M. LABROUSSE
Élu au 1*^ tour de scrutiap
(Démissionnaire^)
1^* circonscription de TULLE.
M. A. DESCUBES,
Élu au 2® tour de scrutin.
Mes chers coocitoyeDS,
En sollicitant vos suffrages, Jo réponds à Tappel de beaucoup d’entre vous*
Ceux qui m’ont fait cet honneur ont vu en moi un homme de travail, animé du désir de mettre à votre service une expérience acquise par vingt-deux ans d’administration publique.
Ayant vécu juaqii'à ce jour en dehors de la politique active, je vous dois compte à la fois de mon passé ét de mes tendances.
Mon passé vous dira ce que vous pouvez attendre de moi au point de vue de la défense de vos intérêts matériels ; vous saurez, d*aprè3 mes tendances, à quelles mains vous confierez le mandat que je sollicite de vous.
Attaché depuis la fondation de ia Bépublîque au plus laborieux de nos ministères, plus étroitement associé depuis près de cioq ans à Pœuvredes hommes éminents qui Font dirigé, j'ai pris une part active à Félaboration des grands travaux qui ont développé si puissamment notre outil lage nationah
Les connaissances que j’ai pu acquérir à cette école en matière d'administration générale me donnent Fespoir que je ne serai pas au-dessous de ma tâche, et que Je pourrai seconder utilement les efforts de vos autres repréBeii“ tants pour la prospérité de la Corrèze,
Citoyens,.
Fai toujours été républicain.
La République a toujours été âmes yeux Je gouvernement le plus apte à favoriser le progrès des sociétés.
Elle affirme la dignité des hommes en leur assurant ia liberté et Fégalîté,
Elle garantit la sécurité de la nation en remettant ses destinées aux mains de tous ses enfants.
Elle se prête à toutes les réformes; elle les accomplit sans secousses.
Vous vous êtes attachés à elle parce qu'elle a déjà beaucoup fait.
Vous la maintiendrez pour ne pas revenir en arrière.
Celui que vous choisirez pour voua représenter devra se montrer fermement résolu à maintenir toutes les conquêtes politiques de la République, résolu aussi à en faire de nouveHes,
Si je suis celui-là, tous mes votes shospireroot de cette idée de progrès, C^est ainsi que je TOterai notamment :
line disposition constitutionnelle établissant la prépondérance de la Chambre des députés en matière budgétaire ;
La diminution des frais de justice par Fextension de la compétence des juges de paix et par la révision dü Code de procédure civile ;
Le dégrèvement de Fimpôt sur la petite propriété foncière ;
La suppression des prestations ;
L’organisation d’un crédit agricole prêtant aux agriculteurs à un taux modéré et à long terme ;
La réforme de Fimpôt des boissons et la suppression de rexercice chez le débitant ;
La réforme des patentes ;
La réduction du service miîitarre à deux ans.
Je m’associerai à toutes les mesures qui pourront diminuer les charges des contribuables et je m’attacherai notamment à la refonte de notre système d'impôts, dans le sens de Fétablissement d’une taxe sur le capital et sur le revenu qui remplacerait k plupart des impôts actuels.
lé Teillerai à ce que toutes les concessions accordées par l'Etat à des compagnies eu à des particuliers soient subordonnées à des conditions favorables aux intérêts des ouvriers.
EnOn, persuadé que la paix sociale ne peut être assurée que par l’accord du capital et du travail, convaincu qu’il est juste et nécessaire d’accorder au travail la môme protection qu’au capital, je voterai les dispositions légales de nature à garantir les ouvriers contre les abus possibles de ceux qui les emploient, et aussi contre les conséquences des accidents, de la maladie et de la vieillesse.
Tous mes efforts tendront à encourager le développemeilt des institutions de prévoyance, des caisses do retraites, de secours, de la participatiob aux bénéfices.
Pour réaliser toutes les réformes, la stabilité ministérielle est nécessaire ; je repousserai donc la politique de tracasseries et d’intrigues qui ne peut servir que la cause des ambitieux en ébranlant sans cesse le pouvoir.
Électeurs de Tulle,
Votre manufacture d’armes est l’im des éléments les plus importants de la prospérité de votre ville. Toute atteinte qui lui serait portée serait grosse de conséquences pour votre commerce et pour l’avenir de Tulle.
Je prends l’engagement de défendre ce grand et précieux établissement contre toute tentative de déchéance. Je sois convaincu que les intérêts généraux de l’État sont étroitement liés sur ce point avec ceux de la ville de Tulle. Pour plaider uue aussi juste cause, je m’emploierai de toutes mes forces et je n'bésiterai pas, s'il le faut, 4 la porter à la tribune.
Mes chers concitoyens,
Je dois répondre à cette allégation, que je serais un étranger.
Je dis hautement que c’est faux.
Je suis un LimouBiu d’origine, né d’une famille établie en Limousin depuis plusieurs siècles.
Je reviens au pays, après avoir acquis dans la capitale les moyens de le servir.
N’ai-je pas donné déjà des gages de mon dévouement à vos intérêts ?
Fautril rappeler la part que j’ai prise dans la construction du pont d’Argentat, aujourd’hui presque achevé, et qui depuis plus d’un an donné du travail aux ouvriers de cette ville 7
Est-ii besoin d’insister sur les longues et patientes négociations auxquelles je me suis employé, sous l’autorité du ministre des travaux publics, au sujet dé vos chemins de fer et qui ont amené cette question^ vitale pour vous, au point de maturité où elle est aujourd’hui 7
Est-il enfin nécessaire de faire appel au témoignage des Corrèziens de Paris qui sont venus frapper à ma porte ? Ceux-là ont fait comme moi, ils sont venus à Paris pour y accomplir leur destinée. Ne seraient-ils donc plus vos fils, VOS frères, vos parents 7 Sont-ils devenus pour vous des étrangers 7
Républicaias,
Parmi les hommes qui se réclament de la République vous saurez distinguer ceux qui l’ont compromise et ceux qui l’ont servie.
