M. CLAMENT
Élu au 1“ tour de scrutin.
Mes chers concitoyena,
A Tunanimité, le Congrès républicain du 22 juillet m’a désigné à vos suffrages comme candidat de la deuxième circonscription de Bergerac. J’ai donc l’honneur de vous demander le renouvellement de mon mandat. Personne, à l’heure actuelle, ne discute sérieusement la forme du gouvernement ; le pays,
ma, nies tas con.ullf, en a sanctionné la manche llhénale et moralisatrice L» France sage calme et patriote, répronver. les menées criminelle, de, Zln nonnaire. et es va, nés compromissions d'nne réaction Impaisaante Si eSerrl au Parlement une majorité représentant l'opinion moyenne de la -
seule peut donner à ce pays, par la stabilité ministérielle, les aÜs « les réformes qo’il réclame à juste titre. ameliorations et
Pas de lois politiques intempesüves, pas de vaines utopies.
Faisons des lois pratiques, des lois d’affaires, des lois d'assistance et d« protection et, surtout et avant tout, des économies autant que le peSen itl
fenr.lmlr^“ d?yrd.t
etcesSrsf ‘ '*'■ “ véritablement
La suppression de l’impôt des portes et fenêtres j üne répartition plus équitable de l’impôt foncier et «ii de nn..,rd.iir, sources le permettent, sa suppression. ’
étrangèr""”’™ '' «bcnrrence
rensp eî? 1 aujourd’hui hors de contestation, doit' être géné-
fIJ dnf humbles, aux déshérités.
dT beur'rdrer^^^^^ existence d\
uur laneur, iJs deviennent, eux, les invalides du travail i iSlecteurs,
ica inmrL,”Ur»“'S po™r Z.ndc's priZl nn3“2 âûtra”
delà de ce que je pouvais tenir. Je vous ai toujours dit la vérité Aussi ie
Je veux le calme à l’intérieur, la paix è l’extérieur;
.i.écs^^grrdé”rr:'rSr cVpt^ ^
chons donc sous un unique drapeau^ celui de la RépuJjJique conciliante
et ferme, libérale et généreuse, qui ne relève que de la souveraineté du peuple, qui ne poursuit qu'un but : le progrès, et qui n’a qu’une seule devise : la fra-
ternilé. ,
A vous, mes chers concitoyens, toute ma peconnaissance, toute ma sympathie, tout mon dévouement 1
Vive la France l Vive la République 1
Docteur CLAMENT,
Maire de Laforce, conseiller général, Aide-major au ft2“ territorial,
Député sortant.
Circonscription de NONTRON.
M. A. TÜEULIER,
Élu au 1" tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Je viens vous demander le renouvellement du mandat que déjà, à deux reprises différentes, en 1885 et 1889, vous avez bien voulu me confient • A l’heure présente, la République a donné de telles preuves de force et de vitalité que ses adversaires les plus acharnés déclarent publiquemeut ne plus
oouvoir s’opposer à sa marche iriomphante.
Ce n’est pas une raison pour leur confier la direction de nos affaires, et je m’en rapporte sur ce point au bon sens du suffrage universel; mais c est un argument de moins pour les républicains timorés qui répètent depuis quinze ans qu’il convient d’attendre que les partis hostiles aient désarmé, pour en reprendre les réformes que la démocratie est en droit d’exiger de ses élus.
La législature qui vient de finir a abordé un grand nombre de ces questions et n’en a résolu qu’un petit nombre. Nous pouvons espérer que celle qm va lui succéder voudra et saura aboutir, par la constitution d’une majorité sincèrement progressiste, groupée autour d’un Ministère résolument réformateur. Bien de durable, en effet, ne saurait se fonder sans i accord fécond des pouvoirs publics, animés d’une même ardeur généreuse pour la justice, dune égale pitié compatissante pour les souffrances des déshérités de ce monde.
J’énumérerai rapidement les principales questions qu’aura à résoudre la prochaine législature ; , , , a
Réforme de l’impôt, de manière à rendre moins lourd le fardeau qüi pèse
sur le travail, sous toutes ses formes;
Réforme des frais de justice, ce fléau de nos campagnes ;
Réforniâ de la Banque de France, permettant aux petits commerçants l’escompte de leur papier à des conditions moins onéreuses;
Constitution de Caisses de retraites pour les- travailleurs âgés ou inPirmes;
Développement de l’assistance publique dans les campagnes et, par suite, suppression du vagabondage. ’
Toutes ces questions, et bien d’autres encore, seront l’objet des discussions du prochain Parlement.
Pour moi, je continuerai, comme je crois l’avoir toujours fait, à m’inspirer, dans mes votes, de l’intérêt supérieur de la République, et à poursuivre ce but, noble entre tous, idéal de tout esprit ayant le souci de la fraternité et de la solidarité humaines, à savoir : l’accroissement indéfini du bien-être matériel et moral de cette foule vaillante et infatigable de travailleurs, ouvriers, agriculteurs, soldats, artistes et commerçants, qui constitue la grande et glorieuse démocratie française.
Recevez, mes chers concitoyens, la nouvelle assurance de mon absolu dévouement.
Vive la République !
A. THEULIER,
Conseiller général, député sortant.
1'* circonscription de PÉRIGUEUX.
M. Georges SAUMANDE,
Élu au 1" tour de scrutin.
Électeurs,
Le 20 de ce mois, vous serez appelés à nommer votre représentant à la Chambre des Députés.
Usant de mes droits de citoyen, je viens solliciter vos suffrages.
A ceux de vous qui me connaissent personnellement, je n’ai pas à dire quelles sont mes opinions; à ceux qui ne me connaissent pas, je dois une profession de foi : ^
Je suis républicain, — républicain sans épithète. — Je veux que la République soit ouverte à tous ceux qui viendront à elle loyalement et sans arrièrepensée; mais je veux aussi le maintien intégral de toutes les conquêtes démocratiques réalisées.
Je veux enûn que la République soit progressiste, parce qu’elle n’aurait plus sa raison d’être le jour ou elle cesserait de marcher en avant dans la voie du progrès.
Indépendant par caractère et par situation professionnelle, je voterai la loi qui interdira aux membres du Parlement de faire partie des conseils d’administration de sociétés Quancières.
Dans mes votes, je n’aurai pour guide que ma conscience et les vœux de mes électeurs. Aussi éloigné d’uue opposition systématique que li’uue complaisance aveugle, je donnerai ma voix au Gouveniemeui quand je croirai qui! a raison; je la lui refuserai lorsqu’il me sera prouvé qu’il a tort
Les questions de politique pure devront, selon moi, dans la prochaine Chambre céder le pas à l’étude des questions sociales. S’il en est parmi ces dernières qui soient destinées à rester quelque temps eocore dans le domaine de la théorie, il en est d’autres qui sont mûres et dont la réalisation s impose
immédiatement. ■ .
Petil-ais de paysans, ûls d’ouvrier, rien de ce qui touche a 1 amélioration
du sort des prolétaires, ruraux ou citadins, ne m’est étranger et ne peut m’être indifférent Je réclamerai avec insistance l’institution du crédit agricole, ainsi que l’organisation complète de l’assistance publique dans nos campagnes. - Je R’épar-^nerai ni mon temps ni ma peine pour obtenir la création d’une Caisse des retraites en faveur des travailleurs atteiuts par la vieillesse ou par de pré¬
coces infirniitéSk
Pour ce qui regarde Fadministration des finarices nationales, mon programme se résume en quelques mois : élimination radicale des dépenses superflues- suppression des nombreuses sinécures et fonctions parasites qui grè¬
vent notre budget; — réformes dans la base et dans la réparütiou de certains impôts, notamment de l’impôt foncier et des prestations pour l’agriculture; — diminution des frais de justice par la refonte du Code de procédure ; enfin, des économies partout et toujours, à condition, néanmoins, que ces économies ne mettront pas en péril la défense du aol ou de l’honneur de la patrie.
