puisque je suis né dans cet arrondissement que je représente et où je compte de si excellents amis ; c’est donc une raison de plus pour que vos intérêts me soient chers. En communication constante avec vous, avec vos conseillers généraux et d’arrondissement, les maires et adjoints républicains de vos communes, que je suis heureux de remercier du précieux concours qu’ils m’accordent, je n’ai jamais manqué de répondre aux demandes qui m’ont été adressées, de m’occuper des affaires dont on m’a chargé, et je puis ajouter, avec une satisfaction bien légitime qu’elles ont été le plus souvent menées à bien, grâce à l’autorité que m’a donnée T écrasante majorité de vos suffrages*
Je n’ai pas changé et je ne changerai pas d’opinion politique : je reste républicain progressiste. Quand on porte mon nom, on ne saurait varier.
En matière économique, je suis toujours Je protectionniste convaincu que vous connaissez. Et si vous m'envoyez, de nouveau, siéger à la Chambre des Députés, je continuerai à y servir la démocratie, en même temps que j'apporterai un soin jaloux à y sauvegarder et y défendre vos intérêts, à favoriser le développement agricole et commercial de notre arrondissement, et à rendre à tous les services qu’il sera en mon pouvoir de leur obtenir.
Je vous suis donc bien connu. Vous savez que je ne vous ai jamais trompés et qu’en toute circonstance je n’ai jamais hésité à vous dire la vérité. En affirmant, le 20 août, sur mon nom, votre foi en la République et votre conflance en moi, vous réduirez à néant les tentatives qui sont faites pour détruire en nos rangs la magnifique discipline de 1890; vous montrerez que les liens qui nous unissent sont de ceux qu’on ne saurait briser, quels que soient les moyens employés. Ma confiance en vous tous m’est un sûr garant de la vôtre, et c’est convaincu du succès que je vous dis, mes chers amis ; Allez en masse au scrutin.
Vive la République !
Antoine BABAüD-LACROZE.
Circonscription de RUFFEC.
M. René GAUTIER,
Élu au 2® tour de scrutin.
Messieurs et chers concitoyens,
Je me présente, le 20 août prochain, à vos libres sutTrages*
Député de l’arrondissemeut deRuffec, de 1877 à 1885, j’ai conservé un souvenir ineffaçable des nombreux témoignages do confiance dont vous n’avez cessé de m’honorer depuis mon entrée dans la vie publique.
Membre du Conseil général de la Charente depuis treize ans, j’ai [pris une part active à toutes les discussions importantes de notre assemblée départementale, et, dernièrement encore, j’avais la bonne fortune d’aider par ma parole au vote du réseau de voies ferrées qui est appelé à sillonner notre département dans un temps prochain.
Si j’ai l’honneur d’êire votre mandataire, le 20 août, je mettrai la même énergie à obtenir la construction de la ligne de Ruffec à Roumazières, et il ne dépendra pas de moi que satisfaction ne soit enfin donnée aux légitimes aspirations de populations par trop déshéritées jusqu’à ce jour.
La politique, mes chers concitoyens, est aujourd’hui le champ clos où s’agi-
tent fiévreusement les athlètes des différents partis qui se disputent la France. J’ai le devoir de m'expliquer sans équivoque sur la situation. ^
Je pense qu’i l’heure actuelle, les hommes qui out souci d es m téréts de la patrie et qui nevenlent pas voir sombrer dans le bourbier révolutionnaire les sages Lram!L qui OUI fait a. qui foui eucore 1. torue du lu uuUou do, veut usr or I rangs et sacrifier des souvenirs, honorables emro tous, au salut de la famille
je crois aussi que si les idées les plus folles se font jour ; si l’on peut narler impunément de je ne sais quel socialisme dans ce pays qui a, par-dessus Lt, le Zpecl de la propriété; si l’anarchie enfin a pu fonder un parti politique avec des mandataires officiels, la responsabilité en revient a ceux qui, par des pïSques gouvernementales inavouables, ont jeté le désordre daos les cerveaux
Ifî trouble dsiDS l6S consciciicss 1 , t i ■
Loin de nous la pensée de rendre tout un régime solidaire des ont attristé la fin de la dernière législature ; mais la nation a le devoir étroit d’apoliauer le fer rouge sur de semblables plaies.
^ Nous demandons aux ministres de demain, d’accord eu cela avec des republicarns comme M. Cavaignae, de vouloir bien ne pas considérer la corruption
“"rrJXra“Tde valoir bie»reap=0.er e. faire ra.p.«,
blea en,i..,er qu,, ee saurai, v
avoir deux justices ni deux qualités de Français, et que tous les citoyens, ayant
les mêmes devoirs, doivent avoines mêmes droits.
Nous leur demandons enfin d’en finir, une fois pour toutes, avec un favoritismo qui déshonore le pays et de gouverner dorénavant la République Irançaise au uom de la véritable liberté, de la véritable égalité, de la véritable fra-
ternité programme d’honnêteté publique sera appliqué dans toute sa
sincérité et ou la Constitution, révisée dans un sens plus démocratique, aura donné au peuple le droit d’élire le Prêsideut de la République, ce jour-Ia 1 opposition aura vécu et le drapeau tricolore abritera sous ses plis tous les enfants de France, heureux d’être confondus dans une même étreinte.
C’est à cette œuvre de pacification que je vous convie, mes chers con itoyens. Vous direz au scrutin de dimanche si vous voulez travailler avec moi é
en assurer le triomphe 1 . ti 4
Veuillûz agréer ia nouvelle assurance de mon entier dévouement.
René GAUTIER,
Ancien député^ conseiller général de la Cliareute.