VERT LUMIÈRE
KH
cation à l’industrie. L’idée en a été énoncée dans des travaux antérieurs. On sait que M. Carey Lca a remplacé par les nitrates de méthyle et d’éthyle les iodures des mêmes radicaux pour la préparation des ammoniaques méthyliques et éthyliques. D’un autre côté, M. H. Lewinslein, dans un brevet pris en 1864, indiquait la réaction des nitrates alcooliques, sur la rosaniline pour l’obtention des matières violettes (p. 80).
Parmi les éthers composés qu’on pouvait ainsi substituer aux éthers simples, et particulièrement aux iodures, MM. Lauth et Bau bigny ont signalé les sulfates, les phosphates, les nitrates, et particulièrement le nitrate de méthyle, sur lequel leur choix s’est arrêté. En faisant réagir sur la base du violet du nitrate de méthyle, ils ont formé le diméthylnitrate de rosaniline triméthylée, qui correspond au dimélhyliodure de rosaniline triméthylée1.
O11 sait que la vapeur du nitrate de méthyle détone lorsqu’elle est surchauffée. L’emploi d’un corps aussi dangereux n’a pas été accepté sans hésitation. Pourtant, par les soins dont sa préparation était entourée et par les précautions qui avaient été prises dans l’usine de M. Poirrier et qu’un hasard malheureux a déjouées il y a quelques mois, cette préparation était devenue une opération industrielle courante et qui s’accomplissait avec une grande régularité. Nous la décrirons ici avant d’indiquer la préparation du vert lumière.
Préparation du nitrate de méthyle.
On fait réagir sur l’esprit de bois un mélange d’acide sulfurique et de nitrate de potasse, selon le procédé indiqué par
1 C-0H,6(CHo)JAz3 *.(Cll5I)-, diméthyliodure de rosaniline triméthylée (vert à
l’iode.
CsuII16(CHJ)°Az^(Cll'>AzüJ)2, diméthylnitrate de rosaniline triméthylée (vert
lumière).
VERTS D'ANILINE
MM. Dumas et Peligoldans leur mémoire classique sur l’alcool méthylique.
[/opération s’exécute dans quatre grands ballons de verre offrantune capacitéde 18 à 20 litres et placés dans un bain-marie. Chacun d’eux reçoit 5k,500 de nilre. D’autre pari, on mélange avec précaution 6k,200 d’acide sulfurique et 2k,500 d’esprit de bois à 95 degrés, bien débarrassé de produits cmpvreumatiques, et l’on fait couler ce mélange par filets dans chaque ballon. Le bain-marie est chauffé à 80 degrés. La réaction commence bientôt, et le nitrate de méthyle distille. Les vapeurs qui se dégagent des quatre ballons sont dirigées par des allonges dans un serpentin commun où elles se condensent. Au bout de trois heures, la distillation est terminée. L’éther brut, qui marque 20 à 21 degrés Baumé, est séparé par décantation d’une eau acide qui s’est condensée en même temps. On le met en digestion sur du chlorure de calcium, qui absorbe une petite quantité d’eau et l’excès d’esprit, de bois. Sec, il n’est point pur : il renferme, indépendamment d’un excès d’esprit de bois, une petite quantité de chlorure de méthyle, ainsi que du nitrite de méthyle, le chlorure provenant d’une faible proportion de chlorure de potassium que renferme le salpêtre, le nitrite d’une réduction partielle de l’acide nitrique.
Pour débarrasser l’éther brut de ces produits volatils, on le chauffait au bain-marie dans une marmite doublée de plomb et surmontée d’un chapiteau mis en communication avec un serpentin. On arrêtait l’opération lorsque, une petite quantité de liquide ayant passé, la température avait atteint le point d’ébullition du nitrate de méthyle1. Les premiers produits de condensation sont riches en esprit de bois, qui est entraîné
1 C’est l'opération décrite ici et <{ui consiste à débarrasser le nitrate de méthyle brut de ces produits volatils, qui a donné lieu, par suite de l’imprudence d’un ouvrier, à la terrible explosion de l’usine Poirrier.