Si vous me choisissez pour votre représentant, c’est avec un dévouenaent absolu que je m’occuperai des intérêts particuliers de notre circonscription, comme je me suis occupé de ceux de la ville de Périgueux. — Avec le même dévouement et la même ténacité, je soutiendrai les intérêts des municipalités de chacune de nos communes; j’appuierai de tous mes efforts les revendications qu’elles auront à formuler, telles, par exemple, que celles des communes du canton de Vergt, pour l’obtention de la ligne de tramways qui devrait déjà les desservir.
Électeurs,
Depuis près de Vingt ans que je suis né à la vie politique, la République n’a pas eu de défenseur plus ardent ni plus convaincu que moi; — ceux d’éntrè vous qui m’ont vu à l’œuvre, et qui ont pu me juger, ne m’ont pas ménagé les témoignages d’une sympathie dont je suis heureux et lier.
Pendant huit ans, les électeurs delà commune do Chaïicelade m’ont envoyé siéger an sein de leur Conseil municipal; dans le courant de ceS dix deritiètèa
années, j’ai eu l’insigne honneur d’être placé tmia fois à la téfe de la municipalité de Périgueux.
Par mon empressement é mettre au service du public l'expérience que j’ai ^ acquise dans l'administration, soit d’une commune rurale, soit d’une cité importante; par mon zèle à remplir mes devoirs; par mon dévouement aux intérêts de chacun et de tous, je me suis efforcé de m’attirer la confiance de mes concitoyens et de la justifier. — A vous maintenant de décider si le candidat à la députation peut mériter les mêmes sympathies et inspirer la même confiance que l’ancien conseiller municipal de ChançeUde, actuellement maire de Périgueux.
Vive la République!
Georges SADMANDE, Maire de Périgueux.
2“ circonscription de PÉRIGUEUX.
M. CHAVOIX,
Chers concitoyens,
Vous me connaissez depuis assez longtemps pour qu’il soit inutile de vous adresser une longue déclaration de principes au moment où, pour la quatrième fois, je me présente à vos suffrages.
Plus convaincu que jamais qu’en politique, après avoir observé soigneusement les faits, il faut les classer afin d’en tirer des lois, je veux tout simplement vous dire quelle devrait être, selon moi, — en tenant compte du point où est arrivée la République, — l’œuvre de la prochaine législature.
En première ligue, le pays devrait imposer à ses mandataires républicains : 1® de constituer une majorité de gouvernement aussi dévouée que ferme, aussi doçUe que fière ; 2“ et de soutenir, à moins de fautes très très lourdes, un Ministère homogène, pendant toute la durée du mandat.
Avec un pareil gouvernement, indispensable pourdiriger utilement la politique française à l’intérieur et plus encore k l’extérieur, iE faudrait profiter de l’apaisement des esprits pour éviter, dans l’avenir, les conflits entre le Sénat et la Chambre des Députés, pour régler nettement les droits, pour déterminer non moins nettement la responsabilité de chacun d’eux, surtout pour le votedu budget. En un mot, je considère qu’il y a lieu de reviser la Constitution, puisque les parlementaires n’ont pas voulu ou su tirer de celle do 1875 ce qu’elle eût pu, à la rigueur, donner.
A cette condition et en organisant des conseils cantonaux permettant au suffrage universel de s’intéresser davantage et plus directement à la préparation
des lois, ie serais partisan du renouvellement par moitié de la Chambre des Députés, élue pour six ans. En ce cas, je voudrais qu’on en revint au scrutin de liste de façon à donner à chacun l’indépendance de caractère nécessaire pour gouverner utilement un grand pays qui mérite d’avoir pour représentants autre chose que des commissioun aires complaisants.
Je n'hésite pas, du reste, à vous déclarer que, même élu au scrutin d arrondissement, j’ên tends, pour ma part, jouir de cette indépendance indispensable, à mes yeux, pour le bien public.
Le maintien de la législation actuelle de douanes, seule capable actuellement de sauvegarder le travail national industriel ou agricole, s’impose. Je ne laisserais pas toucher aux lois scolaires, pas plus qu’à la loi militaire.
La loi sur les justices de paix, destinée à diminuer les frais et les lenteurs judiciaires; la loi sur les retraites des ouvriers, domestiques, fermiers et métayers; laloi sur les octrois et sur le régime des boissons sont prêtes depuis longtemps. Une Chambre s’houorera en faisant enfin passer ces lois avant de bruyantes interpellations. ,
Mais, au premier rang de l’ordre du jour, je voudrais voir figurer la réforme fiscale, telle que je l’ai proposée depuis plusieurs années, de façon à avoir, devant l’impêt, l’égalité du capital mobilier et immobilier. Plus que jamais, je suis convaincu que c’est la clef, et U clef unique, de réformes très importantes dans l’intérêt de tous ceux qui travaillent.
Viendront ensuite les questions de prévoyance et d’assistance et surtout les questions d’assurances, safls lesquelles le crédit agricole ne peut pas être sérieusement établi. A ce propos se présentera la question du renouvellement du privilège de la Banque de France. Elle mérite ici une mention spéciale.
Je ne voterai ce renouvellement que si la durée du privilège est limitée à dix années, si la Banque facilite largement l’établissement du crédit à bon marché, en province comme à Paris ou dans les grands centres, et surtout s’il m’est démontré que le paya, dans sou ensemble, n’est pas encore absolument fixé sur le rôle, la nature, la valeur du billet de banque, comme je crois l’être. Livré à moi-môme, en effet, je repousserais très nettement le privilège de la Banque de
France. , . , ^
Enfin, et surtout en présence de la nouvelle politique du Pape, je considère
que nous devons plus que jamais vivre avec l’Église sur le terrain du Goncordut, loyalement appliqué de part et d'autre. Cette entente, dans ma pensée, est destinée à hâter ta réconciliation du capital et du travail et à développer chez chacun de nous les sentiments de fraterniié qui seront, je l’espère, l’honneur de la fin du siècle.
A vous maintenant de savoir s’il vous convient de me continuer votre confiance, et de dire si ma prétention d’avoir acquis une certaine expérience des hommes et des choses est, à vos yeux, justifiée.
Agréez, chers concitoyens, la nouvelle assurance de mes meilleurs sentiments.
GHAVOIX.
Circonscription de RIBÉRAC.
M. Paul POUBTEYllON,
Élu au tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Les élections législatives sont fixées au 20 août
Le Congrès de Bibérac m’a désigné, à l’unanimité, à vos suffrasea
toutel’acliïiléetladéYooamentdonljeLKpa'b ilês SZ" ''“'“ï
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Disposé à appuyer toutes les mesures réclamées et mûries nar t-nninf.n
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■e. Indexe, ne.ioo.le, , e.,e:toe'!.s<rrd: rnolTrXe pt
Lee Ims on,r.ères devront être conçues d.n, le sens ,f p,„f faveratlf à
l-amélioration du sort des masses, sans jamais permettre l'oppression de Hndi-
vîdu par la coUecti'vité. .
