INSCRIPTIONS ET I. ANGLE PHENICIENNES
santés. Parmi les monuments qui sont ici expliqués pour la première fois, on remarque surtout la grande inscription de Marseille, qui se trouvait à l'entrée d’un temple que les Carthaginois avaient dans cette ville, et qui contient le tarif des redevances qu’on avait h payer aux prêtres pour les diverses sortes de sacrifices, ainsi que des règlements relatifs à ces sacrifices. Le même auteur a rectifié plus tard son interprétation de cette importante inscription 1 * ;
3° La Tnison d'or de In langue phénicienne, par M. l’abbé Bourgade (Paris, 1 856, petit in-fol.), traitant surtout d’un grand nombre d’inscriptions trouvées hn Algérie et dans la Bégence de Tunis, dans l’interprétation desquelles la divination et la conjecture ont une grande part, mais renfermant plusieurs conjectures heureuses et qui approchent de la certitude.
Le Journal asiatique, la Rerue archéologique et d'autres recueils renferment, sur plusieurs monuments phéniciens de moindre importance, un grand nombre d’articles de MM. de Saulcy, de Vogué 3 , Benan. etc. auxquels on peut joindre un Mémoire de M. l’abbé Bargès sur Trente-neuf Inscriptions puniques (Paris, i85a), et qui témoignent de l’intérêt toujours croissant dont les études phéniciennes ont été l’objet en France. Quelques bonnes observations sous le rapport de la paléographie se trouvent dans la lettre de M. de Saulcy à M. Quatremère sur I’ / nsrription bilingue de Thougga \ si maltraitée par Gesenius et ses devanciers. Mais la question n’y est pas complètement épuisée.
Nous devons enfin mentionner, à cause des nombreuses observations philologiques qu’il renferme, un Mémoire remarquable de
1 Nouvelle analyse de l'inscription de
Marseille, par A.C. Judas (Paris, 1807, in-fol.).
* Nous mentionnons particulièrement son Mémoire sur une nouvelle inscription phénicienne ( de Sidon ) , dan» le* Mé-
moires présentés par divers savants Ji l’Académie des inscriptions et belles -lettres, t. VI , t" partie, p. 55 et stiiv.
s Journal asiatique, février 1 8'i3 . p. 83 et sniv.
lui l’KOüRÈS DKS ÉTllUËS SÉVUTIUUES.
M. Renan sur Forigine et le caractère véritable tle l’histoire phénicienne qui porte le nom de Sanchoniatlion. Un exposé tles résultats de ce mémoire ne serait pas iri A sa place; l'auteur y a fait preuve d une vaste érudition et d’une sagacité pénétrante. Il a exposé les analogies qui existent entre les divers fragments, cousus ensemble et. défigurés, dans la cosmogonie de Sanchoniathou, et qui, selon lui, ne laissent aucun doute sur leur provenance vraiment phénicienne.
Sa Mminn de Phénicie, dont huit livraisons ont paru, nous intéresse ici, parce qu elle renfermera sans doute l’interprétation des inscriptions phéniciennes d’üumni el-Awamid déjà publiées par l’auteur dans le Journal asiatique', ainsi que les inscriptions trouvées par M. de Vogiié dans file de Chypre, et qui sont curieuses sous le rapport philologique.
ARAMKKX ET SVRIAQIK.
Nous avons peu de chose à dire sur les dialectes araméens, qui n’ont été, pendant l’époque qui nous occupe, l’objet d’aucune grande publication. Cependant nous ne devons pas passer sous silence quelques écrits de M. Renan relatifs à la littérature syriaque et qui ne manquent pas d’une certaine importance. Ces lettres adressées parce savant à M. Reinaud* sur les. Manuscrits syriaques de Rome et de Londres renferment des détails curieux et instructifs sur la littérature syriaque, et nous donnent une idée des renseignements utiles qu'on peut puiser dans cette littérature, sur l’histoire de l’Église aux premiers siècles de notre ère et sur celle de l’aristotélisme. En i855, M. Renan publia dans le Recueil de dom Pitra, intitulé Spicilegium Solesmense 3 , la traduction latine d'un ouvrage de Méiiton, évêque de Sardes, adressé à Marc- Aurèle, après la mort de Lucius \erus, vers l'an 175 , ouvrage perdu en grec et conservé dans un des anciens manuscrits sy-
' Sepl.-oct. i8Ca, pages 355 et soi- p. 090; avril, p. 887; i 85 a, avril, vantes. p. 398 et sniv.
* Journal asiat. 1800, février- mars, 1 Tonie 11 . p. a g cl suiv.