Vous vous écarterez des coureurs d’aventures qui, au jour d’épreuye, sont facilement des dupes à moins qu’ils ne soient des complices.
Vous saurez discerner les vrais républicains à leur entourage et quand vous verrez des hommes qui se parent de ce nom, mais qui s’environnent uniquement des chefs de la réaction, vous saurez leur dire : « Je vois qui tu fréquentes, je sais donc qui Lu es ! » Passe ton chemin 1 Mon choix est fait 1
Vive la République!
A. DESCUBES, chevalier de la Légion d’honneur, Conseiller municipal d’Argentat, candidat républicain progressiste.
2° circonscription de TULLS.
M. jSdonard DELPEÜGH,
Élu au 1" tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Aujourd’hui, comme il y a quatre ans, ma candidature signifie : Fidélité à la République, paix et progrès.
La paix, — vous l’ayez assurée en repoussant une diotature militaire qui n’eût été que la préface d’une restauralion monarchique, et qui eût déchaîné sur notre pays la guerre civile et la guerre étrangère.
Cette paix, garantie par l’amitié d’une grande nation que votre sagesse a faite noire alliée, le gouvernement républicain sait la maintenir avec honneur et dignité, sans rien abdiquer des droits de la France. Le prompt règlement de nos difficultés avec le Siam est la preuve manifeste de l’accroissement de notre force et de notre prestige. Pour obtenir satisfaction, il n’a pas été besoin de recourir aux armes, il a suffi de parler haut. Vous a’avez point à redouter pour vos fils les périls d’une expédition lointaine. Celle-ci, fût-elle devenu© nécessaire, vous savez que ce n’est plus parmi nos jeunes conscrits, ce n’est plus parmi les hommes du contingent que seront recrutés è l'avenir les soldats de l’armée coloniale : les Chambres ont sur ce point exaucé vos vœux.
Le progrès a pour conditions la stabilité gouvernementale, le maintien de l'ordre, et de bonnes finances. Vos représentants devront avoir, avant tout, le
souci d’assurer à la nation ces trois bienfaits, C^est ainsi que nous pourrons ajouter de nouvelles réformes h ceUes que le Parlement a déjà réalisées. 11 reste, surtout en matière d’impôts, beaucoup à faire,
Tai voté, avec la majorité de la Chambre, la diminution des frais de justice, un dégrèvement de Pimpôt foncier, l’abaissement du prix des places dans les chemins de fer, les tarifs de proiection agricole, la loi sur rassislance médicale dans les campagnes.
Bapporteur de la grande commission de l'enseignement primaire, j’ai défendu une proposition de loi qui était impatiemment attendue par nos instituteurs et j’ai été assez heureux pour la faire accepter.
Tout récemment, j’ai réclamé, à la tribune, la suppression ou, tout au moins, Padaucissement de cet impôt inique et vexatoire qui a nom la taxe militaire; la solution a été ajournée, soyez sûrs que je la poursuivrai avec énergie.
Il faut, dans la prochaine législature, pousser plus avant la révision et la refonte de notre système d’impôts, faire disparaître cette contribution des portes et fenêtres, qui vous marchande l’air et la lumière; réaliser, au moyen d’une surtaxe sur l’alcool, la suppressioii de l’exercice et le dégrèvement des boissons hygiéniques ; réformer la loi sur la chasse, eu mettant à la portée du plus pauvre des permis de courte durée, à bas prix (e'est la meilleure façon de diminuer les procès-verbaux) ; il faut enfin créer des caisses de retraites pour les vieux travailleurs de la ville et des champs, rendre moins lourdes les charges qui grèvent le sol, organiser Tassurance et le crédit agricoles.
Cette œuvre peut et doit s’accomplir dans Tunion de tous les républicains.
La République est pour jamais fondée, et chacun, à l’envi, se réclame d’elle. Aux nouveaux venus, à ceux qu’on appelle les ralliés, les hommes qui, comme moi, ont toujours été républicains n’ont le droit de demander, avant de leur ouvrir les rangs de notre grand parti, que d’être sincères et de mettre leurs actes d’accord avec leurs paroles.
Quant à ceux qui, après avoir déserté et trahi notre cause, osent encore solliciter qu’on la remette entre leurs mains, à ceux-là qu’on pourrait appeler les déraillés, nous rappellerons leur honteuse défection, et nous les inviterons à se faire oublier désormais dans la retraite et dans le silence.
Que pourraient-ils pour le bien de notre département? Ils n’ont plus Tombre d’influence ni de crédit.
Eu 1889, je vous avais promis, si vous me faisiez l’honneur de me choisir pour votre représentant, que je me consacrerais tout entier à la défense de vos intérêts.
J’ai tenu parole, ^
Nos chemins de fer, notre ligne d’Uzerche à Tulle, avec embranchement sur Bugeat, ont été enfin votés par la Chambre et par le Sénat : la loi qui les concède est devenue définitive ; dès la rentrée, la déclaration d’utilité publique pourra être prononcée. Je ferai tout pour hâter le jour de la construction.
Pour vos écoles laïques, pour la manufacture d’armes, pour vos hospices et vos églises, pour votre service postal, pour vos ponts ou vos chemins, vous avez souvent fait appel à mon concours. Je rie crois pas que voua y ayez jamais