Eûfin, le déTeloppement de l’assistance publique, la création de bureaux de
bienfaisance dans chaque commune, termineraient cette série de réformes sociales dont rexéculion restera l’hopneur de notre démocratie.
Électeurs,
La République doit être ouverte, tolérante. Elle accepte tous les dévouements nouveaux, en conservant aux vieux républicains qui ont toujours lutte pour son triomphe et son affranchissement la place qu'ils méritent. C’est dans cet esprit que je fais appel au concours de tous pour assurer le succès d une politique de progrès, de tolérance et de liberté.
Vive la République 1
D' Paul POURTEYRON, maire de Saint-Vincent-de-Connezac, Conseiller général.
jï* circonscription de SARL AT.
M. DENOiX,
Élu au i" tour de scrutin.
Mes cbera concitoyens.
Je viens de nouveau solliciter vos suffrages, et avec d’autant plus de confiance que ma candidature a été acceptée à l’un an imité par le Congrès répu-
Ma profession de foi ne sera pas. longue : je suis républicain progressiste. La démocratie ne saurait abandonner les conquêtes déjà faites, et, tous ses efforts doivent tendre à en assurer de nouvelles, moins urgentes peut-être, mais aua$i nécessaires.
Toute tentative de réaction doit être résolument çombaltue. Aucune concession ne saurait être faite aux néo> républicains. L’application de leur programme serait la mort de la RépoMique,
Jo ne saurais davai^tagci accepter les théories et docliiues sûçiauçtos que prêchent chaque jour, pour le besoin de leur élection, lus prpfegeuurs dh
L’égalité des salaires, la journée réduite à huit heures, l’individu disparaissant devant la collectivité, l’état collectiviste devenant industriel et banquier, la tyrannie des corporatiopa substituée à. l’autorité des patrons, la nationalisa-
>«« frontièreH, sont
des théories que je ne puis accepter. ^
Le droit à la grève ne saurait ôtœ placé au-dessus du droit au travail. La liberté individuelle doit être toujours respectée^
Voilà deux politiques que je ne saurais pratiquer, et J’eBtime qu’entre elles se trouve toute la politique vraiment républicaine «emies
G;est celle qui a assuré le relèvement, la grandeur de la patrie française et rétabh son prestige en Europe ; celle qui nous a donné d’une façon absolue h liberLé de penser, d’écrire, de parler ; celle qui. en supprimant L privolges, a fait tous les citoyens égaux devant le service militaire et leur procure gratuitement le m.n^un d’instruction nécessaire; celle qui. après avL reZütué notre admirable armee, refait notre frontière, couvert le pays d’un réseau immense de cbemms de fer, de ro«tes. de canaux, a maintenî pendant plus de vingt ans la paix non seulement en France, mais en Europe, et nous a^rendu
" TSlvT" gouvernements antérLur "
Gette politique, je ne veux pas l’abandonner. Aussi, suis-je plus que jamais partisan d un Sénat et de la présidence de la Képublique. Je voudrais la Ghimbre elue pour six ans et renouvelable par moitié tous les trois ans.
mentïrT^^r*^’ “ Proposée, une augmentation de l’indemnité parle¬
mentaire. sans pour cela qu’il y ait d’aggravation de chargea pour les contribuables, et en réduisant le nombre des députés.
La Chambre que vous allez remplacer s’était résolument engagée dans la voie des retormes sociales et économiques et elle pouvait entrevoir^le moment
miBérahîr^'"^*^’ f inspirant encore une fois quelques
misérables, vint jeter dans le Parlement le trouble profond qui a fait perdre au
Aux lois sur les syndicats, les associations, l’arbitrage, les conseils de prud hommes les sociétés coopératives, le travail des femmes et des enfants qui ont assuré à la classe ouvrière le naoyen de défendre ses intérêts contré ceux des patrons et de sauvegarder sa santé, viendront s’ajouter les lois sur les caisses de retraites ouvrières de la vieillesse, l’assistance publique dans les crédit agricole et industriel ou les assurances agricoles, la sup- LrT dégrèvement des vins, cidres et boissons qui frappent
bien plus durement les pauvres que les riches, puisque ce sont des impôü de consommation basés sur la quanüté et non sur la qLlité. Je crois qSs le Parlement aura acquis quelques droits à la reconnaissance de la classe ouvrière et qu il aura fait œuvre de justice sociale*
n.«h-ri^ qu’en 1893 la réforme des portes et fenèlrés et de la cote
mobilière et personnelle viendra s’ajouter à celle déjà acquise de.s prestations ' et des patentes. La Chambre que vous allez nommer abordera sans nul doute et résoudra la grosse question de la réforme générale de nos impôts.
11 faut que l’impôt soit proportionné aux ressources, aux forces de chacum
Aujourd’hui, il est inique. C'est la fortune réelle qu’il faut atteindre et non la
fortune apparente. . „ *
En attendant la suppression de l'impôt foncier, qui, actuellement, ne profiterait qu’aux riches, il faut faire la révision du cadastre.
Il faut résolument s’attacher à résoudre celle grosse et difficile question de l’impôt sur le revenu et aborder sans hésitation la question du monopole de
^ situation financière dn pays est bonne, très bonne môme, quoi qu’en
disent nos adversaires intéressés; mais il serait imprudent de ne pas reconnaître qu’elle demande certains ménagements.
D’abord il faut obtenir la suppression radicale du budget extraordinaire.
Il faut réstreiudre les dépenses et les proportionner aux ressources.
Il faut exiger un travail assidu, plus productif de la part de tous les
employés de l’État et supprimer les emplois inutiles. .
Il faut que nos représentants^ oubliant un peu ce qu ils doivent a ceux qu’on appelle « les électeurs influents », cessent de demander des augmentations de crédit. Il faudrait, revenant en cela à une plus saine pratique gouvernementale laisser au Gouvernement le soin de demander les augmentations de traitement. Le rôle du député, me semble-t-il, est de défendre les intérêts des contribuables contre les exigences du pouvoir central.
Il faut enfin un budget d’amortissement; il n’est pas suffisant d équilibrer un budget, il faut songer à diminuer son passif.
Voilà, mes cbers concitoyens, les explications que je vous devais. Le programme que je viens de vous exposer n’a pas d’autre prétention que d’ètre celui d’un républicain de vieille date qui a l’expérience des affaires, celui d un républicain de progrès, mais aussi de gouvernement. Je le crois utile à la République et à mon pays.
Vive la République !
2“ circonscription de SARL AT.
M. Raymond GENDRE,
Élu au 2' tour de scrutin.
Chers concitoyens,
J'ai l’honneur de solliciter vos suffrages, comme candidat républicain radical-socialiste, aux élections législatives du 20 août.
Depuis trente ans, je lutte pour la République, mais pour une République
honnête, économe et populaire, qu’on nous a refusée jusqu’ici.
Né et élevé an milieu de vous, mes sentiments démocratiques vous sont trop connus pour qu’il puisse exister à cet égard aucun doute dans vos esprits.
La République traverse une crise grave que les souifrances exceptiouuelles de Tagncuiture rendent encore plus intense,
Sans doute on ne peut faire l’impossible et les intempéries sont au-dessus des prévisions humaines ; mais beaucoup de fautes ont été commises qu’on aurait pu éviter et, d’auire part, ü faut reconnaître aussi qu’on n’a pas fait tout ce qu’on devait dans l’intérét de la République.
