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là une mine à exploiter (1), aussi soumit-il à l’incubation une grande quantité d'œufs de poules ; dans les uns il avait diminué la perméabilité de l'enveloppe calcaire en recouvrant une partie de sa surface avec une membrane ou de la cire ; dans d’autres, il l'avait augmentée en la disssolvant avec un acide; enfin il avait expérimenté sur les autres en les maintenant immobiles suivant leur grand axe, avec la grosse extrémité tournée tantôt en haut, tantôt en bas. Ne réussissant par ces moyens à obtenir comme il l'avait espéré des formes irrégulières, mais seulement un désordre général dans le développement, il dut dans la suite recourir à d'autres procédés et provoquer des lésions indirectes des organes embryonnaires. Pour cela il imagina d'imprimer des secousses aux œufs entre le sixième et le huitième jour de l'incubation ; il pratiqua également leur perforation avec des pointes métalliques. Néanmoins, dans toutes ses expériences, il n'eut qu’un seul cas assez douteux de véritable monstruosité.
Quelques années plus tard, Isidore Geoffroy-St-Hilaire re-
prit les expériences de son père, mais sans en obtenir des
résultats plus satisfaisants. :
Allen Thomson (2) répéta lui aussi les expériences ci-dessus, il dit l'avoir fait avec succès, et se contente de cette simple indication.
La même année 1844, dans un excellent mémoire sur le développement embryonnaire des oiseaux et des batraciens, mémoire couronné par l'Académie des Sciences, MM. Baudrimont et Martin Saint-Ange communiquaient les résultats de leurs expériences. Ges expériences étaient entreprises dans le but de démontrer les phénomènes respiratoires des œufs et le rôle que jouent dans l'accomplissement de ces phénomènes la coquille et la chambre à air. Ges expérimentateurs agirent donc sur plusieurs groupes d'œufs, ils placèrent les uns dans l'oxygène pur, les autres dans de l'hydrogène, et enfin d’autres dans de l'acide carbonique ; seuls les premiers ne présentaient
(1) Mém, du Muséum, t. XIII, 1826 et Philos. anat., t. II, p. 511- 513:
(2) London and Edimbourg Monthly Journal, 1844, t. IV, p. 486.
no. PU
que peu de différences avec ceux maintenus à l’air libre; voulant se rendre compte de l'importance physiologique de la chambre à air et de la perméabilité de la coquille pour le gaz respiratoire, ils recouvrirent de gomme élastique et de vernis une plus ou moins grande étendue de cette coquille. Un œuf, rendu complètement perméable par l’enduit précédent, contenait, sept jours après l'opération, un embryon déjà mort depuis plusieurs jours. Dans trois œufs dont le côté de la chambre à air avait seul été recouvert de vernis, l’albumine offrait les caractères suivants : les couches externes étaient fluides et quelque peu opaques, tandis que les couches internes étatent limpides et très compactes ; l’un de ces trois œufs renfermait un embryon informe présentant à peine un rudiment du bourgeon allantoïdien. Trois autres, dont ke côté de la chambre à air était libre, offraient un développement régulier. Enfin, sur quatre œufs qui furent recouverts de vernis dans leur moitié parallèle au grand axe: deux eurent leur face libre tournée en haut et les deux autres en bas pendant l'incubation. Neuf jours après, les premiers offraient à peine quelque indice de développement. Dans un des deux derniers, le développement avait continué jusqu'au septième jour; l’amnios était rempfi d’un liquide jaune-rougeâtre, le vitellus était recouvert de vaisseaux sanguins dans le tiers de sa surface seulement et l’allantoïde n’était pas visible. Dans le second, l'embryon était vivant et bien développé ; seulement l’allantoîde s'était étalée du côté resté accessible à l’air atmosphérique, de telle sorte que sa limite était nettement circonscerite par le vernis qui recouvrait la coque de l'œuf.
Liharzik (1) expérimenta sur des œufs ayant dépassé la première moitié de la période d’incubation, et comme à cette époque l'embryon est assez volumineux pour ne pouvoir plus se retourner dans sa coquille, il s’ensuivit que ses observations ne s'adressant qu’à des embryons trop avancés en âge . pour devenir monstrueux, il ne put, en les maintenant dans la situation verticale, que vérifier l’action de la pesanteur sur leur dévéloppement. Il trouva que l’extrémité qui avait été
(1) Das Gesetz des Menschlichen Wachstrums, etc., Wien, 1858. k.