E BAUDIN
1*^ cxrconscriptîon de SAINT-AMAND.
M. C. PÂJOT,
Élu au 1^' tom de scrutiUp
CttoyeDS,
Eu septembre 18S9j plus de 8.000 républicains lis’ûnt accordé leur conüance, en m^enToyant, au premier tour de scrutin, siéger à la Chambre des Députés.
Ayant la conviction d^avoîr accompli mon devoir dans cette législature si troublée et d*être resté fidèle à mes électeurs et à tous les points de mon programme, je vieDS de nouveau solliciter vos suffrages et me mettre à votre disposition.
Plus que jamais, ennemis et adversaires de la République vont en faire Passant et essayer de slntroduire dans la place. Autrefois, leur devise était «tout plutôt que la République » î aujourd'hui, ils disent :« La République seule est possible, mais dirigée par nous «. Et, toujours couverte d^in masque, ils font la risette, sous le nom de ralliés, de résignés, à celle qu^ils appelaient « la gueuse et qu'ils voudraient embrasser jusqu^à Pétouffer.
Ils espèrent, avec le concours de certains républicains, pour lesquels ils se montreront complaisants, au point de leur donner leurs voix (échange de bons procédés), former une majorité dans la Chambre de demain, s'emparer du pouvoir et supprimer ou appliquer les quelques bonnes lois faites dans ces derniers temps ; lois militaires et de renseignement, de faç-on à ce qnll n^y ait plus de différence avec les pires lois réactionnaires, tandis qu'elles voudraient encore être améliorées : la première, en abaissant de nouveau la durée du service ; la seconde, en la rendant gratuite à tous les degrés, après concours.
De programme, ils n'en auront aucun. L'étiquette républicaine, plus ou moins argentée ou dorée, leur servira seule pour présenter leurs marchandises.
C'est donc le moment, pour les vrais républicains, non seulement de ne pas abandonner le vieux programme, si peu réalisé encore, celui quia toujours été la gloire du parti, mais de s'attacher, de plus en plug, à le faire triompher, en y ajoutant toutes les réformes sociales nécessitées par les chaugemeutB profonds survenus dans le travail, rindustrie, le commerce et ragriculture.
Oui, notre programme et sa réalisation est notre seule et suprême sauvegarde, et, pour ma part, Tayant toujours soutenu avec le dévouementet l'énergie dont je suis capable, ai-je besoin d'ajouter que, si vous me faites encore l'honneur de me conlier la mission de vous représenter, mes votes seront acquis :
1® A la révision de la Congtitution par une Constituante, révision à la consolidation définitive de la République i
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2^ A la réforme générale de Timpôt, nécessaire pour mener à Mm toutes
les réformes sociales ou autres;
3“ A la séparation des Églises et de PÉtat, sans laquelle la liberté de conscience n^est qu'un vain mot ; *
A TarganlsaLion du iravaïUans un sens favorable aux travailleurs;
5** A toutes les réformes sociales respectant, d'une façon absolue, la liberté individuelle;
é* A une réforme profonde dans Padministra don dans la magistrature,
cette dernière ayant pour conséquence de faire rendre gratuitement la justice ;
7<» A la création d'uue Caisse de retraites pour les travailleurs âgés ou in¬
firmes;
8" A Porganisation d'un crédit agricole, industriel et commercial, pour venir en aide aux petits.
Enfin, je suis partisan de la suppression des monopoles, lorsqu'ils constitnent de véritables services publics aux mains des particuliers, par P intermédiaire de leurs capitaux, considérant qu*à un moment donné ils peuvent devenir un danger sérieux pour la nation, dont le devoir est de les reprendre???
Tel est le programme que je n'abandonûerai jamais.
Aux attaques ineptes et ridicules des feuilles de Saint ^Amand, réactionnaires ou autres, liguées contre ma candidature, au profit de celle d'un de mes concurrents, je n’ai qu^'à opposer le silence, et il est de mon devoir de prévenir mes amis que, s’il m'arrive d'en faire justice, ce sera en réunions publiques.