La République ne doit pas être la chose de quelques-uns, mais le gouverneinent de tout le monde.
Je défende la République des petits ! ennemi de toutes les coteries, je suis
pour la République de tous, pour la République démocratique, pour la République du peuple. t. r r
Sans récriminer sur le passé, et tout en tenant compte des bienfaits déjà réalisés dans l’armée, l’enseignement publie, les écoles, les chemins vicinaux et les voies de communication en général, permettez-moi de vous exposer briè-
veraent le programme des réformes que je crois uécessairea à l’existence même de la République,
Rmînon de la Comtitutîon,
La Gonstitution de 1875, d’origine monarchiqué et votée à une voix de majorité, ne saurait servir plus longtemps de base à une République démocratique*
a révision s’impose. Il faut supprimer le droit de dîssoluiion et ajouter le refe^ rendum. .
Le droit de dissolutioa appartenant au Sénat, issu du suffrage restreint, sur a Chambre des députés, issue du suffrage universel, est la négation même
du suffrage universel et la plus grave insulte que l'on puisse faire k la souveraineté nationale*
Il est temps que cette anomalie disparaisse de la Constitution, et qu’en cas de désaccord entre les deux Chambres, le peuple soit appelé à trancher le différend par la voie du referendum, qui fait depuU un demi-siècle la grandeur et la orce de la République suisse, et qu'il ne faut pas confondre avec la plébiscite.
Le plébiscite est le vote sur un nom, tandis que le referendum est le vote sur un programme; le premier peut servir è une restauration césarienne, tandis que le second ne peut servir qu’à éviter les crises , parlementaires et politiques e assurer la marche régulière des- institutions démocratiques. — Autant le premier est dangereux, autant le second est digoe de l’adhésion de tous les bous Citoyens*
La réforme constitutionnelle doit se compléter par une extension plus raisonnée et plus logique des libertés communales et cantonales, dans le but de débarrasser le pouy.oir central d'une foule de préoccupations, de détails qui ne peuvent que nuire à la bonne gestion des affaires publiques, et la délimitation plus stricte et plus précise des droits respectifs de la Chambre et du Sénat, surtout en matière budgétaire, dans le but de remédier à ces conflits parlementau'es périodiques, à ces renvois successifs du Sénat à la Chambre et de la Chambre au Sénat, à ces pertes de temps précieux et à ces crises politiques qui nuisent tant a la marche régulièrô des (ravaux législatifs*
Lois d'ordre général.
Au premier rang sont les lois ouvrières et agricoles, qu’il faut compléter par l’organisaiion de la participation des ouvriers aux bénéfices et la création du crédit agricole.
Le coiooat à moitié fruit qui se pratique usuellement dans nos campagnes est un exemple heureux de la participation des ouvriers aux bénéfices.
Le colon pattiaire donne son travail, le propriétaire donne ses capitaux et
ses terres, elles fruits se partagent entre eux.
C’est là une preuve matérielle que le socialisme, effroi de tant de gens, n’est pas une utopie et qu'il dépend de nous d’en faire une réalité et le fondement le plus solide de la République.
L’industrie et le commerce n’ont pour cela qu’à imiter l’agriculture.
Le crédit agricole doit être organisé sur des bases qui permettent aux petits cultivateurs d’emprunter, à un taux aussi minime que possible et ne dépassant pas le revenu de là terre, les fonds si nécessaires aux améliorations agricoles. ^
Lorsque le taux de l’argent prêté aux cultivateurs est plus élevé que le revenu de la terre, l’équilibre est rompu et l’agriculture souffre.
Le taux de 3 0/0 paraît être aujourd’hui le taux normal de l’argent.
L’État emprunte à 3 0/0, et ses emprunts sont toujours très recherchés ; d’autre part, la conversion du à 1/2 0/0 est à la veille de se faire en 3 0/0 au pair ce qui prouve que le taux de 3 0/0 est le taux des capitaux de l avenir.
Le crédit agricole doit donc prêter à 3 0/0 ; à cet effet, ^ il faut permettre aux syndicats agricoles de s’organiser en personnalités civiles, avec droit de prêter aux cultivateurs au taux de 3 0/0, et leur accorder une subvention proportionnée, d’une part, aux services à rendre à l’agriculture et, de l’autre, aux disponibilités budgétaires.
L’État ne saurait mieux employer ses ressources et sa sollicitude.^
Lorsque la République s’appuiera résolument sur les masses agricoles, elle sera indestructible.
!t serait juste aussi de reviser la loi de 1810 sur les mines, dans un sens démocratique, et d’accorder aux ouvriers de l’agriculture les bienfaits des syndicats professionnels et des sociétés coopératives.
La démocratie des villes, unie à la démocratie des champs pouf le triomphe de la République, tel est l’idéal du progrès démocratique que nous devons poursuivre et réaliser par de bonnes lois sociales l
En second lieu viennent les réformes économiques par la révision du principe même de l’impôt, la révision du cadastre, l’extension de la loi du 29 juin 1872 sur l’impôt des valeurs mobilières, qui pourrait donner 60 millions par an au budget, en ne frappant que sur les capitaux exempts d’impôts, — ce qui permettrait de dégrever d’autant les classes nécessiteuses; — la création d’une caisse de rachats des chemins de fer nar l’État alimentée parles excédents budcrétaires; la suppression des cumuls, des sinécures, de tous les emplois et rouages inutiles; la diminution des gros traitements et l’amélioration des petits; le fonctionnement régulier de l’amortir sem en t; l’organisation plus démocratique de la Banque de Franc e et du Crédit foncier ; la surveillance plus rigoureuse du coujage et du gaspillage financiers; le contrôle plus strict et les économies dans les gnances.
La réforme judiciaire, si bien commencée par M. Brisson, doit se continuer par le vote de la loi sur les justices de paix, la diminution des frais de jastice surtout en matière d’adjudication, d’ordres et de ventes de biens de mineurs et l’application rigoureuse de l’article 519 du Gode pénal à tous les accapareurs grands ou petits. ’
En ce qui concerne la séparation de l’Église et de l’État, dont je sois partisan en principe, je suis d’avis de soumettre la question au peuple, par la voie du referendum ; je demanderai, en attendant mieux, la suppression du casuel et ia nomination des conseils de fabrique par le suffrage universel.
Je crois enfin que la politique protectionniste, condamnée par’l’expérience doit faire place à la liberté commerciale, sous le régime des traités de commerce.
Lois secondaires^
!■> Eevision de la loi sur la chasse, par le droit aux propriétaires de chasser sur leurs terres et d’y détruire les animaux nuisibles sans autorisation; l’abaissement du prix des permis à 10 fr.; la création de permis temporaires et la répression plus sévère du braconnage;
20 Révision des tarifs d’octroi par la création d’une échelle de proportion suivant la valeur des vins, afin de dégrever les vins de consommation ouvrière et d’exhausser les droits sur les vins finsj
3» Révision de la loi sur la taxe militaire, en ce sens qu’elle devrait s'appliquer aux seuls contribuables payant plus de 50 fr. d’impôt ;
fl" Le droit accordé aux planteurs de tabac de nommer directement leurs experts.
