‹ Progrès de l'industrie des matières colorantes artificiellesChapitre 47 sur 71 · PRÉPARATION DE LA DIPHÉNYLAMINE ET DES MONAMINES ANALOGUES · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DE LA DIPHÉNYLAMINE ET DES MONAMINES ANALOGUES

Le procédé indiqué par MM. de Laire, Chapoteaul et Ch. Girard en 1866, pour préparer la diphénylamine, consiste à chauffer sous pression, à 5 ou 4 atmosphères et à une température de 250 degrés, du chlorhydrate d’aniline avec de l’aniline. L’opération s’exécute dans un autoclave en fonte émaillée et dure vingt-quatre heures environ. Dans ces conditions, le rendement est mauvais et atteint à peine 25 p. 0/0 du poids de l’aniline. On l’améliore sensiblement en ouvrant de

BLEUS DE DIFHÉNYLAMUNE.

temps en temps le robinet de manière à chasser l’ammoniaque qui s’est formée et qui s’accumule dans l’autoclave. On empêche ainsi cet excès d’ammoniaque de diminuer le rendement en diphény lamine, en provoquant une réaction inverse. En effet, l’ammoniaque, en réagissant sur la diphénylamine formée, peut reconstituer 2 molécules de phénylamine \ Il doit donc s’établir une sorte d’équilibre entre les divers produits de la réaction, de telle sorte que, sous une tension donnée d’ammoniaque, elle atteigne une limite qu’elle ne pourra dépasser. Mais que cette tension diminue, la réaction 2 qui donne naissance à la diphénylamine pourra continuer de manière à atteindre une nouvelle limite, laquelle pourra être franchie de nouveau si on laisse échapper encore une fois de l’ammoniaque. On arrive ainsi à doubler le rendement en diphénylamine, rendement qui peut atteindre 50 p. 0/0 du poids de l’aniline employée.

La réaction terminée, on enlève le produit de l’autoclave, puis on traite la masse par l’acide chlorhydrique concentré. Il se forme ainsi, avec dégagement de chaleur, du chlorhydrate de diphénylamine et d’aniline. On ajoute alors à la masse 6 à 10 fois son volume d’eau, qui décompose le chlorhydrate de diphénylamine, tandis que le chlorhydrate d’aniline reste en dissolution. La diphénylamine mise en liberté vient surnager à la surface et se solidifie par le refroidissement. Après l’avoir lavée, d’abord à l’eau bouillante, puis l’eau légèrement alcaline, on la soumet à la presse, puison la distille.

C6ti A z -f- AzlI5 ==:

Diphényl-

amine.

Aniline.

Aniline.

i Voir la note de la page 125.

BLEUS DE DIPHÉNYLAMINE.

Propriétés de la diphénylamine. — Ainsi préparée, la diphénylamine l'orme une niasse solide, cristalline, d’un blanc jaunâtre. Elle fond entre 50 et 55 degrés. Elle distille vers 510 degrés. Dans cet état, elle est assez pure pour être transformée directement en matières colorantes bleues, ou pour servira la préparation de dérivés alcooliques.

Pour elfectuer sa transformation en matière colorante bleue, on tire parti de la propriété qu’elle possède de former avec l’acide sulfurique des combinaisons sulfo-conjuguées.

Acides sulfo-conjugués de la diphény lamine. — L’acide sulfurique du commerce réagit lentement sur la diphénylamine. La réaction est beaucoup plus rapide lorsqu’on emploie un mélange d’acide sulfurique de Nordhausen et d’acide sulfurique à 66 degrés. Dans ces conditions, il reste une petite quantité de diphénylamine non attaquée, en même temps qu’il se forme un mélange d’un composé monosulfureux et d’un c omposé disulfureux 1 de la diphénylamine, mélange d’autant plus riche en ce dernier que la proportion d’acide de Nordhausen a été plus considérable. On réussit néanmoins à attaquer la diphénylamine avec l’acide sulfurique à 66 degrés, et à produire le mélange d’acides sulfo-conjugués dont il vient d’être question. Pour cela, on chauffe pendant douze heures environ, vers 1 50 degrés ou 140 degrés, un mélange de 5 parties de diphénylamine et de 2 parties d’acide sulfurique à 66 degrés du commerce. On reprend par l’eau bouillante le

1 La composition de livantes :

ces produits est probablement exprimée par les formules

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