ARAMÉKM ET SHIlAyl E.
l ia q u es que le British Muséum avait eu la bonne fortune d’acquérir îles moines du monastère de Sainte-Marie Deijmra de Nitrie . dans la basse Egypte. On doit au même orientaliste la publication et la traduction d'un apocryphe des premiers siècles de notre ère, la Pénitence d’Adam, également perdu en grec et conservé en syriaque.
L’écrit le plus important que M. Renan ait publié sur la littérature philosophique des Syriens, c’est sa thèse latine : De pliilmnpliin prripatetica n/md Sip-os (Paris. i85a). (l’est aux Syriens avant tout que les Arabes sont redevables de leurs connaissances philosophiques; la plupart des versions arabes des œuvres d’Aristote découlaient des versions syriaques. La thèse de M. Renan fait l’histoire de ces dernières. Dès le iv' siècle, les nestoriens de la Syrie acceptèrent Aristote comme maître de la dialectique, et , vers le milieu du v", ils traduisirent en syriaque quelques parties de ÏOrganon. Ce furent surtout des auteurs de celte secte qui tirent connaître aux Arabes la philosophie péripatéticienne. La thèse deM. Renan contient plusieurs faits nouveaux, ignorés même par Wenrirh, qui a si savamment parlé des versions orientales des livres grecs; ces faits lui lurent fournis surtout par les manuscrits du Musée Britannique, qui possède maintenant la collection syriaque la plus importante.
Nous avons vivement regretté de ne pouvoir revendiquer ici en faveur de la France un ouvrage posthume de l’illustre Quatremère, qui était de nature à faire revivre en France les études syriaques, si utiles surtout pour l’histoire ecclésiastique. Je veux parler du Dictionnaire syriaque-latin, ouvrage très-volumineux qui s’est trouvé dans la succession de M. Quatremère, et pour lequel ce savant avait Consulté tous les livres syriaques imprimés et de nombreux manuscrits*. Nous avons du moins la satisfaction d’annoncer que cet ouvrage sera enfin publié par un savant orientaliste anglais, M. Payne-Smith, qui a obtenu de la bibliothèque de Munich la
1 Voir l'iuinonce détaillée «le ce (lielionimire an Journal ««Vif. décembre 1 &J7. j». 089.
Ill'l
HKOUKÈS D liS ÉTLDES SÉMITIQUES, communication des matériaux recueillis par M. Quatremère. Cette publication fera voir que la France n'est pas restée en arrière poulies éludes syriaques, et ce quelle ciil pu faire si le clergé français avait montré plus d'intérêt pour des éludes si intimement liées à celles de l’Écriture sainte et de l'histoire de l'Eglise.
Sous le rapport de l'épigrapliie araméenne, dont on possède un beau spécimen dans le monument dit de Carpcnlras, nous mentionnerons : i° f Inscription du Srrupéum de Memphis, expliquée par MM. le duc de Luynes 1 , l'abbé Bargès 3 , et Bcnan 5 ; a° le papyrus rgypto-araméen , appartenant au Musée égyptien du Louvre, expliqué et analysé pour la première fois par M. l’abbé J. L. Bargès (Paris, 1862, in-A°), et contenant une note ou mémoire de dépenses dressé pour quelque grand personnage égyptien par son économe ou l'intendant de sa maison; 3 ° les courtes Inscriptions arameennes et nabatrennes du llaouran, publiées et expliquées pour la première fois par M. le comte de Vogüé 4 ; et surtout b° un excellent Mémoire de M. le duc de Luynes sur les Monnaies des Nabatéens \ où l'on voit en même temps le rapport qu’il y a entre les légendes de ces monnaies et les inscriptions sinaïtiques.
En effet, les inscriptions qui couvrent les rochers de la presqu’île du Sinaï cachent probablement aussi un dialecte araméen. Ces inscriptions ont excité depuis longtemps une très-vive curiosité parmi les orientalistes d'Europe. Plusieurs savants allemands, et notamment E. F. F. Becr, Frédéric Tuch et M. A. Lévv, en ont abordé le déchiffrement; mais ou n’a pu préciser d'une manière absolue ni l’époque de ces inscriptions, qui ne remonte pas sans doute au delà de l’ère chrétienne, ni le dialecte dans lequel elles ont été écrites, car elles ne renferment guère que des noms propres et quelques mots qui se répètent dans presque toutes. Ce sont des
1 Bulletin archéologique de i Athentnwi * Revue archévl. 1866 .
français, noul et septembre t855. * Berne numismatique, i 858 , p. a 96
* Revue de l'Orient, ntnrs i856. el suiv.
J Jauni. as. avril-moi 1 856 . p. $07 cl *.