Je pense enfin que la politique d’expansion coloniale, bonne en principe, doit être restreinte, dans l'application, dans de sages et prudentes limites, commandées par les patriotiques préoccupations que noua ont léguées les malheureux évènements de 1870 et, d’autre part, que si l’on fait des expéditions coloniales il ne faudrait pas procéder par le système des peUts paquets, comme au Toukin et au Dahomey, mais les terminer le plus promptement possible par un coup décisif, d’où résulterait une économie précieuse de temps, d’hommes et d’argent.
Au point de vue des intérêts locaux, je donnerai tous mes soinâ au rachat des ponts de Siorac, de Domme et de Grolejac, depuis si longtemps promis et toujours ajourué.
Tel est le résumé succinct des réformes démocratiques qui s’imposent à vos législateurs.
La République doit être résolument réformatrice, honnête, loyale, économe et sociale ; il faut une orientation nouvelle dans le sens du progrès démocratique par le sage retour aux principes et l’abandon des sottes querelles de noms! de personnes et de coteries, par une guerre impitoyable au panamisme, à la corruption financière et politique, aux concussionnaires et aux exploiteurs; par la réalisation, enfin, de l’honnêteté politique et de la justice sociale;
A la place de la République nominative, il faut une République de fait; à la République aristocratique et bourgeoise, il faut substituer la vraie République
démocralique; il faut moins d’ambition et d’ègoîsme en haut, pour avoir un peu plus de bien-etre en bas; il faut réprimer la ploutocratie financière qui noua ronge et améliorer le sort du prolétariat. — A la place do la République des privilégiés, la République du peuple I
Si ces idées sont les vôtres, chers concitoyens, vous m’honorerez de vos
suffrages. . , •
Vous me connaissez d’ailleurs de longue date, et vous savez que je n ai pas attendu lejourdu vote pour vous rendre les services qui ont été rn mon pouvoir.
Je respecte trop le suH'rage universel pour vous faire des promesses personnelles en vue de l’élection, étant de ceux qui placent toujours 1 intérêt public fort au-dessus des intérêts particuliers, et qui pensent qu’il faut voter pour un principe et non pour un homme.
Ce que j'ai été jusqu^ici, je le serai le lendemain du vote et, vainqueur ou vaincu, je resterai toujours, sans vanîté comme sans rancune, le serviteur sincère du peuple et de la démocratie.
Vive la République du peuple I
Raymond GENDRE, ancien magistrat, avocat, agriculteur. Candidat radical-socîaiiste.
Citoyens,
Vous me connaissez et vous connaissez mon programme politique, le le résume en quelques mots ;
Révision de la Coostituiion dans le sens républîcadn.
Réforme radicale de l’assiette de l'impôt par rétablissement de Timpôt unique siir le capital et sur le revenu, de manière que la fortune mobilière soit assujettie à l'impôt coînme la fortune immobilière, et que chacun supporte sa part des charges sociales selon ses ressources et ses moyens,
L'aboliiioû des presta lions, de l'impôt fonder, de l'impôt des portes et fenêtres et la diminution des patentes, comme conséquence de l'impôt unique sur le capital et le revenu.
Organisation du crédit agricole et créaiion d'une Caisse d'assurances pour ^agriculture contre les intempéries atmosphériques.
Réfection du cadastre et des matrices afin de les mettre en harmonie aveô Pétat actuel et la valeur réelle de la propriété.
L’organisation de Tasaistance publique dans les campagnes.
Le service gratuit de la religion et du cuite, en ce qui couceroe le service officiel, sauf à augmenter, s'il y a lieu, le Lraitement des desservants selon leurs besoins réels et Pimponauce des localités desservies, — Liberté de consciencei
La dLminution des gros traitements et des grosses pensions.
L'amélioration des petits traitements et des petites pensions. La suppression des sinécures et des cumuls.
La révision de la loi sur la taxe militaire, de la loi réforme des octrois.
sur la chasse, et la
La diminution des frais de justice. — Réforme judiciaire.
La suppression des dettes dans le calcul des droits de succession. La mise à l'adjud ica lion des bureaux de tabac.
Le droit aux planteurs de tabac de nommer leurs experts.
Le renvoi devant le jury de tous les délits de presse et d’opinion.
Soins assidus apportés à la meilleure résolution des intérêts locaux. Rapports réguliers entre les mandataires et le mandant.
Le fonctionnement régulier de l’araortissemeut.
Les économies et le contrôle dans les finances, afin de mettre un frein aux prodigalités et aux gaspillages de toute nature qui ont élevé le chiffre de notre dette a 34 milliards. ^ ■
Si vous pensez, citoyens, qu'il est temps de s’arrêter dans cette voie pénlleiise et funeste des dépenses et des emprunts à jet continu ;
Si vous pensez qu’il est temps de mettre un terme au népotisme, au favoritisme et aux agissements scandaleux de l’opportunisme, qui font qu’au lieu
d une dynastie nous en avons huit cents ;
Si vous pensez qu’à la politique du panamisme et des pots de vin, il est temps de substituer la politique des principes et de la probité politique ;
Si vous pensez qu’à la politique des privilèges, il faut substituer la politique de la justice et de l’égalité républicaines; si vous pensez que tout le monde doit etre égal devant la loi et devant l'impôt;
Si vous pensez qu’à la politique d’égoïsme et d’ambition qui caractérise le régime opportuniste, il est urgent de substituer la politique de la fraternité, de la solidarité républicaines et de la République sociale ;
Vous voterez pour l’homme que à. 700 d'entre vous ont acclamé, le 20 août !
Il dépend de vous, citoyens, que cette imposante minorité, conquise malgré la pression officielle la plus inouïe et les agissements les plus irréguliers et les plus déloyaux, se change en majorité, le 3 septembre.
Aux urnes donc et pas d’abstentions I La victoire est au bouti
Vous avez vaillamment fait votre devoir, le 20 août; vous compléterez dignement votre œuvre, le 3 septembre!
Je ne suis, comme on vous le dîl, ni un mangeur de prêtres, ni un communiste, ni un collectiviste, ni un anarchiste; je suis un homme de liberté et de
progrès, qui veut fonder la République sur de bonnes et solides réformes sociales.
Je suis l’ami des pauvres et des petits, le protecteur des déshérités de ce üaonaep le défenseur de tous ceux qui eaulîrent.
Vuilà pourquoi les ennemis des prolétaires, des paysans et des ouvriers me font une guerre acharnée.
Citoyens,
Vous me vengerez des injures et des calomnies dont
on m'abreuve j vous
ferez triompher, le 3 septembre, le drapeau de la démocratie prolétarienne! Vous donnerez le coup de grâce à la candidature ofEcielle I Vous voua conduirez en hommes libres, indépendants et honnêtes qui veulent faire respecter leurs droits I
Serrons les rangs ! Haut les cœursl
Si nous tombons, nous tomberons glorieusement au champ d’honneur I Nous aurons du moins tracé le sillon où germera la bonne semence républicaine de l’avenir 1
Vive le suffrage universel I Vive la République, du peuple 1
Raymond GENDRE, Candidat radical-socialiste.
DOÜBS
Circonscription de BAUME.
M. le marquis de MOUSTIER, Elu au 1®^ tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
A l'ouverture de cette nouvelle période électorale, je tiens à vous rappeler les conditions dans lesquelles vous avez bien voulu m’accorder vos suffrages, il y a quatre ans.
