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DES MÉTHODES EN TERATALOGIE

Il va sans dire que les progrès d'une science sont en relation directe avec la supériorité de la méthode qu'elle met en usage ; aussi allons-nous voir la plupart des problèmes soulevés en tératalogie, trouver une solution au fur et à mesure que les moyens d'observation subiront une marche ascensionnelle dans leur rigueur et leur précision.

S 1. — Observation simple. Dissection.

Nous avons vu plus haut les Geoffroy-Saint-Hilaire employer l'observation simple et la dissection, aidées de données sans précision, hypothétiques sur le développement. Nous savons également que c’est par ce côté que l’œuvre du fils Saint-Hilaire prête le flanc à la critique. Mais, loin d’être abandonnée, cette méthode, qui était en vigueur avant, a été encore employée après eux. Tous ceux qui n’ont étudié les monstruosités que dans un état plus ou moins voisin du développement complet n'ont forcément pu suivre que cette voie. Le nombre de ceux-là est des plus considérables, et s'il nous fallait les citer tous, des volumes entiers en seraient remplis sans profit aucun.

C'est de cette méthode que se sont inspirés la plupart des chirurgiens qui se sont occupés de tératologie. Parmi les plus en relief, nous citerons Ollivier d'Angers (1), Cruveilhier (2), Lancereaux (3) et tout récemment encore Jules Guérin (4).

(1) Article Monstres, du Dict. de méd., 2° édit., 1839.

(2) Traité d'anatomie pathologique.

(3) Traité d'anatomie pathologique.

(4) Recherches sur les difformités congénitales chez les monstres, etc., 3 vol., 1880.

L'ATAORES

Cette méthode, qui seule est applicable dans les cas que nous avons cités au début de ce paragraphe, devient cependant un instrument des plus précieux lorsqu'elle appelle à son secours d’autres moyens, tels que l’histologie appliquée à la détermination des tissus frappés d’anomalie et des connaissances sérieuses en embryologie.

La tératologie descriptive pure, pour laquelle-tant d’auteurs estimables ont manifesté leurs préférences, ne doit pas être bannie, loin de là, puisqu'elle a permis à certains auteurs de décrire quelques types nouveaux, mais, seule, elle reste stérile et tourne dans un cercle vicieux; il est curieux, en effet, de voir avec quelle similitude se répétent les anomalies appartenant à un même groupe, d'où cette vérité qui, de prime abord semble un paradoxe, à savoir que les monstres ont une évolution aussi régulière que les êtres normaux. La dissection simple ne peut donc nous apprendre que fort peu de chose ; elle ne peut nous servir qu’à constater une fois de plus l'exactitude scrupuleuse des descriptions d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, et nous en serons réduit, sur la genèse des anomalies, à des hypothèses qui, quelque ingénieuses qu'elles soient, n’en seront pas moins des hypothèses. Tout autres sont les méthodes qui s'appuient sur la science du développement et l'anatomie comparée.

S 2. — Observation aidée des connaissances embryologiques el tératogénie.

Déjà Harvey, vers le milieu du xvrr° siècle, et Wolff, vers le milieu du xvri*, avaient entrevu cette vérité, que certains monstres n'étaient autre chose que des embryons arrêtés dans leur développement pour la partie atteinte d'anomalie ; mais c'est surtout Meckel et Geoffroy-Saint-Hilaire le père qui mirent le fait en lumière. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire a répété sous ce point de vue les idées de son père en y ajoutant celles de Serres. |

C'est aussi en prenant pour point de départ l’embryologie que W. Vrolik a écrit l’article TÉRATOLOGIE du Cyclopedia of

LATE anat. and. physiol. de Todd, L. IV p. 942. Auguste Fœrster {1}, professeur à Wurzbourg, a également obéi à la même inspiration dans le grand ouvrage de tératologie qu'il a publié à léna en 1861.

Mais la plupart de ces auteurs écrivaient à une époque ou beaucoup de questions afférentes au développement étaient encore dans l’ombre.

En un mot, l'embriologie était à sa période de tâtonnements; des savants tels que De Baer, Rathke, Bischoff, Coste, etc., travaillaient à l'en faire sortir.

Ce n'est qu'avec la tératogénie qu'ont commencé les véritables progrès accomplis par la science des anomalies et c'est surtout avec M. Dareste qu'elle est entrée dans cette voie, où elle continue à marcher d’une manière beaucoup plus certaine et plus profitable que sur le terrain précédent. Ce n’est pas'à dire pour cela que des essais de production artificielle, des monstruosités n’eussent été tentés avant M. Dareste; mais presque tous les efforts qui avaient été dirigés de ce côté l’avaient été pour ainsi dire sans méthode et étaient restés sans résultats bien appréciables.

Swammerdan, bien longtemps avant l'époque qui nous occupe, avait produit artificiellement des fdifformités sur les ailes et les pattes des insectes (2).

Réaumur et Van Baer avaient obtenu quelques monstruosités en pratiquant l'incubation sur des œufs de poule maintenus verticalement, suivant leur grand axe ; mais ces expériences semblent avoir été sans intention et sans suite.

Prévost et Dumas(3) semblent s'être occupés de cette question, mais ils ne disent rien de leurs résultats. Prévost, qui reprit cette étude quelques années plus tard avec Lebert, reste également muet à cet égard.

Etienne Geoffroy-St-Hilaire lui aussiavait compris qu'il yavait

- (4) Die Missbildungen des Menschen. léna, 1861.

(2) Mémoire perdu.

(3) Mém. sur le développement du poulet dans l'œuf. (Ann. des Sc. nat,, 4re série, t. XII, p. 417, 1827.)

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