C6H®.CH
Méthyldiphé-
nylamine.
Éthyldiphényl-
amine.
Amyldiphé-
nylamine.
Iienzyidiphényl-
amine.
BLEUS DE DIPHÉNYLAMINE.
transformés directement en matières colorantes, et il nous pa-
rait utile d’exposer l'enchaînement des faits et des idées qui
ont amené cet important résultat
Les recherches de M. Ilofmann avaient dévoilé la constitution de la rosaniline, des composés mélhyliques et éthyliques qui en dérivent directement, et aussi celle du bleu de Lyon, qui a été reconnu pour la rosaniline triphénylée.
Celte dernière donne, par distillation sèche, une certaine quantité de diphénylamine. Le fait a été constaté par M. Hofmann, qui a découvert cette base dans une masse huileuse, que M. Ch. Girard avait obtenue en distillant le bleu. Dès lors on pouvait, la constitution du bleu étant connue, espérer obtenir ce bleu en oxydant directement la diphénylamine, comme on obtient le rouge en oxydant directement la phénylamine (aniline). Mais comment se procurer la diphénylamine par un procédé simple et rémunérateur? Ici encore une réaction bien interprétée et relative à la formation du bleu devait conduire par induction au but désiré. Le bleu se formant par l’action de l’aniline sur le chlorhydrate de rosaniline avec dégagement d’ammoniaque (Ch. Girard et de Laire, page 64), on pouvait espérer que, par l’action de l’aniline sur le chlorhydrate d'aniline, il se formerait de la diphénylamine avec dégagement d’ammoniaque1. L’expérience a vérifié cette prévision : la réaction que l’on vient d’indiquer est devenue, entre les mains de MM. Ch. Girard et de Laire, la base d’un procédé aussi économique qu’ingénieux pour la préparation non-seulement de la diphénylamine, mais de la série entière des mona-
C6Il-5 •
C6H5 Az,llCl+AzlI3.
Chlorhydrate Aniline,
d’aniline.
Aniline.
Chlorhydrate de diphénylamine.
BLEUS DE DIPHÉNYLAMINE.
mines aromatiques secondaires. Pour engendrer ces dernières, on fait réagir, à une température élevée, une monamine primaire telle que l’aniline, la toluidine, la xylidine, etc., sur le sel d’une monamine primaire. Et l’on pouvait espérer transformer ces monamines secondaires en matières colorantes, en suivant ou en variant les procédés qu’on applique à la transformation des monamines primaires en matières colorantes. On le voit, il y a là un champ vaste et nouveau qui est à peine délimité aujourd’hui et qu’on commence à parcourir. Dans l’exposé qui va suivre, nous traiterons d’abord de la préparation de la diphénylamine et de ses dérivés alcooliques, puis de leur transformation en matières colorantes. Dans cette transformation , on fait intervenir les combinaisons sulfo-conjuguées des diamines dont il s’agit. Nous en dirons quelques mots.