Vous m’avez donné, à celte époque, une majorité dont j’ai le droit de conserver quelque fierté, et qui m’impose envers vous un devoir de reconnaissance que je ne saurais oublier,
^ En 1889, la République traversait une crise qui mettait en cause ses institutions, la liberté et raveoir même du pays,
Cest à ce moment que tous les représentants les plus autorisés de l'opinion républicaine dans notre arrondissement de Baume-les-Dames ont pensé que, s’ils faisaient appel aux opinions libérales que j’ai toujours professées, ils me trouveraient prêt à défendre avec eux les institutions républicaines' et la liberté menacées. Et c’est à ce moment de péril pour la République, non plus tard, que j’ai accepté de combattre dans vos rangs.
Les termes d’un programme de défense n’exigeaient pas de longs développements, et je puis dire que vous avez eu confiance surtout dans ma loyauté.
Vous me rendrez, je l’espère, la justice que, dans le cours de ces quatre années, je n’ai pas ti'ompé votre confiance.
Je suis resté le fidèle défenseur des institutions républicaines, et je n’ai cessé d’appuyer, par mes votes, la politique que je crois nécessaire au rétablissement de la paix intérieure dans le pays.
Mais les termes de mon programme de 1889 demandent aujourd’hui à être précisés et élargis.
Voici ce que comporte cer programme :
Le maintien de la Constitution et des lois républicaines dans leur ensemble.
Le développensent de ces institutîODS dans le sens libéral, égalitaire et démocratique.
La nécessité d’établir l’ordre et l’économie dans les finances, suivant un plan méthodique de réformes. J’ajoute que ce serait, à mon sens, une méthode détestable, que de toucher, pendant l'espace d’une législature, à tout dans notre édifice financier, pour aboutir en fin de compte à tout renverser,
La nécessité d’imprimer une direction plus forte, plus suivie à toute notre politique : à l’extérieur, où nos intérêts vont chaque jour grandissant, et où il serait grave d’y laisser porter la moindre atteinte par notre indécision ou par notre imprudence ; à l’intérieur, où celte nécessité d’une volonté de gouvernement n’est pas contestable, à la condition, toutefois, qu’elle reste la garantie des libertés publiques.
La défense des intérêts agricoles et industriels du pays, sans parti pris d'école et sans préoccupation de système ; mais suivant les indications que doit nous fournir une expérience suivie et l’intérêt bien entendu du plus grand nombre. Ici notre préoccupation toute spéciale doit être, vous I entendez bien, le relèvement de notre agriculture, si cruellement éprouvée cette année encore.
L’atOrmalion très nette du désir profondément ressenti par la majorité du pays de voir s’éteindre dans un large esprit de conciliation, de justice et de liberté les luttes religieuses de ces dernières années et les anciennes luttes de parti.
Je reconnais que les lois ■ sociales a doivent occuper une place très large dans les préoccupations du Parlement.
Tout ce qui peut être tenté pour la protection du faible, dès enfants, des filles mineures, doit être tenté.
Toutes les institutions qui permettront aux travailleurs de défendre leurs intérêts, de les mieux connaître, en les discutant eux-inômes en commun ; qui contribueront à développer chez eux l’esprit d’initiative individuelle ôu collective, d’association et d’épargne doivent être encouragées par l’État et trouver place dans nos lois. Mais j’y mets cette condition que jamais de telles institutions ne doivent devenir un instrument de tyrannie des associations contre les individus, ou entraîner l’État ù porter une atteinte à la liberté individuelle, dans le cadre le plus large de son action légitime.
J’espère, mes chers concitoyens, que vous voudrez bien, lé 20 août prochain, me continuer le témoignage de confiance dont vous m’avez honoré jusqu’ici.
Marquis de MOÜSTIER, député sortant.
Candidat républicain.
1" Circonscription de BESANÇON.
M. Ch. BEADOUIEB,
Éln au 1" tour de scrutin.
A mes électeurs,
Un député, un mandataire, ne doit pas être jugé sur des promesses, sur de vaines paroles, mais sur ses actes. C’est pourquoi je vous présente ce compte rendu de mes principaux votes, qui se trouve être, en même temps, un programme pour toutes les réformes non encore accomplies.
Questions politiques. — Partisan de la révision de la Constitution dans un sens démocratique, j’ai voté en faveur d’une telle révision toutes les fois qu’elle a été proposée.
î ai voté également pour la décentralisation administrative, seule compatible avec un régime réellement républicain, et j’ai, notamment, demandé la réorganisation départementale, la création de conseils cantonaux, l’extension des pouvoirs des conseils généraux et des conseils municipaux, etc.
Convaincu qu’on peut réaliser des économies considérables en simplifiant nos rouages administratifs, en réduisant les états-majors trop payés et en diminuant le nombre des fonctionnaires, de façon à pouvoir rétribuer plus largement les petits emplois, j’ai, à différentes reprises, fait et soutenu à la tribune des propositions à cet effet. — J’ai provoqué, notamment, ia nomination d’une grande commission de réformes administratives, dont j’ai été nommé vice-président.
Voici quelques-unes des propositions déposées par moi dans ce sens ;
Réorganisation complète du service des douanes, réalisant une économie de plusieurs millions. — Réorganisation de l’administration de l’armée, supprimant l’intendance. — Suppression des troupes d’administration.
J ai voté pour qu’il soit défendu aux députés défaire figurer leurs noms dans les annonces de sociétés financières, pour que des pénalités sévères soient édictées contre ceux qui trafiquent de leur mandat dans le but de procurer, moyennant finance, des places et des décorations. Dans la triste affaire du Panama, j’ai voté en toutes circonstances pour qu’on adoptât les moyens les plus efficaces de faire la lumière et de poursuivre les coupables.
Dans un esprit démocratique et égalitaire, j’ai voté pour la limitation des frais électoraux.
Lors des derniers troubles de Paris, j’ai protesté, par mon vote, contre les brutalités de la police, brutalités sibîeu constatées qu’aujourd’huila police vient d’étre complètement réformée par le nouveau Préfet de police.
Questions sociales, — En ce qui concerne les questions sociales, j’ai toujours
pris pour base de ma conduite les vérités suivantes : La loi doit protéger les faibles et les malheureux contre les forts et las puissants. Toute société qui se prétend civilisée est tenue de garantir aux valides l'existence par le travail et* à tous ceux qui ne peuvent travailler, rassistance publique,
Depuis plus de vingt ans, j'ai invité les ouvriers à se grouper en associations syndicales pour étudier et défendre leurs intérêts, et les premières sociétés de celte sorte qui ont été fondées à Besancon Pont été par mon initiative et par celle d*un petit groupe de démocrates de mes amis*
Depuis que je suis député, j’ai voté :
La liberté des syndicats {loi Bovier-Lapierre)* interdiction de renvoyer un ouvrier pour Tunique motif qu’il fait partie d’une associatiOQ syndicale. — La dispense du caLitionnement pour les associations soumissionnant des travaux*
— La suppression des livrets ouvriers. — La loi sur les accidents, assurant nue pension viagère à Tonvrier blessé. — La loi pour faire nommer des ouvriers délégués par leurs compagnons pour surveiller les conditions du travail dans les mines. — La loi en faveur de la réduction des heures de travail. — La surveillance du travail des enfants dans les ateliers. — La création d’une Caisse des invalides du travaiL — La loi pour limiter la saisie des salaires ouvriers*
— La suppression de T article 1781 du Code civil portant que dans les questions de salaires le patron est toujours cru* — Tai voté pour une taxe à établir sur les patrons employant des ouvriers étrangers. — Pour Texclusioii des étrangers des travaux entrepris par TÉtat. “ J'ai voté pour que les employés des chemins de fer ayant droit à une retraite ne puisseot être renvoyés sans motifs légitimes et que, dans ce cas, les sommes versées par eux pour la retraite leur soient restituées.
