BLEUS DE DIPHÉNYL AMINE
Nous allons indiquer sommairement les procédés employés pour la fabrication de ces divers bleus, en faisant remarquer qu’ils s’appliquent indifféremment à la diphénylamine ou à ses dérivés alcooliques.
Bleus de diphénylamine insolubles dans Veau, solubles dans l'alcool.
On les obtient par des procédés déjà anciens et que nous nous bornerons à énumérer :
1° Action du sesquichlorure de carbone sur un mélange de diphénylamine et de dicrésylamine solide (page 124), ou sur un mélange de diphénylamine et de phénylcrésylamine solide ;
2° Action du nitrate de cuivre ou d’un mélange de sulfate de cuivre et de chlorure de sodium sur la diphénylamine, la phénylcrésylamine ou les bases analogues;
5° Action de l’acidc oxalique sur la diphénylamine et ses dérivés alcooliques. On a soin de ne pas dépasser 125 degrés et de maintenir un excès d’acide oxalique.
Les bleus préparés par ces divers procédés peuvent être transformés en acides sulfo-conjugués solubles dans l’eau.
Pour cela, il suffit de les traiter par l’acide sulfurique concentré, à des températures variant entre 40 et 120 degrés, suivant les combinaisons que l’on veut obtenir.
Bleus de diphénylamine solubles dans Veau.
On chauffe dans une cornue en fonte émaillée à une température ne dépassant pas 150 degrés :
Acides sulfo-conjugués de la diphénylamine ... 1 partie.
Acide oxalique ordinaire 2
BLEUS DE DIPHÉNYLAMINE.
Au bout de dix-huit à vingt heures, on laisse refroidir; on reprend la masse par l’eau bouillante et on neutralise par l’ammoniaque. Après le refroidissement on filtre, afin de séparer les matières insolubles, s’il y en a, et, en particulier, une matière cristalline blanche et une petite quantité de diphénylamine qui a pu se régénérer.
À la solution filtrée on ajoute de l’acide sulfurique pour séparer la matière colorante bleue, laquelle est insoluble dans
Bleu de diphénylamine sur soie.
les liqueurs acides, des acides sulfo-conjugués employés en excès, et qui sont au contraire très-solubles.
On recueille le précipité bleu ; on le lave à l’eau acidulée et on le dissout en le saturant exactement par l’ammoniaque, la soude ou la chaux, suivant le sel que l’on désire obtenir. On évapore à. siccité la solution bleue et l’on pulvérise le résidu.
L’excès d’acides sulfo-conjugués non attaqués par l’acide oxalique rentre dans le travail. Pour cela, on sature la solution qui les renferme par le carbonate de baryte, on filtre et on sépare la baryte par l’acide sulfurique, de manière à régénérer les acides sulfo-conjugués.
Pour la teinture de la soie on emploie ordinairement le sel
BLEUS DE DIPHÉNYLAMINE.
ammoniacal; pour la teinture de la laine, le sel sodique, et pour celle du coton, le sel de chaux.
On peut apporter une simplification aux procédés qui viennent d’être décrits pour l’obtention des bleus solubles. Au lieu de préparer les bleus insolubles à l’état de pureté, ou encore au lieu d’isoler préalablement les acides sulfo-conjugués de la diphénylamine, comme il a été dit plus haut, pour les traiter par l’acide oxalique, on peut ajouter directement de l’acide sulfurique au produit brut de la réaction de l’acide oxalique sur la diphénylamine.
PHÉNOLS
L’industrie des phénols s’est perfectionnée et étendue depuis la dernière Exposition. L’emploi du phénol comme antiseptique s’est généralisé; la fabrication de l’acide rosolique, pour laquelle il sert de matière première, a pris une plus grande importance; l’acide picrique, qui en dérive et qui est toujours préparé, en grandes quantités, pour les besoins de la teinture, entre aussi, à l’état de picrate de potassium, dans la composition de certaines poudres explosives. Enfin de nouveaux phénols ont fait leur apparition. Celui qui correspond au toluène, c’està-dire le crésol, sert à la préparation d’une belle matière colorante, le jaune ou orange d’aniline. C’est un dinitrocrésylate alcalin1 : il communique aux tissus une teinte jaune intense, se rapprochant du bouton d’or. Le phénol qui correspond à la naphtaline, c’est-à-dire le naphtol, est employé pour la préparation du dinitronaphtol ou jaune de Manchester (page 159).
Tous les phénols peuvent être obtenus aujourd’hui par synthèse, à l’aide d'un procédé qui a été découvert par MM. Wurtz,