‹ Progrès de l'industrie des matières colorantes artificiellesChapitre 29 sur 71 · VIOLET DE PARIS · texte numérisé non relu

VIOLET DE PARIS

Le sable esl disposé de manière à présenter au milieu de la masse une cavité dans laquelle on verse la méthylaniline et les autres produits. L’oxydation de la base commence immédiatement, et, pendant qu’on fait le mélange, le tout se colore et la température s’élève. Au bout de quelque temps, on forme, avec la masse no'ircie, des pains volumineux, en la pressant dans de grands cadres en bois posés sur des plaques de cuivre. On porte ces pains dans une étuve , où on les chauffe pendant vingt-quatre heures à 40 degrés. Au bout de ce temps, ils ont durci et ont pris une belle teinte d’un vert de cantharide ; la matière colorante produite s’est combinée avec le sel de cuivre. 11 s’agit maintenant de la séparer du cuivre, puis de la dissoudre.

A cet effet, on commence par la broyer au moulin. Une drague munie de palettes ramasse sans cesse la matière broyée sur l’aire de ce moulin , et la verse sur un crible conique qui est disposé au centre. Celui-ci laisse passer la poudre et rejette les morceaux sur l’aire. La poudre est introduite dans des barques en bois, où elle est traitée par l’eau froide et par une solution titrée de trisulfure de sodium Na2 Sr’ (foie de soufre sodique). La matière colorante basique, ainsi séparée du cuivre, qui se transforme en sulfure, est mise en liberté. Elle demeure insoluble avec le sable et le sulfure, tandis que les eaux tiennent en dissolution du chlorure alcalin et un léger excès de foie de soufre. On filtre, et, après deux lavages à l’eau froide, on soumet le dépôt à la décoction. Cette opération se fait dans des barques où l’on introduit la matière colorante correspondant à 20 kilogrammes de diméthylaniline traitée, avec 1,000 à 1,200 lities d’eau. Un premier épuisement ayant été fait à l’eau bouillante, on achève l’opération en faisant bouillir avec la même quantité d’eau, à laquelle on ajoute 5 à 0 kilogrammes d’acide chlorhydrique. On porte à l’ébullition au moyen d’un courant de vapeur qu’on fait barboter dans le liquide ; la ma-

VIOLETS HOFMANN

t. ière colorante se dissout, le sable et le sulfure de cuivre restent à l’état insoluble. On jette alors le tout sur des feutres soutenus par des cadres de bois, et, après avoir lavé convenablement le résidu de sable et de sulfure de cuivre, on précipite la matière colorante dissoute, en ajoutant à la solution 25 kilogrammes de chlorure de sodium par barque. On laisse refroidir : le violet tombe au fond et se sépare très-nettement de la liqueur sous la forme d’une masse molle. Après avoir décanté, on ramasse cette dernière à la pelle, et on la sèche sur de grandes plaques de fonte. Ces plaques portent des rebords et présentent un fond

Violet de méthylaniline sur soie, marque bleue.

double cloisonné dans lequel on fait circuler de l’eau chaude ou de la vapeur. Après dessication , on pulvérise la masseau moulin et on la livre pour l’expédition.

Les eaux mères qui ont été séparées du dépôt de violet retiennent encore une certaine quantité de matière colorante en dissolution : on les amène dans des barques où elles sont précipitées par la chaux. Le précipité, recueilli sur un filtre, est lavé et traité par l’acide chlorhydrique : il se forme un chlorhydrate qu’on précipite par le sel marin.

La matière colorante préparée par le procédé qui vient d’ctre

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