— Pour la participation dt^s employés de chemina de fer aux bénéfices réalisés par les compagnies* — Pour la loi interdisant le iravail dans les ateliers auxDîles mineures de seize ans et aux enfants, et le travail de nuit pour les femmes.
Pour la loi sur les sociétés de consommation, de production, de crédit et de participation aux bénéfices* — J’ai voté en faveur de Tarbitrage obligatoire pour faire cesser les grèves. — La loi favorisant la construction des habitations ouvrières. — La loi pour la sécurité et Thygiène des travailleurs dans les établissements industriels* — Pour constituer un privilège, au profit des salaires d’ouvriers, sur les sommes dues aux entrepreneurs* — Pour la création d’un oMce du travail. — La loi sur les règlements d'ateüer interdisant toute retenue sur le salaire sons forme d’amendes. — Tai encore volé la loi autorisant tout syndicat professionnel à se constituer en société de crédit, — La loi organisant les banques populaires et les banques de crédit pour les ouvriers des villes et de la campagne.
Tels ont été mes principaux votes relatifs aux iuiéréts des travailleurs* Que ceux qui se prétendent leurs seuls amis, sans Tavoir prouvé, en montrent autant k leur actif!
Questions dèiicales* — Fai toujours pensé et je pense encore, en dépit de ses déclarations coniraires, que le clergé, par essence même, est un ennemi irréconciliable de ia vraie République. C’est pourquoi i’ai voté, à difTérentes reprises, pour la séparation de TÉglise et de TÉtat, pour la dénonciation du Concordat, pour la suppression du budget des cultes. Comme mesure transitoire, j'accepte-
rais que ce budget des cultes fût partagé entre les communes, avec facilité pour celles-ci d'en faire l’usage qui leur conviendrait. — J’ai voté maintes fois aussi la suppression de l’ambassade franrjaise auprès du Pape. — La diraiontion des traitements des évéques et archevêques. — La suppression du traitement des cardinaux. — L’obligation du service de trois ans pour les séminaristes — La suppression des aumôniers dans les lycées, les écoles normales et dans les régiments. — La liberté des enterrements civils. — La suppression des évêchés non stipulés dans le Concordat et des traitements des vicaires généraux, etc.
Questions agricoles. — Pour protéger l’agriculture, j’ai voté un droit de 5 francs sur les blés étrangers, avec cette réserve que ce droit pourrait être supprimé quand la récolte serait mauvaise, ce qui vient d’être fait pour cette
année. J’ai volé pour un dégrèvement d’impôt sur les vignes phylloxérées.
Pour la création de champs d’expériences. — Pour raugmemation des subventions en faveur des sinistrés (grêle, inondations, sécheresse, etc.). Tout dernièrement, j ai voté les 5 millions demandés par le Gouvernement pour venir en aide aux départements éprouvés par la sécheresse; mais, comme je trouvais cette somme insuffisante, j’ai demandé que la moitié d’une classe(8oit 70,0000 hommes) fût envoyée en congé de six mois, et que l'économie ainsi réalisée (19 millions) fut distribuée comme secours aux départements ruinés par la sécheresse, comme le département du Doubs. J’ai en outre signé, avec un de mes coilègnes du département, une proposition demandant 500,000 francs pour les victimes de la grêle dan-s l’arrondissement de Besançon. — j’ai voté pour l’abaissement des prix de transport pour les fourrages et autres denrées nécessaires à l'alimentation des bestiaux. — J’ai voté la répression de la fraude dans le commerce des engrais. — Pour l’adjudication des fourrages de l’armée à l’entreprise locale. —Pour l’obligation de l’enseignement agricole dans les écoles primaires. —
J ai volé une proposition de loi tendant à décharger la petite propriété foncière, en grevant plus fortement la grande propriété. — J’ai voté l'impôt sur le revenu! pour arriver à dégrever l’impôt foncier. — La révision du cadastre. — La révision du Code forestier, dans le sens d’un plus grand pouvoir donné aux communes dans radministration et l’exploitation de leurs bois. — Je suis partisan delà création de prud’hommes agricoles et de la fondation d’une caisse spéciale largement dotée pour réparer les désastres qui, à certains moments, ruinent nos campagnes.
Questions financières et fiscales. — Pour arriver à réaliser les grandes réformes demandées par la démocratie, il faut de l’argent, et beaucoup. Où ttou- . vera-t-oü les sommes nécessaires? Dans les économies d’abord et ensuite dans la refonte complète de nos impôts. Convaincu que les charges doivent peser plus lourdement sur les riches que sur les pauvres, j’ai voté: l’impôt sur le revenu, la suppression des octrois, l’impôt sur les opérations de bourse, le dégrèvement des vins, cidres et bières, le maintien du droit des bouilleurs de cru. J’ai voté contre le droit sur les raisins secs. Lorsqu’il y a quelques années s’est présentée la grande question des ccnveniîons à conclure avec les chemins de fer, j’ai volé contre le renouvellement de ces conventions si onéreuses pour le Trésor.
Questions militaires. — Dans la situation actuelle de l’Europe, il est dîffl-
cile de diminuer beaucoup nos charges militaires. Cependant il y a des économies considérables à réaliser dans le budget de la guerre, nen que par une administration plus simple et plus vigilante. 3’ai voté et déposé plus d une proposition dans ce sens (voir ci-dessus).
A un point de vue général et philosophique, convaincu que la guerre est le plus horrible des déaux. j'ai fait tous mes efforts pour, propager l’idee d’un arbitrage international à substituer à l'emploi de la force, pour résoudre les conflits entre les différents pays. J’ai assisté à plusieurs congrès interparlementaires ou
des résolutions ont été prises dans ce sens.
Voici quelques-uns de mes différents votes concernant des questions se
rapportant à l’armée : . u
J’ai voté : runiücation des retraites des anciens sous-ofliciers et soldats. L’exemption du service militaire en faveur des fils de veuve, seulement lorsqu’ils sont soutiens de famille. - L’exemption du service militaire de l’aîné de sept enfants — L’établissement d’une taxe à payer par tous ceux qui, pour une raison quelconque, sont exemptés du seivice. - J’ai demandé qu’on accordât une indemnité aux réservistes soutiens de famille. — J’ai voté la loi qui exempte les premiers numéros du tirage au sort de servir dans la manne.
Imtruction publique. - J’ai autrefois contribué, par mon vote, à l’adoption de la loi qui a rendu l'instruction gratuite, obligatoire et laïque. Je ferai tous mes efforts pour que la laïcité soit plus effective qu’elle ne l’est aujourd’hui. Quant à la gratuité, je pense qu’il faudra l’étendre à l’instruction secondaire et à l’instruction supérieure pour tous les enfants qui seront jugés dignes, parvoie de concours, de recevoir l’instruction intégrale, et qui appartiendront a des
familles nécessiteuses. . . . . j
J'ai volé toutes les augmentations de traitement qui ont été demandées
pour les instituteurs. ....
liéfoïwss judicicdr&s^ J'ai voté : la. réduction des frais de -
L'extension de la compétence des juges de paix. .— La simplification du Code de
procédure. . , , ,
Je suis partisan de la gratuité de la justice pour tous ceux qui n ont pas le moyen de soutenir un procès. — J’ai voté pour qu’on accordât aux femmes commerçantes l’électorat pour la nomination des juges des tribunaux de com-
Owestions dinerses. — J’ai voté la suppression de l’impôt de 5 0/0 sur la petite vitesse, et fous les dégrèvements sur les transports de chemins de fer (soit plus de 80 millions) au bénéfice des voyageurs. — J'ai voté une augmentation des pensions de retraite en faveur des douaniers et des forestiers. — Une augmentation de traitement pour les petits employés des postes et pour les conducteurs des ponts et chaussées.
