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LA LITTÉRATURE PERSANE

Les progrès de la littérature persane en France durant ces trente dernières années ont été dus surtout à l’exemple et à renseignement de deux savants orientalistes, dont l’un a le premier professé la langue persane au Collège de France, et l’autre a donné à la chaire (pii existait plus anciennement à l'Ecole spéciale des langues orientales un éclat dont elle avait manqué sous ses deux prédécesseurs, Langlès et Cliézy. Silvestre de Sucy et Etienne Quatremère ont enseigné , le premier pendant près de trente-deux ans (de «8o(> à i 8 .‘ 18 ), le second pendant vingt-cinq ans (de i 83 a à 1857), et durant cette longue période ils ont compté parmi leurs auditeurs la plupart des savants qui se sont voués à la culture des lettres persanes, tant en France que dans le reste du continent. Les travaux du premier n’appartiennent pas à la période qui nous occupe; ceux du second, au contraire, ont été publiés dans l'intervalle compris entre 1 836 et 1807. A la tète de ces publications, par sa date comme par sou importance, il convient de placer le superbe volume qui inaugura la Collection orientale, éditée par ordre du Gouvernement à l’Imprimerie royale. On ne pouvait choisir un ouvrage plus propre à donner une idée avantageuse de la littérature historique de la Perse, que la grande compilation rédigée au commencement du xiv e siècle, par un savant

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médecin et homme d’Etat, le vizir Raehid-Eddin. Dans re vaste ouvrage, dont nous ne possédons en France que la dernière partie, Etienne Quatremère avait choisi l'histoire des Mongols de la Perse, ou de la dynastie ilk haïtienne. Le seul volume qu’il ait publié est occupé par le règne de Holagon, fondateur de la puissance mongole en Perse. Au texte de son auteur il a joint, outre une traduction. une biographie détaillée de Rarhid-Eddin et un commentaire philologique et géographique, où il a étalé avec un luxe parfois fastueux et déplacé les trésors de son immense érudition. Il est à regretter, pour l’honneur des lettres françaises, que cette belle publication soit demeurée interrompue. On doit encore à Étienne Quatremère une notice très-étendue, accompagnée d’extraits, de l'histoire des successeurs de Tamerlan, écrite dans la seconde moitié du xv* siècle, par Abd-errezzak de Samarcande. Ce travail remplit toute la partie orientale du XIV' volume du recueil des ,\olice s et Extraits des manuscrits, où Silvestre de Sacy et un de ses meilleurs élèves, Am. Jourdain, avaient précédemment inséré de précieux morceaux de littérature persane.

lin des plus anciens élèves de M. de Sacy, M. Garcin de Tnssy, a publié le texte et une traduction française d’un poëme mystique, le Manthik Atthayr, ou Langage des oiseaux , par Férid Eddin Attar, auteur de la lin du xii* siècle, auparavant connu des orientalistes européens par son Pend-Nameh, ou Livre des Conseils, mis au jour, traduit et commenté par l'illustre fondateur des éludes arabes et persanes en France.

La publication du Chah-Nameh , ou Livre des rois, de Ferdoussi, a été entreprise aux frais du gouvernement français, par M. Jules Mohl, qui a joint au texte de cet immense poëme une traduction française. Cinq volumes de ce recueil versifié des traditions nationales de la Perse ont paru depuis i838, et le sixième est sous presse. M. Mohl a publié aussi dans le Journal de la Société asiatique de Paris des extraits du Modjmel A ttéwarikh, ou Sommaire des histoires, curieux ouvrage composé avant le milieu du xn c siècle,

SU» LA LITTÉRATURE PERSANE, et que M. Quatremère avait commencé à faire connaître par une notice insérée au même recueil.

Le Journal asiatique contient encore de nombreux articles d'histoire, de critique et de littérature persanes, dus à MM. Garcia de Tassy, Charmoy, Nicolas de Khanikof, Defrémery et Barbier de Meynard. On peut citer, parmi ces morceaux, des extraits des historiens Mirkhond, khoudémir, llamd-Allah Mustaufi et le vizir Ala- Eddin Ata-Mélic Djoucïni, et des fragments d’une chronique de la ville de Hérat. Au nombre des dynasties dont l’histoire a retiré de ces travaux les plus nombreux éclaircissements, figurent les Seldjôukides de la Perse, les Ghourides de l’Afghanistan et les Ismaéliens ou Assassins, dont le chef est connu en Occident sous le titre de Vieux de la Montagne. La géographie de la Perse a profité aussi des travaux de MM. Defrémery et Barbier de Meynard. Le premier de ces orientalistes a publié, en dehors du J mimai asiatique, deux portions du grand ouvrage de Mirkhond, l’une dans l’original seulement, l’autre avec une traduction et des notes nombreuses. Ces deux morceaux, qui ont paru en 1 84a et eu i 845, ont pour objet, le premier les sultans de Rhnrezm, le second la dynastie des Samanides. En outre, M. Defrémery a mis au jour, en 1 858, une traduction complète du célèbre ouvrage de Sadi intitulé Gulistan, ou Parterre de roses. 11 a rédigé celte traduction sur les meilleurs textes, tant imprimés que manuscrits, y a joint des notes historiques, géographiques et littéraires, et une vie de l’auteur, écrite en grande partie d’après les ouvrages mêmes de Sadi.

Feu Aniédée Jaubert, aidé d’un de ses élèves, M. Alph. Belin, a publié dans les Chrestomatliies orientales, imprimées aux frais de l’École des langues orientales vivantes, le texte de deux parties importantes de la chronique de Mirkhond, la vie de Djenguiz- Rhan et l’histoire des Sassanides. On sait qu’une traduction de ce dernier chapitre du chroniqueur persan, travail de la jeunesse de M. de Sacy, a été publiée en 1793 , à la suite des beaux Mémoires sur diverses antiquités de la Perse.

1A8 APPENDICE SLIt LA LITTÉRATURE PERSANE.

Enfin, la grammaire persane a été l'objet d’un travail de M. Alexandre Chodzko, publié en i85a; et la lexicographie doit beaucoup aux recherches d’Et. Quatremère, dont les résultats sont demeurés en grande partie manuscrits et ont été enrichir la Bibliothèque royale de Munich.

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