La première circonscripiton de Saint-Âmand a toujours été à rayant-gafdé du parti républicain, elle ne saurait décheoir ni retourner en arrière; elle continuera, au contraire, j’en suis convaincu, sa marche en avant, et c’est sans aucune crainte que j'attends son verdict, certain à P avance que ce sera celui de fermes, sincères et dévoués démocrates.
Comme en 1889 :
Vive la République!
Et toujours en avant pour les réformes sociales Ml
C. PÂJOT, député sortant, candidat républicain radîcal-socialmte-
2® circonscription de SAINT- AM AND M. Casimir LESAGE.
Élu au tour de scrutin.
Citoyens,
En m'accordant, il y a quatre ans, une imposante majorité rèpublicainej vous m*avez fait un devoir de me représenter aujourd'hui.
Vous connaissez mon programme : il est le même qu'en 1889.
Républicain radical-socialiste, je repousse avec une égale énergie la révo-
lutloD violente et la dictature.
Comme en 1889, j’estime que, [pour réaliser les réformes démocratiques et sociales que le pays réclame et alteud depuis si longtemps, la révision de la Constitution s’impose et doit être résolue par une Assemblée nommée à cet effet.
La prochaine législature devra également s’imposer, comme tache urgente, d’étudier et de réaliser :
1“ La suppression des impôts sur le travail, l’industrie et le commerce, et leur remplacement par un impôt progressif sur le capital et le revenu. Tout citoyen qui ne possède rien ne doit rien à l’État, en dehors de l’impôt du sang ;
2^ La révision du cadastre ;
3“ L’organisation du crédit agricole, afin de procureur aux cultivateurs l’argent à bon marché;
4“ Création d’un crédit du travail, afin de faciliter l’admission des syndicats ouvriers aux adjudications de travaux publics;
5* Établissement d’un impôt frappant les étrangers qui travaillent en France ;
6® La création d’une Caisse de retraites, avec garantie de l’État, pour les ouvriers âgés et les invalides du travail;
7® La liberté absolue de conscience, la séparation des Églises et de l’État et la suppression do budget des cultes ;
8® L’enseigaement exclusivement laïque, l’interdiction d’enseigner à toute association religieuse;
9" La réforme de la magistrature et la gratuité réelle de la justice ;
10® L’épuration du personnel administratif, la suppression des sinécures et la réduction des gros traitements;
11® L’abrogation de la loi interdisant le mandat impératif, car tout représentant du peuple qui a manqué à ses engagements doit être déchu de son mandat.
Voilà, citoyens, dans ses grandes lignes, le programme que je m'engage à défendre si je suis élu.
Mon attitude, mes votes, tant au Conseil général qu’à la Chambre, pendant toute la durée de la législature 1885-1889, voup sont un sûi- garant que je saurai tenir mes promesses.
Casimir LESAGE, cultivateur.
Ancien député, conseiller général.
Circonscription de SANGEHBB.
M. Henry MABET^
Élu au tour de scrutin,
Mes chers compatriotes.
Le Congrès républicain, reafermant des représentants de toutes vos communes, m’a désigné à vos suffrages.
Vous me connaissez.
Je ne.suis pas de ces candidats de fantaisie qui viennent se présenter à vous tout simplement parce qu'on les a repoussés ailleurs, et qui briguent un mandat de député comme ils achèteraient une maison ou une terre. Républicains, si Bon veut, monarchistes, si on Bexîge; partout et toujours conservateurs des abus et des privilèges dont ils profiteot.
Enfant du pays, je Bai toujours aimé et servi ; et si, depuis huit ans, je le représente au Parlement, c’est que deux fois il m*a appelé. Car, dans une démocratie, ce n’est pas au mandataire de s’offrir aux électeurs, c’est à ceux-ci qu'il appartient de le choisir.
