VEUT LUMIERE
ce liquide bout à — 1*2 degrés, et développe à la température ordinaire, et à plus forte raison vers (SU ou 1 OU degrés, de fortes pressions. M. Monnet, fabricant de couleurs d’aniline, à la Plaine, près Genève, a réussi à vaincre ces difficultés. (Pli cacheté déposé à l’Académie des sciences, le 26 novembre
Le chlorure de méthyle, préparé dans des appareils particuliers, est emmagasiné à l’état liquide, dans un réservoir muni d’un niveau indicateur. Au moyen d’un système spécial de communication et d’obturateurs, on le distille dans des autoclaves refroidis, dans lesquels on a introduit la base du violet en solution alcoolique. On détermine la réaction en chauffant. à 80 degrés. Le vert produit est séparé du violet par les procédés ordinaires : c’est du diclilorométhylale de rosaniline triméthylée.
Le rapporteur doit ces détails à l’obligeance de M. Monnet.
En terminant, nous devons signaler quelques tentatives faites par divers chimistes pour engendrer des matières colorantes vertes à l’aide de divers dérivés benzyliques. MM. Ch. Lauth, Bardy, Poirrier, ont essayé d’obtenir directement de telles matières en déshydrogénant ladibenzylaniline1. Le produit obtenu étant peu soluble dans l’alcool, on a renoncé à son emploi. Enfin MM. G irard et de Laire ont obtenu avec la benzyldiphénylamine (dihenzylaniline) des matières colorantes vertes qui n’ont pas encore reçu d’application industrielle.
DH' Az.
Dibenzyl-
aniline.
NOIR D’ANILINE
Le noir d’aniline n’est pas, à proprement parler, une matière colorante commerciale représentant une espèce chimique déterminée, comme les autres couleurs d’aniline. C’est une couleur d’application que l’on produit sur le tissu même, et dont la composition n’est pas encore bien connue. Le Rapport de 1867 1 a tracé l’histoire de sa découverte par M. John Lightfoot, vers la fin de 1862, ainsi que les perfectionnements introduits, en janvier 1865, dans le procédé primitif, par M. Ch. Laulh, auquel l’industrie des couleurs artificielles est redevable de si grands progrès. Rappelons en peu de mots les indications données par ce dernier chimiste.
On prépare séparément deux cuites renfermant, l’une du sulfure de cuivre épaissi par l’amidon, l’autre un mélange de chlorhydrate d’aniline et de chlorate de potasse pareillement épaissi . Les proportions employées sont les suivantes :
1° Eau 500 gr.
Amidon 1,000
Sulfure de cuivre 250
2* Eau 1,850
Amidon grillé 1,200
Dissolution de gomme adraganle 1 litre.
Chlorhydrate d’aniline 800 gr.
Chlorhydrate d’ammoniaque 100
Chlorate de potasse 500
1 Rpjiports du Jury international, t. VII, p. 271.
NOIR D’ANILINE
On laisse refroidir séparément, puis on mêle à froid et l’on imprime par les procédés ordinaires. Après dessiccation, on expose le tissu imprimé, dans les chambres d’oxydation, à une température comprise entre 20 et 50 degrés.
Le noir se développe sous la double influence des agents d'oxydation et de l’air sur l’aniline. Au bout de vingt-quatre heures, on lave.
La réaction qui donne naissance au noir dans ces conditions
Noir d’aniline sur coton.
n’est pas parfaitement élucidée, mais on connaît le rôle que joue le sulfure de cuivre.
Il s’oxyde de manière à se convertir en sulfate, et celui-ci se réduit de nouveau en sulfure en oxydant l’aniline. L’agent d’oxydation est le chlorate de potassium, qui se décompose par faction de l’acide chlorhydrique du chlorhydrate d’aniline. Cet acide devient libre par suite de l’oxydation de l’aniline, dès que la réaction est mise en train. Et le concours de l’air n’est pas inutile pour produire cette oxydation, et, par suite, cette mise en train. Mais on voit que le sulfate de cuivre ne prend naissance que sur le tissu lui-même et pour se détruire aussitôt : il ne peut donc exercer aucune influence fâcheuse sur les