Questions locales, — Député de Besançon, je me suis naturellement appliqué à réclamer pour notre ville, et notamment pour l’industrie horlogère, tous les avantages qu’elles sont en droit d’obtenir. Mes efforts n’oiU pas toujours abouti, pour cette raison que toutes les villes de France et toutes les industries spéciales assiégeant également le Gouvernement de leurs demandes, celui-ci n’a pas toujours le moyen de les satisfaire avec l’argent du Trésor, c’est-à-dire des contri-
buables. Néanmoins, j’ai obtenu, seul ou avec le concours de mes collègues du département : la création de plusieurs polygones exceptionnels permettant à des constructions de s’élever dans la deuxième zone. — J’ai protesté à la tribune et voté contre la charge qu’on voulait imposer à la ville des approvisionnements en cas de guerre pour la population civile. J’ai fait une proposition de loi tendant à ce que la fixation des zones de servitudes militaires ait lieu de concert avec les municipalités appelées à donner leur avis, etc.
£d matière d horlogerie, j’ai soutenu, à la tribune, le tarif des douanes pour l’horlogerie tel qu'il avait été élaboré et décidé par le Congrès des horlogers patrons et ouvriers de tout le département. — J’ai voté ensuite plus tard pour le rétablissement du traité de commerce avec la Suisse.
J’ai voté la création d’un quatrième titre pour les matières d’or et d’argent et l’ai fait maintenir par la Commission de la révision de la loi de brumaire, commission dont j'ai fait partie. — J'ai réclamé à différentes reprises contre les bureaux de garantie à la frontière et demandé l’égalité de traitement (touchau ou coupelle) pour l’essayage des boites suisses et françaises. — J’ai obtenu par mes instances personnelles, le titre (en attendant mieux) de nationale pour notre École d’horlogerie. — J’ai volé la loi qui a diminué les frais de transport des colis postaux à destination des colonies. — J’ai obtenu de l'administration des postes, toujours à ce point de vue des transports, plusieurs facilités pour les expéditions de montres, etc., etc.
Je suppose que cette énumération des principaux actes de ma vie législative, tout incomplète qu’elle soit, pourra fournir une réponse sufisante à ceux qui pourront demander ce que j’ai fait.
Ch. BEAÜQÜIER,
Député sortant.
2* circonscription de BESANÇON.
M. J. de JOUFFllOY D’ABBANS,
Élu au tour de scrutin.
Mes chers concitoyens.
Sollicité par un grand nombre d’électeurs, je considère comme un devoir
(16 me présenter, de nouveau, à vos suffrages*
Vous connaissez, depuis longtemps, mon atlachement à la Bépublique.
Pour la mettre à l’abri des excès et des dictatures, les mandataires du peuple doivent travailler à la rendre ouverte aux adhésions loyales et à la fort!-
fier, sur le terrain de la tolérance, par une politique libérale, généreose et vrai-
ment nationale.
Je considère le respect de la liberté religieuse comme la condition indispensable de l^union pacifique des enfants de la même patrie sous Pégide rèpublicaine.
Préoccupé, avant tout, de notre grandeur nationale, je regarde le service militaire obligatoire comme une impérieuse nécessité ï je serai favorable aux mesures qui en allégeront le poids sans compromettre la défense, telles que ; diminution des périodes imposées aux réservistes et dispenses justement motivées.
Ami de la paix et du pîogrès, je m'appliquerai à la solution des grandes
questions du jour: réformes administratives etjudiciaires, réformes budgétaires,
adn de répartir équitablement les charges publiques, dégrever Pimpôt foncier ; diminuer, à propos, les droits d'entrée sur les objets de première nécessité ; modérer les dépenses pour obtenir Péquilibre du budget ; protéger l épargne contre des mœurs financières inavouables.
C'est par un système d'assurances bien organisé, le développement des crédits agricoles, les retraites ouvrières, Tassistauce dans les campagnes pour les malades et les infirmes, que la prochaine législature devra améliorer le sort des iravailieurs dePagnculiure et de findustrie, et venir eu aide aux professions qui sont la force et rbonneur du pays.
Si ce programme vous convient, veuillez me continuer votre confiance, je défendrai vos intérêts avec dévouement et patriotisme, comme je Pai fait jusqu’à ce jour*
Vive la République 1
J. DE JOUFFROY D’ABBANS,
Vice-Président du Conseil général, député sortant.
Circonscription de MONTBÉLIARD.
M. VlETTe;
Élu au 1“^ lourde scrutin.
(Décédé.)
Circonscription de PONTARLIER.
M. Dionys ORDINAIRE,
Élu au l*’’ tour de scrutin.
Mes chers concitoyens,
Confiant dans votre fidélité républicaine et dans les témoignages de sympathie que vous n’avez cessé de me donner, je viens vous demander le renouvellement de mon mandat.
Je regrette que la brièveté de la période électorale ne me permette pas de visiter toutes les communes, comme les années précédentes, mais vous me connaissez sufflsamment pour que ceux d’entre vous que je n’aurai pu voir avant le 20 août, ne doutent ni de mon zèle, ni de ma volonté de leur donner toutes les explications désirables.
La réforme nécessaire, urgente, celle qui devra être, avant toutes les autres la préoccupation de la nouvelle législature, c’est le remaniement de l’impôt la juste répartition entre les citoyens des charges publiques.
Le rôle d’un État démocratique dans les luttes qui s’engagent entre les
d’intervenir autant que cela
est possible et de faire pencher la balance du côté des faibles. ^
compris, et c’est pourquoi elle
s était attachée à cette question de l’impôt. Mais, harcelée par les intrigues des ennemis de la République, énervée par des scandales envenimés et déLsurément grossis, elle a perdu tout sang-froid et toute méthode de travail, et n’a pas réalisé les espérances qu’elle avait données à ses débuts ^
C’est ainsi qu’elle a laissé en souffrance des lois utiles, ardemment désirées par tous les travailleurs de la campagne, comme la révision de l’impôt foncier la suppression de l’impôt sur les portes et fenêtres, la réduction de la cote moihère personnelle, la réforme de la loi sur les boissons, celle de la législation sur les assurances, l’organisation du crédit agricole, etc.
et nouvelle aura pour premier devoir de reprendre ces projets,
et elle les mènera a bien, je n’eri doute pas, mais à une condition, c’est que le ® maintenant sur l’avenir de notre République triomphame et libre de ses choix, nomme une majorité de gouvernement assez compacte pour
rendre stériles les conspirations de couloir et les coalitions des intransigeants de droite et de gauche. otgcauia
Mes chers concitoyens,
Vous savez que je n’ai négligé aucun des intérêts de notre arrondissement,
Si U " ^ et si timide qu’elle fût.
Eh bien! ce que j ai été, je le serai jusqu’à la fin de mon mandat : l’interprète
vœux généraux de nos montagnes, et l’avocat des faibles et des déshérités.
Dionys ORDINAIRE.