Il y a quatre ans, nous avons mené ensemble le bon combat contre la dietature, et nous avons triomphé. Aujourd’hui, malgré les outrages, malgré les calomnies, malgré les mensonges, malgré les misérables efforts d’une réaction à qui toutes les armes sont bonnes, nous triompherons encore. Les tronçons du serpent essayent de se rejoindre, mais nous finirons bien par lui écraser la tête.
Vos éternels ennemis ont employé tous les moyens pour tnerla République. Lassés de leurs constantes défaites, ayant exploité jusqu’à la popularité d’un général, suivi par des patriotes abusés, ils ont essayé de déshonorer ceux qu'ils no pouvaient vaincre, et c’est pourquoi vous les avez vus diffamer les meilleurs républicains, espérant que leur chute entraînerait celle de la République.
Tombés dans leurs propres pièges, convaincus de faux, iis n’ont plus eu d’autre ressource que de feindre d'accepter le régime établi, afin de s’introduire sournoisement dans les places qu’ils n’ont pu emporter de vive force. C’est une ruse de guerre bien connue que celle qui consiste à prendre Les couleurs de Bennemt pour pénétrer dans ses rangs, et vous n’en serez pas dupes.
Nous sommes arrivés, mes chers concitoyens, à une heure décisive, La dernière Assemblée a été impuissante, pour deux raisons : d’abord, parce qu’élue en un jour de bataille, elle n’avait pas reçu de mandat formel ; ensuite, parce que ses travaux ont été profondément troublés par l’abominable campagne à laquelle je faisais allusion tout à l’heure. Cependant elle a préparé des réformes qu'il faut reprendre et qu’il est nécessaire de faire aboutir.
Telle est la réforme de Timpôt des boissons, la syppressioü de l’exercice* celte iniquité, le dégrèvement des vins, cidres et bières; puis la suppression de l'impôt des portes et fenêtres, celte mainmise du fisc sur Pair et la lumière; enfin la réforme eompîète de notre système d’impôts, qui épargne Foisif et écrase les travailleurs.
Le moment est venu où chacun comprend que ces réformes s’imposeot. La République ne doit pas être seulement une forme de gouvernement, elle doit aussi être un épanouissement de La justice.
C’est pour empêcher cet ordre nouveau qui s’approche que vous voyez se coaliser tous les favorisés du sort, tous ceux dont la prospérité est faite des iniquités qui vont disparaître. Us sa hâtent d’accepter la République pour faire la part du feu, et aftn do remplacer, dans la Chambre prochaine* les républicains progressistes et réformateurs par de pseudo-répubiicalns, ennemis du progrès et des réformes. Ils osent se dire des hommes nouveaux* eux qui sont les hommes du passé et ne cherchent qu’à vous faire rétrograder sur le chemin déjà parcouru.
Partout ils cherchent des circonscriptionB représentées par d’anciens serviteurs de la République et trompent à la fois tous les partis ; ils espèrent profiter de la confusion qu’ils répandent pour fabriquer une majorité menteuse, qui, si on la laissait faire, vous ramènerait au gouvernement du Seize-Mai, de sinistre mémoire.
Si le malheur voulait que de tels hommes fussent élus, c’en serait fait* pour longtemps peut-être, de vos justes revendications. Mais je suis tranquille: la France, aujourd’hui, est éclairée, elle ne se laissera pas enlacer dans les filets qu’on lui prépare.
Et vous* mes chers concitoyens* qui depuis tant d’années vous êtes places au premier rang de la démocratie* vous ne voudrez pas qu’il soit dit que 1 arrondissement de Saûcerre a reculé, qu’il renonce à toutes les libertés conquises et succombe, de nouveau, sous le joug de ses anciens maîtres.
Toujours en avant! Telle est la devise inscrite sur le drapeau qu on m a confié. Cest en marchant sous ses plis que vous affirmerez la Bépublîque et assurerez, en môme temps que votre indépendance* la grandeur et la prospérité de la patrie.
Vive la République î
Henry MARET*